36ème congrès : les textes alternatifs sont-ils illégitimes ? Ou le parti communiste est-il une administration comme les autres... ?

, par  lepcf.fr , popularité : 70%

La première phase du congrès du PCF dans le cadre des statuts actuels prévoit une consultation des communistes pour le choix d’une base commune de discussion. Au nom de la Commission transparence, Fabienne Haloui au conseil national du 21 Novembre a présenté les textes "alternatifs" et leurs conditions de validation, en expliquant pourquoi la commission de validation a supprimé des centaines de signatures de ces textes.

Cette intervention cherche plus à délégitimer les communistes proposant un texte alternatif qu’à permettre le débat au fond sur le contenu de la base commune que les communistes doivent choisir. Mais de quelle organisation parle-t-elle ? D’un parti de militants, bénévoles ou d’une administration informatisée et centralisée ?

A vrai dire,cette intervention par certains aspects ressemble plus à celle d’un congrès d’un parti socialiste qu’à un texte de congrès communiste.

Ce rapport s’appuie sur les incohérences du fonctionnement actuel de l’organisation du parti pour mettre en avant des exemples qui semblent illégitimes, et en rendre responsables les signataires et les organisateurs des textes, alors qu’ils soulignent le coté ubuesque du fonctionnement centralisé et technocratique imposé par la direction nationale sur un sujet, l’adhésion et l’intégration dans l’organisation, qui est d’abord et avant tout politique.
 des signataires seraient non adhérents, mais il n’est pas dit qu’on trouve des signataires cotisants mais non adhérents ! La fédération confirme la cotisation, mais l’adhérent n’est pas enregistré informatiquement au plan national.
 des signataires seraient non cotisants, mais il n’est pas dit que certains refusés sont cotisants par prélèvement trimestriel depuis des années, et que la commission prend prétexte du délai de 3 mois pour les refuser.
 de même, rien n’est dit rien sur cette aberration du refus dans certaines fédérations des cotisations en liquide...
 il n’est pas dit que la commission a mis en cause des signataires membre du conseil national....
 il n’est pas dit que la commission a refusé de fournir la liste des signataires invalidées aux responsables des textes pour leur permettre de fournir les explications utiles, où les justifications manquantes.
 et passons sur les erreurs d’addition [1], l’essentiel est politique [2].

Le parti communiste n’est pas une assurance, une administration, une entreprise... c’est (ce devrait être ?) un parti de militants, qui s’organisent volontairement et bénévolement sur le terrain, là où ils travaillent et vivent. Et faire d’une nouvelle adhésion un militant engagé, prenant le temps nécessaire pour la vie du parti, trouvant les arguments pour résister à la pensée dominante, demande du temps, de la formation, des efforts... Parfois, comme dans toute association, la vie militante s’affaiblit, les adhérents se dispersent, certains se perdent de vue, puis un évènement, une bataille sociale, une élection, conduit à se remobiliser, à se retrouver... L’organisation est donc vivante, et la bataille de terrain pour la faire vivre est un enjeu déterminant pour les directions à tous les niveaux.

Historiquement, la remise des cartes et la cotisation étaient deux batailles dont le parti publiait régulièrement les chiffres, et il est facile de trouver trace dans les rapports au comité central de la réalité. Au plus fort de son organisation, le parti constatait tout au long de l’année, qu’il avait remis 30, puis 50 puis 80 ou 90% des cartes, et qu’il avait 80 ou 90% de cotisants. La carte et la cotisation étaient deux mesures importantes de la mobilisation des communistes. Elles n’avaient rien d’une démarche administrative pour reconnaitre ou non les communistes, qui tous, quels que soient leur niveau de cotisation, étaient reconnus comme adhérent, à partir du moment ou une cellule, une section, remontait un talon à la fédération. Nul besoin d’informatique, c’était la réalité des rapports entre responsables du parti qui permettait de partager les données sur les cartes et les cotisations.

L’abandon de la remise des cartes annuelle par les cellules, justifiée par les difficultés, bien réelles, à la remettre, se confirme comme un recul de l’effort de direction pour l’organisation réelle du parti. La situation partout en France, fait que des milliers de communistes perdent le lien avec le parti car l’effort de direction pour leur permettre de s’engager est insuffisant. Il suffit de regarder les milliers d’adhésions de ces dernières années et le nombre d’adhérents constants... il y a autant de pertes que d’adhésions, et chacun sait que les pertes sont souvent les adhésions récentes...

Dans ce contexte, il y a des militants qui ont laissé tomber et qui reprenant contact dans une rencontre ou une lutte décident de revenir, ils ne seront pris en compte nationalement que plus tard. Des milliers de communistes ne paient pas leur cotisation régulièrement parce que personne ne leur demande... et quand l’un d’eux paie une cotisation lors d’une rencontre, elle ne sera enregistrée que plus tard, quand le trésorier de section prendra le temps de remonter à la fédération. Ceux qui pensent que le prélèvement automatique résout le problème, croient qu’un outil résout un problème d’engagement et d’effort militant. Ils construisent, consciemment ou non, un parti "administratif" où un citoyen s’inscrit en ligne avec sa carte bleue... une adhésion "FNAC", un parti fait pour les plus intégrés à la société et qui se coupe des catégorises les plus populaires qui ne trouvent pas leur place dans ce type de fonctionnement.

C’est cette question que le rapport de la commission transparence veut masquer, l’incapacité de la direction à poser en grand à l’occasion de ce congrès la question de l’organisation, de son renforcement concret, ce qui suppose avant tout de faire vivre le parti en bas, sur le terrain, là ou les adhésions peuvent devenir des militants. C’est tout le contraire qui est proposé et la commission de validation s’enferme dans un fonctionnement technocratique qui repose sur le refus de considérer les communistes localement comme responsables et engagés pour faire vivre et renforcer le PCF. Les illusions portées par l’informatique qui résoudrait tous les problèmes font le reste, et c’est derrière son écran d’ordinateur que la commission compte les communistes...

Mais la réalité d’un parti et des militants est ailleurs, et cette conception d’un parti centralisé et informatisé conduit à un adhérent consommateur de ce que d’autres ont pensé et réfléchi. Elle est à mille lieux de l’histoire du PCF et on comprend pourquoi le texte "Rallumer les étoiles" acte la rupture avec cette histoire.

Pour ce qui nous concerne, nous considérons tous les communistes dans leur diversité comme contributeurs potentiels à la vie du parti. Quelque soit leur niveau de cotisation, ils ont leur place, et c’est à l’organisation de leur permettre de cotiser selon leurs moyens, leurs conditions de vie. Menons ensemble la bataille pour renforcer l’organisation communiste, avec tous les communistes !

[1Par exemple 448 signataires de notre texte, 318 validées et 112 invalidés... que sont devenus les 18 autres... ?

[2Les exemples commencent à affluer des incohérences de ces refus de signature : un camarade de la Drôme en prélèvement automatique reçoit une lettre lui disant qu’il n’est pas cotisant et son trésorier fédéral lui répond avoir validé sa qualité de cotisant, une jeune communiste du Rhône est reconnue cotisante mais son adhésion n’aurait jamais été transmise à la direction nationale bien qu’elle ait demandé à la fédération de le faire, dans un autre cas, la non validation serait une erreur entre deux camarades portant le même nom, une secrétaire de section cotisante reçoit la même lettre sans explication... ce qui est remarquable, c’est qu’en cas de doute, la réponse est administrative et et ne va jamais chercher la vérité auprès des instances locales.

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