Bilan, bilan autocritique et pot de confiture…

Une rumeur voudrait que notre inénarrable secrétaire national du PCF ne souhaite pas soumettre un bilan circonstancié de la période précédente au Congrès extraordinaire prévu pour 2018 ! Une "fake news" peut-être, ou bien cela fait partie des réinventions “laurentiennes” !

Car enfin, qu’il s’agisse d’une association 1901, d’un mouvement social ou d’un parti politique, soumettre un bilan de la période précédente fait partie du rituel.

Il est vrai qu’en ce qui concerne les partis communistes, on parle plutôt d’autocritique, au sens d’évaluation. L’index de œuvres complètes de Lénine dresse une liste de plusieurs pages de titres de textes portant sur l’autocritique. Le mot bilan n’y figure même pas !

Quoi qu’il en soit, notre pierrot national semble réticent à l’exercice, qu’il se nomme bilan, bilan autocritique, ou autocritique. Qu’importe d’ailleurs d’une certaine façon l’étiquette, c’est plus le contenu du pot de confiture qui compte. Et c’est là que le bât blesse !

En effet, si l’objectif est d’aboutir à un parti politique hybride, rose tendre de contenu, mais à étiquette d’un beau rouge, de façon à obtenir votes et élus sans secouer trop la baraque, le bilan pourrait signaler une continuation du “combat” dans la même direction.

Si par contre, il s’agit de renouer avec une tradition révolutionnaire, si par contre, il s’agit de reprendre place parmi les partis communistes marxistes et léninistes. Je pense à des PC au pouvoir ou pas, comme ceux de la Chine, du VietNam, du Laos, de Cuba, de l’Afrique du Sud, de la Russie, du Portugal, de l’Espagne depuis son tout récent congrès… etc (je m’arrête, car la liste serait trop longue).

S’il s’agit de tout cela, le "bilan" sera forcément très, très globalement négatif !

Devant le déclin du PCF, et la quasi disparition des PC qui ont choisi la dérive "eurocommuniste", le "bilan" devrait, par exemple, répondre à la question : Pourquoi la direction du PCF s’est entêtée à faire glisser le Parti sur les rails de l’Eurocommunisme ?

Ou encore, pourquoi le Parti et l’Humanité parle peu, ou même pas, de la nostalgie très majoritaire à l’égard de leur socialisme, des populations russe, et de celles des autres pays socialistes de l’Europe de l’Est ?

Ou encore, pourquoi ne pas montrer que le socialisme est en pleine ascension dans le monde, qu’il résiste avec succès à aux impérialismes occidentaux, mais qu’il régresse principalement en Europe occidentale ?

D’autres questions de même nature pourraient constituer une sorte de grille d’analyse qui rendrait le contenu du pot de confiture extrêmement savoureux et surtout utile.

Ces temps-ci, diverses réunions de communistes dans leur section ou fédération font penser au mur des lamentations. Pourtant la situation est loin d’être désespérée. En se joignant à ceux qui, en nombre croissant dans le Parti, exigent un bilan autocritique posant les bonnes questions, nous pouvons contribuer à sortir notre PC de l’ornière où il s’embourbe actuellement.

Hervé Fuyet

Documents à télécharger

Vos témoignages

  • Bilan, bilan autocritique et pot de confiture… 11 février 2018 09:13, par CN46400

    Ouais l’eurocommunisme est une foutaise soit, mais que vaut le communisme « national » quand la moitié des produits qui sortent de nos usines sont exportés, et que les trois quart des intrans sont importés ? Et pourquoi pas le communisme « provincial » tant qu’on y est… Relisons Marx, le Manifeste de 1848, 170 ans déjà, et pas une ride :

    Poussée par le besoin de débouchés toujours nouveaux, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut s’implanter partout, exploiter partout, établir partout des relations.

