La réunion des animateurs du PCF le 28 janvier
28 janvier 2012 sur les docks d’Aubervilliers. Quel ordre du jour efficace ?

, par  Jean-Louis Cailloux , popularité : 92%

La lecture de l’interview de Jacques Chabalier, responsable du pôle vie du parti, publié dans Communistes le 11 janvier, me conduit à émettre quelques réflexions.

Pour Jacques Chabalier la réunion à pour but, je résume :
 De faire le point de la mobilisation à 100 jours de la présidentielle, et pour cette année de franchir un nouveau cap dans la campagne.
 De parler de notre déploiement militant et d’énumérer les classiques « porte à porte » ; les listes, les réseaux, des lieux de travail et de la famille etc.

Jacques Chabalier conclu en affirmant qu’il faut viser une majorité à l’Assemblée nationale et la formation d’un groupe Front de Gauche.

Sur ce dernier point, comment considérer le fait que Jacques Chaballier, efface les composantes du Front de Gauche.Cela rejoint les nombreuses publications qui suppriment les sigles des composantes au profits de lettres minuscules et maintenant le groupe parlementaire ne serait que Front de gauche ?

Après relecture du texte, je me rends compte qu’à aucun moment Jacques Chabalier ne parle de la nécessité de conduire cette campagne sans effacement du PCF, alors que malheureusement cela se fait dans de nombreux départements à tels points que des militants et des FD font monter au national, le mécontentement des communistes devant cette situation.

Même si il y est dit que « … travailler les arguments pour donner de l’espoir », je me rends compte que cette réunion risque pour l’essentiel d’être réduite à la recherche de bataillons « piétons et colleurs d’affiches ».

Pourtant la situation actuelle mérite précisément une réflexion importante des militants communistes sur la nature des réponses à apporter à la situation de crise du système capitaliste et des propositions à élaborer.

Par exemple si notre candidat à la présidentielle à fait de l’avis général une bonne prestation sur France 2, chacun a pu voir aussi la fragilité de certaines de ses réponses quand il faut aborder les questions d’économie politique. Il réduit pour l’essentielle à des questions de redistributions et de la fiscalité.

Ce qui est la politique traditionnelle des sociaux-démocrates. Enfin s’il parle d’une planification, il est très étatiste et ne n’aborde guère la création de richesses novatrices qui seules peuvent nous permettre de résoudre la question.

Face à la crise et à la dette face aux immenses besoins sociaux immédiats, aux immenses besoins de services publics santé, école, logements, transport etc., et a ce mur de la dette, Peut-on être crédible en invoquant seulement la fiscalité.

Ne faut-il pas travailler la question des banques et du crédit ? D’ailleurs dans toutes les têtes et qui soulèvent beaucoup de colères, de leur rôle, de l’exigence qu’elles aient un autre comportement, du crédit et du rôle de la BCE avec la création monétaire pour financer les dettes publiques et du financement industriel ? Développer la SEF, l’idée des fonds régionaux qu’il faut expérimenter avec nos élus en appuis des luttes comme celle de Fralib.

Il s’agit de développer les potentiels du triangle : Objectif, moyens (finances) , Pouvoir.

Je sais bien qu’il est courant chez des communistes de se référer a l’exigence d’arguments simples en affirmant que toutes nos propositions sont loin de la compréhension des salariés et des citoyens. Mais il y a des conditions d’écoute nouvelles, parce que toutes ces questions, argent, banques, euro, BCE, sont dans le débat populaire et pas seulement réservées aux spécialistes.

Le simplisme peut d’ailleurs se révéler très improductif. En n’étant que sur Smic à 1700 € et fiscalité, ne donne-t-on pas du grain à moudre aux adversaires qui vont soulever l’objection : forte augmentation du Smic et des impôts va se traduire par grandes difficultés des PME et donc accélération des délocalisations.

Mais ne pas faire ces efforts, se contenter de rechercher de la monté de notre candidat dans les sondages et seulement de faire un score –peut-être- aux présidentielles sans porter les vraies solutions à la sortie de crise, c’est exonérer de créer les conditions de très fortes mobilisations pour générer les rapports de force qui permettront des ruptures pour renouer durablement avec la croissance.

Si on veut que la gauche gagne, et pas seulement électoralement, mais quelle réussisse après, il faut pousser l’ensemble de la gauche (Hollande compris) à d’autres choix et donc il faut dépasser les arguments de JL Mélenchon. Pour cela dans le Front de gauche nous avons besoin d’un Parti communiste qui s’exprime, qui pousse les idées, qui aide aux mobilisations, pas d’un parti communiste qui s’efface.

