Mon interprétation de ce qui se passe dans le PCF

Je réponds à un camarade qui est un lecteur assidu de mon blog et avec qui je partage beaucoup de choses. Il intervient sur le texte de l’ami Polonaise découvrant l’anti soviétisme des cadres du PCF à l’occasion de sa première réunion.

Je crois mon cher Franck que nous ne voulons pas voir ce qu’est devenu le PCF ; cette rencontre qui n’a rien d’anecdotique entre une nouvelle adhérente polonaise et le Parti d’aujourd’hui nous confronte à une réalité politique dont nous avons du mal à maîtriser les tenants et les aboutissants, même nous qui avons vécu pas mal d’événements.

Cela dit tout mon travail intellectuel, les livres que j’écris, tentent d’élucider cette relation entre le passé et l’actualité et je crois que la relation est complexe.

Si l’on prend non pas la célébration de la Révolution d’octobre, les origines historiques du PCF et ce qu’il devient, mais un autre cas emprunté à l’actualité qui est le séparatisme catalan, la répression et la réalité de l’Etat espagnol, on est aussi confronté à une articulation complexe qui est intéressante y compris sur la question qui nous occupe.

En 1978, il y a eu après la mort de Franco un compromis qui a de fait accepté la transition telle que l’avait envisage Franco lui même et surtout les Etats-Unis, le capital international et le capital espagnol issu du franquisme. On a installé la monarchie, le poulain de Franco, Juan Carlos, avec une amnistie pour tout le monde sauf pour les résistants basques et surtout pas de reconnaissance des victimes du franquisme. Le symbole en a été le catafalque de franco dans la vallée des morts tandis que les républicains, les communistes restaient enterrés dans les fossés. Celui qui signe cet acte indigne c’est non seulement le parti socialiste mais le parti communiste avec son chef Santiago Carillo. Il le fait dans le cadre d’une idéologie appelée l’Eurocommunisme et qui est basé sur un autre compromis, celui de la rupture avec l’URSS et la construction d’une social-démocratie qui signe un pacte avec les Etats-Unis.

C’est ce qu’a imposé Mitterrand en France en calmant les Etats-Unis, en leur expliquant à quel point la seule manière d’en finir avec la puissance des communistes c’est de les annexer à un gouvernement qui va mener le néolibéralisme, l’internationalisation des monopoles financiers, la nouvelle phase triomphante du capitalisme en liaison avec une UE qui porte cette politique.

L’Eurocommunisme, c’est un triple mouvement

1) L’Italie avec Berlinguer qui poursuit sur la lignée initiée par Palmiro Togliatti, c’est-à-dire quelque chose né avec la fin du Komintern qui est la voie nationale au communisme (on retrouve la même idée chez Thorez avec le discours de Londres). Parce qu’il y a eu l’expérience soviétique, parce que l’URSS est forte, les pays peuvent trouver leur voie à partir de la situation ainsi créée et aussi leur traditions nationales.

Le parti communiste italien a connu un essor extraordinaire, une véritable hégémonie en adoptant cette ligne mais il se heurte à un blocage pour accéder au pouvoir. Le Vatican et la démocratie chrétienne, la mafia, le capital et les Etats-Unis, le tout uni par divers liens historiques tentent d’empêcher l’accès au pouvoir.

L’Eurocommunisme italien avec Berlinguer va innover. Comme Kanapa en France, Berlinguer est convaincu que « la parabole née de la Révolution d’octobre est terminée » (un des signes est l’absence de démocratie, mais surtout la querelle sino-soviétique et la stagnation économique). En fait on peut résumer tout cela en disant que la crise du capitalisme, celle qui se traduit par la fin des solutions keynésiennes et l’apparition du néolibéralisme, a ses propres effets non seulement sur le Tiers monde mais sur le socialisme réel de surcroit divisé par la querelle sinosoviétique.

Personne ne nie tous ces phénomènes, même Fidel Castro à Cuba met en place en 1983 la politique de rectification. Mais ce qui est recherché d’une issue et qui va déboucher ultérieurement en Chine sur une sorte de NEP, va être pris dans une contrerévolution néolibérale dans laquelle l’Eurocommunisme va être utilisée pour en finir avec les partis communistes européens, le passage à une social-démocratie dont on voit ce qu’elle est devenue dans le cadre européen privilégié.

