Intervention de Fabienne Lefêbvre conseil National des 2 et 3 juin

, par  lepcf.fr , popularité : 90%

Le pire dans une situation politique donnée, c’est de vouloir s’exonérer du réel !

Cher.es camarades,

Le pire dans une situation politique donnée, c’est de vouloir s’exonérer du réel !

Tout d’abord, non les Français n’ont pas voulu d’un rassemblement de la gauche, il suffisait de regarder le très haut taux d’abstention et le résultat de l’extrême droite à l’élection Présidentielle pour le savoir.

Les Français sont pragmatiques ils veulent avant tout du changement : pouvoir vivre de leur travail, sortir de la précarité, protéger les siens et la planète, alors qu’ils sont 12 millions à vivre sous le seuil de pauvreté, soit 12,46% de la population. Cet espoir de changement était seul, incarné par le vote pour la candidature communiste, portée par Fabien Roussel, et le programme des Jours Heureux.

D’ailleurs, les médias au service de la classe dominante, ne s’y sont pas trompés, servant en non-stop, la soupe à une nouvelle forme de sociale démocratie communautariste et populiste, qui ne cesse de s’adapter au système !

Adaptable jusqu’aux trahisons dont elle est coutumière, méprisant ses partenaires qu’elle maltraite jusqu’à les contraindre dans un accord de circonstance, en niant de faite, le poids réel du PCF pour mieux l’effacer !

La mascarade institutionnelle atteignant son paroxysme avec une supposée cohabitation, qui n’aurait apportée aucune réponse à la crise du capitalisme, rejouant le scénario de la pédagogie du renoncement, ce qui aurait été de nouveau mortifère pour les travailleurs !

Le peuple de gauche, a donc déserté les urnes, parce qu’il sait, que l’espoir ne passe pas par les rassemblements d’en haut et les états-majors déconnectés des luttes. Il ne veut pas d’une énième union de type lutte des places, il ne veut pas de rassemblement de façade, il cherche en réalité une organisation capable de le rassembler pour ses intérêts de classe, dans le seul but de changer ce système.

Croire que la NUPES, pouvait, ou pourrait, répondre à cette inspiration de changement radical, quand on sait que le capitalisme n’est pas réformable, est donc un leurre.

Le deuxième tour des législatives est alors sans appel, l’abstention culmine, Macron est certes affaibli, mais la droite et l’extrême droite restent dominantes, cette dernière progressant dangereusement avec 89 fascistes, faisant rentrer ainsi, la peste brune à l’Assemblée, et la gauche reste beaucoup trop faible. La bourgeoisie peut donc dormir tranquille !

Dans ce clair-obscur, et grâce à la très belle campagne de terrain pour la présidentielle, qui a été un point d’appui essentiel pour les législatives, nous conservons un groupe renforcé à l’Assemblée, c’est une bonne chose pour le relais des luttes, mais il doit impérativement garder son autonomie, sa capacité d’action propre et être force de propositions.

Néanmoins, le Parti en contractant cet accord qui l’a soumis et le contraint, a aussi perdu en visibilité dans de trop nombreuses circonscriptions, ce qui de facto, va nous mettre en difficulté pour les élections futures.

C’est pourquoi, si le Parti veut s’adresser réellement aux classes populaires qui s’abstiennent, dans un contexte d’accélération de la décomposition du capital et des guerres impérialistes en cours, il doit se redonner les moyens de porter une véritable analyse de classe, sur les grandes questions qui concernent le monde du travail, la ré-industrialisation, les modes de productions, la souveraineté énergétique…mais aussi sur le devenir de l’humanité, et de la paix dans le monde, paix menacée par l’OTAN, véritable bras armé de la classe dominante.

Tout cela, doit être au cœur de nos prochains débats, afin de redonner les outils indispensables au combat idéologique, qui nous permettrons de porter un véritable projet de société en rupture avec le capitalisme, d’autant que cette période qui s’ouvre sans élection, nous libèrera du temps, loin de l’écueil des manœuvres électoralistes.

Cela nous permettra de nous reconcentrer sur l’essentiel, sur nos batailles pour l’emploi et le pouvoir d’achat, mais aussi sur notre organisation, son renforcement, et son développement, notamment au travers des cellules d’entreprises, l’ouverture des travaux du Congrès devrait nous y aider, donnons-nous, donc le temps du débat et de l’élaboration collective, pour un 39ième Congrès qui soit à la hauteur des défis qui nous sont posés, tant pour notre peuple, que pour notre Parti !

Fabienne LEFEBVRE
Membre du Conseil national
Membre du Comité exécutif national

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