PCF Immigration : Assez de procès, osons le débat !

Courrier à Pierre Laurent secrétaire national du PCF

Cher Pierre,

Je ne passerai pas sous la guillotine d’Olivier Dartigolles. Sa déclaration est une forme de procès qui devrait être révolue.

Je demande un droit de réponse et la publication intégrale de ma conférence de presse dans l’Humanité, à chacun de se faire son opinion.

Comme je te l’ai écrit, le 10 mars, à propos du Front national, nos renoncements l’ont fait roi.

« J’espère qu’enfin, après avoir écarté des discussions, réflexions, initiatives, l’opposition au dernier Congrès de décembre 2008, une discussion vigoureuse, loyale, fraternelle sera possible avec tous les communistes, adhérents ou non. »

C’est la proposition que je te faisais il y a 3 mois.

J’espère qu’enfin un débat s’ouvrira pour clarifier notre politique de classe au niveau national et international à propos de l’immigration. Comme si la situation géopolitique n’avait pas changé depuis les années 1970 ! Peut-on ignorer que pour l’essentiel, les politiques de l’immigration en France et en Europe, servent avant tout à casser les acquis sociaux, à précariser le travail et à réduire les salaires. C’est la variable d’ajustement avec des formes d’exploitation de plus en plus inhumaines.

Allons-nous enfin lever un certain nombre de tabous ?

Je considère que la direction du PCF a sa part de responsabilité dans la place prise par le FN dans la vie politique en France et le rôle qu’il y joue.

Que répondons-nous aux ravages du capitalisme prédateur contres les peuples, dans le cadre de la mondialisation ?

Que répondons-nous à la question de l’immigration alors que nous continuons de façon irresponsable à revendiquer la régularisation de tous les sans-papiers ?

Que répondons-nous à l’intégrisme, au fondamentalisme, au communautarisme qui pourrissent la vie des quartiers, qui se servent de la paupérisation sociale, des trafiquants de drogue et des mafias, et profitent du malheur des familles populaires françaises et immigrées ?

La déclaration du porte-parole du PCF est dangereuse. Elle peut être vécue comme une bénédiction pour Nicolas Sarkozy, pour Parisot et Lagarde. Parce que l’UMP et le grand patronat préfèrent favoriser la lutte ethnico-religieuse à la lutte des classes et les combats communs français et immigrés.

Si les circonstances me le permettent, je rappellerai mon expérience de 21 ans à l’usine Berliet et Renault-véhicules industriels, les combats menés avec les immigrés du Maghreb entre 1963 à 1984.

Je rappellerai mon expérience de maire de 1985 à 2009, mon combat impitoyable contre le Front national avec les communistes et les habitants de Vénissieux.

Et bien sûr, comme député depuis 1993, je me suis trouvé en première ligne contre les lois Pasqua-Debré, que le gouvernement Jospin auquel nous avons participé n’a pas abrogé, contre des lois liberticides, contre la double-peine ou le tri sélectif organisé par le gouvernement français pour piller les cadres des pays en voie de développement.

Cher Pierre, j’estime que le combat politique mérite le respect de chacun d’entre nous dans une confrontation d’idées salutaire et sans complaisance.

J’espère qu’enfin, à tous les niveaux du Parti communiste, nous pourrons nous parler sérieusement sur un sujet aussi essentiel.

Reçois, Cher Pierre, mes fraternelles salutations.

André GERIN


La réaction de Dartigolles, qui bien entendu, ne prend que la phrase sur l’immigration sans noter qu’elle est bien sûr une réponse à la déclaration de Mme Parisot, présidente du MEDEF, qui pense, elle, que l’immigration est une chance pour la France… C’est le défaut du langage commun, il masque les questions de classes… Car Madame Parisot dit « pour la France » alors qu’elle pense « pour la bourgeoisie »…

Les déclarations d’André Gérin sur l’immigration sont indignes. Elles soulèvent le cœur. Par ses luttes et ses engagements, le Parti communiste Français a toujours combattu de tels discours.

Si pour André Gérin, « l’immigration n’est pas une chance pour la France », alors il est à la fois dans le mensonge et le reniement de ce qui fait justement la grandeur, l’identité et le rayonnement universel de notre pays dans le monde.

André Gérin s’est perdu.


la lettre envoyée le 17 mars par André Gerin à Pierre Laurent

Cher Pierre,

L’abandon du combat de classes et de l’engagement des communistes et des progressistes en France et en Europe, ont laissé un vide dans les couches populaires. La classe ouvrière est abandonnée. Les employés, les ingénieurs-cadres-techniciens sont négligés pour le plus grand profit du capitalisme mondialisé qui peut ainsi étendre sa domination et ses ravages. Le spectre géopolitique qui émerge d’une telle situation est connu. La paupérisation de masse et la crainte du déclassement a leur pendant : l’abstention, le vote protestataire, populiste et xénophobe, autant de cris de la désespérance.

