Accueil > Vie politique > 10 mai 1981, les communistes ont tiré les leçons de l’échec !

10 mai 1981, les communistes ont tiré les leçons de l’échec !

vendredi 30 avril 2021, par pam

Le 9 mai au Creusot, le parti socialiste commémore le 40ème anniversaire du 10 mai 1981. François Hollande, Lionel Jospin, Martine Aubry sont annoncés.

On se demande bien quoi fêter : la joie de la victoire et la fête populaire qui attendait que la gauche "change la vie" comme François Mitterrand l’avait promis ? Ou la déconvenue qui grandissait quelques années plus tard jusqu’à ce qu’il faut bien appeler par son nom, la trahison des promesses du programme commun ?

Les communistes ont été mis en difficulté dans cette longue période de l’union de la gauche devenue plus tard gauche plurielle. Longtemps, ils ont tenté de sortir du piège en espérant "tirer le PS à gauche". Mais l’expérience François Hollande a terminé cette longue séquence. Elu contre la finance pour la servir à peine quelques semaines après son élection, promettant de renégocier les accords européens avant de les entériner au plus vite, il est devenu le symbole populaire de la trahison de cette gauche, comme DSK qui annonçait clairement que les milieux populaires ne votant pas, ils n’étaient pas utiles et qu’il fallait se concentrer sur les couches moyennes urbaines éduquées.

Non, il n’y a rien à fêter le 10 mai 2021, il y a au contraire le besoin urgent de tirer les leçons de l’échec de la stratégie d’union de la gauche et pour cela de donner clairement un nom à son bilan : la trahison par la gauche des milieux populaires !

Image du film « DES LENDEMAINS QUI CHANTENT », de nicolas Castro

C’est d’autant plus important dans cette période où la gauche parait incapable de présenter une alternative en perspective des présidentielles, incapable de sortir du piège Macron-Le Pen. Une situation qui a des causes profondes, pas seulement liées à l’état des différents partis de gauche, ni à des questions de personnes. Cette incapacité à ouvrir l’avenir est le résultat de l’incapacité à sortir du piège de la présidentialisation, l’incapacité de ceux qui ne tirent pas les leçons de l’échec historique de l’union de la gauche.

Jean-Luc Mélenchon a bien tenté ce bilan critique dans une intervention vidéo pour un bilan raisonné de la présidence de François Mitterrand que nous avons transcrit sur ce site. Il explique l’échec par la victoire des "libéraux" du parti socialiste et le rapport de forces défavorables ne permettant pas de mobilisation populaire face aux exigences de la finance, ce qui aurait provoqué le tournant de la rigueur en 1983. Evidemment, pour lui qui se réclame toujours de la "famille socialiste" et de François Mitterrand, il est impossible de faire la critique de ce qu’a été l’union de la gauche. Pour lui, ce n’est pas le projet politique de François Mitterrand qui était en cause, mais sa réorientation par les forces dominantes avec le soutien de la droite du PS. Il justifie donc l’action du parti socialiste pour prendre le pas sur le parti communiste, comme l’annonçait François Mitterrand justifiant son soutien au programme commun.

Marche de l’acier pour sauver la sidérurgie lorraine en 1984.

C’est tout le problème de la fracture entre la gauche et les milieux populaires qui est impossible à comprendre tant qu’on laisse croire que le problème ne serait que conjoncturel, alors qu’il est profondément lié à la démarche électorale elle-même. C’est ce que ne peut dire Jean-Luc Mélenchon dont toute la stratégie politique est concentrée dans l’élection présidentielle, dans sa stature de présidentiel, ses qualités personnelles de penseur et de tribun.

Or tant qu’on ne place pas le peuple au centre de l’action, comme l’acteur principal de toute transformation sociale, tant qu’on ne considère pas qu’avant d’aller voter, le peuple doit être organisé pour transformer l’élection en point d’appui pour le mouvement populaire, on le laisse sur le bord du chemin de l’engagement politique. L’élection se réduit alors au spectacle médiatique dont les grandes bourgeoisies tirent les ficelles.

