Les énergies renouvelables : instruments de la dérégulation de la production et du gaspillage des finances publiques

, par  Gilles Mercier , popularité : 67%

Au nom de lutte contre le réchauffement climatique, les Etats se sont lancés dans la promotion et le soutien aux énergies renouvelables (EnR). Nos gouvernants semblent considérer que le principe de l’installation des éoliennes est acquis, ce qui n’est pas le cas.

L’éolien et le solaire : des matières polluantes et non recyclables

Si le vent et le soleil ne coutent rien, il n’en est pas même des éoliennes et des panneaux solaires. Les éoliennes comme les panneaux solaires sont tout sauf recyclables.

Concernant les éoliennes, seul le mat en acier ou béton est recyclable. Les pales en matériau composite ne le sont pas et finissent enfouies pour une part d’entre elles en Afrique ! Les 800 à 2000 tonnes de béton du socle resteront enterrées pour longtemps. La faible profondeur de leur enfouissement rend difficile toute nouvelle culture.

La nacelle renferme les aimants servant à la fabrication des rotors. Ces aimants sont composés d’alliages comprenant des terres rares comme le néodyme de fer ou le dysprosium.

Les terres rares sont indispensables aux panneaux photovoltaïques, aux voitures électriques, aux téléphones portables, aux ordinateurs. Pour une éolienne qui produit 1 MW il faut 200 kg de terres rares et pour une éolienne en mer de 10 MW, il en faut 1 tonne.

D’ici 2030, le besoin annuel en France pour les éoliennes en mer se décline en 173 tonnes/an en néodyme et 33 en dysprosium. Sous prétexte de développer une civilisation occidentale écologiquement correcte les pays occidentaux ont délocalisé la production de terres rares notamment en Chine. Les conditions d’extraction y sont extrêmement polluantes et conduisent à des problèmes de santé publique majeurs non seulement pour ceux qui travaillent dans les mines mais aussi pour les populations vivant à proximité. Visiblement c’est le cadet des soucis des défenseurs de l’environnement.

Les EnR : un système aléatoire

Les éoliennes fonctionnent entre 14 et 90 km/h de vent. Quand elles fonctionnent la puissance électrique produite fluctue en fonction de la force du vent. Il en est de même de la puissance fournie par les panneaux photovoltaïques qui varie suivant l’ensoleillement. Ainsi on ne peut pas compter sur les renouvelables quand le vent est faible et les périodes diurnes courtes, ce qui est typique de l’hiver, saison où les besoins en énergie sont les plus élevés. Cela contraint EDF à faire fonctionner des centrales au gaz ou fuel et à charbon pour compenser l’insuffisance de production d’électricité.

Le facteur de charge est le rapport entre l’énergie produite sur une année et celle qu’elle aurait produite si l’éolienne ou le panneau photovoltaïque avaient constamment fonctionné à la puissance maximale. Sous nos latitudes, il est de 22% pour l’éolienne et de 15% pour le panneau photovoltaïque. Ce facteur de charge diminue avec l’usure due au temps, il passe par exemple à 11% pour une éolienne après 15 ans. Le facteur de charge d’une centrale nucléaire est de 75% et reste constant.

Plus un pays augmente sa production d’EnR plus il augmente sa production d’énergie fossile.

Pour combattre le réchauffement climatique et rentrer dans les clous de l’écologisme, il faudrait réduire la production d’énergie nucléaire qui ne produit pas ou si peu de CO2 et en même temps promouvoir des énergies à la production aléatoire qui obligent à la production d’énergies fossiles qui produisent du CO2. C’est ce qu’a fait l’Allemagne. Elle n’a jamais produit autant de CO2 depuis qu’elle s’est lancée dans le renouvelable et a renoncé au nucléaire.

La dictature verte

En France, ce sont les enquêtes publiques qui permettent aux préfets de prendre en compte l’avis populaire pour accepter ou non un projet de construction industrielle. L’ensemble du dossier est consultable par la population et des cahiers de doléances sont disponibles sur internet.

Des commissaires enquêteurs sont nommés pour encadrer la consultation. Leur formation est assurée par les promoteurs d’EnR, qui les rémunèrent à des montants tenus secrets. Force est de constater que ces « enquêteurs » occultent le plus souvent les fortes oppositions populaires à l’implantation des parcs éoliens.
Notons qu’un des méfaits fréquemment avancés est l’impact néfaste des éoliennes sur l’avifaune et que 5% des éoliennes françaises sont installées dans des zones protégées. Pour une solution écologique on peut mieux faire. !

Aujourd’hui 70% des projets éoliens terrestres sont rejetés par les riverains ruraux, qui sont obligés de s’adresser à la justice pour se faire entendre. D’ailleurs, les préfets ont compris la leçon et préfèrent annuler ou refuser ce type de consultations.
Fin 2018, le ministre de l’Ecologie F. de Rugy a promulgué un décret instituant une justice d’exception pour les éoliennes, privant les citoyens du droit fondamental de se défendre gratuitement en justice en première instance aux Tribunaux administratifs.
Un second décret vise à supprimer progressivement les enquêtes publiques. Quant aux implantations d’éoliennes marines, il n’y a jamais eu de première instance, le seul recours est le tribunal administratif de Nantes.