Tel est, selon moi, ce qui s’est déjà produit le 21 avril 2002. J’avais parlé, à l’époque, après le résultat de Robert Hue, de « dépôt de bilan du Colonel Fabien ». L’hypothèse du scénario 2012 avec le Front national et Marine Le Pen est à prendre au sérieux.

Les effets de manche de Jean-Luc Mélenchon ne sont pas à la mesure des défis qui sont devant nous. Le Front de gauche apparait bien dérisoire face à ce chambardement sur fond de pourrissement politique, économique, social et culturel. Cet édifice de fortune sans fondation est à cent lieues de la passion française du communisme et de l’espoir qu’il faut reconstruire.

En poursuivant la stratégie d’effacement du Parti communiste français entamée par Robert Hue depuis mars 2000 à Martigues, puis prolongée par Marie-George Buffet et avec toi aujourd’hui, la direction du parti communiste a sa part de responsabilités dans la place et le rôle pris par le Front national dans le paysage politique, hier instrumentalisé par François Mitterrand et le Parti socialiste. En 1997, la gauche est majoritaire au niveau national grâce aux triangulaires dans lesquelles le Front national s’est maintenu. Cette situation était déjà malsaine.

Je rappelle que nous n’avons fait aucune analyse sur la perte de 30 villes en 2001, dont 20 villes de plus de 30 000 habitants, ni sur les raisons pour lesquelles nous avons perdu le département de la Seine-Saint-Denis. Un silence total, comme si rien ne s’était passé. Personne n’a oublié le résultat du Front national, dans tout le département, en 1995.

Lorsque Marine Le Pen obtient 48 % à Hénin-Beaumont, certains parmi ses électeurs votaient communiste auparavant. Pourquoi cette question est-elle taboue ?

En 1995, j’ai fait réaliser une enquête par la SOFRES sur le vote Front national. Cette étude est toujours d’actualité aujourd’hui. Alors pourquoi continuons-nous à nier cette réalité qui nous empêche d’être nous-mêmes comme force politique et acceptons-nous en conséquence de voir la carte de France passer du rouge au brun ? C’est flagrant pour ce qui concerne le Sud de la France ou le Nord Pas-de-Calais…

Les familles populaires en ont marre, se sentent abandonnées. Aujourd’hui, les classes moyennes se sentent déclassées. Elles sont prêtes à changer de vote comme elles changent de marque de produits, si ceux-ci ne les satisfont pas, y-compris à élire Marine Le Pen, Présidente de la République.

Pourquoi ne pas se poser ce scénario même s’il peut paraître absurde ? Nous avons tout à gagner, pour la réflexion politique, à imaginer le pire. Pour écarter ce scénario, aucune analyse n’a été conduite pour comprendre comment Sarkozy s’était fait élire en 2007 : beaucoup de français ont cru enfin qu’un responsable politique parlait des problèmes qui étaient les leurs.

La chute est plus dure aujourd’hui pour des millions de français qui ont eu l’impression que tout foutait le camp. Il y a un sentiment de malaise. A gauche comme à droite, à force de casser le thermomètre, le malaise politique est à la limite de l’embolie.

Que répondons-nous aux ravages contre les peuples et les pays produits par la mondialisation du capitalisme prédateur ? Alors qu’il faudrait briser les corsets de fer de la Ve République et de la Constitution européenne, ces outils au service de l’oligarchie financière, nous nous coulons dans ces moules-là. C’est la rupture avec le capitalisme qui devient vitale pour que la France retrouve sa souveraineté monétaire, économique et son indépendance nationale.

Que répondons-nous à la question de l’immigration, alors que nous continuons de façon irresponsable de revendiquer la régularisation des sans-papiers, au lieu de faire des propositions courageuses ? Oui, il faut limiter l’immigration y-compris régulière avec une attention vigilante sur l’immigration irrégulière, tous les trafics nauséabonds et les trafiquants sans scrupules. Portons haut et fort l’audace du co-développement et remettons au centre tout ce qui fonde les valeurs de la France, d’hospitalité du droit d’asile. Il faut fermer les centres de rétention, remettre en cause les lois liberticides Pasqua-Debré, Sarkozy-Perben, construire des lieux d’accueil dignes de ce nom au XXIe siècle La situation actuelle autour de la Méditerranée, le désarroi des peuples confrontés à la famine et au sous-développement nous créent des devoirs. Cela ne veut pas dire que ceux que nous devons accueillir ont vocation à demeurer en France, dès lors que nous fondons les bases d’une nouvelle coopération. C’est un défi de civilisation pour rompre avec ce capitalisme du désastre porté par les gouvernements européens, pour ouvrir un nouvel ordre mondial, un nouvel internationalisme, enrichi de tout ce qu’il y a de meilleur dans les civilisations. Soyons au rendez-vous de ce combat de classes mondialisé, comme disait Marx : « pour sortir de la préhistoire de l’Humanité ».

