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Coup d’Etat fasciste en Bolivie : réaction de Fabien Roussel

Communiqué de presse du PCF

lundi 11 novembre 2019, par Fabien Roussel

La Bolivie vit ce soir des heures dramatiques. Le président Evo Morales a démissionné pour éviter, comme il l’a déclaré, « un bain de sang ».

Les événements des derniers jours en Bolivie relèvent d’un conflit de classes exacerbé, d’un racisme déchaîné, d’une opposition enragée contre le système d’Etat plurinational constructeur de la redistribution des richesses et la conquête de la souveraineté nationale.

Sous le fallacieux prétexte de fraude électorale, la droite dont la logistique est assurée par les services nord-américains a refusé sa défaite, puis l’invitation au dialogue et enfin la convocation de nouvelles élections. Elle n’a pas accepté la victoire d’Evo Morales conquise grâce au vote déterminant des indigènes, tellement il est insupportable à la bourgeoisie, en majorité blanche, et pour une partie des couches moyennes, sorties de la misère par Morales lui-même, d’accepter le verdict des urnes.

Les violences ne relèvent pas de la spontanéité. Des groupes paramilitaires y font régner la terreur : élues tondues, battues, incendies de domiciles de partisans de Morales, y compris celui de sa sœur, chasse aux indigènes.

Face au déchainement, Evo Morales a cru devoir se retirer. Existait-il une autre solution ?

Dans cette Bolivie aux dizaines de coups d’Etat depuis les années 1960 et jusqu’à l’élection d’Evo Morales en 2005, entre dictatures, violations des droits surtout des indigènes, inflation, corruption, trafics de drogue et refuge de chefs nazis comme Adolf Eichmann et Josef Mengele, une porte s’est ouverte avec Evo Morales vers la démocratie et le mieux vivre pour les plus pauvres. Insupportable pour les plus riches, intolérable pour ceux qui ont largement bénéficié du développement économique (5% de croissance) et qui ne veulent pas partager.

Et pourtant. La prospérité économique et la refondation démocratique du pays doivent être mises au compte de la politique menée depuis l’arrivée au pouvoir d’Evo Morales avec un processus de récupération des richesses naturelles au profit de conquêtes sociales en matière de santé et d’éducation et d’une vaste modernisation économique.
Je veux exprimer ce soir mon souhait que les violences cessent en Bolivie et que la vie et la dignité de tous soient respectées.

Fabien Roussel, Secrétaire national du Parti communiste français, Député du Nord.

Paris, le 11 novembre 2019.

Messages

  • Cette déclaration est très pertinente.
    Voilà la lettre que je vais envoyer à Patrick Le Hyaric :
    Voilà comment, ci-dessous, cette déclaration de Fabien Roussel est résumée dans l’huma (édition du 13 novembre, page 4)

    LE PCF APPELLE A LA FIN DES VIOLENCES
    Le secrétaire du PCF, Fabien Roussel, a salué le bilan économique et social d’Evo Morales et dénoncé les « violences ne relèvent pas de la spontanéité », ajoutant : « Je veux exprimer ce soir mon souhait que les violences cessent en Bolivie et que la vie et la dignité de tous soient respectées. »
    ----------------------------------------------------------
    C’est une censure de la position de Fabien Roussel et par là-même de celle du PCF, doublée d’une dénaturation complète du sens de l’intervention de Fabien Roussel. A la lecture du communiqué de l’huma, on pourrait croire que le PC est sur la même longueur d’onde que le gouvernement, renvoyant dos à dos les putchistes de Bolivie d’un côté et Morales d’autre part. Les 2 phrases citées de Fabien Roussel, sorties de leur contexte prennent un tout autre sens quand on y met la phrase qui suit la première : » Des groupes paramilitaires y font régner la terreur : etc... » et toutes les autres qui suivent montrant le long passé de dictatures dans ce pays. Quand on lit la déclaration complète, on voit bien d’où viennent les violences alors que le communiqué de l’huma laisse planer le doute. Si la déclaration de Fabien Roussel (dénommé comme secrétaire et non comme secrétaire national du PCF !) ne peut être reprise in extenso, qu’au moins les rédacteurs en gardent l’esprit dans le résumé qu’ils en font sinon à quoi bon avoir un journal « communiste » aussi anticommuniste ! Disant cela, je ne minimise le bon travail des journalistes (Cathy dos Santos, Marc de Miramon) dans leurs articles sur le sujet mais simplement le fait qu’à la seule lecture du communiqué ci-dessus, les lecteurs de l’huma, communistes ou non, auront une vision erronée de la position du PCF, ce qui est inadmissible. J’espère qu’un communiqué correctif sera publié dans l’huma dans les jours qui viennent pour donner à voir la position du PC et de son secrétaire national.
    Fraternellement,

    Michel Ruchon

  • LAMENTABLE !

    « Face au déchainement, Evo Morales a cru devoir se retirer. Existait-il une autre solution ?
    […] pourtant. La prospérité économique et la refondation démocratique du pays doivent être mises au compte de la politique menée depuis l’arrivée au pouvoir d’Evo Morales avec un processus de récupération des richesses naturelles au profit de conquêtes sociales en matière de santé et d’éducation et d’une vaste modernisation économique.
    Je veux exprimer ce soir mon souhait que les violences cessent en Bolivie et que la vie et la dignité de tous soient respectées. »

    Où nous a conduit l’humanisme bêlant de la « mutation » ub-huesque.
    Sont-ce là les paroles d’un dirigeant communiste ?

    Conséquences des erreurs politiques répétées d’un Allende, d’un Gorbatchev ou d’un Morales, combien de millions de prolétaires victimes de l’impérialisme ?
    La première qualité d’un révolutionnaire : savoir analyser les contradictions – y compris dans son propre camp.
    L’analyse concrète d’une situation concrète.

    Ci dessous la réflexion de Bruno Guigue, ancien normalien et énarque, – mais du genre pas bien-pensant et dont l’indépendance a ruiné la carrière administrative – sur les conditions de résistance à l’impérialisme que vient de rappeler le putsch réussi, au moins momentanément, contre Morales.
    N.B. à l’intention des social-démocrasses de tous acabits :
    La notion de « peuple désarmé » s’entend également – voire d’abord – au plan idéologique...
    De février 1956 à février 1976 souvenons nous de ce glissement long mais constant qui a permis la résistible ascension de l’humanisme bêlant et l’abandon de la référence au marxisme-léninisme au sein de l’avant garde du prolétariat français.

    https://www.facebook.com/notes/bruno-guigue/un-peuple-désarmé-sera-toujours-vaincu/1882940411851405/

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