    Par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au grand désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l’industrie sa base nationale. Les vieilles industries nationales ont été détruites et le sont encore chaque jour. Elles sont supplantées par de nouvelles industries, dont l’adoption devient une question de vie ou de mort pour toutes les nations civilisées, industries qui n’emploient plus des matières premières indigènes, mais des matières premières venues des régions les plus lointaines, et dont les produits se consomment non seulement dans le pays même, mais dans toutes les parties du globe. A la place des anciens besoins, satisfaits par les produits nationaux, naissent des besoins nouveaux, réclamant pour leur satisfaction les produits des contrées et des climats les plus lointains. A la place de l’ancien isolement des provinces et des nations se suffisant à elles-mêmes, se développent des relations universelles, une interdépendance universelle des nations. Et ce qui est vrai de la production matérielle ne l’est pas moins des productions de l’esprit Les oeuvres intellectuelles d’une nation deviennent la propriété commune de toutes. L’étroitesse et l’exclusivisme nationaux deviennent de jour en jour plus impossibles et de la multiplicité des littératures nationales et locales naît une littérature universelle.

    Par le rapide perfectionnement des instruments de production et l’amélioration infinie des moyens de communication, la bourgeoisie entraîne dans le courant de la civilisation jusqu’aux nations les plus barbares. Le bon marché de ses produits est la grosse artillerie qui bat en brèche toutes les murailles de Chine et contraint à la capitulation les barbares les plus opiniâtrement hostiles aux étrangers. Sous peine de mort, elle force toutes les nations à adopter le mode bourgeois de production ; elle les force à introduire chez elle la prétendue civilisation, c’est-à-dire à devenir bourgeoises. En un mot, elle se façonne un monde à son image.

    La bourgeoisie a soumis la campagne à la ville. Elle a créé d’énormes cités ; elle a prodigieusement augmenté la population des villes par rapport à celles des campagnes, et par là, elle a arraché une grande partie de la population à l’abrutissement de la vie des champs. De même qu’elle a soumis la campagne à la ville, les pays barbares ou demi-barbares aux pays civilisés, elle a subordonné les peuples de paysans aux peuples de bourgeois, l’Orient à l’Occident.

    La bourgeoisie supprime de plus en plus l’émiettement des moyens de production, de la propriété et de la population. Elle a aggloméré la population, centralisé les moyens de production et concentré la propriété dans un petit nombre de mains. La conséquence totale de ces changements a été la centralisation politique. Des provinces indépendantes, tout juste fédérées entre elles, ayant des intérêts, des lois, des gouvernements, des tarifs douaniers différents, ont été réunies en une seule nation, avec un seul gouvernement, une seule loi, un seul intérêt national de classe, derrière un seul cordon douanier.

    (…)

    A sa place s’éleva la libre concurrence, avec une constitution sociale et politique appropriée, avec la suprématie économique et politique de la classe bourgeoise.

  • Bilan, bilan autocritique et pot de confiture… 10 février 2018 15:38, par Hervé Fuyet

    Merci Pedrito du commentaire ! Il me semble que si on observe la situation seulement du point de vue du village local (France et Union européenne), l’avenir est sombre. Bien que l’eurocommunisme soit de plus en plus ringuard et dépassé, la plupart des eurocommunistes s’obstinent à s’enfermer dans leur impasse qui les placent objectivement dans le camp de l’impérialisme, en compagnie de la plupart des trotskystes et de quelque sorbonnagre attardé, curieusement néopseudomao. Du point de vue du village global, le tableau est trèsencourageant. Un parti communiste d’environ 90 millions de membres, se réclamant ouvertement du marxisme et du léninisme dirige avec succès la seconde, ou disent certains, la première économie du monde, entrainant derrirère elle, divers pays socialistes, les BRICS etc. Le PC espagnol vient de se débarrasser de sa ringuardise eurocommuniste pour rejoindre le camp antiimpérialiste. Difficile de dire quand le PCF retrouvera sa colonne vertébrale, mais il me semble, Pedrito, qu’il y plusieurs indices importants et concordants que cela approche !

  • Bilan, bilan autocritique et pot de confiture… 9 février 2018 22:53, par pedrito

    Hervé Fuyet : ce que tu écris est de l’humour !!! Il y a des décennies que la dérive se poursuit, qu’ils sont de + en + nombreux les communistes à exiger un bilan critique, mais que RIEN ABSOLUMENT RIEN ne permet d’espérer que nos inénarrables dirigeables ouvrent les yeux !!!!

Revenir en haut