Que répondons-nous à l’intégrisme, au fondamentalisme qui pourrissent la vie de certains quartiers, se servent des trafiquants de drogue et des mafias, profitent du malheur des familles populaires ? Cette petite minorité mène un combat politique, culturel et idéologique contre nos valeurs progressistes, humanistes, issues du siècle des Lumières et de la Révolution française. Aurons-nous le courage de dire que l’Islam, deuxième religion de France et d’Europe a sa place dans le vivre ensemble ? Un Islam spirituel, respectueux de nos valeurs et de nos traditions « Républiquement compatible », dans l’esprit de l’Imam de Drancy et du Recteur de la Grande Mosquée de Paris. L’Islam politique n’a pas sa place. Il est contraire au principe de laïcité défini par la loi de 1905.

Nous devons faire l’effort pour comprendre les inquiétudes de millions de français. Oui, comprendre, pour arrêter de faire semblant comme si ces inquiétudes et ces peurs n’existaient pas. Sinon, nous le savons maintenant depuis des années, c’est le fond de commerce, le miel du Front national que nous fabriquons.

Pour moi combattre le capitalisme du désastre et l’intégrisme, ceux que j’appelle « les talibans français », c’est le même combat. C’est le combat contre Ben Le Pen et Le Pen Laden.

Ne pas mener ce combat de classes, idéologique et culturel, qui va de paire avec le combat de classes fondamental au niveau social, économique et politique, c’est laisser la porte ouverte à l’aventure pouvant déboucher sur des votes ethnico-religieux ou une Marine Le Pen, comme ce qui est arrivé en Californie avec Schwarzenegger. Quand, dans des quartiers dans lesquels 80 % des habitants ne votent plus, comment, avec qui et pour qui pourront-ils exprimer leur colère, leur haine, voire se défouler dès lors qu’ils ont le sentiment que tout fout le camp.

Peut-on encore parler au PCF de Nation pour redonner ses couleurs à la France, pour une grande ambition industrielle, en portant tout ce qu’il y a de meilleur dans nos valeurs universelles et singulières ?

Peut-on considérer, en 2011, que les valeurs républicaines sont devenues un enjeu révolutionnaire ? C’est au Parti communiste de s’en saisir, dans le même esprit que l’exprimait Maurice Thorez, de marier le drapeau rouge avec le drapeau tricolore.

Qu’a fait la gauche depuis François Mitterrand et sous Jospin des banlieues et de la politique de la Ville ? Elle a privilégié l’accompagnement social, accompagné la casse industrielle, promu les privatisations à tout crin, au lieu de mettre au cœur de la politique nationale, le progrès économique, le progrès social, la promotion des Hommes. L’abandon de nos piliers industriels engagé depuis Giscard d’Estaing s’est poursuivi.

Lorsque la criminalité concerne de multiples territoires de notre pays, ne pas opérer de mesures chirurgicales pour éradiquer cette gangrène, c’est pénaliser 95 % des habitants qui essaient de survivre dans une misère endémique et ne croient plus aux promesses non tenues. Surtout, les efforts menés pour la promotion sociale sont rendus inefficaces.

Il faut briser l’omerta pour que la République et les pouvoirs régaliens retrouvent leurs missions, leurs droits et leurs moyens humains et financiers aujourd’hui garrottés par la droite, remis en cause par l’État qui est de plus en plus mobilisée au service du capitalisme financier.

Dans ces conditions, les politiques de la Ville ont apporté des réponses à la marge d’une société livrée de plus en plus à la loi du marché. L’affichage du gouvernement Fillon, privilégie la réforme des bâtiments contre les hommes et contre le social, car là aussi, il y a de l’argent et des profits à engranger. Une société française qui américanise des quartiers où des millions de familles populaires, français et immigrés, sont traitées en sous-citoyens, pour les beaux yeux du CAC 40 et de la grande finance. Depuis trente ans, la société s’est segmentée, écartée, compartimentée. L’insécurité sociale s’est généralisée. L’exclusion, la violence sont devenues la norme, c’est l’apartheid social, et aujourd’hui les couches moyennes sont de plus en plus marginalisées et divisées. Nous vivons une France à plusieurs vitesses dans laquelle 1 % des privilégiés de ce pays décide de tout, contre le peuple.

