En France comme en Espagne ?

Abattage et dépeçage en Espagne

Nous rentrons de Barcelone où nous étions en tournage... La situation est ahurissante et les gens assommés, comme paralysés. Seule consolation : des milliers de T-Shirts rouges.

On revoit sur les trottoirs les scènes de misère de jadis ; les médias annoncent de nouveau "recortes" imposés par "L’Europe". Ce ne sont pas des coupes budgétaires, mais une véritable entreprise d’abattage, de dépeçage. Tous les journaux indiquent que le gouvernement va augmenter les impôts indirects (IVA, équivalent de la TVA), supprimer encore plus d’emplois publics, et augmenter la durée de travail des fonctionnaires, en contrepartie du "sauvetage" des banques par "l’Eurogroupe", la BCE et l’UE. Lorsque le gouvernement Zapatero augmenta l’IVA, la droite espagnole hurla, la considérant comme un impôt injuste, qui porte atteinte à la consommation, et à la relance de l’économie. Mais c’était hier. Les uns et les autres ont donc augmenté l’IVA, l’impôt le plus injuste, et ont fait payer le peuple.

Quelle différence entre la rigueur de droite et la rigueur de gauche ? Une table ronde ? Un sommet social ?

Le ministre du Budget et des Administrations publiques, un certain Montoro (en un seul mot !), déclare qu’il faut ajuster le statut des fonctionnaires sur celui du privé. Nous le citons : "Le concours est un moyen de sélection, pour que les meilleurs fassent tourner le Service public, et non pas pour avoir un emploi sûr toute la vie, face aux autres salariés". "Après tout", ajoute-t-il, "les fonctionnaires sont payés avec les impôts". Et de poursuivre : "nous allons assimiler le statut de la fonction publique aux régimes existants dans le secteur privé".

Au moins, en Espagne, c’est clair, ils le disent.

L’opposition, le PSOE, est aux abonnés absents. Son secrétaire général au long nez, n’apparaît que dans un coin de journal, pour remercier l’Union européenne d’avoir accordé un délai supplémentaire (2014) pour réduire le déficit en dessous de 3%.

Jean Ortiz

Post-scriptum : l’Eglise ne paie pas d’impôts, et aucun "recorte" n’est prévu pour le budget parasitaire de la famille royale. La télé fait la une sur le mariage de Iniesta, le maître à jouer de la "Roja".

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