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Lettre ouverte à Greta Thunberg

L’urgence climatique et écologique c’est politique !

dimanche 1er septembre 2019, par pam

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Une lettre ouverte à Greta Thunberg, cette jeune suédoise qui s’est engagé pour l’urgence climatique et qui a connue une notoriété mondiale surprenante.

Nous prenons au sérieux la colère de Greta, mais nous l’appelons à aller au bout de cette colère, à constater qu’il est impossible d’entendre l’alarme scientifique sur le climat sans mettre en cause les règles mêmes du système économique et poiltique, sans mettre en cause donc le capitalisme, et qu’il faut pour cela sans hésiter s’organiser pour mener une bataille politique pour une autre société.

Greta,

Depuis plusieurs mois, tu fais entendre une voie jeune et nouvelle pour le climat, de grève au lycée en conférences de presse, de rencontres avec des parlementaires à ton voyage en voilier à New-York.

Tu as raison de dénoncer les inégalités sur la planète, entre pays comme entre les riches et les autres. Tu as raison d’en conclure qu’il faut changer le système...

« Notre biosphère est sacrifiée pour que les riches des pays comme le mien puissent vivre dans le luxe. Ce sont les souffrances du plus grand nombre qui paient pour le luxe du plus petit nombre. Et si les solutions au sein du système sont impossibles à trouver, nous devrions peut-être changer le système lui-même. »

Tu pointes d’ailleurs un des aspects essentiels du système existant et de ce qui pourrait le remplacer en opposant la compétition à la coopération.

« Il nous faut une nouvelle façon de penser. Le système politique que vous, les adultes, avez créé n’est que compétition. Vous trichez dès que vous pouvez car tout ce qui compte, c’est de gagner. Nous devons coopérer et partager ce qui reste des ressources de la planète d’une façon juste. »

Et pourtant, tu exprimes un étonnement

« Tout le monde n’arrête pas de dire que le réchauffement climatique est une menace existentielle, que c’est le problème le plus important de notre époque, mais tout le monde continue d’agir comme avant. Je ne comprends pas. »

C’est pour cela que nous t’écrivons cette lettre ouverte. Tu as du ces derniers mois faire une sacrée expérience !

« Nous devenons les affreux simplement parce que nous citons ces faits scientifiques. Nous sommes l’objet de moqueries, d’insultes et de mensonges. »

A l’origine, sans doute avais-tu l’impression que ton engagement n’était pas partisan, au sens politique, qu’il s’adressait à tout le monde et qu’il portait l’intérêt général. La place médiatique qui t’a été accordée a sans doute renforcé ce sentiment que ton combat était totalement légitime et donc incontestable.

Et pourtant, il a été contesté ! sous de nombreuses formes. Des climato-sceptiques à la Trump les yeux rivés sur les cours boursiers du pétrole aux politiciens chevronnés cherchant comment se différencier dans les médias. Et tu as découvert la violence d’un combat politique dans ce monde médiatique de coups bas, d’insultes et de mensonges.

Sais-tu que le soutien médiatique et institutionnel à tes initiatives a créé le doute, un ministre appelant même à ta "grève du lycée", alors que quelque mois auparavant, les manifestations lycéennes en France avaient été traitées avec brutalité, bloquées dès le départ des lycées, et dévalorisées par les mêmes médias qui te célèbrent !

Tu as peut-être compris aussi que parmi ceux qui disaient te soutenir, beaucoup ne le faisaient que pour profiter de la vague médiatique que tu représentais, cherchant simplement à se donner une image jeune et consensuelle en t’utilisant comme décoration médiatique.

Oui, la climatologie est une science, en lien avec d’autres, la géologie, la biochimie, l’astronomie, la physique... Mais aucune position scientifique ne peut tenir lieu de politique ! Le politique consiste à organiser notre vie collective, ses enjeux sociaux, économiques, géopolitiques qu’aucune science ne décrit vraiment.

En tout cas, nous espérons que tu mesures mieux aujourd’hui qu’un enjeu essentiel de tout combat politique est de choisir avec qui mener cette bataille, sur quel terrain, avec quels moyens.

Ainsi, nous comprenons tous ta recherche d’un moyen de transport sans énergie fossile pour aller à New-York. Mais le faire sur un voilier de luxe financé par le prince de Monaco oppose l’urgence climatique à l’urgence sociale. Evidemment, tout le monde ne peut pas faire un voyage en voilier de luxe financé par un prince. Et personne ne parle de son impact carbone sur son rocher de Monaco, ville pour très riches en hélicoptères et bateaux de luxe...

