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Comment réussir un congrès utile aux communistes ?

dimanche 22 mai 2016, par pam

Ce 37ème congrès sera-t-il un congrès qui aide les communistes ? Les derniers congrès ont beaucoup écrit, pris de nombreuses décisions sur l’organisation du parti, différentes versions de son projet, la création du Front de Gauche, les alliances électorales, mais dans la pratique, les communistes semblent démunis face à des questions concrètes par exemple dans les luttes contre la loi travail, pour être utile à l’unité et au renforcement du mouvement, comme dans leur capacité de répondre à des situations politiques qui bousculent toutes les forces progressistes, depuis le diktat européen contre le choix des grecs refusant l’austérité, jusqu’à la brutalité réactionnaire du pouvoir socialiste. Ils ne savent comment renverser la tendance à l’affaiblissement de leurs organisations.

Pire, la direction du parti communiste est divisée et tâtonnante, incapable d’unir les communistes, de faire vivre une orientation lisible et utile aux militants. A l’été 2015, les hésitations des parlementaires et de la direction du parti soutenant le plan européen refusant le choix du peuple grec contre l’austérité a désarçonné de nombreux communistes. Le revirement sur Jean-Luc Mélenchon, devenu après 2012 candidat légitime de l’électorat communiste puis dénoncé en 2016, comme la recherche presque désespérée par Pierre Laurent d’une nouvelle alliance avec d’autres socialistes dissidents, laissent le parti communiste dans le flou à moins d’un an des échéances électorales de 2017. A la même époque pour 2012, les communistes menaient un débat approfondi sur leur stratégie et leur candidat. Comment le congrès pourrait apporter une réponse utile quand la direction continue à renvoyer toute décision des communistes à un processus citoyen idéalisé, loin de toute réalité de nos forces militantes ? Nous sommes dépendant des décisions des autres, la direction du PCF fonctionne désormais comme celle du parti radical de gauche.

Pourtant, après des décennies de reculs sociaux et d’échecs électoraux pour les communistes, le mouvement social contre la loi travail montre que rien n’est jamais définitif. Il y a 3 mois, tout semblait réglé avec Hollande surfant sur l’anti-terrorisme et Le Pen sur la vague bleue marine, et il a suffi d’une journée forte de manifestation en mars pour que le débat politique se transforme et que grandisse la question de la résistance, du refus de la dérive à droite de la France

Il est donc urgent de relever le défi d’un parti communiste tourné vers l’action, utile au concret pour surmonter les obstacles à l’unité et au renforcement, mais la direction nationale ne semble préoccupé, comme chez les verts, que des tactiques, des alliances et des places… Le parti devient une écurie électorale dont la direction doit monter des dossiers… comme chez les verts, dont un élu justifiait son soutien avec Collomb en disant, « j’ai 10 millions d’euros pour le mandat sur ma délégation ».

Le mouvement social a besoin d’un débat politique national sur des questions très concrètes. Comment surmonter le piège de la violence, son instrumentalisation par le pouvoir pour isoler le mouvement de sa base sociale ? Comment permettre aux plus déterminés de trouver les formes d’actions fortes dans la durée, sans se détourner de l’effort indispensable pour élargir le mouvement, faire progresser la mobilisation ? Ce devrait être au cœur du débat politique du congrès, quel rôle pour le PCF dans le mouvement social ? quelle stratégie de rassemblement populaire pour ouvrir une perspective progressiste ?

De même, chacun sait que l’existence de groupes parlementaires communistes est un défi difficile pour 2017. L’expérience de 2012 comme des élections locales qui ont suivies sont claires. La vague électorale d’un présidentiable ne fait pas nécessairement une force pour une circonscription. Les bilans et enracinements locaux ne résistent pas à un vote national fortement politique… Mais quelles leçons tirons-nous des stratégies électorales suivies depuis 15 ans ? des échecs du Front de Gauche, de la perte systématique d’élus communistes, de la montée apparemment irrésistible de la droite ? Comment sortir du piège que le pouvoir nous tend avec le FN, piège illustré clairement aux dernières régionales ?