2) L’Espagne, nous venons de le voir c’est là où la braderie du communisme sera poussé le plus loin, il ne s’agit pas comme en Italie d’un compromis avec la démocratie chrétienne, mais bien d’une acceptation du fascisme et de la monarchie comme base d’une unité nationale qui spolie les Républicains, les communistes et laisse en place le franquisme. la grande victoire c’est une monarchie présentée comme une démocratie et le « enrichissez-vous » devenu le mot d’ordre de la spéculation immobilière entre autres.

3) La France s’est le plus mal dépatouillé avec les « Révélations du rapport Khrouchtchev, les guerres coloniales » et sa propre social-démocratie. Elle s’est jetée dans une union à n’importe quel prix, depuis Guy Mollet envoyant le contingent en Algérie jusqu’à l’opération Mitterrand. Et là-dessus le 22e Congrès, c’est-à-dire vingt ans après le choix de la politique de Togliatti. Georges Marchais flanqué de Kanapa oscille entre son refus de rompre avec le camp socialiste et sa dénonciation aux atteintes aux libertés. Le choix du programme commun, puis l’arrivée au gouvernement vont accélérer la situation en transformant peu à peu le PCF en force d’appoint. Mais c’est l’application en 1983 du plan Davignon, de la désindustrialisation française sous diktat européen et le tournant de la rigueur, qui va accélérer le refus de l’Eurocommunisme, voir l’antagonisme. La direction du parti est au cœur d’une bataille au sein de sa direction, parce que la majorité autour de Georges Marchais veut sortir du gouvernement, mais les ministres communistes avec à leur tête Fiterman mais aussi Rigoud, vont sur ordre de Mitterrand déstabiliser le parti. Encore aujourd’hui je vois sortir du bois des gens qui à l’époque se taisaient mais qui étaient dans le coup. C’est le discours de Rome de Rigoud qui déclenche les hostilités à l’intérieur du parti en juin 1984 en collaboration avec le PCI qui est allié à Mitterrand, comme le PCE de Santiago Carillo qui lui va encore plus loin.

Quand je vois un Gérard Streiff dont Marchais n’aurait voulu à aucun prix faire une biographie qui transforme Georges Marchais en chantre de l’eurocommunisme, je vois à quel point le passé continue à travailler le présent et à quel point il est là et continue à déterminer les enjeux.

Le détour par ce qui se passe en Catalogne

Mais pour comprendre cela retournons à notre exemple de ce qui se passe en Catalogne. Est-ce que depuis cette époque les choses sont restées en état. Non ! Certainement pas… La Catalogne qui avec le pays basque a été un des hauts lieux de la résistance au franquisme paradoxalement a été la province espagnole qui a le plus profité du dynamisme du capitalisme franquiste, en particulier dans le domaine de la spéculation immobilière et de l’Europe.

Et surtout est intervenu un phénomène essentiel, la crise dite des subprimes dont on ne mesure pas à quel point elle a été une phase de transformation et d’internationalisation du capital. Le vieux capitalisme hérité de Franco a été obligé de s’ouvrir et dans une certaine mesure cela a permis une emprise moindre sur la société. Dans le même temps, la crise s’abattait sur le pays et l’Europe n’était plus l’horizon de la prospérité. C’est dans ce contexte qu’intervient à la veille d’une nouvelle crise financière, une nouvelle bulle, la volonté d’indépendance qui reflète ce qui est hérité du passé dans ses diverses strates et la volonté d’en finir avec ce qui s’est mis en place en 1978.

La violence du choc entre des indépendantistes de la bourgeoisie catalane et le PPE (ses alliés du compromis) reflète une âpre lutte entre fractions du capital, mais aussi les aspirations républicaines, anti-franquistes, de ceux qui veulent en finir avec le compromis mais aussi les victimes de la crise. La seule réponse est de dénoncer la violence et d’aller vers une transformation de la constitution comme une remise en cause profonde du capitalisme prédateur et spéculateur. Bref un vrai parti communiste peut surgir y compris du blocage avéré de la solution PODEMOS.