Greta, nous t’invitons à prendre connaissance des études scientifiques qui comparent l’intensité carbone des différents pays pour réaliser les grandes différences qui existent entre ton pays, la Suède, le pays avec la France qui est le moins carboné, et les USA ou pire les nouvelles puissances économiques de l’Inde ou de la Chine.

Cela montre qu’on ne peut pas tenir le même discours partout. En Suède ou en France, un habitant émet deux fois moins de carbone qu’un allemand ou un polonais, quatre fois moins qu’aux USA !

Les scientifiques nous disent clairement qu’il faut sortir d’une économie fossile, mais ils ne nous disent pas comment ! Pour l’urgence climatique, il faut donc s’engager dans le débat politique sur les solutions. L’éolien tant vanté comme énergie verte est l’énergie électrique qui consomme le plus de béton et de métaux par KW installé. L’électricité traitée comme une marchandise cotée en bourse conduit à des des prix négatifs aberrants, à l’incohérence des investissements et à l’instabilité dangereuse des réseaux.

Le choix des solutions doit être un choix démocratique, citoyen et surtout pas un choix marchand reposant sur l’intérêt privé. C’est pourquoi les communistes considèrent qu’on ne peut pas affronter le défi climatique sans remettre en cause en urgence la domination de nos institutions par les grands intérêts privés, ce qui nous conduit à dire qu’un autre système, une autre société, est nécessaire, et qu’elle porte un nom, le socialisme.

C’est le sens du débat que les communistes de Vénissieux près de Lyon organisent les 4 et 5 octobre prochain. Nous serions heureux que ton mouvement puisse être représenté.

Messages

  • Bonjour,

    Peut être un peu précipité comme démarche ? Les questions climatiques n’appartiennent pas à une "rumeur" ni à une manipulation médiatique. De nombreuses voix de scientifiques, s’expriment, sans être médiatisés, pour donner des éclairages plus réalistes. Suivre le rouleau compresseur sans prendre le recul de classe est dangereux et conduit à une démarche populiste.
    Un lien en exemple : https://mrmondialisation.org/greta-thunberg-lhistoire-dune-hysterie-collective/

  • Je t’accorde que c’est peut-être précipité, mais ton commentaire sans doute aussi car je ne suis pas sûr de comprendre... l’article que tu cite prend la défense de la démarche de Greta et dénonce la violence des campagnes médiatiques contre elle, d’extreme-droite comme d’extreme-gauche, ce n’est pas faux, mais il me semble qu’il faut quand même voir aussi l’importance de la campagne médiatique pour elle... assez impressionnante et la victoire de son concours d’écriture en Suède, un concours d’écriture parmi quelques milliers sur la planète, ne suffit pas à justifier l’énorme vague médiatique qui a fait connaitre les "grèves lycéennes pour le climat"..

    Et au-dela de Greta, quand on compare le traitement policier et médiatique des manifestations de lycéens de novembre dans le contexte des gilets jaunes, et le traitement des manifestations de lycéens pour le climat en mars, il y a un gouffre !

    Ensuite, tu évoques "Suivre le rouleau compresseur sans prendre le recul de classe est dangereux " mais de quel rouleau compresseur ? celui qui propulse greta médiatiquement ? ou le rouleau compresseur de l’urgence climatique ? Veux-tu faire état des critiques climato-sceptiques ? Je ne suis pas sûr de comprendre...

    En tout cas, notre objectif est justement de sortir de cette médiatisation qui ne fait plus appel à la connaissance et l’intelligence, mais aux effets publicitaires des peurs, des rumeurs ou du complotisme...

    C’est nécessaire pour ne pas tomber dans le piège de confondre un débat scientifique sur la part des causes anthropiques dans le réchauffement, et le débat politique sur la place de l’environnement dans la société... et l’enjeu justement du choix de société dans les décisions "pour la planète"...