Au-delà de 2017, le parti communiste conserve des forces significatives au plan local, malgré les pertes de nombreuses communes. Mais l’échéance de 2020 sera décisive. Quelle stratégie nouvelle pour nous fixer l’ambition au plan national de renverser la tendance ? Quelle conception d’un rassemblement qui nous sorte de l’impasse de l’union de la gauche, qui nous assure notre autonomie de décision locale sur une stratégie nationale ?

La consultation sur la base commune montre des communistes affaiblis, inquiets et divisés. Pour la première fois, la direction sortante est minoritaire, peinant à dépasser les 50% des exprimés, mais ne mobilisant qu’un communiste sur trois. Le risque, c’est bien sûr l’émiettement, voire l’explosion du parti. C’est pourquoi les communistes doivent se mobiliser comme en 2007 pour affirmer qu’ils veulent continuer le parti communiste français !

La première urgence, c’est que la direction sorte de son autisme, de son enfermement dans un discours répétitif et coupé du réel, un discours idéaliste qui fait croire que le peuple a besoin aujourd’hui d’un grand questionnaire pour établir un “socle commun”, nom qui rappelle douloureusement le programme commun qui nous a lié pour des décennies au parti socialiste, et nous a coupé du peuple ! Non, le peuple a besoin d’idées de rupture pour lui permettre de répondre aux questions concrètes qui lui sont posées. Le peuple a des questions qui lui viennent du réel, c’est lui l’acteur. Le rôle des communistes est de montrer leur capacité à porter des réponses et à les faire vivre !
 Comment sortir les manifestations du cycle infernal provocation/répression ?
 Comment faire grandir le mouvement de 1 à 3, voire 5 millions de manifestants ?
 Comment transformer un soutien de principe à une participation aux manifestations ?
 Comment transformer une participation à une manifestation, en participation aux actions dans l’entreprise et le quartier ?
 Comment tisser des liens entre entreprises, créer de la solidarité pour permettre aux plus avancés de tenir dans la durée ?
 Comment légitimer nos propositions pour une autre politique économique face au diktat européen. Si l’Europe n’est pas encore sociale, faut-il plier comme la Grèce ou affirmer qu’on refusera ses directives ?

Et les communistes ont des questions précises les concernant :
 Comment remonter la pente de l’organisation du parti ? consolider la vie des sections, retisser des liens politiques dans les entreprises ?
 Comment faciliter la vie concrète des cellules, de la remise des cartes et des cotisations, loin de la centralisation des moyens, en donnant à des responsables de cellules les moyens modernes de suivi de leurs adhérents… ?
 Comment affirmer au plan politique que nous avons besoin d’un grand parti communiste, que c’est le défi de l’heure. Comment poser cette question directement et franchement à tous ceux qui s’engagent dans la lutte ?

Si le congrès veut être utile aux communistes, qu’il ne perde pas de temps dans le travail sur un texte que tout le monde aura oublié dans quelques semaines, comme pour les précédents. Qu’il prenne quelques questions et qu’il les discute au fonds pour dégager des positions nouvelles et rassembleuses. Et la première des questions, c’est de savoir comment le parti communiste peut continuer à exister avec son organisation, sa capacité de pensée commune contre le système dominant, ses propres décisions dans la vie politique, et donc dans les échéances électorales de 2017.

Messages

  • Vous écrivez : "Pire, la direction du parti communiste est divisée et tâtonnante, incapable d’unir les communistes, de faire vivre une orientation lisible et utile aux militants".
    Cette phrase suffit à m’arrêter dans ma lecture. J’ai choisi le PCF en 1974 pour sa capacité à rassembler symbolisée par la faucille et le marteau, (-malheureusement effacée-sans-vote-collectif-), au-delà des erreurs passées ou présentes (ou de ce que certains censeurs comme vous considèrent comme des fautes). Ce n’est pas en créant des courants d’idées de clans que nous pourrons réunir l’ensemble des militants et électeurs qui veulent sortir de la dictature du capitalisme pour une vraie démocratie.
    Par atavisme sans doute, la démocratie dans le Parti n’est pas ce qu’elle pourrait être, surtout avec les NTIC. Soyons patients, proposons, construisons ensemble, améliorons, changeons le manche, affûtons l’outil mais ne jetons pas le manche après la cognée. Aucun parti politique n’a notre capacité et notre philosophie.