Quand le vent et le soleil font de l’argent

Le prix de gros de l’électricité est fixé chaque jour par la bourse européenne de l’électricité (Epex spot Stock Exchange). Elle gère les marches de l’électricité pour le négoce au comptant (livraison et règlement instantané) en France, en Suisse et en Allemagne, Autriche, Luxembourg ; ces 3 derniers pays formant une zone de prix unique. Ce prix spot (35-45€ le MW/h) varie selon l’offre et la demande.

Mais le prix de l’électricité produite par les EnR n’est pas fixé par le prix Spot. Il est établi par la loi dans le cadre d’un tarif subventionné fixé par arrêté. Les producteurs vendent leur électricité sur le marché de gros de l’électricité et la différence entre le tarif fixé par arrêté et le prix moyen du marché constaté chaque mois est versée au producteur par EDF. Les producteurs reçoivent donc une subvention autour de 80 € le MW/h pour l’éolien terrestre et de150€le MW/h pour le solaire. La contribution au service public de l’électricité (CSPE) est un prélèvement fiscal qui sert à dédommager EDF de la différence entre le prix Spot et le prix fixé d’achat de l’électricité subventionnée. Elle représente 15% de la facture des ménages (les entreprises en sont exonérées).

Compte tenu de l’expansion prévue des éoliennes et des panneaux solaires, la CSPE est appelée à croître. En 2016, afin de limiter son augmentation sur la facture d’électricité, elle a été élargie à la taxe des carburants, la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TCIPE) : une partie de la hausse de la facture d’électricité a été ainsi reportée sur le prix du carburant.

Électricité éolienne : opacité de l’évolution des coûts

En 2017, la Commission de régulation de l’électricité (CRE) a constaté un prix moyen d’achat de l’électricité éolienne de 88,1€ / Mwh. La somme cumulée entre le prix spot et le prix subventionné a été estimée à 1,4 Mds € en 2019 au bénéfice des producteurs d’éolien terrestre. Concernant l’éolien en mer le prix de rachat, initialement fixé à 220 € le MW/h est redescendu à 150 € le MW/h, le raccordement au réseau national devenant à la charge de l’État soit 20 à 30€ le Mw/h. Soit un prix de rachat de 175€ le MW/h à la charge des collectivités et des ménages. Le montant de la subvention aux promoteurs éoliens offshore est estimé à 1,6Mds milliard d’euros par an pour 6 centrales.

Les producteurs d’électricité dite verte en plus de bénéficier d’un tarif d’achat fort avantageux ont la possibilité de bénéficier de « certificats verts ». Les certificats verts sont des titres financiers négociables comme n’importe quel titre sur les marchés financiers. La plus grande opacité règne sur le fonctionnement du marché de ces certificats qui semblent beaucoup plus profitable aux producteurs d’électricité qu’à l’environnement.

Le Danemark et l’Allemagne, les plus en pointe dans la construction de l’éolien en Europe sont les pays où l’électricité est la plus chère, très largement au-dessus de la moyenne européenne. En 2016, le prix du kWh dans l’UE est de 0,205 €, en France de 0,168 €, en Allemagne et au Danemark de 0,308 €. Comme le prix d’achat de l’électricité « verte » fixé par la loi est bien au-dessus du prix du marché, ce sont les ménages qui payent la différence, mais pas les entreprises qui en sont exonérées afin de préserver leur compétitivité.

Le coût d l’éolien

En cumulant le rapport de la Cour des comptes d’avril 2018 et la délibération de la Commission de régulation de l’énergie de juillet 2018, on découvre que la somme totale des subventions de l’État accordée au titre des engagements passés pour les 20 prochaines années aux EnR (éolien terrestre et photovoltaïque) représente 120 milliards d’euros, soit 5,5 milliards/an.

A cela, il faut ajouter les 6 projets éoliens maritimes pour lesquels la subvention de l’État se monte à environ 30 Mds € sur 20 ans. Soit au total 150 milliards d’euros généreusement octroyés à des groupes privés.

Les alliances entre ONG et industriels du vent

Les ONG jouent un rôle de plus en plus important dans la société. Elles ont un accès direct aux médias et à la presse qui relaient leurs discours et idéologies. Greenpeace assure sur son site et dans la presse la défense des EnR en reprenant les éléments de langage des promoteurs éoliens (absence de bruit, peu d’impacts sur les oiseaux)
Greenpeace est propriétaire de centrales éoliennes via sa filiale Greenpeace Energy qui est elle- même actionnaire de Vestas, société danoise leader mondial de fabrication d’éoliennes avec 17% du marché mondial. Une autre filiale de l’ONG participe à la construction de parcs photovoltaïques.

