Après le rapport de la direction nationale

36e congrès du PCF : Rassemblement communiste ou accentuation des divisions.

Réagir à ce rapport préparatoire au 36e congrès. Quelques réactions collectées au CN. Rassembler ou diviser les communistes. Quelques-unes des questions en jeux. Pour une base commune utile.

Rassembler, ou diviser encore plus les membres du parti communiste tel me semble l’enjeu majeur du 36e congrès.

Depuis la réunion du CN du 13-09 et la publication des rapports dans « Communiste » du mercredi 19, les adhérents sont en possession du calendrier et du premier rapport rédigé par Patrice Bessac.

Ce rapport, prononcé au nom de la direction nationale mérite une lecture très attentive et de rapides et circonstanciées réactions des communistes. Ma réunion de cellule (enseignants de Béziers) de ce jour va dans ce sens. Cela a d’ailleurs été le cas immédiat par de nombreuses interventions en séance (lire aussi le compte rendu). Ces interventions venant de diverses sensibilités, souvent de secrétaires fédéraux ayant marqué pendant la période de désignation du candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle leur préférence pour une candidature issue de notre parti.

Quelques unes des questions qu’ils ont soulevées :

  • La nécessité d’un bilan électoral après le cycle régionales, présidentielles, législatives et donc des limites de l’aspect électoral de la stratégie de Front de gauche.
  • Creuser la question changement de président, changement de politique ? Comment les citoyens se sont-ils emparés de la situation électorale ? aurais-je personnellement tendance à ajouter.
  • Le Front de gauche : Front ? Nouveau Parti ? « Cœur de la gauche » ou « Gauche de la gauche » ?
  • Quel est l’horizon du PCF ? Moteur du Front de gauche ou autres perspectives ? L’absence de clarté pèse lourd dans la lassitude de nombreux camarades.
  • Changement maintenant ou changement dans dix ans ? Patrice Bessac nous proposant d’ailleurs un projet pour 20 ans.

Toutes interrogations qui sont miennes parmi bien d’autres.

Il y en a de tout aussi essentielles portant par exemple sur les nouvelles façons de poser les questions internationales. J. Fath a insisté sur cette dimension à donner à ce congrès. Cela ne suffit pas. Quel internationalisme ? Quand sous prétexte de Syriza on n’invite pas le PC grec à la fête de l’Huma. Quand est laissée la porte ouverte à une aventure coloniale en Syrie.

Et sur les statuts ? Sommes nous prêts à discuter d’un retour radical sur les décisions de Martigues, vers de nouveaux statuts du parti redonnant à des organismes de proximité, autrefois appelés « cellules » le rôle essentiel : discuter et définir le rôle du parti, remettre les cartes souverainement, collecter… L’absence de tout membre de la liste "Faire vivre et renforcer le PCF" dans cette commission laisse mal augurer des débats.

Le 36e congrès doit nous permettre à tous d’affronter ces questions dans un esprit de rassemblement avec les communistes. Rassemblement dont le caractère de classe ne peut continuer à s’affadir au travers d’un PCF abandonnant l’essentiel de ses références à la pensée marxiste.

De nombreux militants observent, beaucoup font état de fatigue, de résignation, car le rapport initial tel qu’il a été présenté ne répond pas aux questions qu’ils considèrent comme fondamentales. Le 36e congrès peut être un congrès d’effacement définitif ou de renforcement, de rassemblement de la force communiste.

Choisissons les chemins du rassemblement.

Combattons les chemins de la division, d’où qu’ils viennent en particulier lorsqu’ils sont portés par un texte préparatoire.

Veillons à l’expression du pluralisme dans les débats, pendant la période des contributions ouverte pour un mois, dans le texte de « Base commune » soumis aux communiste (existence de choix différents possibles sur certaines questions, possibilités de vote dans le texte lui même).

Il ne pourra y avoir de rassemblement populaire majoritaire pour rompre avec le capitalisme sans rassemblement durable et solide des membres du PCF.

Préparons une autre base commune que celle qu’induit le rapport de P. Bessac.

Paul Barbazange, membre du CN.


Le fameux rapport est accessible sur simple clic ci-dessous :