    De fait, réchauffement ou pas, pour un communiste, balancer 5 ou 6 Milliards de tonnes de carbone dans l’atmosphère, c’est un gachis inacceptable !

    pam

    • Bravo pour cette lettre. J’espère qu’elle parviendra aux oreilles de cette jeune fille qui harangue les élus et culpabilise le monde. Je pense qu’elle n’a pas un niveau important, , c’est le niveau politique. Très important !
      Si on invitait pour notre rencontre internationaliste , comme tu le proposes je crois deux lycéens de son parti ( garçon et fille pour la parité ) ça serait bien .
      Au moins ils auraient un début de formation politique justement ...

    • Pam,

      Justement l’article cité est fait pour encore plus justifier le matraquage médiatique de Greta Thunberg, la mettre ainsi encore plus en avant en la faisant passer pour une martyr des politiques....
      Quand je parle de rouleau compresseur médiatique cela concerne aussi bien la propulsion médiatique de la petite suédoise que l’urgence climatique. En effet les deux ont comme dénominateur commun la culpabilisation des populations avec l’enfermement dans la peur.
      Tu parles de climato-septiques, il serait peut être bon d’y regarder de plus prés car ce sont aussi des scientifiques qu’il ne faudrait pas considérer comme des intelligences de seconde zone ou relevant du complotisme. D’ailleurs ils se nomment eux même "climato-réalistes". C’est, à mon avis, aujourd’hui la grande question, élargir la vision de l’analyse scientifique pour ne pas se tromper sur les choix de société à venir et ne pas faire une confiance aveugle à ceux qui sont mis en avant par les médias du capital. Qui d’ailleurs utilise très largement les questions climatiques pour se donner de nouvelles sources de profits et ainsi trouver des moyens de rebonds.

    • Désolé, mais je ne suis pas sûr que cette opération soit totalement innocente. Et si les arguments étaient incontestables, on n’aurait pas besoin d’une opération aussi minable pour convaincre tout les citoyens honnêtes. J’ai donc du mal à suivre le parti du réchauffisme entropique.
      Mes connaissances scientifiques sont certes limitées mais pas complètement nulles. J’attends, avec le plus grand intérêt, la démonstration que le passage de 2,8 PPM (parties par million) à 4 PPM de la proportion du CO2 dans la basse atmosphère soit capable d’en modifier l’impédance, face aux rayonnement infra-rouge de la Terre, au point de provoquer le réchauffement planétaire qui est constaté.
      On nous dit que la majorité des climatologues, faute de preuves scientifiques, en viennent à traiter le problème en émettant des avis qui convergent, certes, mais qui ne sont que des avis. Depuis quand, la vérité scientifique pourrait sortir d’une urne collectant des avis, plutôt que d’une démonstration vérifiable et reproductible ?
      Je ne crois pas que les marxistes aient quelque chose à gagner à négliger les méthodes scientifiques qui ont fait leur preuves depuis des siècles, souvenons-nous de l’affaire Lyssenko......

    • @raymond

      il ne faut pas confondre la bataille idéologique qui utilise le climat pour accélérer la restructuration du capital au détriment du capital le plus lié aux états historiques et le débat scientifique limité bien que réel...

      Le nucléaire est typique du capitalisme monopolistique d’état. La restructuration accélérée du capital à la Uber ne peut plus se permettre ce type d’économie de très long terme et nécessairement étatique. Par contre le solaire et l’éolien permette un capital très liquide avec une bonne rentabilité... si on ne lui demande pas de qualité de service, donc si on casse le service public.

      Mais on ne peut convaincre de cela en menant un débat scientifique comparé sur l’éolien et le nucléaire, cela n’a pas de sens, il faut mener un débat politique sur la réponse aux besoins, l’indépendance nationale, l’efficacité d’utilisation des ressources, l’impact environnemental... Rien de cela ne nécessite de se transformer en "climato-réalistes...", et de prendre partie dans un débat scientifique...

  • Non, nous n’avons nul besoin de tenter de régler un débat scientifique sur le climat, ce serait démagogique. Pour ceux qui veulent en savoir plus, je conseille la lecture de cet article pour se situer dans la bataille d’études pour ou contre le GIEC...

    Car il y a une bataille dans laquelle évidemment les analyses du GIEC sont massivement relayées par les médias dominants, mais dans lequel aussi on voit des "antisciences" ou "complotistes" mener les mêmes polémiques que sur les OGM ou la dangerosité des ondes... Difficile de faire la part des choses, même s’il y a de nombreux communistes, scientifiques, ingénieurs qui produisent des connaissances utiles pour une autre politique climat. La revue progressistes et notre camarade Amar Bellal font un travail utile ! Dans l’association Sauvons le climat, il y beaucoup d’ingénieurs EDF ou CEA de la CGT !

