L’élection présidentielle 2016 en Autriche – un avertissement

Traduction : Alexandra Liebig

Il semble que toute l’Europe soit surprise : le candidat de l’extrême droite, Norbert Hofer du Parti libéral d’Autriche [Freiheitliche Partei Österreichs] a reçu 36,4 % de suffrages. Les candidats du parti social-démocrate (SPÖ) et du parti conservateur, le parti populaire autrichien (ÖVP) rassemblent ensemble moins d’un quart des voix. Au deuxième rang avec 21,34% vient Alexander Van der Bellen, candidat indépendant soutenu par les Verts, ce qui les mènera fin mai au ballotage (résultats provisoires, sans les votes par correspondance).

« Les premiers signaux du SPÖ et ÖVP après les élections du dimanche font penser que les deux partis suivront une stratégie possible d’une future grande coalition avec le FPÖ à la tête. Les forces du premier plan n’ont plus à proposer des positions propres au FPÖ, mais du fait que les rapports de forces ont changé, ils lui proposeront leurs services comme partenaires juniors. ». Ce n’est pas à exclure, d’autant plus que le SPÖ et le FPÖ ont déjà exercé une alliance électorale, il y a un an, dans le Burgenland fédéral.

Pour la population autrichienne, le gouvernement récent de SPÖ et ÖVP uni dans une grande coalition est responsable de l’augmentation du chômage et de la précarité. (Simon Loidl, Wien, dans : jW du 26/4 et http://parteiderarbeit.at/?p=3196).

Le président du Parti du travail marxiste-léniniste (PdA), Otto Bruckner, a pris position dans une première déclaration :

Il est triste qu’un candidat d’un parti, fondé il y a 60 ans d’un vieux nazi, ait reçu aujourd’hui la plupart des voix. Il n’est pas élu parce que ce parti est toujours dominé par des forces germano-nationales, mais à cause d’un SPÖ à la tête d’un gouvernement incapable et sans principes, devenu il y a longtemps l’exécutant d’une politique des chahuteurs de la droite. Il a prouvé soit avec son radotage hors de la réalité d’un "état d’urgence de l’Etat", soit avec sa décision récente d’un armement de la police et de l’armée. Aujourd’hui, les deux "grands partis" se sont dispersés dans toutes les directions, mais surtout à droite.

L’Offensive contre la droite appelle à la manif, le 19 mai. Quelques jours avant la seconde tour, les manifestations ont pour devise : "Aucun membre d’un corporation de l’extrême droite comme président fédéral". C’est important et à soutenir.

Mais il est encore plus important de construire un large mouvement pour un changement de la politique, pour la lutte effective contre la pauvreté et le chômage, pour une politique de la répartition, et pour la fin de la subordination rampante sous le dictat des banques et monopoles à Bruxelles ! Aujourd’hui sont en première ligne châtié les deux partis gouvernementaux. Beaucoup de leurs électeurs anciens sont frustrés de leur politique sans perspective. Mais pas mal des gens se font entuber par les enjôleurs de la droite, et ici, il faut impérativement se charger de faire quelque chose. Une Gauche hystérique qui affabule à propos de la prise de pouvoir du fascisme ne sert à rien. Ce que nous avons besoin, maintenant, c’est un grand et commun effort de toutes les forces qui veulent vraiment aider les « petites gens » pour qu’ils rentrent dans leurs bons droits, pour qu’ils soient protégés avant qu’ils soient définitivement contaminés par le poison du racisme. Nous avons besoin d’un grand et commun effort pour un mouvement de la solidarité, de la résistance sociale, antifasciste et antiraciste.

Maintenant, c’est la polarisation. C’est à nous tous de s’occuper d’un pôle de la lutte de classes d’en bas contre les forces de la bourgeoisie brutale de la droite. Cela n’aura pas de succès avec des mots onctueux, et non plus avec ces gens à la tête du SPÖ, du ÖGB (Confédération autrichienne des syndicats) et de l’AK (Arbeiterkammer, représentant juridique des travailleurs), avec ceux qui tout minimisent et négligent, mais seulement contre ceux. Pas d’illusions : Il faut mener la lutte contre la société de voleurs capitaliste et leurs exécutants au gouvernement et "le partenariat sociale", et non seulement contre les chahuteurs de la droite. Ceux sont l’outrance d’une politique qu’on mène déjà longtemps !

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