Notre tribune : ouvrir le débat et faire de ce Congrès un Congrès vraiment extraordinaire…

Contribution publiée sur le site du congrès qui nous parait utile à mettre en avant. Ellle est notamment signée de Bernard Friot, dont les communistes connaissent les contributions à la bataille pour le salaire direct et indirect et son élargissement à une cotisation économique pour une appropriation sociale de l’économie.

Contact : Aurélien Alphon-Layre aurelien.alphonl chez gmail.com

A la veille de notre congrès, nous sommes face à un choix décisif. Poursuivre ou changer radicalement de braquet. Revendiquer une petite place dans la gauche ou nous donner les moyens d’être le moteur d’une transformation concrète.

Nos échecs successifs nous ont placés à la marge de la scène politique, nos ambitions ont décru au rythme de nos scores électoraux. Le doute a gagné à tel point nos rangs que nous nous sommes habitués à jouer un rôle mineur, à accepter d’être maltraités, parfois humiliés, y compris par ceux que nous soutenions aux élections.

Sans cap, nombre de nos élu-e-s se sentent isolés, abandonnés à leur sort. Cette situation, il faut la changer. On ne doit plus reculer et se cacher dans le coin du ring. Et nous ne pouvons pas courir le risque d’une ultime synthèse qui, pour satisfaire des courants internes, laisserait les militants totalement démunis. Nous devons avoir le courage de trancher les questions dans le vif pour réussir, sous peine de passer du masque respiratoire du Parti socialiste à celui de la France Insoumise.

Le communisme, une solution pour le présent

Il nous faut d’abord prendre conscience que le communisme, au delà de toute incantation, peut être une solution pour le présent si nous nous en donnons les moyens. Pas une simple « visée » mais une construction concrète.

Les risques insensés que le capitalisme fait désormais courir à l’humanité – catastrophes écologiques, explosions des inégalités, crises migratoires, crises financières, menace d’une guerre nucléaire – sont dans toutes les têtes. Les esprits sont prêts à entendre, à comprendre qu’il faut dépasser la juste revendication d’un meilleur partage des richesses pour changer la production elle-même, la manière d’organiser le travail et la vie en société.

Nous ne partons pas de rien. Les communistes et les syndicalistes de la CGT dès la sortie de la guerre ont semé les germes d’un communisme naissant avec le régime général de la sécurité sociale, le statut de la fonction publique, le salaire à la qualification, la production de soins sans appel au capital… Le modèle social français doit à ces militants communistes et syndicaux l’essentiel de sa dimension révolutionnaire. Ce déjà-là communiste, il s’agit de l’expliciter et de le faire grandir. De poursuivre le geste en l’amplifiant.

Le travail, une clé révolutionnaire

Au cœur de cette construction, nous mettons la question du travail, en ce qu’elle implique l’essentiel de la vie en commun. De la production de la valeur à sa répartition en passant par la position et le statut social du producteur. Si nous partons du travail et de la production c’est parce leur transformation modifie en chaîne toute la vie sociale. C’est une clé révolutionnaire et c’est là que nous proposons de porter le fer en premier car c’est en libérant le travail de la domination du capital que nous pouvons affronter efficacement les autres dominations, sexistes ou racistes, assumer le défi écologique, sortir la laïcité de son dévoiement actuel.

Les laudateurs de la démocratie ne s’émeuvent guère de voir celle-ci s’arrêter pile à la porte de l’entreprise. Leur proposition serait donc que le salarié passe le tiers de sa vie comme un sous-citoyen, infantilisé par un patronat qui l’exploite. Nous contestons radicalement cette vision de l’Homme et du monde. En gagnant le droit de voter, nous sommes devenus majeurs politiquement ; il reste une conquête essentielle à réaliser : devenir majeurs économiquement.

Nous devons d’abord cesser de n’appeler travail que ce qui mettrait en valeur le capital. Cela vire à l’absurde : si une mère ou un père de famille accompagne ses enfants à l’école, ce n’est pas considéré comme du travail, mais ça le devient si c’est la nounou qui le fait ! Il nous faut élargir considérablement le champ du travail en l’émancipant de sa pratique capitaliste actuelle. Ce sont les travailleurs qui produisent, c’est eux qui doivent décider de ce qui est produit. Il nous faut également attacher le salaire non plus à l’emploi mais à la personne et donc en faire un salaire à vie. Il s’agit de permettre aux salariés de devenir des citoyens-producteurs, aptes à organiser eux-mêmes toute la production parce qu’ils maîtriseraient l’investissement et seraient enfin ensemble les propriétaires des entreprises. C’est possible et c’est nécessaire pour sortir la société de l’impasse actuelle. Cela implique la réappropriation des centaines de milliards d’euros qui partent dans les poches des actionnaires et des banquiers pour les investir utilement dans le développement des entreprises et des territoires. Et évacuer le chantage à une prétendue raréfaction du travail.

Pour que notre parti soit à la hauteur d’un tel défi, il faut à nouveau former les militants en refondant les Écoles du parti. Nous devons être capables de faire des jeunes des milieux ruraux comme des quartiers populaires urbains, des hommes et des femmes politiques de très haut niveau. Proposer un cursus solide qui donne à la fois les clés d’une lecture structurelle de notre société et nous préparer à promouvoir l’actualité du communisme.

Nous proposons de transformer le parti pour lui réassigner un objectif révolutionnaire. Alors nous pourrons à nouveau peser dans les choix politiques, être respectés dans le rassemblement, retrouver un avenir, la fierté et la dignité que tous les militants communistes, par leur action et leur fidélité, méritent amplement.