Mais parler du peuple acteur, ce n’est pas parler du peuple à travers la délégation de pouvoir aux élus, et évidemment surtout pas à un homme providentiel présidentialisable, mais du peuple organisé, dans chaque lieu de travail et de vie, un peuple capable d’être autonome du système médiatique dominant, un peuple innervé par des médias liés au monde du travail, aux forces sociales progressistes et qui imposent les idées critiques du système dominant, qui animent la bataille politique pour une rupture avec la société de la concurrence, des intérêts privés, de l’individualisme et des actionnaires.

Le seul anniversaire possible du 10 mai 1981, c’est de populariser les raisons de la trahison et les outils pour la renverser demain. Toute force progressiste qui n’a pas clairement rompu avec les classes dominantes du capitalisme fera demain comme en 1914, en 38, en 56, en 83, comme en 2012... elle trahira !

Stèle en défiance des promesses de François Hollande chez Arcelor Mittal
Crédits : Radio France

Pour ne pas reproduire cette trahison, il faut deux choses
 un mouvement populaire organisé, autonome, capable de créer des cohérences et des convergences à large échelle
 un parti du monde du travail présent partout pour mener la bataille idéologique et permettre cette cohérence indispensable aux luttes. En 1981, ce parti aurait du être le parti communiste. Affaibli, il s’est laissé entrainer par la dérive socialiste jusqu’à accepter de participer au gouvernement Jospin qui a battu tous les records de privatisation. Heureusement, il s’est ressaisit depuis, notamment avec son dernier congrès et l’élection de Fabien Roussel.

C’est ce que les communistes devraient porter partout pour le 10 mai 1981, une grande campagne tirant les leçons de la trahison par la gauche des milieux populaires, une grande campagne d’adhésion pour redonner ses couleurs au parti communiste !

Et symboliquement, pendant que les dirigeants socialistes fêteront la gauche qui a trahi les milieux populaires au Creusot, les militants communistes décideront le 9 mai par leur vote d’une candidature communiste portant ces leçons tirées du 10 mai 1981

Messages

  • ...et un parti communiste qui ait un objectif : le socialisme.

    Une interview de F. Roussel appelle peut-être quelque mise au point lorsqu’il dit à propos de Biden :
    "Le partage des richesses, le partage, c’est tout ce que nous demandons, le partage des pouvoirs"

    C’est peut-être l’idéal de Piketty mais pas celui des communistes. Il n’y a pas de partage des richesses avec les exploiteurs ni de partage des pouvoirs avec le grand capital.

    • @Xuan
      "un objectif : le socialisme."
      Oui mais quel socialisme :
      -Fin de toutes les entreprises privées ?
      -Dépérissement de l’état ou subordination de toutes les entreprises, publiques ou privées, à l’état ?
      -etc....

  • Manifestation du 1er mai à Paris :

    Le Pen et Macron ont envoyé leurs barbouses (flics déguisés en casseurs) pour bloquer la manifestation de la classe ouvrière française de la CGT. C’est vieux comme le monde et une technique policière utilisée aussi en Israël contre le peuple Palestinien. Les médias Macrono-lepeniste anticommunistes LCI, CNEWS, et BFM, propriétés des oligarques milliardaires Drahi, Bouygues et Bolloré s’en délectent en direct.
    Ces barbouses d’extrême droite Lepeno-Macronien se sont d’ailleurs trahies en agressant les militants CGT (26 blessés dont 2 graves) en inscrivant sur une camionnette de la CGT ; "CGT Kollabo", le même slogan inscrit sur la coupole du siège du PCF (PCF Kollabo) il y a quelques mois. Dans cette affaire il est très étonnant que ni la CGT ni le PCF n’aient porté plainte de façon trop voyante, sans doute parce que la ligne des 2 organisations CGT et PCF n’est plus très marxiste et communiste.....c’est bien dommage !

