Conseil national des 23-24 novembre 2019
Des questions essentielles pour aujourd’hui et demain
Intervention de Marie-Christine Burricand (69)
Le rapport de Fabien Roussel et la discussion de samedi soir portent des
questions essentielles pour aujourd’hui et demain.
Les élections municipales et métropolitaines dans les grandes villes et agglos n’échapperont pas à la tourmente politique et sociale. Elles seront une étape dont le sens n’est pas encore fixé. Dans le Rhône, la macronie est à l’oeuvre avec l’objectif de poursuivre l’effacement du clivage gauche/droite, de barrer toute alternative mais aussi pour Collomb de pousser jusqu’au bout la logique métropolitaine d’effacement des communes, d’autant que le modèle lyonnais a du mal à s’imposer. C’est à cela que sert le duel des présidents, remake des présidentielles qui écrase le débat.
Dans quel sens pèseront les municipales ? Un pas de plus vers le piège Macron/LePen, duel dont on ne connait pas l’issue, ou dégagement d’une alternative progressiste ? Qui votera : les classes aisées urbaines ou bien les travailleurs et les quartiers populaires ? Et dans ce cas, comment faisons nous exister notre projet pour nous faire identifier et éviter la montée du Front National chez les plus en colère ? Andrea Kotarac, leader de la FI il y a peu, sera la tête de liste du RN sur la Métropole. L’effacement de la lutte des classes est dans le collimateur.
Les verts jouent la même partition, s’imaginant troisième larron de l’élection présidentielle. C’est ce qui explique leur refus de tirer une liste de rassemblement à Lyon dont ils auraient pu légitimement être en tête, leurs listes autonomes à Vénissieux et Villeurbanne, les deux grosses villes de gauche de l’agglomération. Ils portent eux aussi l’effacement de l’affrontement capital/travail, du clivage gauche droite, il faut gommer la lutte des classes !
Il est certain qu’un fort mouvement social sur les retraites serait une bouffée d’air à partir duquel nous pourrions tirer tout un fil rouge sur les salaires, la sécurité sociale, l’égalité femmes/hommes, la formation... Notre engagement pour la réussite du 5 décembre doit être visible. Dans nos villes, prenons des décisions pour mobiliser, fermeture des mairies, départs collectifs, distribution avec les élus devant les entreprises...
Programmes et bilans, c’est important mais il faut replacer cette batailles des municipales dans le contexte de lutte pour arrêter la régression sociale, préserver les conquis et gagner de nouveaux droits pour les populations, sinon les meilleurs rassemblements ne suffiront pas.
Et notre capacité à porter nos propositions dans le mouvement social est essentiel pour que la colère ne s’enferme pas dans le vote pour le Rassemblement National. Le conseil national doit se mettre en situation de concrétiser les axes de travail proposés, de mesurer les avancées et les blocages. Il n’y aura pas de spontanéïsme pour aller à l’entreprise.
Soyons déterminés !
Marie-Christine Burricand