Pour changer la ville, il faut changer de société et surtout, sortir de la logique du capitalisme, répondre à la colère qui gronde, qui monte, qui fait le miel du Front national et nous n’y répondons pas.

Dans ce contexte qui peut devenir explosif, le programme partagé du Front de gauche apparaît bien dérisoire, à peine comme un smic politique.

Le Parti communiste a plus que jamais sa place et devrait retrouver son rôle de force politique nationale. C’est à lui qu’il revient d’appeler à l’union du peuple de France, de rentrer en résistance, de sortir des logiques suicidaires d’appareils, avec et autour du Parti socialiste.

Frappons à la porte politique de la France pour instaurer un sursaut civique et républicain.

Oui, il faut aller à la reconquête des électeurs qui votent Front national. Il n’y a pas de honte à cela. Ce sont des français à part entière. Nous n’avons pas le droit de leur coller une étiquette, de leur jeter l’opprobre. A nous de les traiter comme des adultes, droit dans les yeux, sans complaisance. Oui, c’est de la responsabilité d’un Parti communiste. Le temps est venu de réparer cette cassure géante et de reconstruire avec courage et modestie car des millions de français nous attendent, l’heure est grave.

J’espère qu’enfin, après avoir écarté des discussions, réflexions, initiatives, l’opposition au dernier Congrès de décembre 2008, une discussion vigoureuse, loyale, fraternelle sera possible avec tous les communistes, adhérents ou non.

Je te propose la tenue d’une session spéciale du Conseil national, avant celui des 8 et 9 avril prochains, pour faire l’analyse de la situation avec l’objectif de rassembler tous les communistes et de s’adresser à l’ensemble de la population française.

Reçois, Cher Pierre, mes fraternelles salutations.

André GERIN

Vos témoignages

  • « Que répondons-nous à l’intégrisme, au fondamentalisme, au communautarisme qui pourrissent la vie des quartiers, qui se servent de la paupérisation sociale, des trafiquants de drogue et des mafias, et profitent du malheur des familles populaires françaises et immigrées ? »

    Cette phrase met en rapport des phénomènes qui ne sont pas accessoirement liés. L’immigré est-il forcément un fondamentaliste, un intégriste, un communautariste, un trafiquant de drogue, un mafieux, un profiteur ? Mélanger en une seule phrase tous ces concepts pour dire qu’il faut un débat sur l’immigration annule la possibilité même de ce débat, si une telle confusion en est le socle. C’est le capitalisme qu’il faut stopper, pas l’immigration. C’est le capitalisme qui crée la guerre entre « français de souche » (ce qui n’existe pas) et immigrés. Le F.N. en est la parfaite incarnation, le sarkozisme en a fait une réalité.

    Olivier Dartigolles, je n’en ai rien à faire. Sa réaction est à mon sens minimaliste. En tant que communiste, je me sens insulté par ton discours qui veut faire croire que je veux que tu perdes ta circonscription (je parle en tant que communiste ayant opté pour le Front de gauche et Melenchon). Nous aurons 80% des députés et je combattrai l’idée qu’un membre du P.G. veuille te la ravir. Tout comme je combattrai la posture mensongère visant à faire croire que le P.C.F. veut se débarrassser de toi, que ta situation est le fruit d’un « complot » monté par le Front de Gauche. Accuse d’abord le rédécoupage des circonscriptions mené par la droite. Ensuite réflechis à tes propos qui heurtent et blessent tous ceux qui combattent la politique raciste de Sarkozy, ceux qui voient dans l’immigration un enrichissement, une chance pour la France, et qui pensent que c’est le capitalisme en France qu’il faut abroger, afin qu’elle entraîne l’Europe, devenant résistante comme les pays de l’A.L.B.A. ! Oui, tu insultes l’honneur de tous ces gens et tentes de briser leurs énergies.

    Si tu perds les législatives, tu ne devras t’en prendre qu’à toi-même.

    Et pour finir, c’est une chose que s’en prendre au FDG. C’en est carrément une autre que de saboter le Parti pour son bien, j’imagine en, essayant de la casser en deux. Si là est ton rêve, il est bien triste. Nous regarderons jusqu’où tu seras prêt à aller. Moi j’ai déjà commencer la campagne pour battre la droite extrême et l’extrême-droite, et pour passer devant le P.S. !

