De la pertinence des sondages...

IPSOS est un organisme sérieux et personne ne peux douter du professionnalisme des enquêtes réalisées par cet institut, notamment de cette enquête réalisée juste avant le vote du 25 mai, et publiée le 25 mai au soir.

On y apprend ainsi que l’abstention est différenciée selon les électorats, la plus faible pour l’électorat du FN, la plus forte pour celui de Hollande... A vrai dire, rien de très surprenant, mais les chiffres publiés interrogent...

L’analyse par électorats montre que la mobilisation de l’électorat de droite et du FN a été supérieure à celle de l’électorat socialiste. 58% des électeurs de François Hollande en 2012 ne se sont pas rendus aux urnes pour, par comparaison, 50% de ceux de Marine le Pen et 48% de ceux de Nicolas Sarkozy. Comme aux municipales, il y a donc bien eu une abstention différentielle entre électeurs de gauche et de droite lors ces élections européennes. C’est au sein des électorats du Front de Gauche (57%) et de l’UDI (57%) que la participation a été la plus importante.

Ce sont les réponses aux enquêteurs qui donnent ce résultat. Mais on peut les comparer d’une manière simple et tout à fait factuelle à la mobilisation réelle au final de chaque électorat, à partir... de leur voix.

électorat 2012 2014 perte en voix abstention déclarée dans l’enquête
Hollande 10 272 705 2 650 357 74,2% 58%
Sarkozy 9 753 629 3 943 819 59,6% 48%
UDI 3 275 122 1 884 565 42,5% 43%
FdG 3 984 822 1 200 713 69,9% 43%
FN 6 421 426 4 712 461 26,6% 50%

Ainsi, 48% des électeurs 2012 de Sarkozy disaient s’abstenir, mais 11,6% de plus l’ont fait, ou ont voté autre chose... Parmi les 42% d’électeurs de Hollande 2012 qui déclaraient à IPSOS se préparer à voter aux européennes, près d’un tiers n’ont pas voté ou ont voté autre chose que PS... Mais il faudrait aussi considérer que, si 50% des électeurs FN seulement annonçaient voter le 25 Mai, il y en avait 1,5 Millions qui ne le disaient pas et qui l’ont fait, à moins que le FN ne mobilise le 25 mai dans tous les électorats...

Quand au Front de Gauche, ses électeurs voulaient sans doute rassurer IPSOS, car un sur trois ayant déclaré vouloir voter aux européennes un jour avant le vote ne l’ont finalement pas fait... ou ont changé de vote !

Bref, devons-nous nous préoccuper des sondages ? Le plus sûr moyen de connaissance des intentions des Français n’est-il pas dans la réalité des forces organisées de terrain de notre parti et de son ancrage dans les milieux populaires ?