  • Les agressions contre les militants CGT au premier mai à Paris
    prouvent par A+ B que les Black Blocks ne sont qu’un appendice des Barbouses RN flics anticommunistes et anti-CGT donc pro-patronal, dont se délectent LCI, BFM et CNEWS médias propriétés des oligarques milliardaires Bouygues, Drahi et Bolloré à la fois soutien de Macron et de Le Pen. CQFD donc. Quant à la réaction de Martinez sur BFM elle est nullissime car l’un des pontes de la confédération européenne des Syndicats, depuis que la CGT a quitté la FSM par anti-marxisme, ne sait plus quoi dire et regarde ses pieds car voulant nier la lutte des classes et ayant décidé de se rapprocher de la droite d’EELV en soutenant Jadot, un comble, pauvre CGT !

  • Ont-ils tiré les leçons en proposant une candidature propre aux élections présidentielles ?

    Ce n’est pas le fond de l’article.

    Il y aura apprentissage des erreurs passés quand le PCF rénouera avec les thèses de l’IC des premiers congrès, le centralisme démocratique (liberté total de discussion et obligation d’appliquer les décisions prises ensemble), les cellules d’entreprise et de quartier, le travail centrale dans la classe ouvrière pour le socialisme et la politique de Front Uni interne comme de Front Uni anti Impérialiste.

    Sans un tel programme politique et d’organisation, la participation aux élections avec un candidat désigné par la direction actuelle ne sera qu’un facteur de division et une aide objective à la droite et l’extrême droite.

    Avec une correcte politique de Front Uni on peut sans problèmes et avec bénéfice soutenir critiquement le candidat le mieux placé de la gauche, Melenchon.

    Mais le centre de la question n’est pas dans les élections, soient-elles de n’importe quelle nature ou importance mais dans la transformation du PCF en un parti communiste véritable.

  • "soutenir critiquement le candidat le mieux placé à gauche Mélenchon" C’est ce que l’on fait depuis des décennies pour quels résultats ?
    Au fond tout rêvant à un parti communiste pur et dur en refusant de voir ce qui bouge dans ce parti on en vient à soutenir la social démocratie. On est bien placé pour voir ce que cela provoque : désillusion, déception, sentiment d’avoir été trompé sur la marchandise tout cela favorisant l’abstention et le danger fasciste.

  • Cette semaine a lieu le vote des 55000 adhérent du PCFpour ou contre la candidature Roussel.
    J.B est contre c’est normal il fait la promotion de Fadi Kassem qui avec lui sur internet fait vivre le ‘vrai’ communisme,défenseur (à juste titre) de l’URSS disparu y a 30 ans critique Keynes disparu,y a 35 ans etc…
    Sur Internet tout est possible ! Dans le réel des médias et de la rue salariés et les militants communistes en prennent plein la gueule .
    Roussel ira ferailler sur les médias avec l’étiquette COMMUNISTE et l’étoile Rouge comme sigle,Celle que l’UE a décidé d’interdire comme les faucilles et marteau qu’y seront abienvenue ! Fabien me l’a assuré,eh oui,je discute avec lui plusieurs fois par semaine !
    Le résultat du vote est INCERTAIN ! Danielle a choisi Fabien,elle a raison car elle garde chez beaucoup de camarades du PCFqui partage ses choix une aura inégalée.Le retour du PCF vers les valeurs du Mouvement Communiste International porté par le PCP,le PC Grec et d’autres est en route mais peu échoué.
    Pour tous ces partis ,pour les communistes en France,une candidature PCF(non muté) aux présidentielles de 2022,serait un évènement majeur !
    Le combat de Fadi Kassem est en apparencelégitime,peu honorable puisque son principal ennemi est le PCF,son écho sera moindre que la candidature Roussel.L’issue logique de la candidature Roussel serait un rapprochement des communistes ,avec la frange non mutée du PCF.Les militants votent cette semaine.Il faut s’employer à faire pencher la balance du côté le plus favorable aux communistes en France.Il faut savoir dépasser les ressentiments.Notre passé est rempli d’erreurs et pourtant,les communistes continuent et continueront.Notre idéal est plus grand que notre ‘suceptibilité’ et manipulations mesquines de petits bourgeois.Je partage totalement les propos de PIERRE THOREZ DANS LA PRAVDA. Tous ces groupuscules comme ’initiatice’ne mènent à rien, ils sont incapables de se parler et une seule chose les unit, la critique du PCF et de la CGT. Ils sont incapables de voir ce qui bouge. Si l’évolution du PCF amorcée au 38ème congrès menait à un parti à nouveau pleinement communiste, ils perdraient leur raison d’être, ça doit être cela qui les “emmerdent”.Pour ce 09 Mai,il faut aider ,les communistes du PCF,à gagner le vote interne.Merci à FVR,pour son action fédératrice qui dépasse la sempiternelle litanie commémorielle coupée de l’actualité politique.