    • Ta campagne commencée avec toi ( moi je ) pour : battre la droite et le FN , abroger (…) le capitalisme en France afin … d’ entraîner l’Europe à devenir l’Amérique Latine est comment dire , disons exhaltante . Au parlement européen les 35 députés de la GUE revêtus de tee short aux couleurs du Che et de Chavez proposent l’abrogation du capitalisme en France, le CAC 40 plonge, le pays retient son souffle. Evidemment dans ce contexte revenir aux questions de l’immigration c’est pas facile pour toi, ce qui t’entraîne à lire ce qui n’est pas écrit. Ainsi à la question : « Que répondons-nous à l’intégrisme, au fondamentalisme, au communautarisme qui pourrissent la vie des quartiers, qui se servent de la paupérisation sociale, des trafiquants de drogue et des mafias, et profitent du malheur des familles populaires françaises et immigrées ? » tu réponds "L’immigré est-il forcément un fondamentaliste, un intégriste, un communautariste, un trafiquant de drogue, un mafieux, un profiteur ? Qui dit ça ? Qui ose nier qu’il y a pas des fondamendalistes, des mafieux , des communautaristes qui prospèrent comme jamais dans l’histoire de la République ? Toutes les analyses des spécialistes, de tous bord, vont dans ce sens. A moins de vivre sur une autre planète, qui ne partagerait pas ce que dit Gerin et qu’on entend de partout en particulier chez les jeunes . « Les familles populaires en ont marre, se sentent abandonnées. Aujourd’hui, les classes moyennes se sentent déclassées. Elles sont prêtes à changer de vote comme elles changent de marque de produits, si ceux-ci ne les satisfont pas, y-compris à élire Marine Le Pen, Présidente de la République. » Qui ?

      • Si cette campagne ne t’interresse pas et ne te semble pas exaltante, si tu ne sais que manier l’ironie et moquer le combat des autres, c’est ton affaire. Chacun ici parle en son nom, et je ne vois pas où est le problème (ah si… Il est vrai que nous autres avons tous été hypnotisés par Melenchon, Laurent et consort…). Je ne nie pas le fondamentalisme, et le communautarisme, que je rejette comme des formes sociétales dangereuses et destructurantes, des formes répulsives. Cela existe et je le combat, je crois, autant que toi. Je dis seulement que cette phrase condense un précipité de concepts qui ne sont pas nécessairement liés. La mafia n’a pas besoin du fondamentalisme, de l’intégrisme, pour exister. Et inversement sous toutes les coutures. Alors éluder le fait que la formulation d’André Gerin, liée à son coupable « l’immigration n’est pas une chance pour la France », pose un problème en soit car elle biaise toute possibilité de débat, et renvoyer à l’évidence de la réalité des pratiques religieuses et communautaire, montrent la limite de ton argumentaire. Qui sont ces spécialistes ? Eric Zemmour ? Elisabeth Levy ? On croirait les entendre. Pire : on lit une défense de Gerin chez les fascistes de « Riposte Laïque ». et le blog NATION - IDENTITE - TRADITIONS, qui soutient Marine Le Pen, s’insurge contre le P.C.F. qui vient empiéter les plates-bandes du F.N. ! Et ça, c’est un authentique problème. Le langage médiatique que Gerin manipule très bien sert la soupe à tous ces gens là, qu’il le veuille ou non (et je ne crois pas qu’il le veuille). Il donne une image répugnante du P.C.F., alors qu’il y ait minoritaire. Alors avec raison, tu me diras : ne laissons justement pas ces personnes s’emparer du débat. Mais alors pourquoi, une fois de plus, faire comme eux et vouloir bâtir un débat sur un amalgame ? Pourquoi prêter le flanc à l’islamophobie ? Pourquoi l’avoir prêté avant avec le débat sur la burka, un épiphénomène ? « L’Islam politique n’a pas sa place. » Effectivement. Le judaïsme politique non plus, et pourtant personne n’ennuie le C.R.I.F., sauf le P.C.F., le P.G., le N.P.A., qui ne sont plus invités au banquet, et nous en sommes ravis.

        Osez accuser la direction du P.C.F. et à travers lui ses militants d’avoir alimenter le Front National est aussi scandaleux. André peut bien se réfugier derrière ses faits d’arme, il ne résume pas l’action du P.C.F. contre le colonialisme, le fascisme. Il ne peut remettre en cause cette histoire qui est la nôtre, pas la sienne.

