La bataille idéologique - La visée ou le socialisme ?

, par  Pascal Brula , popularité : 100%

Un point de vue affirmé sur la question du socialisme.

La bataille idéologique
La visée ou le socialisme ?

En 1996 au 29ème congrès, l’objectif du socialisme est rejeté : ainsi le PCF devient le seul parti communiste au monde à prétendre, de manière complètement idéaliste, arriver directement au communisme sans étape de rupture préalable. Sous l’influence de R.Hue et des "refondateurs", la stratégie du PCF opère un virage à 180° : c’est la mutation. Lorsque M.G. Buffet devient à son tour secrétaire générale, elle déclare dans une interview qu’elle continuera la mutation. Et P. Laurent l’adopte sans coup férir. Cette position qui est toujours en cours, n’est qu’un raccourci idéaliste, c’est-à-dire non fondé sur la réalité objective ; de ce fait, elle handicape fortement notre parti.

Pourquoi avoir abandonné le socialisme, étape indispensable de rupture avec le capitalisme ? A la fin du XXème siècle, sous la pression de l’idéologie dominante diabolisant le socialisme comme totalitarisme, le PCF dirigé par R.Hue finit par céder. La défaite soviétique est analysée comme un "effondrement" et conduit à rejeter la « démarche étatique du socialisme », accusée d’être trop anti-démocratique et coupable d’avoir créé le stalinisme ; selon le texte du 29ème congrès, le socialisme relèverait d’une « logique putschiste » ou encore d’une « tradition étatiste du communisme ». La solution en France, serait désormais de chercher dans le mouvement social un « communisme déjà là » qu’il faudrait aider à grandir, dans un dépérissement anticipé de l’état. Ainsi, avec la « visée communiste » en ligne de mire, plus besoin de rupture avec le capitalisme, il suffirait d’aider à son « dépassement », tout en douceur, dans un « processus naturel de lente extinction », une « évolution révolutionnaire », selon les termes de L.Sève ! D’une part, cette démarche fait abstraction de cet obstacle qu’est l’État comme instrument de la dictature de la grande bourgeoisie ; d’autre part, elle oublie dramatiquement que les moyens de production et d’échange sont la possession de cette classe dominante. Il s’agit d’un vieux concept réformiste, adapté au goût du jour, qui désarme complètement notre parti.

L’absence d’objectif de rupture, fait qu’aujourd’hui, le PCF n’a plus de programme établissant ce qu’il ferait s’il arrivait au pouvoir. Son programme actuel, écrit à la va-vite pour les élections de 2017, est un programme social-démocrate, keynésien, prolongement du programme du Front de gauche, différenciables seulement par quelques subtilités. Tout cela contribue à nous assimiler de manière indifférenciée aux autres forces politiques de gauche, sociale-démocrates. L’absence d’ambition autre que le lent « dépassement » du capitalisme, réduit fortement les propositions du PCF à une sorte de politique des petits pas, vision réformiste éculée, l’amenant à glisser imperceptiblement dans l’électoralisme et le respect religieux des institutions bourgeoises.

La situation exceptionnelle que nous vivons, pourrait nous aider à sortir du cul-de-sac dans lequel le PCF se trouve, en remettant en selle au sein de notre parti la notion de socialisme et l’impuissance du "dépassementisme" qui est un concept fondamentalement anticommuniste. Car, qu’on le veuille ou non, le socialisme existe dans toute sa diversité et montre actuellement toute son efficacité aux yeux du monde. Le Vietnam a été félicité par l’OMS pour sa réaction face à l’épidémie de coronavirus. La Chine, pays de plus d’un milliard d’habitants a vaincu le virus, levé le confinement et se tient prête à apporter son aide à tout pays qui le souhaite. Cuba a répondu positivement à la demande d’aide internationale de l’Italie qui nous annonce que « Cuba est un géant en matière de médecine ». Et dans ce contexte de crise et d’épidémie, 75% des citoyens russes ont conclu que l’ère soviétique était la meilleure de l’histoire du pays. Le socialisme démontre qu’il est bien le meilleur remède contre la pandémie et nos camarades russes ont raison de souligner que le capitalisme est en train de subir une défaite écrasante.

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