Parce que le capital, confronté à sa perte d’hégémonie en tant que capitalisme dominé par les Etats-Unis et ses alliés est en plein dans un laboratoire pour trouver des formes politiques capables d’endiguer la colère, mouvements populistes, dépassement de la droite et de la gauche, libéralisme libertaire, le fascisme est aussi un possible, toutes les tendances se conjuguent en attendant de se fixer. L’urgence d’un parti communiste imposant la paix dans la justice sociale, le socialisme, le vrai est incontournable mais il est clair que tout sera mis en œuvre pour l’empêcher.

Ils n’ont pas renoncé à poursuivre Martigues et Hue, oui mais il y a le parti…

Ce long détour pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui au sein du PCF. Toujours en retard d’une étape sur les Italiens, les différents dirigeants du PCF depuis le départ et la mort de Marchais ont systématiquement voulu reproduire la stratégie eurocommuniste. Mais là ils atteignent un sommet ou ils voudraient l’atteindre. Ce moment où sous Ochetto, les dirigeants du PCI vont jusqu’au bout de leur logique. Voyant que le PS italien est complètement déconsidéré, ils débaptisent le PCI et tentent de se mettre à la place du Parti socialiste complètement mort. Aujourd’hui il y a 6 partis communistes italiens qui sont divisés sur des choix tactiques, des questions d’alliance et la social-démocratie ou plutôt le parti démocrate hérité de l’ancien parti fait partie du blocage institutionnel d’un capitalisme en crise dans une Europe en crise. Avec partout et toujours des tentatives « populistes » de se mettre à sa place.

La grande différence est que, quelles que soient ses métamorphoses, le parti communiste français est resté le PCF. Nos dirigeants français ont multiplié les tentatives désordonnées, ils ont détruit le parti dans la mutation, l’ont coupé de sa base ouvrière au congrès de Martigues, puis ils ont poursuivi avec le Front de gauche, ils se sont donnés à Mélenchon et maintenant ils se voient prenant la place des socialistes. Tout cela passe par la fin du parti communiste, le nom et le contenu, la perspective révolutionnaire, la stratégie en ce sens. Plus personne n’a la moindre idée de la manière dont les communistes comptent s’y prendre pour instaurer le socialisme. Même au plus haut point de l’adhésion à l’eurocommunisme à la Française, à savoir le XXIIe congrès, la stratégie pour un socialisme à la française reste au centre de l’analyse politique et le rôle du parti. De ce point de vue il demeure dans la lignée des Révolutions communistes du XXe siècle. Mais à la fois à cause de l’échec de la participation gouvernementale, l’incapacité à infléchir le processus qui force à quitter le gouvernement, et l’offensive menée au sein du parti de ceux qui veulent poursuivre jusqu’à la fin du PCF, la rupture avec l’idée même de Révolution socialiste autant que la remise en cause de la base de classe, leur victoire avec Robert Hue et les successeurs, nous sommes dans un autre cas de figure. Aujourd’hui la reconfiguration de son passé fait partie de cet assassinat soft : on célèbre la révolution d’octobre à travers deux héros, Lénine et Trotski, d’ailleurs on laisse de plus en plus la propagande historique à ce courant trotskiste. On trouve Streiff pour inventer un Georges Marchais eurocommuniste… On ne craint pas trop en revanche le PC chinois qui est loin et ne se mêle pas de l’idéologie des autres et que l’on peut toujours utiliser pour valider n’importe quoi. Dans ce domaine, avec l’aide des trotskistes de plus en plus nombreux dans les instances de direction, nous avons dépassé le stade de l’opportunisme pour glisser vers le révisionnisme et même la falsification.

Oui mais le problème auquel ces dirigeants dont certains étaient déjà là pour mener l’offensive contre Marchais en 1983 et d’autres sont les héritiers directs ou indirects, est l’existence d’un parti communiste qui freine des quatre fers en particulier en ce qui concerne le changement de nom. Il vieillit, mais bien des jeunes ne veulent pas renoncer à l’idée d’un parti révolutionnaire même s’il y a quelques jeunes loups aux dents longues pour qui il faut accélérer le processus entamé au Congrès de Martigues. Ils se heurtent y compris à des gens comme toi mon cher Franck qui marquent une limite à leur offensive, jusqu’à quand ?