Frédéric Durand – Bernard Friot – Pierre Resta – Aurélien Alphon-Layre

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Vos témoignages

  • la base de la perspective du communisme, c’est la lutte pour nationaliser toute l’économie, usines, banques, assurances, que chacune, chacun devient propriétaire de son travail. La propriété, c’est le pouvoir, a très bien résumé Auguste Blanqui. Travailler en association et non plus en concurrence. Les nationalisations effectuées à la Libération et en 1981 le prouvent, sauf qu’en 81, le pouvoir réel était dans les mains d’administrateurs gérant comme des capitalistes. Le sachant, on n’est pas obligés de recommencer cette erreur. la deuxième base, c’est LA GRATUITÉ DE TOUT, comme le préconise Jean-Pierre MOREAU, dans son livre 500 BOUGIES POUR UTOPIA ; une démonstration éclatante de l’avantage de faire disparaître l’argent et par voie de conséquence le capitalisme. Pourquoi voler ? Pourquoi tuer ? Il existe déjà des gratuités ; les bus, les cantines, dans les municipalités qui osent, la sécurité sociale malgré les amputations, les coopératives existantes. Il faut remettre de l’audace dans les têtes.

  • PERSPECTIVE : CONGRES 2018 - à débattre :

    RESSOURCES NATURELLES Les « valeurs » reconnues d’utilité et relevant de la propriété publique (c’est-à-dire ce qu’on appelle les « BIENS COMMUNS » ou « RESSOURCES NATURELLES ») aujourd’hui, par toutes les instances, nationales, continentales et internationales : Les 4 « éléments » fondamentaux sont des ressources vitales : un air « respirable », une eau « potable », des terres « cultivables », de la « géothermie » accessible et distribuable pour tous. Et pourtant, de grands trusts industriels internationaux s’en sont déjà emparés (en large part) pour les exploiter, les vendre… se présentant comme « services… ajoutés » et faire sur leur compte de gras bénéfices !

    SERVICES PUBLICS L’enseignement, la Santé, les transports (personnes ou marchandises), l’énergie, la sécurité, les services administratifs etc. Combien sont – DÉJÀ – aux mains d’entreprises privées qui réalisent du bénéfice et sélectionnent donc leurs clientèles !? Le paradoxe majeur est le suivant : Ces services sont présentés comme plus « rentables » lorsqu’ils sont en mains privées. Mais un SERVICE (AU) PUBLIC ne se doit PAS, comme PRIORITE essentielle d’être … « rentable » ! Sa vocation est d’être – comme son nom l’indique – disponible à tous, à disposition de tous, en plaçant les besoins humains en priorité et pour le développement et le confort de vie quotidienne de chacun-e ! Une « Ecole » gratuite, publique garantissant la première formation (et les formations suivantes). Un réseau de santé : médecins de proximité, hôpitaux et cliniques, EHPAD et établissements spécialisés.. lieux de soins et de vie libérés des obsessions financières de directoires privés, conseils administratifs et assemblées d’actionnaires ! Des transports publics : ferroviaires ou autres reliant les gens entre eux, acheminant les marchandises à travers le pays, toujours dans la perspective du services des personnes et non du profit des exploitants ! Une énergie disponible à tous, pour : le chauffage, le rafraîchissement, la communication, sans qu’il soit besoin de viser une concurrence qui mine souvent la qualité des services et rend leur livraison aléatoire ! La sécurité (droit élémentaire également) sera, elle-même, bientôt et si l’on continue, laissée aux mains d’entreprises privées qui, naturellement, protégeront – toujours davantage – ceux qui les financent et leurs « propriétés » jalousement arrachées aux accès communs. Les services administratifs : des hôtels de l’impôt aux tribunaux, en passant par les mairies et autres instances (en principe « chasses gardées » de l’Etat)… pourraient tomber aux mains de producteurs d’applications informatiques pour le traitement des documents d’identité, les calculs de perception (avec et à la clé, quelques… privilèges possibles accordés) etc. Autre paradoxe (général) conduit dans et par l’économie dite « libérale » d’aujourd’hui : la mondialisation. Sur la foi de ce qu’en présentent ses promoteurs, cette mondialisation devrait « ouvrir le monde » dans la collaboration intercontinentale et pour favoriser le développement des Etats les plus pauvres. La réalité est TRES différente : les « grands groupes industriels » visent la maximisation des gains de leurs actionnaires, investisseurs de la misère, qui élargissent leurs profits en agrandissant leurs réseaux de production et en délocalisant les industries vers les zones et les pays où la main d’œuvre est la moins chère possible et où les protections des droits des travailleurs n’existent pas ou sont bien moins « contraignants » pour eux. C’est donc bien d’une concurrence qu’il est question, mais déplacée, de celle qui existait entre « marques » différentes de produits dans un même espace (pays, continent) de travail défini par un même droit, on passe à une concurrence entre les gens, entre les humains et on pratique la course au moindre droit ! Le monde dit « libéral » ou de « l’économie de marché » casse, détruit, anéantit le monde de l’humanité, le monde humain qui POURRAIT être collaboratif et encourager là-bas, le développement de droits connus déjà (menacés aujourd’hui) ici ! A chacune, chacun, il appartient de se poser cette question devant sa conscience propre et avec ses propres capacités réflexives, se demandant : quel avenir collectif semble-t-il le plus prometteur à moyen ou long terme : a) L’avenir financier des grands capitaines d’industries et de leurs éminences grises, dévoreurs du droit humain et destructeurs des ressources ? Ou…. b) L’avenir humain des peuples et des personnes, respectant les impératifs et nécessités écologiques, économiques et sociales, la dignité de l’humain partout ? A VOUS DE VOIR… ET SURTOUT A NOUS DE JOUER !

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