J’espérais que la cession du comité national tenu le 16 janvier viendrait corriger mon point de vue.

Il n’en est rien.

Le rapport se félicite des 8.5% de notre candidat, mais n’a pas la prudence de Pierre Laurent qui souligne la fragilité des rapports de vote et la nécessité de travailler nos fondamentaux

Le rapport n’a pas conduit, le compte-rendu en témoigne, à l’ouverture d’un débat sur les solutions de fond et la façon de les porter dans l’action. Il évoque 20 fois la dette sans en traiter les solutions avec tout le CN.

IL ne dispute même pas les thèses de ceux qui veulent sortir de l’euro.
Pourtant nombres d’interventions montre que le CN était disponible à ce débat et à la prise d’actions nationales.

On doit entrer dans le débat sur l’euro, ce qu’il est, ce qu’il doit devenir. Le débat tend à être perçu comme n’opposant que deux positions : celle de la droite et du PS, partisans de l’euro tel qu’il est et celle de Marine Le Pen pour une sortie de l’euro et le retour au franc.

Le rapport n’a traité les choses qu’en surface, il critique « Terra Nova » mais en lui opposant de façon très « socialiste » les buts de la période.

Derrière des phrases fortes, comme « C’est à ce niveau qu’il nous faut mettre la barre en 2012 » ou « pour cela, il faut choisir votre camp : les nantis ou le peuple » il les transforme en phrases creuses en se contentant d’énumérer des gains sociaux possibles et des gains de la gauche réduit au social citant - 1936, a inventé les congés payés. - La libération, avec la sécurité sociale et les grands services publics - 1981, avec l’abolition de la peine de mort et la 5e semaine de congés payés.

Mais c’est oublier tous les enseignements des échecs de ces périodes qui comportent certes des acquis importants, mais n’ont pas permis dépasser le capitalisme.

Aujourd’hui pour face à la crise systémique et compte tenu de l’expérience des travailleurs et des citoyens, c’est plutôt de cela qu’il s’agit pour être crédible sur les choix de sociétés.

Le CN pour jouer son rôle aurait du être incité à consacrer son temps disponible à faire un travail sur la crise historique en cours et la campagne électorale. Il a été englué en quelque sorte par une direction qui bloque sur la seule urgence électorale.

Si on continue à sous-estimer la crise, sa profondeur, et sa nouveauté, notre action politique sera insuffisante.

Il y a besoin pour combattre efficacement Sarkozy et faire bouger les choses à gauche, d’une bataille argumentée sur le fond, sur des propositions et une logique alternative précises ; et pour cela, il y a besoin de tout l’apport des idées communistes.

Soyons exigeants pour armer nos militants, nos candidats aux législative et avec le candidat à la présidentielle.

Nous ne pouvons nous satisfaire de candidats qui diraient « je ne suis pas compétent sur ces sujets, il faut que je consulte mes experts ».

Il s’agit de riposter à la formidable pression sur la dette publique et l’obsession de sa réduction sous peine de catastrophe, impliquant la baisse du coût du travail et la réduction des dépenses publiques.
Toute la droite, y compris Marine Le Pen, s’inscrit dans cette logique, mais le PS aussi.

Mais il faut aussi apprécier les contradictions chez Hollande avec, sa prise de distance avec le traité Sarkozy-Merkel, même si sur le fond, Hollande confirme « la réduction du déficit et de la dette » comme un impératif ;
sa référence à la BCE pour agir sur les marchés financiers, tout en réaffirmant le dogme de son indépendance,
son refus de la « TVA sociale », en même temps qu’il garde le cap d’une fiscalisation du financement de la protection sociale.

Mais ni le rapport, ni la présidence de séance n’a invité a cette réflexion. La situation est pourtant propice pour avancer de façon offensive nos propositions de transformation, sur un nouveau crédit comme levier, sur la BCE et l’euro. Elle rend de tels objectifs de mise en cause radicale du traité de Lisbonne beaucoup plus crédible et possible.

Si de telles idées marquent des points, cela ouvrira des possibilités nouvelles pour une politique de changement.
Le CN a été une occasion manquée, Manque qu’à dû percevoir Pierre Laurent si on comprend son intervention de clôture.

Les responsables des sections et les candidats réunis auront à s’emparer de ces questions, c’est en effet décisif pour le contenu de la campagne et pour l’avenir du PCF et les objectifs du prochain congrès.

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