    • nous partageons l’objectif, unir les communistes, et donc créer les conditions de renverser cette tendance longue à l’émiettement qui devient une organisation de fait en tendances., ce que marque cette consultation.

      Mais faudrait-il travailler "en sous-main" pour ne pas faire apparaitre cette division, ou faut-il aider les communistes à se parler franchement pour prendre des décisions nouvelles ?

      La direction est divisée... est-ce une critique tendancieuse ou un fait ? le texte nr 1 a bien été déposé par des membres de la direction, qui étaient en 2013 soutient des "étoiles".. ?

      La direction est tâtonnante... comment dire ce qui s’est passé en Juillet 2015 quand des dirigeants, dont Pierre Laurent ont dit publiquement qu’ils allaient soutenir le plan de l’UE en Grèce avant que la montée des réactions de communistes contre ce plan les conduisent au final à changer d’avis au parlement... ?

      La direction est incapable de faire vivre une orientation lisible et utile ?.... Franchement, n’est-ce pas la situation que tout le monde a constaté dans les électionsm unicipales ou régionales, ici avec le PS, ici contre le PS, là avec le PG, là contre le PG... avec, contre, sans les verts... A chacun sa stratégie... !

      Oui, le problème que doit résoudre ce congrès est bien celui-là... la direction a en fait une alternative, et je crains qu’elle ne choisisse pas la bonne... Soit montrer qu’elle réouvre les débats de fonds pour rassembler des communistes divisés (stratégie de rassemblement, union européenne...) , en se donnant le temps du travail nécessaire et en mettant en avant ce qui unit, je pense notamment au refus d’alliance avec le PS, soit elle "purge" tout ce qui ne se reconnait pas dans le texte "des communs".... et le parti continuera à se vider de ses militants...

      Non, de notre coté, nous tentons (désespérément ?) de ne pas jeter le manche après la cognée, et surtout pas la longue histoire de pensée dont héritent les communistes. Le problème n’est pas de savoir comment affuter l’outil, mais de savoir si nous gardons l’outil ou pas...

  • Le PCF n’existe pas pour lui-même ni pour ses dirigeants . Ce parti est un outil pour le peuple français anti-capitaliste pour changer la société et aller vers la société communiste de notre idéal . Les congrès successifs sont le reflet d’un rapport de force entre le capital et les révolutionnaires . Depuis le congrès de Tours nous avons eu des avancées et des reculs et nous ne sommes pas parvenus à détruire le "monstre" de l’exploitation comme nous l’ont si bien décrit Marx et Engels . Pourtant le système capitaliste est très malade et même moribond . Et nous ne parvenons pas pour l’instant à l’enterrer définitivement . Le peuple français comme d’autres réfléchit à demain pour sortir de cette crise chaotique qui de déroule dans l’incertitude historique . Les communistes sont nombreux et influents malgré leur faiblesse dite électorale du moment . Si nous rompons tous les ponts avec la social-démocratie PS nous pouvons retrouver un développement rapide y compris électorale . Sans rupture totale avec le PS bourgeois nous ne sommes pas compris des masses populaires , de même sur l’Europe et l’Euro (voyons l’exemple de la Grèce) . Alors le prochain congrès doit affirmer ces ruptures avec un programme de classe qui redonne au pays et aux français un avenir . Le capitalisme est mort de toute façon et il ne survit que par nos compromissions et notre réformisme qui le maintiennent en mort clinique ou en soins palliatifs . Il faut maintenant prendre le pouvoir au delà des échéances Présidentielles qui ne servent qu’à amuser le citoyen sur une course avec des vieux chevaux d’abattoir . La jeunesse , la classe ouvrière et tous les salariés sont capables de gouverner sans cette classe politique UMP-PS-FN complètement corrompue . Les communistes sont des révolutionnaires au service de la Nation et de son peuple et ils jouent un grand rôle en ce moment dans le développement du mouvement social . Il ne faut plus douter Camarades !

    Bernard SARTON , section d’Aubagne

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