Clémentine Autain : comparaison et déraison

Ce n’est pas un hasard, il ne s’agit pas de la part de Clementine Autain de « déraison » mais bien de sa haine réelle de l’Union soviétique. Il ne s’agit pas de son amour des « migrants » mais bien d’une volonté d‘aller jusqu’au bout de la fin de l’histoire antinazie des communistes pour mieux soutenir ses frères trotskistes néoconservateurs des Etats-Unis… Et c’est ce genre d’individu qui prétend diriger le PCF avec l’accord des communistes, interdire la solidarité avec les communistes ukrainiens, « plutôt Hitler que Staline »… Je suis d’accord avec le texte de Mark Cohen mais je le crois encore trop limité à la seule question de l’anti-islamisme, ce n’est pas là le vrai sujet, le vrai sujet c’est la destruction du PCF comme affaire programmée (note de Danielle Bleitrach)

Doit-on salir les libérateurs d’Auschwitz pour blanchir les salafistes ?

Deux jours après le fameux tweet de Clémentine Autain évoquant les « deux millions de viols » commis par l’Armée Rouge en Allemagne en 1945, pour relativiser les horreurs du Jour de l’An à Cologne, je reste sidéré.

On a beau s’attendre à tout, venant d’une personnalité politique en lutte pour sa reconnaissance sociale, on n’y croit pas. On a tort.

Dans le combat de cette soi-disant « gauche de la gauche » contre la prétendue « islamophobie », tous les coups sont permis.

Au nom de quels objectifs inavouables peut-on comparer des viols commis en temps de paix et des crimes sexuels de guerre ?

Au nom de quel dévoiement du féminisme peut-on reprendre au compte du progressisme la petite musique de nuit des nostalgiques du nazisme ? Car ce genre d’excuse comparative est un exercice de première année d’étudiant en rhétorique négationniste. « Il y a eu Auschwitz, dont les chiffres ont été truqués, mais les viols de l’Armée Rouge, ça c’est du lourd ! »

C’est de cette rhétorique réviso chimiquement pure que Clémentine Autain nous a resservi là, et dont elle a osé se servir pour faire taire ceux et surtout CELLES qui s’indignaient de la passivité de certaines pseudo-féministes face aux atrocités de Cologne. Recyclant au passage un argumentaire fantasmatique sorti tout droit du cerveau de Goebbels.

La thématique du « soldat barbare mongolo-juif bolchevik » qu’il faut bloquer à tout prix sur la rive droite de l’Oder pour l’empêcher de violer « nos femmes et nos filles » a été martelée par la propagande nazie dès l’été 1944. Son objectif était double : mobiliser les Allemands face à l’avancée de l’Armée Rouge et bien sûr, entamer le processus de négation des innombrables crimes contre l’humanité commis par les nazis depuis 1933.

Pour les nazis, le vrai et seul coupable, c’est l’Autre, c’est le youdo-rouge ivre de sang pur germanique. Voilà avec quels arguments la « légitime défense » allemande s’est dispensée de toute considération humaine tant vis-à-vis de six millions de juifs d’Europe assassinés que vis-à-vis des populations civiles soviétiques (des milliers d’Oradour) ou des prisonniers de guerre de l’Armée Rouge qu’on extermina systématiquement par les assassinats ciblés, la faim, l’absence de soins et l’esclavage (un traitement de défaveur qu’eurent aussi à subir les prisonniers noirs français ou américains, souvent abattus dès leur capture). Le tout dans l’indifférence générale de 99,99 % des gentils Allemands.

Très malheureusement, cette polarisation hitlérienne sur les deux millions de viols commis par l’Armée Rouge (il serait plus raisonnable de parler de plusieurs centaines de milliers de crimes, mais sans doute est-ce moins vendeur) fut abondamment relayée dans l’immédiat après-guerre par nombre d’historiens fantaisistes anglo-saxons soucieux avant tout de réintégrer une Allemagne très superficiellement dénazifiée dans le Camp du Bien.

Alors on a écrit de longs chapitres sur les femmes allemandes violées, sur les fameux « Komm Frau ! » lancés par les soldats russes à leurs malheureuses victimes blondes et pulpeuses. Tout comme chez nous, en France, on a droit régulièrement aux lamentos des belles âmes sur les pauvres tondues de la Libération. Ce fut autrefois un exercice très pratiqué par les nostalgiques du nazisme, c’est aujourd’hui un baratin classique du journalisme compassionnel.

Baratin, oui, baratin. Certes, il y a eu plusieurs centaines de milliers de viols de civiles et de militaires allemandes par des soldats de l’Armée Rouge. C’est absolument incontestable et absolument honteux. Comme le sont tous les viols de guerre. Comme a été, est, et sera toujours infâme chaque viol.

