« Graves dommages médicaux » : le rapporteur de l’ONU sur la torture met en garde sur la santé d’Assange

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Alors que la justice britannique doit rendre sa décision concernant l’appel américain pour extrader le lanceur d’alerte, le rapporteur spécial de l’ONU Nils Melzer a estimé sur RT que les autorités pénitentiaires continuaient « de le torturer ».

Selon le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture Nils Melzer qui s’exprimait le 30 octobre sur RT, les problèmes psychologiques rencontrés par le co-fondateur de WikiLeaks Julian Assange sont le résultat des abus qu’il subit en prison. Ce serait, selon lui, une « tragédie » si Julian Assange mourait dans la prison de haute sécurité de Belmarsh, à Londres, en raison de sa mauvaise santé mentale.

Nils Melzer a expliqué avoir rendu visite à Assange derrière les barreaux en mai 2019 avec une équipe d’experts médicaux. « Nous sommes tous arrivés indépendamment les uns des autres à cette conclusion que, à ce moment-là, sa vie était en danger », a-t-il rapporté. Depuis lors, l’état mental et physique du lanceur d’alerte est entré dans une « spirale descendante », a-t-il fait savoir.

175 ans de prison encourus aux Etats-Unis

Le cofondateur de WikiLeaks est détenu à Belmarsh depuis avril 2019. Il avait été arrêté par la police britannique après avoir passé sept ans à l’ambassade d’Equateur à Londres, où il s’était réfugié alors qu’il était en liberté sous caution. Il craignait une extradition vers les États-Unis ou la Suède, où il a fait l’objet de poursuites pour viol, depuis abandonnées faute de preuves.

Les partisans d’Assange estiment qu’il est en réalité persécuté pour ses activités journalistiques. Il est recherché aux États-Unis pour espionnage à la suite de la diffusion de documents classifiés, notamment sur les activités militaires américaines en Irak, en Afghanistan et à Guantanamo. Il encourt jusqu’à 175 ans de prison s’il est extradé vers les Etats-Unis.

Début 2021, un juge britannique a rejeté la demande d’extradition de Washington, invoquant la mauvaise santé d’Assange et un risque de suicide. L’appel des États-Unis a été entendu par la Haute Cour du Royaume-Uni les 27 et 28 octobre, sans qu’aucune décision immédiate n’ait été annoncée. Sa décision n’est pas attendue avant plusieurs semaines.

Au cours de l’audience, la défense de Julian Assange a de nouveau insisté sur le risque de suicide du fondateur de WikiLeaks en cas d’extradition vers les Etats-Unis, malgré les assurances de Washington sur le sort qui lui serait alors réservé. L’avocat représentant le gouvernement américain James Lewis a de son côté expliqué qu’Assange n’avait « aucun antécédent de maladie mentale grave et durable », assurant que même les experts mandatés par sa défense ne le trouvaient que « modérément déprimé ». Il a affirmé que l’Australien de 50 ans avait « toutes les raisons d’exagérer ses symptômes » et mis en garde contre une décision reposant sur des prédictions faites dans une « boule de cristal » concernant son sort en cas d’extradition.

Julian Assange n’est pas malade mentalement

Un point de vue nuancé sur RT par l’expert de l’ONU Niels Melzer : « Julian Assange n’est pas malade mentalement... C’est un homme très résistant et intelligent. Il ne relève pas d’une institution psychiatrique, d’accord ? Donc s’il a des problèmes mentaux maintenant, c’est à cause des abus qu’il a subis », a-t-il développé. « De graves dommages médicaux ont été causés au cours de la dernière décennie par son isolement constant » et d’autres procédés abusifs, a-t-il déclaré, ajoutant que le cofondateur de WikiLeaks souffrait désormais « d’anxiété constante ».

Le responsable de l’ONU a critiqué les autorités pénitentiaires britanniques pour leur traitement du journaliste : « Vous ne pouvez pas aider quelqu’un à se remettre de la torture en continuant de le torturer. Et c’est exactement ce qu’ils font. Ils l’isolent ; ils le maintiennent dans des limbes. »

Nils Melzer a répété qu’il n’y avait aucune raison de maintenir Julian Assange dans une prison de haute sécurité, car il ne purge actuellement aucune peine et ne fait pas face à de véritables accusations : « Même si nous présumons à des fins d’argumentation que l’extradition est légitime et que nous devons garantir sa présence d’une manière ou d’une autre, il peut être assigné à résidence », a fait savoir le rapporteur, ajoutant que le co-fondateur de WikiLeaks était « placé à l’isolement de manière absolument inutile et donc illégale ».

Voir en ligne : sur RT France

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