Notre véritable atout est ici comme dans les deux autres cas qu’un parti communiste paraît indispensable et qu’il n’existe rien en capacité de le remplacer y compris dans la mémoire historique, alors même que le mécontentement s’accroît.

J’ai souri au récit de ce qui s’était passé le 18 novembre avec les animateurs. Tout le monde a dit à quel point dans « les Ruches » (sic) les discussions étaient passionnantes. Le compte-rendu du questionnaire allait à contrario des projets de la direction, pas question d’en finir avec le PCF au contraire. Mieux pour la première fois depuis longtemps la préoccupation de tous n’était pas la construction des « alliances » mais bien le parti communiste, sa stratégie, son devenir. Un très grand progrès. Bien sûr telle qu’elle est, cette feuille de route peut être détournée mais il y a ces faits. Il est clair que l’on a joué la démocratie de base pour éviter la question de la critique de la stratégie menée jusqu’ici, le Congrès de Martigues, mais quand les communistes s’expriment quel que soit le peu de temps qu’on leur laisse, ils disent des choses importantes.

Donc ce que raconte notre amie polonaise éclaire le trafic qui est mené sur nos mémoires mais aussi la résistance des communistes français.

Danielle Bleitrach

Vos témoignages

  • Bleitrach danielle 24 novembre 2017 03:52

    je partage bien des choses que disent les camarades en particulier sur la manière d’imposer des dirigeants ou élus, alors qu’ils prétendent avoir rompu avec le parti guide et le centralisme démocratique rarement le centralisme sans démocratie a été aussi marqué, pas pour rectifier un quelconque opportunisme de l’échelon local mais pour le lui imposer. dans la feuille de route j’ai été alertée par une expression qui proposait de mettre dans la future direction « des personnalités émergentes », de qui et de quoi s’agit-il, un accés de snobisme ou une manière de livrer un peu plus le parti. je souligne que nous avons vu non seulement des groupes trotskistes entrer collectivement au parti mais leur dirigeant être propulsé de fait à la direction. Le tout alors que l’on maintient la censure contre certains communistes (dont je fais partie ) dans la presse communiste. Cela étant dit si vous permettez cette légère critique des intervenants, je regrette que ceux-ci s’intéressent si peu au texte et parlent de choses certes passionnantes mais sans la moindre référence au texte que j’ai tenté de leur adresser.

    • Mon interprétation de ce qui se passe dans le PCF 25 novembre 2017 15:17, par SARTON Bernard

      J’ai relu encore une fois ton texte sur ton analyse de l’évolution du PCF depuis Marchais . Je partage pratiquement tout ce que tu exprimes dans le détail historique du PCI , du PCE et du PCF à travers « l’idiotie » politique de l’Eurocommunisme qui a fait disparaître le PCI en social-démocratie et le PCE en le claquemurant dans Izquierda Unita facilitant ainsi l’apparition de Podemos. Le PCF de Marchais a fait la faute politique du Programme commun en réhabilitant le PS discrédité par les guerres coloniales et son accord avec la 5e république . Les ministres communistes, comme tu le dis si bien, ont été un « alibi » d’espoir pour le mouvement populaire avec le chef d’orchestre Mitterrand , grand manipulateur bourgeois devant l’éternel USA . Les directions successives du PCF jusqu’à aujourd’hui ont accepté le recul électoral avec la pseudo Union de la Gauche qui a bénéficié surtout au PS . Ils ont fait espérer aux militants actifs des progrès à venir qui ne sont jamais venus avec la candidature de MGB et ses comités anti-libéraux, et la candidature Mélenchon sorti du bois par MGB après son échec de 2007 qui s’est servi de nous et de son « baratin » tribunicien pour installer la FI sur nos territoires électoraux traditionnels avec l’accord de Laurent and co. L’apparition de Macron , avec la complicité du PS de Hollande et du Medef, n’a pas été vue par la direction actuelle , ni même appréhendée pour la dénoncer activement en 2015-2016 . Pourtant il y avait des bruits souterrains que la grande bourgeoisie cherchait une solution de rechange dite plus moderne pour amplifier sa politique de destruction sociale et ainsi augmenter significativement ses profits que Sarkozy-Hollande ont entamé avec la réforme des retraites et la loi El Khomri. Et maintenant nous comprenons enfin qu’il faut revenir à une tradition politique plus révolutionnaire en nous débarrassant de ce poids d’alliance avec le PS qui nous a mené à la catastrophe électorale et à l’installation du vote FN et Insoumis sur nos terres traditionnels dans le Nord-Pas de calais, l’Est lorrain , la région Paca et Rhodanienne, et même l’île de France de la ceinture rouge . Serons-nous à la hauteur dans les mois et les années qui viennent pour restaurer une grand Parti Communiste apte à canaliser les colères et les révoltes populaires qui s’expriment et vont s’exprimer de plus en plus face à la politique Macronienne que la bourgeoisie met en place pour concurrencer les produits asiatiques en pleine expansion et faciliter la spéculation financière tous azimuts. L’organisation PCF et ses militants sont devant une responsabilité historique après tant d’échecs passés.