N’empêche, je vais vous dire ma vérité. Les femmes allemandes violées, c’est grave. Les femmes françaises tondues, c’est triste. Mais elles ont survécu. Elles ont eu des dizaines d’années pour exposer l’ampleur de leur ressentiment. Des millions d’autres femmes n’ont pas eu cette chance. Des millions d’autres femmes juives notamment. Elles ne furent que quelques dizaines de milliers à survivre à l’enfer inventé pour eux par les nazis, par les Allemands. Nombre de ces survivantes furent libérées, comme à Auschwitz, par l’Armée rouge. Cette Armée rouge que tu oses salir aujourd’hui, Clémentine Autain, dans ton misérable combat pour empêcher qu’on dise leur fait à tes amis salafistes.

Je ne sais pas, Clémentine Autain, si tu as commis cette horreur par bêtise ou par calcul, par inculture ou par méchanceté. Ce que je sais, c’est que tu n’as plus rien à voir avec le communisme, ni avec l’antifascisme.

À moins, à moins que… Regarde bien cette photo de combattantes volontaires de l’Armée Rouge, Clémentine. Ces femmes te regardent. Salue-les. Implore leur pardon. C’est ta dernière chance de salut ici-bas. Ou alors va jouer aux billes avec tes potes barbus ou si tu préfères avec leurs amis négationnistes qui chantent le même refrain que toi.

Voir en ligne : sur le blog histoire et société de Danielle Bleitrach

Vos témoignages

  • Clémentine Autain : comparaison et déraison 28 janvier 2016 15:55, par jack freychet

    Mon commentaire étant trop long et comme j’ai mieux à faire que de le saucissonner ci après l’adresse du texte qui a été publié in extenso par comité Valmy : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article6748#forum36289

    Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive car il est souvent nécessaire d’argumenter. Je vais finir par délaisser votre site

    • Clémentine Autain : comparaison et déraison 30 janvier 2016 07:00, par pam

      Quand un commentaire est trop long, il est tout à fait possible de le soumettre comme un article… il faut pour cela être inscrit comme auteur (et pas seulement visiteur, c’est fait pour toi), et accéder à l’espace privé…

      on peut aussi envoyer une proposition d’article par mail à contact chez lepcf.fr

      pam

  • Clémentine Autain : comparaison et déraison 19 janvier 2016 03:27, par Bernard Gilleron

    Conne je me méfie des épithètes moralisateurs tels que « bassesse »,« honte » et que les jugements politiques ne devraient jamais faire appel à l’indignation mais à la raison, même si on bout intérieurement, comment trouver une condamnation d’Autain qui soit purement politique ? Il me semble que la grande caractéristique de ce tweet étant l’anti-soviétisme plus que primaire, (maternelle au plus), elle apparait ici dans l’ampleur de son caractère anti-communiste, et disons le mot réactionnaire.

    Cette indigente politique, issue du milieu du spectacle (sa mère était actrice) porte tous les stigmates de la frivolité et de l’arrivisme forcené de ce milieu. Elle a profité au maximum de deux facteurs favorables à son ascension vers la célébrité politique :
     c’était et c’est toujours une jolie nana, et elle en a à coup sûr joué au moins au niveau médiatique : sans scrupule.
     elle a fait l’essentiel de sa carrière dans la période de la mutation et grâce aux bonnes relations que cette période a pu lui donner auprès des socialistes parisiens elle s’est bâti une carrière à la solférinienne, tout en affichant le détail piquant qui la distinguait bien dans la multitude socialiste et servait l’hypocrisie du PS de se dire « communisante ».

    Donc qu’a-telle fait dans ce tweet ?

    • du sociétal avec le féminisme forcené et bébête du PS…Elle remerciait ainsi les cohortes d’« osez le féminisme » avec lesquelles elle a du pas mal fricoter…
    • quant a l’islamophilie elle ne me semble relever que de la bêtise la plus crasse tant ses mentors ne le sont guère, et du gout pour la provoc, qui « fait chic et choc » pour les dindes comme elle quand elles se lancent dans la politique(c’est du Ségolénisme craché !!)

    Bien sûr je suis resté superficiel, et tout ce que Danielle dit dans son texte est on ne peut plus juste : c’est le seul mérite de cette twittos écervelée, et décervelée par l’anticommunisme et anti-soviétisme du milieu socio-professionnel dont elle est issue, d’avoir donné à Danielle Bleitrach l’occasion d’un blog, comme toujours très lu et commenté, qui a rétabli des vérités toujours utiles à dire.

  • Clémentine Autain : comparaison et déraison 18 janvier 2016 09:16, par Mireille Popelin

    Je partage cet article moi aussi. J’ai compris pourquoi j’ai entendu cette hier la même réflexion sur les millions de viols … Ce qui m’a fait piquer une belle colère. Nous sommes dans une période de régression des droits des femmes incroyable, j’ai même entendu : « faut pas sortir ces soirs-là » C’était « elles l’ont bien cherché » Régression, négationnisme , mais nous sommes aussi dans le déni. Il faut chercher pourquoi ces attaques contre les femmes dans plusieurs villes , et par des hommes d’origine immigrée du Maghreb surtout ( et non pas migrants ) Mireille Popelin

  • Clémentine Autain : comparaison et déraison 16 janvier 2016 17:14, par michel

    Excellent article que je partage totalement . Clémentine Autain n’a rien de communiste , elle est tout simplement décevante et le monde du travail attend autre chose que de tel déclaration

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