38e congrès du PCF

L’aventure du Manifeste !

Le processus du Congrès a touché à sa fin avec l’élection de l’exécutif national ; il nous appartient maintenant d’apprécier collectivement le chemin parcouru et nos responsabilités dans la situation nouvelle.

Un mot tout d’abord pour demander à nos visiteurs habituels de nous excuser : notre engagement dans la préparation et la tenue de ce congrès ont été intenses et ne nous ont pas toujours laissé le temps d’informer et d’expliquer sur ce site, comme cela aurait été souhaitable… C’est surtout vrai dans la dernière ligne droite, depuis le vote qui fait du Manifeste la base commune jusqu’à la tenue du congrès, la victoire du Manifeste nous a placés dans une situation inédite au sein du PCF et notre première préoccupation a été de l’assumer de la meilleure manière possible. Alors que cette séquence congrès s’achève et que s’ouvre une nouvelle étape pour le PCF, je veux livrer ici quelques réflexions.

Dés le mois de Mai 2018 nous avions fait part de notre disponibilité pour une base commune rassembleuse vers une nouvelle stratégie et indiqué les points qui nous semblaient essentiels. Cette proposition a été entendue par plusieurs camarades porteurs d’une volonté de réorientation et a conduit à l’écriture à plusieurs mains du Manifeste. Ce premier exercice s’est révélé formidablement utile. Il a permis que des camarades confrontent leur point de vue, comprennent les motivations et attendus des positions des uns et des autres et construisent ensemble des analyses et propositions capables d’offrir un débouché à de très nombreux communistes qui considéraient, après la terrible séquence électorale de 2017, que « cela ne pouvait plus durer ainsi ».

Cet effort collectif pour sortir de la spirale de l’effacement a produit des effets inédits. Pour la première fois, un texte alternatif à celui proposé par la direction sortante a été placé en tête par les communistes et est donc devenu la base commune.

Initiateurs et porteurs de ce texte, nous nous sommes retrouvés en quelque sorte au coeur des débats du congrès. Partout où cela était possible, nous avons donc assumé cette nouvelle responsabilité et mis toute notre énergie à construire une majorité autour du Manifeste, ce qui restait une gageure avec 42% des votes exprimés.

Cette majorité s’est d’abord construite sur le bilan, le refus de l’effacement, le choix d’un PCF ambitieux, combatif et offensif, renouant avec les milieux populaires et la classe ouvrière, une conception du rassemblement appuyé sur le renforcement du PCF et l’unité populaire plutôt que les accords de sommet. Des camarades nous interrogent sur la réalité de la réorientation stratégique. Personnellement, je considère qu’il y a bien eu réorientation sur les points que je viens de citer et c’est sur ces points que s’est construite au congrès l’unité des communistes. Et c’est cette réorientation que symbolise le changement de secrétaire national avec l’élection de Fabien Roussel comme secrétaire national, élection qui n’était pas programmée par la direction sortante pas plus que le renouvellement de l’exécutif national auquel participent aujourd’hui des camarades qui n’ont jamais caché leur désaccord avec la ligne suivie depuis Martigues.

Il faudrait évidemment être très naïfs pour s’imaginer que tout cela est gravé dans le marbre. Mais il n’empêche que dans les déclarations du secrétaire national, ce changement d’orientation s’entend. Nous n’en sommes plus par exemple à attendre ce que vont faire la FI ou Génération aux Européennes mais bien à construire notre liste et notre bataille.

Des camarades s’interrogent sur l’évolution du Manifeste au fil des débats. Je rappelle que même après sa victoire dans le choix des textes, ceux qui le portaient sont toujours restés minoritaires dans la Commission Nationale du texte ce qui rendait impossible de trancher par un vote les questions du contenu dans ces commissions. Ayons aussi en tête que la tenue et le déroulement du congrès ont été quasi entièrement maîtrisés par la direction sortante.

Un camarade que je ne connaissais pas jusque là m’a dit dans une soirée très fraternelle de ce congrès : « ils ont coupé des branches mais le tronc est bien là ». Je partage assez cette appréciation. En tous cas, la grande majorité des communistes ont travaillé sur ce texte et ceux qu rêvaient d’un nouveau plan, d’un rejet total de ce texte ont bien dû se rendre à l’évidence, le Manifeste est devenu le texte d’une très grande majorité des délégués au congrès.

Des questions ont pour la première fois depuis longtemps été débattues dans les conférences de section et départementales : le bilan dialectique de l’expérience soviétique et les leçons que nous en tirons, la pertinence ou pas du socialisme, la pertinence ou pas de la visée et du communisme déjà là, nos liens avec les partis communistes du monde… ces débats là n’ont pas toujours été repris par le congrès national mais ils ont bien eu lieu et une porte longtemps fermée a ainsi commencé modestement à s’entrouvrir. Il nous appartient de continuer à travailler sur ces questions avec le plus grand nombre possible de communistes.

Enfin, j’ai rencontré au Congrés de nombreux camarades qui avaient soutenu nos textes dans les précédents congrès et étaient quelque peu mis à l’écart jusque là. Beaucoup d’entre eux avaient cette fois été délégués, semblaient très à l’aise dans leurs délégations et en charge de responsabilités dans leur fédération, signe que le centre de gravité du parti s’était déplacé.