  • Joël Yan 23 novembre 2017 19:17

    La direction actuelle du parti a fait de nous des agents électoraux travaillant non pas pour porter les luttes le plus loin possible, et les intégrer dans un mouvement plus large par l’explication inlassable de leur participation à) la construction d’un autre société, mais pour assurer la promotion de « personnalités » du Parti pour les échéances électorales. Pire encore, on a mis des sections au service de personnalités médiatiques « hors sol », et sans aucun égard de l’état des forces local et sans aucun respect pour les militants de base amenés à faire la promotion de candidats « hors sol », imposés « d’en haut » (pas de très haut) . Le résultat a été lamentable. Le Parti a voulu nous faire « intégrer » que la société fonctionne autour de « décideurs », de « personnes autorisées » , ce que « l’Humanité » ne cesse de nous rappeler. Le poids des élus du Parti a écrasé tout le reste, puisqu’ils en sont désormais les dirigeants effectifs. Je me souviens de la réflexion d’un responsable fédéral de l’époque R. Hue, ( aujourd’hui FI) en plein mouvement sur les retraites en 1995 : « Attention Camarades, à l’anarcho-syndicalisme !!! » . Cet ex-camarade nous parlait déjà de son aspiration et de celle de nos dirigeants pour « une société d’économie mixte. »En effet le Parti a sous-traité depuis lors les luttes des travailleurs et du quotidien au Syndicalisme. Pas question pour les luttes de dépasser le cadre négocié et fixé avec des dirigeants syndicaux régulièrement « recasés » (y compris à la CGT) dans des postes dont l’attribution s’est faite avec l’agrément du gouvernement PS. Comme les syndicats (CGT comprise) nous payons cette absence volontaire d’analyse marxiste des rapports de forces dans la société capitaliste actuelle, qui aurait dû nous amener à autre chose qu’à la recherche d’un consensus majoritaire de « gauche » illusoire et impossible, à la tête duquel nos directions voulaient et prétendent encore nous placer. Si malheureusement cela continue, le PCF devra renoncer à être Communiste. Mais que cela soit clair, le Parti ne peut plus fonctionner sur cette forme de mensonge permanent vis à vis de ses militants qui pensent encore qu’il reste « révolutionnaire ». Pour finir, j’ai eu l’occasion de discuter de manière informelle avec André Chassaigne député militant au Parlement et rayonnant au delà de son groupe, pour l’intérêt des classes populaires : nous sommes d’accord pour dire que le Parti ne doit pas être dirigé par des élus.