    On peut être piégé par des remarques scientifiques qui semblent pertinentes... au premier abord, mais qui se révèlent vite totalement fausse... Ainsi l’antarctique était une forêt, ... mais avec la dérive des continents, à l’époque où c’était une forêt, ce n’était pas au pole !

    De même, il est sûr que le soleil, ses éruptions, son évolution ont un impact .... d’ailleurs dans un milliard d’année, cet impact sera tel que la terre sera de toute façon invivable... mais ces données sont relativement bien connues et la quantité d’énergie venant du soleil est sans doute une des données les plus fiables des modèles du GIEC

    Oui le climat de la terre a déja été beaucoup plus chaud (les dinosaures !) et beaucoup plus froid, et alors ? Est-ce que ca justifie d’envoyer 5 ou 6 Milliards de tonnes de carbone dans l’air ?

    Oui, certains pour justifier leur politique climat déforment les données scientifiques pour imposer le "catastrophisme" comme le député vert Yves Cochet qui se prépare à la fin du monde. Mais est-ce que ca justifie de chercher des arguments faussement scientifiques pour dénoncer une politique climat ? Ce qui caractérise le réchauffement actuel par rapport au passé, c’est sa vitesse, mais sa réalité peut être perçue par tout le monde (dates de vendanges, végétations... ). Il est certain que l’homme y contribue avec ses rejets de CO2... de combien ? à la limite peu importe, la réalité du gachis de ces millions de tonnes de carbone que nous envoyons dans l’atmosphère est visible

    Le socialisme soviétique avait développé une agronomie qui reposait sur la biodiversité des sols, et c’est en voulant copier pour le rattraper le capitalisme occidental que l’URSS s’est orientée vers l’agrochimie... Pourquoi ne pas revendiquer nous aussi une réflexion marxiste sur la valeur du sol ? pourquoi ne pas refuser le modèle capitaliste pour qui le sol n’est qu’une valeur foncière liée à la rentabilité des activités possibles sur sa surface, quitte à l’artificialiser totalemennt ?

    Pourquoi ne pas affirmer que nous recherchons une efficacité énergétique radicalement supérieure à ce que permet le capitalisme car nous voulons "économiser la terre et le travailleur" au lieu de les exploiter...

    Nul besoin d’entrer dans le débat climatosceptiques pour cela !

    Restons-en aux arguments sociaux, économiques et politiques qui nous sont largement suffisants !

    Nous voulons une économie décarbonée car il est scandaleux de rejeter chaque année 6 milliards de tonnes de carbone dans l’atmosphère... Alors que nous avons pour l’électricité des techniques alternatives, le nucléaire, demain la filière thorium, et après-demain la fusion...

    Le piège idéologique du climat, c’est de nous enfermer dans le scepticisme pour interdire de penser les alternatives socialistes aux fossiles...

    • @ Pam
      "On peut être piégé par des remarques scientifiques qui semblent pertinentes... au premier abord, mais qui se révèlent vite totalement fausse.."
      Mais d’où viennent les "climato-septiques" ?
      1-2000 on nous explique que les véhicules à essence polluent un max avec le CO2 d’où hausse de l’essence par rapport au gazole !
      2-2010 les véhicules diésels sont montrés du doigt (particules fines) d’où hausse du gazole !
      3-2020 alignement des taxes sur le gazole non routier (chauffage+chantiers+agricole....) sur son frère routier !
      4-2030 grâce au compteur linky, les voitures électriques vont cracher au bassinet à chaque recharge
      5-Le fret ferroviaire est en voie de disparition au profit du tout routier
      6-Etc.....
      A part cela, la lutte contre le carbone (élément naturel de la classification Mendélieff) est toujours désintéressée, merci Gréta......

