Malgré le rejet populaire, Macron est arrivé en tête et améliore son score de 2017 !

, par  Serge Truscello , popularité : 67%

Le comité de section élargi aux élus des communistes de Vénissieux a pris le temps d’un échange approfondi sur les résultats de l’élection présidentielle. Serge Truscello a introduit la discussion.

Évidemment lors de ce 2ème tour, nous avons une obligation ; ne pas laisser la possibilité à Le Pen d’être élue présidente de la république. Parce que non, le fascisme et l’ultra libéralisme défendu par Macron, aussi destructeur soit-il, ce n’est pas la même chose.

Oui il y a un fort ressentiment, un rejet, dans une partie importante de la population de la politique menée ces 5 dernière années par Emmanuel Macron. Comme il y avait un fort rejet de Hollande en 2017, comme il y avait un fort rejet de Sarkozy en 2012. Encore faut-il constater que malgré ce rejet, Macron est arrivé en tête du 1er tour en améliorant son score de 2017.

Mais ce rejet qui s’était exprimé, pas suffisamment puissamment dans le mouvement social et lors de différentes élections, n’aboutit pas à la perception par une grande majorité de la population d’une perspective de changement à travers un programme, des propositions portées par la gauche dans son ensemble.

L’abstention a encore progressé. Pour la 1ére fois, le total des voix de l’extrême droite dépasse le total des voix de la gauche, et ce malgré un léger sursaut.

Depuis la fin du quinquennat Hollande, le rapport de force électoral ce situe autour de 30 % pour la gauche et de 70 % pour la droite et l’extrême droite. C’est ce que l’on retrouve après ce 1er tour.

Le poids des médias (sans eux Zemmour n’aurait pu être présent), le poids des sondages qui font l’élection avant qu’elle n’ait lieu, sont à prendre en compte.

Mais sur le fond c’est bien la difficulté à être porteur d’un projet audible, qui parle de ce que les gens vivent, qui est la cause principale des difficultés rencontrées par la gauche. Un projet qui aide à gommer les politiques menées par différents gouvernement de « gauche » vécues comme une trahison, notamment dans le monde du travail et par les salariés.

Et nous devrons prendre le temps de réfléchir à pourquoi une question comme le changement climatique, primordiale pour l’avenir des habitants de notre planète, qui pourtant était dans les premières préoccupations des français, a si peu pesé dans cette élection puisque les deux candidats arrivés en tête ne sont pas connus pour être des ardents défenseurs des mesures à prendre pour en limiter les effets.

Depuis le referendum de 2005 sur la constitution européenne, et la victoire du non que nous portions avec d’autres, le PCF a choisi de mettre toutes ses forces dans la création de rassemblements, collectifs antilibéraux, Front de gauche, choisi de s’effacer pour mieux rassembler et construire une alternative.

Le PCF a décidé de soutenir Mélenchon et la FI en 2012, et en 2017. Il nous l’a d’ailleurs bien rendu en imposant des candidats FI face aux candidats du PCF, y compris dans des circonscriptions ou les forces locales de la FI soutenaient notre candidat.

Le constat c’est que ce choix stratégique est un échec. L’affaiblissement de la gauche va de pair avec l’effacement du PCF.

C’est pourquoi la candidature de Fabien Roussel a été une lueur d’espoir et le léger sursaut de la gauche y est sans doute en partie lié.

Le résultat de ce 1er tour ne doit pas faire oublier la mobilisation des communistes dans la campagne, la fierté d’être de nouveau audible. L’écoute d’une partie de la population qui a apprécié les propositions, comme le candidat qui les portaient.

Non, nous ne portons la responsabilité de la non présence de Mélenchon au 2ème tour.

Notre engagement dans la campagne a permis de faire bouger un électorat qui avait pour une part renoncé. Et sans doute que le vote utile, propre à l’élection présidentielle, a poussé une partie de ceux-ci à voter pour Mélenchon. Comme le vote utile à droite ou à l’extrême droite a favorisé, Macron et Le Pen.

Mais cela n’a pas suffit. Tout simplement parce que la gauche reste trop faible dans notre pays.

Comme le disait Fabien Roussel au début de la campagne « Le problème de la gauche ce n’est pas sa division mais sa faiblesse ».

Mélenchon porte la responsabilité de sa non présence au 2ème tour.

D’abord parce que c’est une impasse de faire de l’élection présidentielle le seul moment où l’on peut, une fois tous les 5 ans, changer les politiques menées. C’est une conception qui ne facilite pas la construction d’une autre alternative. Qui fait de la délégation de pouvoir, la seule raison du vote. Plutôt que de faire de celui-ci un prolongement de l’engagement de chacun au quotidien pour changer la société.

Ensuite, parce que plutôt que de passer son temps à chercher à convaincre ceux qui allaient voter que le vote utile à gauche, c’était lui, il aurait mieux fait d’aller chercher les abstentionnistes. 26 %, il y avait là de quoi gratter les quelques pourcents qui lui manque.

Enfin parce que c’est en faisant vivre la diversité des engagements à gauche que celle-ci se renforcera. C’est ce qu’a fait le PCF lors de cette campagne et il n’y pas de regret à avoir. Si ce n’est celui d’avoir trop attendu pour le faire.

Il nous faut une gauche qui passe moins de temps à parler de « wokisme » et qui se fasse réellement entendre sur les questions de pouvoir d’achat, de logement, de sécurité, d’éducation...etc

Nous avons été nombreux à considérer que cette campagne avait permis de planter des graines pour l’avenir, pour peu que l’on continue à les arroser, à s’en occuper.

Il s’agit maintenant de ne pas faire des choix, qui sous des pressions diverses et variées, nous amèneraient à abandonner le chemin décidé par les communistes lors de leur dernier congrès et lors de la désignation de Fabien Roussel comme candidat à la présidentielle.

Ce chemin c’est de faire du PCF une force politique à part entière, parce que nous estimons que c’est indispensable pour la construction d’une véritable alternative politique, sociale et économique.

Et non plus un satellite d’une « force de gauche » qui a montré ses limites pour changer la société.

Malgré les difficultés il nécessaire d’être présent dans le plus de circonscriptions possibles lors des législatives à venir. Le contraire serait signe de renoncement et laisserait bon nombre de communistes sur la bord de la route.

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