La réunion du 13 janvier nous permettra de préciser notre appréciation. Pour ma part, je mesure le chemin qui reste à parcourir pour permettre l’existence et le renforcement du PCF, la construction d’une perspective populaire révolutionnaire. Mais j’apprécie positivement le chemin parcouru et la dynamique ainsi créée. Elle nous permet de passer à l’offensive alors que l’irruption de la colère populaire bouleverse la situation sociale et politique. L’affaiblissement des organisations de classe pèse sur la capacité du mouvement populaire à se renforcer et à gagner. Pour le PCF, l’enjeu est de retrouver sa légitimité comme grand parti populaire de combat contre le capital, c’est une belle feuille de route pour les mois qui viennent !

Vos témoignages

  • L’aventure du Manifeste ! 15 novembre 2020 12:11, par jack freychet

    On ne peut s’engager dans la voie qui mène vers la socialisme en restant collé à l’union européénne et en obéissant servilement à des directives émanant d’une commisssion non élue qui ne représente que le gratin des apatrides du portefeuille. Un brexit avec accord favorisera l’UE, sans il ne pénalisera pas lse travailleurs britanique mais il est encore un peu tôt même aujourd’hui pour faire le bilan. Pour rassembler celui qui croit au ciel, comme celui qui n’y croit pas il ne faut jeter l’anthème sur aucun des divers courants qui font l’opinion y compris celui de Marine Lepen composées à la base de la plupart de ceux et celles qui ont été abandonnés par le PCF lorsqu’il a tenté de réaliser l’union de la gauche sur des bases social-démocrates. Ce qui est encore plus inquiétant c’est le peu d’intérêt des abonnés à ce site pour la démarche proposée sous la signature de Rémy Herrera. Pendant ce temps là la planète tourne et vous, vous faites du sur place.

    • L’aventure du Manifeste ! 15 novembre 2020 12:46, par CN46400

      @ Jack Freychet 1-les directives européennes n’émanent pas d’une « commission non élue » mais d’un conseil des ministres unanime…. 2- Personne n’a démontré la parenté de l’électorat FN avec celui du PCF….

  • L’aventure du Manifeste ! 2 janvier 2019 12:27, par ouvrierpcf

    mesdames messieurs

    je fais ou faisais parti de vos visiteurs et surtout en tant que adhérent du pcf

    Je crains de ne plus rester visiteur et mes priorités feront de ne plus vous permettre de bénéficier de mes cotisations 2019 année européenne fait que mon combat est de surtout permettre la sortie de ce système UE EURO BCE OTAN ou apparemment vous êtes aussi bien installés que vous ne remettez nullement en cause

    Des camarades pcf ,des ouvriers des techniciens des ingénieurs des cadres des étudiants des retraités des syndicalistes des artisans des commerçants eux se concertent pour non seulement se rallier aux mouvements de contestation mais aussi pour faire prévaloir les intérêts de la classe prolétarienne française pour l’heure cette visée ne se traduit dans aucune force politique classée à gauche ni même dans celle intitulée pcf D’ailleurs le changement de logo est significatif de l’intérêt que vous portez aux urgentes nécessités du peuple français et aux manières de procéder nous faire payer un logo par une entreprise du CAC 40 et l’imposer sans vote sans discussion en plein congrès Ou et quand dans votre manifeste est apparue l’abandon du sigle PCF

    ou et quand apparaît votre logo dans les mouvements de contestation et de réorganisation du moment Vous voulez donc vous raccrocher aux branche du tronc d’une contestation que vous ne partagez même pas

    restez donc entre vous ou partagez donc des valeurs libérales droit de l’hommistes ou curieusement elles restent financées principalement par le Capital que vous décriez à longueur de temps

    vous avez choisis votre camp votre cap moi aussi

    Recevez mesdames messieurs l’expression de mes salutations

    • L’aventure du Manifeste ! 4 janvier 2019 08:49, par pam

      philippe, pas la peine de jouer au troll en faisant croire que tu es déçu du congrès et en mélangeant ce qui relève du réseau et de ce site, ce qui relève de la nouvelle direction et ce qui relève de l’ancienne… dont le logo …

      donc, ici, nous utilisons toujours comme logo la faucille et le marteau,

      ici, on défend toujours la nécessité de rompre avec l’union européenne, mais, au contraire du PRCF qui fait le choix d’en faire la question décisive, en ajoutant la sortie du capitalisme pour ne pas se faire piéger dans une sortie à droite, nous avons cherché une reformulation plus proche de la position du KKE, dont tu ne douteras pas du caractère marxiste-léniniste, disant que l’essentiel, c’est bien la sortie du capitalisme… ce que confirme le Brexit, qui se traduira pour les ouvriers anglais par plus d’exploitation…

      Nous l’avons fait bien sûr dans le contexte de la préparation du congrès, tu peux donc dire pour des raisons tactiques, mais en fait plus profondément pour chercher comment sortir d’un piège pour les militants, syndicalistes comme communistes, d’une fausse division sur la question de l’UE qui ne profitait finalement qu’aux réformistes… De fait, affirmer comme le fait Ian Brossat qu’il faut abroger les traités européens et défendre l’industrie française et les services publics, ca ne peut avoir pour nous qu’une conséquence… un affrontement réel avec l’UE ne peut que conduire à rompre et donc à en sortir… sauf à finir comme Tsipras, et à la limite, ce serait l’épreuve de vérité… Mais le mettre en avant aujourd’hui ne fait que diviser, alors qu’on peut le mettre en débat à partir des revendications que les militants défendent, et en affirmant la nécessité d’imposer la souveraineté populaire sur ces revendications… Mélenchon avec son « plan B » était un peu sur cette approche, même s’il la abandonné, mais je reste convaincu que le vrai enjeu est de faire monter la colère et la critique de l’UE, tout en centrant la bataille sur les salaires et le capitalisme…

      Oui, nous avons choisi notre camp, celui de la révolution socialiste.

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