Adhérer au Front de gauche ?

Adhérer au Front de Gauche sans adhérer à un parti, telle est la question posée par certains (qui ?). Là on peut penser qu’il s’agit de schizophrénie, ou sinon ça y ressemble fortement.

En effet, « on » ne veut pas adhérer à un parti mais « on » veut adhérer au Front de Gauche, c’est de fait en faire un parti. Parlons net, ce n’est pas innocent, rentrent là par la fenêtre ceux qui sont sortis par la porte, désavoués, en décembre 2007 car, soyons sérieux, vous en avez rencontré beaucoup de ceux qui veulent « adhérer au Front de Gauche sans adhérer à un Parti », combien sont-ils ? Même si on vient dire que 40% des membres du Conseil National du FG sont non « encartés » - HQ 21/08/2012 - (élus par qui, représentant eux seuls, sinon qui ?), alors on peut craindre que le dit conseil ne soit pas représentatif si j’en juge par mon expérience de militant de base et les échos que j’ai de beaucoup de camarades de différentes fédérations, y compris de responsables ayant une vue un peu globale sur la campagne.

Personnellement, durant les deux campagnes, et j’y ai été très actif, et dans une région peuplée, la question n’a été posée que par deux personnes, et pas n’importe lesquelles (!) dans les assemblées citoyennes auxquelles j’ai participé. Faire ça, c’est revenir d’une façon ou d’une autre aux comités anti-libéraux de triste mémoire. C’est un piège redoutable ! Les expériences espagnoles et italiennes devraient faire réfléchir pour le moins.

Prendre ses responsabilités, c’est adhérer à un parti ou une organisation ou sinon être « compagnon de route » et participer aux assemblées citoyennes locales. Comme l’a écrit le philosophe André Tosel, je cite "(…) pratiquer un réalisme utopique et raisonné sans céder aux illusions lyriques qui ont conduit à écrire que - le Front de Gauche déchaîne l’espoir, l’action, la fureur de vivre -".

C’est une illusion de croire qu’il y a une demande importante d’adhésions au Front de Gauche sans adhésion à l’un des partis le composant.

Par contre, oui, il y a eu des adhésions aux partis, et en particulier de gens s’engageant consciemment au Parti Communiste Français, et ayant fait ce choix délibérément et en connaissance de cause. C’est là le « noyau dur » qu’il nous faut renforcer pour aller de l’avant, pour faire avancer le Front de Gauche et l’élargir si possible tout en gardant notre autonomie.

Attention là, l’insistance de certains à reposer cette question comme une litanie alors qu’elle n’est, dans les faits, posée que de façon marginale, semble pour le moins suspecte.

Ivan Lavallée, le 22 août 2012

Vos témoignages

  • Adhérer au Front de gauche ? 16 avril 2013 19:24, par Gilles Questiaux

    et je précise pour ce qui est de « mon parti a raison et pas les autres ». Ce n’est pas ça du tout ! Mon parti a une ligne stratégique, et une discipline, sans lesquels il ne serait pas un parti. Donc je la suis et je la défend. La question se pose simplement de quoi faire quand il devient non pas « sclérosé » ce qui ne veut rien dire de précis, si ce n’est qu’il communique mal et n’est pas séduisant pour les médias, mais quand sa ligne devient réformiste, ce qui est une évolution historiquement constatée bien souvent.!

  • Adhérer au Front de gauche ? 16 avril 2013 19:11, par Gilles Questiaux

    Cher camarade, je pense que la qualité des expériences de militantisme dépend beaucoup des rencontres sur le terrain. Mais fondamentalement le NPA comme le FG sont des démarches d’appareil, dont le but est de court-circuiter des bases pas toujours aussi maléables que l’on voudrait. Ce qu’il nous faut, pour résumer, c’est un réseau ouvrier et marxiste, mais à l’aise dans son époque (un peu comme le PTB), et ça ne peut pas être un groupe structuré autour de l’engagement moral d’individus indignés, mais sans rapport direct avec leur intérêt de classe, de type gauchiste.

  • Adhérer au Front de gauche ? 14 avril 2013 15:21, par Herve.arteaud

    Juste quelques petits mots pour réagir, avec retard à ce que je viens de lire. J’ai démissionner du Parti en 2001 après les élections municipales à Aubervilliers, où je figurais sur la liste Convergence Démocratique conduite par JJ Karman et P Latour. Après être retourné en Loire Atlantique, j’ai participé aux activités du PRCF avec les camarades d’Orvault, puis j’ai participé à la création du NPA sur St Nazaire. Une expérience très intéressante au début, mais trop vite reprise en main par les ex-LCR. La création du Front de gauche est pour moi un processus très riche. Il confronte des parcours, des organisations, des histoires différentes qui veulent faire bouger les choses.

    Il faut pouvoir s’enrichir des autres, le PCF a trop longtemps cru détenir la vérité. On voit où cela l’a mené. Juste un exemple sur le 44. La fédération de Loire Atlantique du PCF, toujours dans son tête à tête exclusif avec le PS, pour quelques bonbons sucrés , des postes d’élus, soutient le projet capitaliste et pollueur de l’aéroport de Notre des Landes. Le PCF au secours de Vinci et du béton. Heureusement que le front de gauche existe pour démontrer tout ce que ce projet a de néfaste.

    Avec beaucoup de communistes de cœur, nous nous posons la question d’une adhésion directe au front de gauche. Nos histoires personnelles nous ayant « rafraîchi » par rapport aux partis politiques et ce qu’ils ont de sclérosant. C’est mon parti qui a raison et pas les autres.

    Voila ma réaction de ce dimanche nazairien ensoleillé, le premier depuis bien longtemps.

    Hervé Arteaud

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