  • SARTON Bernard 23 novembre 2017 18:52

    D’où la nécessité de comités citoyens partout avec des candidats communistes révolutionnaires afin de renforcer et développer notre implantation dans les masses .La 6e république populaire et sociale peut aider à ancrer dans les masses populaires le besoin urgent d’une nouvelle société socialiste-communiste. Il est évident que la bourgeoisie fera bloc avec violence pour préserver ses privilèges, mais sera-t-elle en mesure de renverser le rapport de forces face à une déferlante populaire bien conduite par tous les militants révolutionnaires . L’histoire de la Commune de Paris avec ses erreurs est encore dans nos mémoires et je ne pense pas que nous renouvellerons aujourd’hui une possibilité dite « Versaillaise » avec un Thiers très intelligent . Notre combat des trente dernières années a démontré que sans « grève générale insurrectionnelle » nous ne pourrons pas abattre le capitalisme et ses valets . La crise actuelle de ce système exploiteur montre des signes de faiblesse évidents avec sa financiarisation et ses monnaies de singes que les dettes des Etats affichent d’une manière exponentielle sans aucun rapport avec la production de richesses . Macron and co , conseillé activement par le MEDEF au sein duquel les grands patrons sont dominants, accélère la mise au pas du pays et des élus pour augmenter le taux de profit en rabotant au maximum les dépenses publiques de l’Etat et des collectivités locales, sous la houlette aussi de l’Union Européenne coercitive. Cette politique de classe est dangereuse pour la bourgeoisie et ses intérêts, les classes populaires même appauvries et soumises peuvent se réveiller et s’activer grâce à notre militantisme révolutionnaire sans attendre une élection que les médias bourgeois essayent de contrôler comme nous l’avons vu en 2017. Nous ne subissons pas le déroulement historique , mais au contraire nous pouvons faire l’histoire comme les jacobins de 1789, les bolcheviks de 1917, les communistes chinois de 1949, les Cubains de 1959 ou les Vietnamiens des années 1970 et autres pays africains comme l’Afrique du Sud. Tout dépend de notre volonté et de notre intelligence stratégique face à un adversaire de classe affaibli par sa politique de la terre brûlée .Le mouvement communiste est dans le sens de l’histoire de l’humanité avec tous ses combattants actuels et à venir .

  • Xuan 23 novembre 2017 09:23

    Bonjour, l’avenir pousse en effet. un mot à propos de la 6e république : peut-on considérer ce projet indépendamment de la social-démocratie dont il est issu ?

    Au fond il ne s’agit pas d’une révolution socialiste, mais du changement d’indice de la république bourgeoise. Un pouvoir accru pour le parlement mais dans le même cadre étatique. Mais l’Etat bourgeois n’autorise pas ce genre d’aménagement, l’élection de Macron constitue même un tournant en dégageant la mascarade parlementaire suivant les desiderata du MEDEF concernant les zig et les zags.

    Par conséquent il est hors de question d’encourager les illusions sur des améliorations possibles. On a vu ce que de telles naïvetés ont donné en Grèce. Le retour aux principes marxistes-léninistes devrait nous remettre en mémoire que l’état est l’instrument d’oppression d’une classe par une autre, et non un arbitre ou un outil neutre pouvant être utilisé indifféremment par une classe ou par une autre.

    L’objectif des communistes ne peut être que le remplacement de cet état par un autre instrument d’oppression, mais de la minorité d’exploiteurs par le peuple, cette fois. Il est impossible de passer du capitalisme au communisme sans cette transition, dans laquelle des contraintes seront imposées aux capitalistes, d’une rigueur équivalente à leur résistance. Et la France étant un des piliers de l’Europe on peut s’attendre à une résistance particulièrement acharnée et violente.