        La question est donc bien sémantique. « Oui, il faut aller à la reconquête des électeurs qui votent Front national. Il n’y a pas de honte à cela. Ce sont des français à part entière. Nous n’avons pas le droit de leur coller une étiquette, de leur jeter l’opprobre. A nous de les traiter comme des adultes, droit dans les yeux, sans complaisance ». Tout à fait d’accord, mais pourquoi flirter avec le même langage (l’immigration n’est pas une chance pour la France ) ? N’est-ce pas de la complaisance ?

        « Que répondons-nous à la question de l’immigration, alors que nous continuons de façon irresponsable de revendiquer la régularisation des sans-papiers, au lieu de faire des propositions courageuses ? ». Pourquoi, ils prendraient le boulot des « français » ? S’il y a des sans-papiers, n’est-ce pas du à un phénomène migratoire liée à des causes multiples, et non-réductibles aux desiderata du MEDEF : fuite de persécutions, de pays sans espoirs économiques et politiques, réfugiés climatiques ? Madame Parisot veut en faire une bénédiction pour les exploiter ? Abattons le gouvernement du MEDEF, recréons de l’emploi, récréons un protectionnisme économique européen, sortons du Traité de Lisbonne qui précarise tous les travailleurs européens, « de souche » ou immigrés.

        « Portons haut et fort l’audace du co-développement et remettons au centre tout ce qui fonde les valeurs de la France, d’hospitalité du droit d’asile. » Le co-developement est-il incompatible avec l’immigration régulière ? Combattre l’immigration régulière ne remet-il pas en cause la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ? Article 13 1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat. 2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

        Mais André semble préférer qu’ils quittent le pays : « Cela ne veut pas dire que ceux que nous devons accueillir ont vocation à demeurer en France, dès lors que nous fondons les bases d’une nouvelle coopération. » Un socialo s’est rendu célèbre en disant qu’on ne pouvait pas accueilir toute la misère du monde, toujours en arguant de ladite coopération. Alors non à l’immigration choisie, qui est un pillage des « cerveaux » du tiers-monde. Oui à l’annulation unilatérale des dettes des pays pauvres, oui à la coopération partagée et réciproque, sortie du F.M.I. (comme ces peuples de l’A.L.B.A.). Et bienvenue à ceux qui veulent venir faire souche chez nous.

        Au fait. Ce que demande le Programme Populaire Partagé : "La France s’engagera pour de nouvelles relations internationales fondées sur le respect des souverainetés populaires et sur des coopérations mutuellement profitables entre les peuples… La France impulsera les politiques de coopération scientifique et universitaire internationale par la mise en commun et le partage en libre accès des compétences et des ressources et par des budgets soutenants les missions internationales des chercheurs et enseignants chercheurs… Nous annulerons la dette des pays pauvres et mettrons en place un fonds de coopération solidaire sous l’égide de l’ONU financé par une taxe de type Tobin ou d’autres types de taxation du capital international… S’affranchir du carcan du traité de Lisbonne pour construire une autre Europe…La France s’engagera pour une Europe de l’harmonisation sociale. Elle demandera la mise en place d’un Smic européen (établissement d’un salaire minimum légal dans chaque pays et procédure de convergence vers le haut)…Refonte des statuts et missions de la Banque centrale européenne (BCE)…La France agira également pour que les politiques d’Europe « forteresse », de stigmatisation des étrangers non communautaires soient abandonnées et les accords de Schengen renégociés au profit d’une action résolue de l’Europe en faveur de politiques nouvelles de migrations internationales et de co-développement, en particulier avec les pays des pourtours Méditerranéen."Etc.

        Revenons à Gerin :" Alors qu’il faudrait briser les corsets de fer de la Ve République et de la Constitution européenne, ces outils au service de l’oligarchie financière, nous nous coulons dans ces moules-là". Le programme partagé réponds :"Convoquer l’assemblée constituante de la VIe République, le pouvoir au peuple…Fondation d’une VIe République parlementaire, sociale et participative…Élaboration du statut de l’élu et du statut du bénévole…Réaffirmation de la loi de 1905 sur la laïcité et création du Haut-Conseil de la laïcité…Bilan annuel sur les discriminations et création d’un corps d’inspecteurs pour la lutte contre la discrimination à l’emploi…Abrogation de la « RGPP » et plan de création d’emplois publics (dans l’enseignement, la santé, la justice, la police…)…Doublement du montant de l’aide de l’État aux actions de prévention et d’aide sociale des collectivités aux associations".Nous la voulons aussi la VIe République, une République où le pouvoir est rendu au Parlement et où la fonction monarchique du Président est annihilée. Une VIe République qui entends renationaliser, revenir aux services publics, créer des clauses de non-regression des acquis sociaux. Tu es en désaccord avec tout cela, André ? Ou en contradiction avec toi-même, car ne va pas me dire que selon toi tout est bon à jeter là-dedans, sinon tu ne réclamerais pas non plus l’abolition de la Ve République.