  • La grosse panne du PCF a une réalité et quelques causes.
    1- Est-on on bien sûr que que la chute de l’URSS n’est dûe qu’à un déficit de démocratie ?
    2- Quand regarderons-nous le PCChinois, sa politique et ses résultats, dans les yeux ?
    3- L’effacement systématique devant l’élection présidentielle a-t-elle d’autres raisons que de camoufler notre vide idéologique ?
    4- En 2017 n’avons-nous pas capitulé devant Mélenchon ?
    5- Nous sommes les seuls à avoir, en 2002 refusé "l’inversion du calendrier", donc les seuls à refuser le "godillotage" systématique de l’AN. Le moment n’est-il pas venu d’agir en conséquence, et de troquer l’union sur un candidat aux présidentielles et l’effacement de notre programme qu’elle implique, contre une union, de 2° tour, aux législatives, capable d’obtenir, comme en 97, un contrôle réel de n’importe quel président ?
    6- Notre pratique, à tous les niveaux, peut-elle continuer a être déconnectée de notre programme national ?

  • Mélenchon annonce un discours à l’occasion du 10 mai 2021 intitulé "la révolution suspendue"...
    voilà qui va clarifier les choses... Le projet de Mélenchon, c’est de reprendre la révolution de François Mitterrand...

    Ca a le mérite de la clarté....

    pam

  • La Cia avait conseillé à Mitterand de recruter les trotskystes Jospin,Mélenchon,Cambadélis et leurs troupes, pour plumer le PCF.
    Mitterand fut aussi de part son esprit autocentré , malsain, cynique,manipulateur et florentin un des artisans (indirect ?) du génocide de 800000 personnes au Ruwanda .
    Mitterand n’était pas entouré que par des anti-PCF même si ces personnes étaient rares.Ainsi Nicole Questiaux.Elle avait une fidélité à l’alliance avec le PCF et la cgt , à l’opposé de la tactique Mitterandienne qui attisait l’incroyable hostilité aux communistes de cette époque,avec l’aide de la CIA.Dans ma chair comme d’autres , j’ai vécu le tsunami d’hostilité Mitterandienne , au communisme des années 1980.Mais paradoxalement il y avait aussi au PS des gens pro travailleurs comme Auroux et Questiaux.Elle fut une ministre éphémère de Mitterand à l’indéniable aspect ‘progressiste’.
    Elle accompagna les militants PCF et CGT qui oeuvraient à la construction des lois Auroux, très positives pour les salariés.Quelques années plus tard ces lois furent déconstruites par le gouvernement où MGB participait.J’aurais tenance à dire que les communistes étaient bien plus maltraités par Mitterand que par Nicole Questiaux.Nicole Questiaux n’a rien à voir avec cet intriguant perfide et rénéguat qu’était Mitterand.Le PCF pensait pouvoir contrôler Mitterand par les liens familiaux de danielle Mitterand (ancienne agent de liaison sympathisante communiste en 1945) liée par sa soeur au Parti communiste algérien dans l’entourage de Roger Hanin.A tous ses proches mitterand avait choisi la CIA et une autre vie secrète de père de Mazarine..Quel périple pour le fils d’un vinaigrier de Cognac qui a préféré se faire enterrer avec la famille de sa mère plutôt que dans le caveau familial de son père.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document