    • Je ne me retrouve pas dans ton expression et surtout pas dans cette idée que nous n’aurions pas à entrer dans le débat scientifique.
      L’argument des ingénieurs du CEA ne vaut pas, justement parce qu’ils ont été plus longtemps que d’autres soumis au formatage idéologique de l’Ecole, de la maternelle à l’université, et donc sont a priori plus sensibles à l’idéologie dominante.
      Il y a d’ailleurs eu une controverse sur la façon de mener le débat sans jamais donner la parole à ceux qui pensent différemment entre le CNRS qui s’en inquiétait et le CEA qui validait l’exclusion des non conformes au début des années 2010.
      Il ne me paraît pas fondamentalement marxiste de s’en tenir aux seuls arguments "économiques, sociaux et politiques". Alors, on jette à la poubelle la "Dialectique de la nature" de Engels ? Au contraire, les marxistes léninistes doivent être de tous les débats. D’autant plus que la nocivité du CO2 n’a jamais été prouvée que de plus en plus de scientifiques pensent que son augmentation toute relative (cf ce qu’écrit CN avec lequel je suis parfaitement d’accord) n’est pas la cause mais la conséquence de la légère augmentation des températures au XXème siècle.
      Rien, aucun débat ne nous est étranger. Et ce d’autant plus qu’au delà de l’avis qu’on peut avoir sur la question, la controverse sur le climat pose deux questions.
      1 Comme je l’ai dit, celle d’un non débat où il est impossible d’être audible dès qu’on met en doute la doxa du GIEC, organisme politique et non scientifique fondé par Thatcher et Reagan.
      2 Et c’est le plus grave, la conception de la science que cela induit. Une conception scientiste, d’une science absolue et vraie, qui s’imposerait à nous comme un nouveau Dieu. C’est le total contraire de la démarche scientifique, et le CEA y contribue largement. La démarche scientifique est faite de tâtonnements, d’erreurs, de corrections ; et ce qui paraît vrai aujourd’hui peut se révéler faux demain.
      On peut faire le parallèle avec la doxa indépassable en histoire, notamment de l’URSS et de la seconde guerre mondiale et, pour ce qui est de l’éducation nationale de la lecture, où il est interdit de dire que l’on peut apprendre à lire sans prononcer le moindre son, en lisant, simplement.
      Les sciences dites dures ne sont pas épargnées par ce phénomène du scientisme, bien au contraire. Les matérialistes, et notamment les marxistes-léninistes doivent le comprendre.
      Je termine par une remarque : une des scientifiques climato-réaliste a fait la remarque que pratiquement tous ceux qui s’exprimaient contre l’idéologie dominante du GIEC étaient retraités. Pourquoi ? Parce qu’avec la casse de la recherche publique, travailler dans la recherche veut dire chercher un financement, un sponsor donc. Et si tu dis du mal de la science absolue, pas de sponsor. C’est la même chose dans tous les domaines scientifiques, les scientifiques, fussent-ils à la CGT, s’ils veulent être financées, doivent montrer patte blanche. Et que je sache, l’immonde Pascal Debay est à la CGT.
      "Sauvons le climat, sauvons la planète" est un succédané du millénarisme, un retour du plus pur idéalisme, sous des dehors non religieux, c’est ce que dit la Greluche : "L’Homme est méchant". "Homo homini lupus" disait l’idéaliste Hobbes. Et nous laisserions faire tout cela sans participer au débat ???
      Je joins un lien vers un résumé d’une interview de Pascal Acot, historien du climat et communiste.
      http://ancommunistes.fr/spip.php?article1501

    • Depuis longtemps, je lis dans la presse de vulgarisation scientifique, genre ciel et espace, la recherche scientifique en cosmologie...
      Il y a 30 ans, un modèle (le modèle dit standard) s’imposait très largement, il y avait consensus scientifique...
      Aujourd’hui, plus rien ne va et la recherche de la matière et de l’énergie noire qui constituerait l’essentiel de l’univers bouscule ce modèle...
      La grande majorité des scientifiques continue à chercher dans une extension simple de ce modèle standard, incluant une "super-symétrie" et cherchant (désespérément !) de nouvelles particules pour le confirmer...
      Et d’autres scientifiques cherchent ailleurs, certains proposant même une gravitation qui ne serait pas universelle...
      Je considère comme complètement stupide de proposer aux militants un débat pour trancher ce débat scientifique..

      Et je pense que la compréhension d’un modèle climatique est sans doute plus difficile que la compréhension du modèle standard....

      Je répète, nous avons largement de quoi mener la bataille politique contre les politiques climat capitalistes...

      Après, une science citoyenne, avec l’enjeu de la vulgarisation, de l’enseignement, de la démocratie scientifique, du pilotage de la recherche.... est un vrai enjeu politique, pas seulement sur le climat !