  • SARTON Bernard 22 novembre 2017 16:14

    En effet la direction actuelle du PCF louvoie et le discours de Pierre Laurent est obligé de nommer le mot « communiste » presqu’à chaque phrase de son intervention . L’échec électoral aux législatives pèse lourdement sur les épaules de la direction . Les camarades de la RATP , hier dans l’huma, ont fait une analyse assez juste de notre stratégie électorale « perdante » . En renonçant , depuis la candidature de Jacques Duclos en 1969, à toute candidature communiste de haute stature morale et charismatique (malgré les candidatures peu fiables aux élections Présidentielles suivantes de Georges Marchais, André Lajoinie, Robert Hue, Marie-Georges Buffet) en faveur d’un socialiste centre gauche nous avons accrédité dans l’électorat populaire et ouvrier notre impuissance à promouvoir un bon Président de la République de culture communiste . Nous avions les candidats capables d’affronter la droite et les sociaux démocrates Mitterrandiens comme Bellanger hier ou Chassaigne aujourd’hui. Notre participation au gouvernement de Mauroy et de Jospin ont fini par nous discréditer et une partie de nos soutiens électoraux s’est tournée vers le FN (nous le voyons dans le Nord-Pas de calais, l’est lorrain , la région Paca et même l’île de France) ou dans l’abstention permanente . Face à ces résultats désastreux de nombreux camarades ont décroché de la vie militante et le parti ainsi s’est dévitalisé de forces vives . Avec Mélenchon nous avons renouvelé une nouvelle forme de candidature Mitterrand à notre détriment électoral . Les penseurs du PCF ont accompagné cette candidature pour la faire « avaler » aux camarades afin de plumer la volaille socialiste avec un ancien adhérent du PS que Marie-Georges Buffet a été cherché après son insuccès de 2007. Cela n’a pas empêché Hollande d’être Président et maintenant Macron élève de ce même Hollande . D’autres causes bien sûr explique notre baisse électorale (fin de l’URSS, fermetures de milliers d’usines, scrutin non proportionnel, patronat ragaillardi par la collaboration de classes). Ce vide « oppositionnel » et même révolutionnaire a été comblé petit à petit par le FN de Le Pen avec en parallèle la montée du chômage et de la pauvreté . Aujourd’hui Le Pen engrange 36% à la Présidentielle face à Macron et malgré nos efforts Mélenchon ne peut se qualifier pour le 2e tour. Voilà où nous en sommes après les évènements de 1968, les grandes grèves de 1995, de 2008 sur la retraite ou de 2016 contre la loi El Khomri . Pour beaucoup d’entre nous qui militons depuis des dizaines d’année c’est désespérant . Les camarades qui ont contribué au programme du CNR en 1944 doivent se retourner dans leur tombe et pour ceux qui sont encore vivants c’est incompréhensible. Donc il est temps de changer de braquet stratégique avec un programme révolutionnaire qui parle au peuple exploité alors que le capitalisme est devenu en permanence chaotique et en fin de parcours historique. La 6e république sociale et populaire doit être programmé sans tarder et co-construite avec le peuple dans toutes ses composantes, avec comme finalité la société socialiste-communiste. Remobiliser la classe ouvrière et attirer la jeunesse vers ces objectifs révolutionnaires est la nécessité d’aujourd’hui . Espérons que le Congrès Extraordinaire aboutira à une stratégie révolutionnaire gagnante après tant d’échecs depuis les années 70.

    Bernard SARTON , membre de la Direction du PCF d’Aubagne

    P.S. Pour chaque élection nous devons présenter un(e) candidat(e)(dans tous les territoires, législatives et Présidentielle et ceci dés maintenant avec des comités de citoyens partout dans les entreprises et localités . Pour la Présidentielle il faut rechercher un candidat(e) de haute valeur morale parmi les Maires ou anciens Maires les plus populaires. Pour succéder à André Chassaigne , notre candidat « effacé » par la direction en 2017, Sébastien JUMEL tient la corde . Encore faut-il le faire connaître sur le territoire national le plus vite possible. Il peut être le candidat de la 6e République que nous allons programmé .

    • Mon interprétation de ce qui se passe dans le PCF 24 novembre 2017 17:03, par TOMADA Claire

      Je serai brève … je ne reprends pas tous les arguments développés ci-dessus … pour certains je suis d’accord, pour d’autres plus sceptique car c’est oublié notre responsabilité à toutes et tous ! c’est bien beau de tout mettre sur le dos de nos dirigeants successifs - n’ont-ils pas été élus ? qui envoyons-nous au CN ? pourquoi se déresponsabiliser ? en tout cas moi, je sais une chose et une seule : on ne pourra rien régler, rien faire avancer : SANS PRENDRE LE POUVOIR ! … et à vous lire, avec la multiplication des candidatures à chaque élection, ON N’EST PAS PRES DE VOIR LE GRAND JOUR ! Ferrat chantait « ah qu’il vienne enfin, le temps des cerises, avant de claquer sur mon tambourin, avant qu’on est pu boucler mes valises et qu’on m’ait poussé dans le dernier train : » … je suis d’accord avec LUI. ON NE PEUT PLUS ATTENDRE … LES PAUVRES NE PEUVENT PLUS ATTENDRE … !!!! Pouvons-nous prendre le pouvoir SEULS ???? … comment allons-nous faire ? Merci aux Communistes de penser à ceux qui survivent chaque heure et chaque minute …

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