De son côté, WWF a établi un partenariat financier avec Boralex, multi- nationale canadienne promotrice des EnR

Ces ONG ont donc des intérêts économiques au développement des EnR. Elles ont donc tout intérêt à attaquer le nucléaire pour en réduire sa part.

La corruption

Les sommes versées au propriétaire d’un terrain varient entre 5 et 10 000 € pour l’installation d’une éolienne. Afin d’obtenir l’accord des élus municipaux, les promoteurs n’hésitent pas à leur verser des dessous de table. Ceci tombe sous le coup de la loi : prise illégal d’intérêt : Article 432-12 du Code pénal.

Le phénomène n’a rien d’exceptionnel ! Le service central de la corruption (SCPC) devant l’augmentation des prises illégales d’intérêt avec un mode opératoire similaire a émis une alerte en juillet 2014 à l’attention du Premier ministre et du Ministre de la Justice « le développement de l’activité éolienne semble s’accompagner de nombreux cas de prises illégales d’intérêt impliquant des élus locaux » « les élus visés sont attirés par les revenus substantiels tirés de l’implantation d’éoliennes sur des terrains leur appartenant ».

En 2016, le SCPC fut supprimé, une Agence française anticorruption lui fut substituée. Les conseillers de feu la SCPC furent mutés appelés à d’autres fonctions sans aucune continuité. Ce qui constitua une très bonne affaire pour les promoteurs de l’éolien.

Alors, les EnR quelles conséquences ?

De par leur nature aléatoire, les EnR ne peuvent assurer l’approvisionnement énergétique du pays. Elles n’existent et se développent que parce qu’elles sont subventionnées largement au-dessus du prix du marché et parce qu’EDF a l’obligation d’acheter en priorité l’électricité provenant des éoliennes et des panneaux photovoltaïques. Qui payent l’addition ? Les usagers avec la taxe Contribution au Service Public de l’Électricité (CSPE) et les contribuables

Pourquoi passer d’un système de production et de distribution de l’électricité cohérent, régulé et géré par une entreprise d’État (EDF) à un système totalement décentralisé, dépourvu de cohérence nationale ?

Pourquoi au nom de la lutte contre le CO2 réduire la part de l’énergie nucléaire qui n’en produit pas au profit d’une production aléatoire qui oblige à multiplier les centrales thermiques afin d’assurer la permanence de la production d’énergie ?
Parce que le capital a besoin en permanence de trouver de nouveaux territoires de profit. Les EnR constituent un de ces territoires.

Le coût de fabrication et d’entretien des EnR est très faible, et avec un prix d’achat de l’électricité très au dessus du prix du marché, le taux de profit est considérable bien au dessus de celui dégagé avec les centrales thermiques sans parler des centrales nucléaires. D’ailleurs, EDF, Engie, Total pour les entreprises françaises investissent massivement dans les EnR.

EDF n’étant pas en mesure de compenser entièrement le manque à gagner dû au rachat de l’électricité à un prix 2 fois supérieur à celui du marché par la CSPE payée par les ménages, c’est l’État qui s’y colle en allongeant 9 milliards.

La conséquence est le projet Hercule : celui de l’éclatement d’EDF en deux entités. L’une restant publique, regroupant le nucléaire, les centrales thermiques et hydrauliques. L’autre les EnrR et le réseau de distribution qui sera ouvert au privé.

Le développement des EnR s’inscrit dans le processus global de dérégulation qui conduit à l’anarchie économique. L’augmentation des sources de production d’électricité renouvelable intermittentes (éolien, photovoltaïque), ne fera qu’accroître les besoins de réseaux et les interconnexions, et non les diminuer. Aucune collectivité ne peut être autonome en électricité sans être reliée au réseau.

Or, comment gérer des réseaux européens interconnectés sur la base d’une production aléatoire d’électricité, ce d’autant, et ceci deviendra la règle en Europe, que les entreprises productrices d’électricité n’auront pas l’obligation d’injecter dans le réseau la totalité de leur production, pour l’utiliser comme elles l’entendent.

Autant le dire tout de suite : on ne sait pas faire ! Les énergéticiens privés européens ont déjà prévenu, en cas de période de grands froids sur l’Europe, les délestages seront inévitables. Enedis en est arrivé à la même conclusion concernant les conséquences de la fermeture pour des motifs uniquement électoraux de la centrale de Fessenheim.

L’indépendance énergétique

La réduction du nucléaire et le développement concomitant des EnR accroît la dépendance énergétique au pétrole et au gaz dont les cours sont volatiles et soumis aux aléas de la conjoncture internationale. Or, la production d’énergie pose la question stratégique de l’indépendance énergétique. N’est-ce pas pour l’appropriation des ressources énergétiques et minières que les tensions internationales s’exacerbent ?

Pour en savoir plus
https://documentaire-et-verite.com/eoliennes/
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-31098-cour-comptes-soutien-energie-renouvelable-avril-2018.pdf
https://www.vive-le-nucleaire-heureux.com/blog-vive-le-nucleaire-heureux.html
https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/opinion-le-masochisme-energetique-de-leurope-1374341

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