    • Dariokhos,

      Bien d’accord avec toi, marxisme et réflexion révolutionnaire sont passé à la trappe dans ce débat, qui à mon sens est un débat de duppe. Je dirais même plus un débat "populiste".

      Pam tu dit le nucléaire est l’exemple du même du capitalisme d’état, mais je voudrait juste te rappeler que le PCF, à l’époque soutenait bec et ongle le nucléaire......

    • Je crois que, au moins en partie, je ne me suis pas fait comprendre.
      Malgré tes arguments sur les modèles, je suis pour que tout le monde soit dans ce débat parce que les Hommes du Capital veulent nous en éloigner.
      Je pense, personnellement, totalement comme CN et Pascal Acot.
      Mais ce n’est pas le problème.

      Ce n’est pas dans un débat technique que je veux "lancer les militants" mais dans un débat idéologique essentiel contre le scientisme, en physique, comme en géographie, en lecture comme en histoire.
      Et dès que cette posture là est prise, cela change tout le rapport au débat sur le climat, et, par exemple, nous empêche de parler de climato-scepticisme quand rien n’est prouvé.
      Nous pouvons ne pas avoir d’avis sur la question mais avancer un avis de fond sur la science. Pas de ligne officielle, doute permanent. Cette orientation suffit à bousculer tous les avaleurs de l’idéologie dominante, y compris ceux du P"C"F. Et c’est pour moi l’essentiel.
      "Doute de Tout, va même jusqu’à douter de ton propre doute" disait le père Marx.

    • @Dariokhos
      La position du PCF sur le nucléaire doit beaucoup au marxisme d’abord, et surtout à Joliot-Curie ensuite qui faisait tellement autorité dans le domaine qu’il ne suscitait pas le débat, et encore moins la contestation.
      Le danger N°1 est le "scientisme", qui efface le doute, et tend à transformer n’importe quelle démonstration à objet scientifique, largement médiatisée, en dogme quasi religieux. Il est normal qu’un scientifique ne disposant pas de preuves scientifiques ait un avis, et même que cet avis puisse avoir une valeur supérieure à celui d’un profane. Mais un avis reste un avis, ce n’est pas une preuve.
      L’expérience de Newton est une preuve de la loi de la chute des corps, reproductible à l’infini, où sont les preuves du GIEC ? C’est pourtant sur cette camelote qu’on prétend construire une politique économique, lever des impôts, etc...etc. Autre calamité, et non des moindres, le "médiatisme" démagogique. Pour trop de monde, un mensonge sorti d’une antenne devient une vérité. Pourquoi le pont romain de Vaison-la-romaine a tenu, alors que tous les autres ont été enlevés ? Pourquoi l’hôpital neuf de Carcassonne a été inondé ? Pourquoi la centrale nucléaire du Blayais a frôlé la cata au tournant du siècle ? etc...
      Parce quelques données, pourtant connues, ont été, plus ou moins volontairement, négligées !! Pas la peine de se camoufler derrière le réchauffement climatique.....

    • Raymond,
      je dis que le nucléaire est lié à un capitalisme d’état, au contraire des formes ubérisés que permettent solaire et éolien et que c’est aussi un enjeu propre du mouvement du capital, ce qui explique qu’une partie importante de la bourgeoisie soit pour la sortie du nucléaire..

      Mais bien entendu, je considère que nous avons a besoin du nucléaire, et que nous n’avons pas peur d’une technique qui exige au très haut niveau de socialisation, au contraire !

      Sans compter que la filière thorium, sur laquelle les chinois prennent de l’avance, peut tout bousculer...

      pam

    • Dariokhos,

      oui, il faut combattre le scientisme, mais il faut aussi combattre l’antiscience qui prospère ! Car la crise idéologique transforme chez beaucoup de travailleurs la colère contre les "monstres" capitalistes, en peurs des monstres "techniques et scientifiques"...

      l’idéologie verte sert à ça, cacher le capital derrière les techniques...

      J’ai eu de longues discussions dans les manifs contre la loi travail avec un militant, responsable, du secteur de l’énergie, qui affirmait qu’il ne faisait plus confiance aux grands groupes et qu’il tentait dans sa campagne de développer un réseau local d’électricité renouvelable, car la seule solution était de reprendre en main son village en allant vers l’autonomie...