        Tu écris enfin : "Lorsque Marine Le Pen obtient 48 % à Hénin-Beaumont, certains parmi ses électeurs votaient communiste auparavant. Pourquoi cette question est-elle taboue ?" Tu fais bien de dire "certains", sinon tu épouses les thèses des spécialistes cités plus haut, et que relaient les médias de masse, pour faire croire que l’extrême-droite se doit de rencontrer l’extrême-gauche, selon ce raisonnement si "sérieux" qui dit que les extrêmes se rejoignent. Tu sembles oublier qu’il y a toujours eu en France un vote ouvrier de droite, gaulliste à l’origine, qui a fini par se tourner vers les Le Pen. Quant au sursaut du F.N, actuellement, il est en grande partie du au discours lepénisant de Sarkozy et de ses ministres.

        Je trouve intéressant le fait que Gerin comme Sarkozy , comme Le Pen, s’en prennent à l’immigration. Non pas que je les mets dans le même paquet. Je sais que Gerin n’est pas raciste, je sais qu’il veut les contrer. Mais en prenant pour coeur de cible l’immigration, il commet une erreur honteuse. Allez dire aux immigrés, aux enfants d’immigrés qui ont travaillé pour le redressement du pays, qui se sont battus à nos côtés contre l’occupant nazi, que l’immigré, que l’étranger (car ces deux mots finissent par s’assimiler), ne sont pas une chance pour la France ! Allez dire cela à ceux qui travaillent, qui s’investissent en association, qui paient des impôts à notre pays mais qui n’ont toujours pas le droit de vote ! C’est exactement par ce genre de propos que Gerin risque de dérouter ses électeurs, de les agresser, et donc de perdre sa circonscription. Ce en quoi je disais qu’il ne devra s’en prendre qu’à lui-même (et au charcutage électoral).

        Pour conclure, je trouve désolant que cette question de l’immigration vienne en fait étayer la déclaration d’André Gerin selon laquelle il ne votera pas Melenchon. Certes il assume son choix et c’est son affaire, bien qu’il rêve en croyant qu’il va rallier à sa cause les 40 % de communistes qui n’ont pas voté Melenchon ou Chassaigne. En revanche, dire qu’il veut rendre service à son pays en combattant ce trotsko-socialo que le P.C.F. a démocratiquement choisi comme représentant, et qui est lié par un accord legislatif et par un programme, en tirant ensuite à boulets "rouges" sur l’immigration, c’est innaceptable.

        Cette démarche vise à prendre l’immigration en otage, à l’instrumentaliser. Votre amertume vient que vous n’ayez pas pu casser le FDG. Combattre le FDG plus que la droite sera précisément ce qui amènera Marine Le Pen au premier tour. Car c’est à elle que nous avons affaire, effectivement, et ce n’est pas en brandissant l’immigration comme problème que vous aiderez ces "couches populaires délaissées" à faire le bon choix. Les immigrés en ont marre d’avoir bon dos, et quelle que soit la pensée du camarade Gerin, ses formulations à buzz sont la boue de la politique dont plus personne ne veut.

        Bernard Genin est en proie aux mêmes problèmes que vous. Et ses réponses sont diamétralement opposées.

        Il ne me reste qu’à espérer que le FDG pourra aussi militer pour les présidentielles à Venissieux, qui n’est pas votre chasse gardée. Je précise pour la présidentielle, car je ne saurais accepter qu’on vous dispute votre circonscription.

        En espérant avoir contribué au débat, Lcap7, même si ma critique est rude. On peut se parler de militants à militants, avec vigueur s’il le faut. Mais ne pas se replier sur soi. Et ça vaut pour tout le monde. Ceci dit, si le débat doit se poursuivre, ce sera dans la rue désormais, car je ne vois rien d’autre à dire, et surtout le militantisme informatique est une formidable perte de temps.

        cordialement.

        .

        • commentaire très contradictoire, acceptant le débat avec des mots qui le rendent impossible (accuser d’être la boue de la politique, est-ce du débat ?). mes réactions cependant à tes arguments :

          son coupable « l’immigration n’est pas une chance pour la France », Tu renouvelles cette manipulation qui sort cette phrase du texte. Plusieurs articles ont pourtant répété que cette citation prend son sens quand on ne la sort pas de son contexte. Gerin répond à Parisot. Et c’est assez frappant de voir qu’aucun des critiques de Gerin ne fait l’analyse de cette déclaration du MEDEF à la gloire de l’immigration… Est-ce que tu défends la prise de position du Medef ?