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Vos témoignages

  • 36e congrès du PCF 20 septembre 2012 22:55, par Jacques Cros

    Oui je n’ai pas l’habitude de perdre mon temps à lire les déclarations des dirigeants nationaux du parti communiste mais là, sur la recommandation de mon secrétaire de section, j’ai entrepris la lecture du rapport de Patrice Bessac au conseil national de l’organisation. Je sais qu’on a les dirigeants qu’on mérite mais à ce point de vide, je suis effrayé ! De temps en temps Bessac met un point, ça lui fait une phrase, il va à la ligne et il obtient un paragraphe et s’il change de page il doit avoir un chapitre Pour le reste c’est la vacuité la plus complète ! Cette vacuité est meublée avec des idées creuses complètement déconnectées du réel, tellement incompréhensibles qu’on a de la peine à engager une discussion sur un tel texte, sauf à dire qu’il est hors sujet. Pendant que Bessac élabore ses phrases savantes où l’inexactitude (bilan positif des résultats électoraux du Front de Gauche par exemple) le dispute parfois à la volonté manifeste du rapporteur d’aller chercher la nuit dans les armoires (objectif qu’il atteint sans difficulté), sur le terrain nous sommes confrontés à la dégradation sociale et politique sans précédent qui caractérise la situation présente. Si on tente ici un état des lieux, on risque de ne pas pouvoir être exhaustif ! Pouvoir d’achat, emploi, services publics, protection sociale, environnement, sans oublier la paix et le désarmement… par quel bout qu’on aborde les choses, il n’y a que souffrance à la clé ! Bessac pose quand même une bonne question : comment être utile au peuple et à la France, à l’Europe et à l’humanité ? Eh bien pour ce qui le concerne il devrait abandonner les responsabilités qui lui ont été confiées. Au fond Bessac évacue ce qui est l’essentiel la nécessité d’un parti révolutionnaire qui ait une analyse juste de l’ampleur de la crise, de sa nature et des moyens à mettre en œuvre pour la résoudre. Plus exactement cette donnée est diluée dans un magma confus de considérations sur tout et le contraire de tout. Bessac a, sans doute malgré lui, un mot heureux quand il déclare qu’il faut accroître notre entropie ! Oui j’étais professeur de physique et je sais ce qu’est l’entropie, c’est ce qui mesure la quantité de désordre dans un système. Plutôt que des élucubrations de Bessac nous avons besoin de dresser sans concession le bilan de ce qu’a été notre politique d’union avec la social-démocratie depuis les trente dernières années. De programme commun en gauche plurielle et en Front de Gauche on connaît le résultat des courses : l’aggravation de la situation économique et sociale sur fond de disparition du parti communiste tant au plan idéologique que de son organisation et de son activité. A l’heure où il est évident, voir en particulier l’état de délabrement des pays qui composent l’Europe, que le capitalisme a fait son temps et qu’il faut une rupture franche avec lui, à l’image de ce qu’a été la Révolution de 1789 pour en finir avec une société alors fondée sur les privilèges de la noblesse et du clergé, il faut offrir une perspective claire de substituer à la logique du profit celle de la satisfaction des besoins humains. D’autant qu’avec le TSCG à la clé les choses ne vont qu’empirer ! Sur cette base l’unité des communistes est nécessaire et possible, possible précisément parce que nécessaire ! Si c’était cela que contenait le rapport de Bessac je n’aurais pas connu comme je l’ai fait la montée d’adrénaline que je viens de vivre à sa lecture !

  • 36e congrès du PCF 20 septembre 2012 18:39, par Armand Lecoq

    Paul fait allusion aux « structures de proximité »qu’étaient les cellules , dont le congrès de Martigues avait entériné la disparition. Je souhaite revenir sur ce fait, qui n’est pas un détail pour moi. Lors de la fête des sections du biterrois, début septembre, nous avons eu trois débats et j’ai eu l’occasion de souligner que le PCF n’était pas un parti comme les autres, tout simplement parce que sa présence dans le paysage politique répondait à une nécessité, celle de préparer la révolution socialiste dans notre pays,. L’organisation révolutionnaire , léniniste, disons-le, de ce parti consiste justement à mettre sur pied une organisation scientifique de travail au plus près des masses, que ce soit dans les villes, les villages, et surtout là où la classe ouvrière est exploitée directement, les usines. Le rôle des cellules est éminament important pour propager les idées révolutionnaires, marxistes, pour conserver le plus possible le lien indispensable avec tous les camarades communistes, et aussi pour maintenir la liaison, être à l’écoute de tous ceux que nous cotoyons. C’est bien pour cela que le congrès de Martigues a détruit officiellement cette structure, et c’est pour cela que je pense profondément que nous devons redonner aux cellules toute leur place dans notre vie militante. La cellule, ça veut dire le lien permanent avec tous les communistes, et parmi eux ceux qui pour des raisons diverses, ne militent pas, ça veut dire un contact régulier avec les voisins, les collèges de travail, ça veut dire aussi veiller à l’orientation du syndicat dans la boite, la diffusion du journal de cellule… Il serait intéressant d’avoir, sur ce site, des informations sur les cellules existantes (je sais qu’il en subsiste beaucoup dans le parti, malgré leur non reconnaissance officielle…) et pourquoi pas, nous pourrions échanger nos journaux . en tout cas, la réapparition des cellules nous aidera énormément. Armand Lecoq

    • 36e congrès du PCF 21 septembre 2012 09:36, par Gautier Weinmann

      Quelques idées :

      • nationalisation des grands moyens de production,
      • gestion ouvrière démocratique,
      • retour à la pleine souveraineté nationale, condition même de l’interNATIONalisme (sortie de l’euro, de l’UE, protectionnisme aux frontières…),
      • planification d’Etat de « base » (le marché peut jouer un rôle, à analyser),
      • annulation de la dette publique,
      • Institution d’une Constitution socialiste (…)

      Bon appétit !

      Fraternellement, Gautier WEINMANN

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