      Comment avec de telles idées peut-on espérer affronter le capitalisme ?

      Donc, ne laissons pas le refus du scientisme laisser la place au refus de la science...

  • En document attaché un article de Marianne qui relate l’opération Ema Thunberg. Comment quand on se réclame de la Révolution peut on tomber dans le panneau du discours dominant relayant le verbiage d’une adolescente autiste manipulée ?
    Le GIEC n’a rien à voir avec la science c’est une institution politique. La moitié de ses membres ne sont pas des scientifiques. Ses méthodes de travail sont aux antipodes de la démarche scientifique.
    Le réchauffement climatique d’origine humaine est devenue une pensée officielle, matraquée par les médias et la presse. Malheur à ceux qui ne partagent pas ce point de vue. La science officielle sur le climat est dans la continuité du Lyssenkisme.
    Si le réchauffement climatique était d’origine humaine, nous pouvons prendre le problème par tous les bouts, l’Histoire de l’Humanité s’arrête. La seule solution c’est la ... décroissance. Le bla-bla sur l’économie décarbonée est du vent.
    La réchauffement climatique d’origine humaine est dans le prolongement de l’idéologie dominante du développement durable que la bourgeoisie a fait sienne après l’effondrement du socialisme.
    C’est l’intérêt de l’opération de la bourgeoisie ; instiller l’idée de la décroissance, détourner les gens et en particulier les jeunes de la lutte.
    Gilles Mercier

  • Gilles,

    personne ne se trompe sur l’opération Greta. Alors l’idée d’une lettre ouverte est peut-être mauvaise mais cela ne change rien à la question de notre position sur la bataille du climat.

    Oui, il y a une bataille du capitalisme qui utilise l’écologie politique pour sa propre restructuration, détruisant beaucoup de choses issues du compromis social de l’après-guerre, ce qui a des conséquences y compris sur des choix de technologies, l’abandon récent par la France du projet Astrid est révélateur... Pendant ce temps, la Chine accélère sa recherche sur la filière thorium... (peut-être d’ailleurs que ce n’est pas un hasard si ce "socialisme de marché" ne fait pas comme nous...)

    Mais je ne comprends pas cette insistance à vouloir à tout prix prendre parti au plan politique dans le débat scientifique, et traiter avec mépris les scientifiques qui ne sont pas climato-sceptiques et qui sont la majorité. Tu es un scientifique et donc tu peux t’exprimer dans le débat scientifique, mais pourquoi faudrait-il en faire une décision politique ?

    Tu ne peux pas dire que le GIEC n’a rien de scientifique quand le fait est que la grande majorité des scientifiques du climat, mais aussi de beaucoup de sciences connexes y contribuent...! Le comité scientifique de l’association Sauvons le climat par exemple ne sont pas des nuls ! Beaucoup sont issus de l’histoire d’EDF grand service public marqué par les communistes !

    Et non, ce n’est pas parceque le réchauffement climatique a une part d’origine anthropique que nous serions contraint à la décroissance. Au contraire, la bataille pour le service public, notamment pour les transports et pour le fret, le renforcement du nucléaire dans de nombreux pays, la recherche sur les alternatives au pétrole/charbon pour beaucoup d’usages, au plan international les routes de la soie chinoise comme alternative au transport maritime, la paix pour libérer des moyens gigantesques pour le développement... Il y a largement de quoi faire de la politique pour combattre face aux catastrophismes...

    Comment peut-tu dire... on émet 6 Milliards de tonnes de carbone chaque année, mais je m’en fous ? D’un point de vue de classe, c’est un gâchis insupportable illustratif de l’incapacité du capitalisme à protéger la terre et le travailleur.

    Cette position de l’impossibilité d’un autre développement est un défaitisme politique même si tu avais raison au plan scientifique.

