Une infirmière assassinée, qu’est-ce que ça vaut par rapport aux affaires Balkany ou Griveaux ?

Communiqué du syndicat CGT du Vinatier :

Ce jeudi 13 février 2020, une infirmière a été assassinée à Thouars. Toutes nos pensées vont vers sa famille, ses proches et ses collègues.
Une infirmière en psychiatrie de l’hôpital Nord Deux-Sèvres à Thouars qui décède dans son travail... tuée dans son travail... seulement quelques lignes, quelques mots dans la presse alors qu’on nous prend la tête avec Balkany et sa sortie de prison. C’est choquant, c’est scandaleux et inadmissible... C’est une société qui a perdu toutes ses valeurs.
ll est temps que l’on intervienne, nous les salarié.e.s de la psychiatrie, des hôpitaux, les salarié.e.s de ce pays...

Mobilisons-nous, ne nous laissons plus faire. Prenons notre quotidien et notre avenir en main. Imposons aux pouvoirs publics des règles qui nous protègent et qui nous permettraient d’exercer nos métiers dans les règles de l’art. Pour cela il nous faut des effectifs et des équipes avec de vrais projets médicaux, de soins ; et non des projets purement administratifs et économiques…

Mourir au travail c’est-à-dire dans son cas, mourir pour soigner, est-ce seulement un accident du travail comme cela avait été qualifié il y a une quinzaine d’année lorsqu’un collègue de mon service était décédé dans des conditions similaires ? Un jeune patient en crise s’en prend à une infirmière qui tente de le rassurer à l’occasion de son retour en unité. Quelles en sont les causes, pourquoi s’en prendre au personnel le plus proche dans le soin, le quotidien, voir même la hiérarchie médicale et hospitalière ? De quels dysfonctionnements ces passages à l’acte sont-ils les symptômes ? Le métier est-il en cause, sont-ce là les risque du métier comme nous l’avions entendu à l’époque (vous êtes payé pour cela, oui et alors ? Et si mal payés d’ailleurs !) Il faudra attendre pour en savoir plus, mais ce drame ne dit-il pas quelque chose de plus dans le contexte actuel ? Il dit non seulement que les moyens manquent, non seulement que les salariés du secteurs sont seuls avec leurs souffrances, leurs angoisses et leurs fragilités, mais qu’ils sont aussi menacés à tout instant dans leur vie, dans une indifférence totale des pouvoirs publiques et de la grande presse nationale.

Depuis deux jours nous étions saturé par les malheurs du pauvre Balkany dont l’âge et la personnalité n’étaient pas faits pour s’acclimater à la vie des prisons françaises, qui pour l’occasion, on s’en rendait compte, n’étaient pas humaines ! Et puis voila que ce matin tous les moyens sont mis sur les mésaventures du candidat LaREM Benjamin Grivot. C’était en continu, tout le ban et l’arrière ban parisien, tout le personnel politique du pays étaient sollicités pour s’émouvoir de la manière dont sa vie privée était mise en pâture, mais rien n’était dit sur la manière dont la vie d’une obscure infirmière de province était arrachée ! La république et son idéal étaient atteint d’un côté, de l’autre un grand silence se faisait, la république n’en semblait pas devoir être affectée ! C’est par mon syndicat (voir le communiqué ci-dessus) que j’ai pu connaître cette triste et révoltante nouvelle.

Gilbert Rémond