    D’ailleurs il y a un argument clair. Si c’était vraiment le discours du climat qui conduisait les politiques capitalistes, Macron aurait relancé le nucléaire ! Et si alors son vrai objectif est la casse du service public et la régression sociale, pourquoi cacher notre bataille derrière le climat alors qu’on a tout intérêt à montrer justement que la décroissance n’est ni justifiée socialement (c’est à priori le plus facile) mais ni non plus pour la planète, parcequ’on est capable de réduire massivement nos émissions !

    pam

    • Où est donc passé le pb du niveau des océans ?
      C’était pourtant une évidente conséquence du réchauffement mais voilà qu’un quidam a fait remarquer que la glace était plus volumineuse que l’eau, donc que sa fonte, en Arctique, faisait plutôt baisser le niveau. Et qu’un autre a fait remarquer que le volume des océans variait avec la tectonique des plaques. Et qu’un troisième a fait remarquer que les matériaux produits par les érosions s’entassaient, in fine, dans les mers et océans.
      Voilà pourquoi la montée des eaux n’est plus une catastrophe puisque le réchauffement n’y est pour rien, ou si peu. Les Maldives s’enfoncent, bof ils n’ont qu’à écoper, puisqu’ils ne sont plus à plaindre.....

  • Pam
    Oui le GIEC dont le vrai titre est "Intergouvernemantal panel on climatic change" est une institution politique et non scientifique. Son titre l’indique" intergouvernemental". Ce sont les gouvernements qui nomment. Donc ce n’est pas une académie. Que viennent faire des non scientifiques qui constituent la moitié de ses membres ? On ne fait pas de la science avec des non scientifiques, c’est une évidence. Le GIEC appelons le ainsi n’a pas pour but de déterminer les causes du réchauffement climatique, mais de déterminer les conséquences de l’action humaine sur le réchauffement. Or ce point qui apparait comme une vérité scientifique n’est nullement démontré.
    Comment fonctionne le GIEC ? Il demande à des scientifiques à travers le monde des contributions qu’il compile. Il prend ce qu’il veut. Cela constitue un pavé de 2500 pages que peu de monde est capable de lire compte tenu de la diversité des sujets. Ensuite ce document est passé à la centrifugeuse pour se réduire à 40 pages. Ce mini document sert de matrice au document final de 12 à 14 pages pour les décideurs qui est décidé ligne par ligne comme un document diplomatique. Ou est la science là dedans ?
    De nombreux contributeurs ont claqué la porte devant le refus des dirigeants du GIEC de prendre en compte leurs points de vue éliminés au cours du rétrécissement du document.
    Je te conseille la lecture de l’ouvrage ’L’urgence climatique est un leurre" de François Gervais Professeur émérite directeur d’une UMR du CNRS. Il a eté relecteur du rapport AR 5 du GIEC. Ainsi que celui de Sylvie Brunet prof a Agro Paris Tech "Toutes ces idées qui nous gâchent la vie : Alimentation, climat, santé, progrès, écologie"
    Cordialement
    Gilles Mercier

    • Parfaitement d’accord.
      le rapport du comité d’éthique du CNRS, sollicité par son directeur, en 2011, à propos de la façon de traiter scientifiquement une controverse sur le climat, dit ceci : "Une structure du type GIEC ne concerne pas la validation de théories scientifiques, qui s’obtient au terme d’un jugement de pairs dans le cadre de la publication de résultats dans des revues scientifiques". Sans parler de ce que dit Gervais mais aussi Acot, le président du GIEC est un ancien dirigeant d’Exxon et son prédécesseur un ingénieur des chemins de fer.

      J’ajouterai ceci : si les gens du GIEC et tous leurs soutiens, d’une manière ou d’une autre étaient honnêtes ou non formatés, ils diraient simplement : nous ne savons rien. Personne n’a les éléments qui peuvent prouver un réchauffement qui soit différent des précédents, parce que les modèles de températures dont nous disposons sont trop récents. Personne ne peut prouver que le CO2 contribue à l’effet de serre. Le GIEC, au-delà de l’épisode des glaciers de l’Himalaya et d’un autre sur la montée des océans qui l’ont rendu ridicule, parle d’une augmentation de température sur plusieurs décennies de 1,5 à 4,5 degrés avec une erreur possible de 3 degrés : du vide. D’autant plus que, depuis 1993 la réalité ne colle absolument pas aux "prévisions" du GIEC, puisque la température moyenne sur Terre est stable.
      Comment peut-on approuver Annie Lacroix-Riz, qui est une historienne de la preuve, et ne pas demander aux scientifiques de faire pareil : qu’ils avancent leurs preuves !!!
      Gervais n’est pas un de nos amis politiques, pour tout dire. Mais, depuis 15 ans, en matière de géopolitique, en France en tout cas, la gauche est pire que le droite et encore plus la gauche radicale : la preuve par la Syrie.

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