          Le langage médiatique que Gerin manipule très bien sert la soupe au FN, […] pourquoi flirter avec le même langage (l’immigration n’est pas une chance pour la France ) ? N’est-ce pas de la complaisance ?

          Et quand Le Pen dit qu’il faut nationaliser des banques, est-ce qu’il faut cesser de le dire ? D’autant que jamais le FN ne reprendra la phrase complète de Gerin « elle prône l’immigration comme le demandent Laurence Parisot et Christine Lagarde pour une main d’œuvre à bon marché. Non, l’immigration n’est pas une chance pour la France. C’est un mensonge entretenu depuis 30 ans. Oui c’est une chance pour le capitalisme financier, pour diviser, pour exploiter, pour généraliser l’insécurité sociale, exclure, ghettoïser des millions de familles et de jeunes français de la vie sociale et politique. »

          Osez accuser la direction du P.C.F. et à travers lui ses militants d’avoir alimenter le Front National est aussi scandaleux. Ou Gerin a-t-il accusé les militants du PCF ? tu te sens à ce point solidaire de la direction que tu veuilles nous faire croire qu’il y aurait une telle « osmose » dans le parti ? Le parti n’a jamais été monolithique, contrairement d’ailleurs à ceux qui le critiquaient, mais il est aujourd’hui totalement émietté, et dans une incertitude politique totale. Un exemple concret. la section de Rillieux, pas du tout opposante, organise elle-même un vote avant la conférence nationale, 90% pour Chassaigne… Après la conférence nationale, la bataille de la direction, le résultat devient 60% Pour Mélenchon… Voila ce que Sève aurait bien décrit comme du centralisme autocratique… Donc Gerin dit quelque chose de précis, il parle bien de la direction qui a successivement élaboré la mutation, la métamorphose, les collectifs, le Front de Gauche… et qui d’étape en étape, organise la rupture avec l’histoire communiste du PCF. Dans le cas de l’Italie, c’est plus simple, personne ne conteste que la direction du PCI a proposé et fait décider la dissolution du parti. En France, quelques uns s’y sont essayé pour voir, mais sans jamais que ca prenne. Par contre, c’est ce qui se fait en pratique au fil du temps…

          S’il y a des sans-papiers, n’est-ce pas du à un phénomène migratoire liée à des causes multiples, et non-réductibles aux desiderata du MEDEF : fuite de persécutions, de pays sans espoirs économiques et politiques, réfugiés climatiques ? Madame Parisot veut en faire une bénédiction pour les exploiter ? Abattons le gouvernement du MEDEF,

          Gerin ne propose nulle part de fermer les frontières ! Ni de refouler tous les immigrés. Il y a des droits au regroupement familial, l’asile politique, le droit des réfugiés, et nulle part, Gerin ne propose de les mettre en cause. Il propose par contre d’agir contre l’organisation par le patronat d’un grand marché mondialisé d’un travail précarisé et surexploité.

          « Portons haut et fort l’audace du co-développement et remettons au centre tout ce qui fonde les valeurs de la France, d’hospitalité du droit d’asile. » Le co-developement est-il incompatible avec l’immigration régulière ? Combattre l’immigration régulière ne remet-il pas en cause la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ? Article 13 1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat. 2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

          Parce que les immigrés « choisissent librement » leur résidence ? Voila un bel exemple d’un idéalisme en politique qui est mortifère pour les communistes. La question n’est pas de définir des droits théoriques qui de fait, ne sont vrai que pour les riches (qui eux, qu’ils soient arabes ou chinois, brésilien ou turcs, n’ont jamais aucun problème pour circuler ; s’installer./..

          Par contre, faut-il lutter contre la saignée économique et humaine que représente l’émigration pour certains pays du Sud ? Faut-il dénoncer l’organisation par les USA d’un véritable pillage des intelligences de la planète

          Mais André semble préférer qu’ils quittent le pays : « Cela ne veut pas dire que ceux que nous devons accueillir ont vocation à demeurer en France, dès lors que nous fondons les bases d’une nouvelle coopération. » Un socialo s’est rendu célèbre en disant qu’on ne pouvait pas accueilir toute la misère du monde, toujours en arguant de ladite coopération. Alors non à l’immigration choisie, qui est un pillage des « cerveaux » du tiers-monde. Oui à l’annulation unilatérale des dettes des pays pauvres, oui à la coopération partagée et réciproque, sortie du F.M.I. (comme ces peuples de l’A.L.B.A.). Et bienvenue à ceux qui veulent venir faire souche chez nous. Le socialo en question, (que personne n’a accusé de racisme d’ailleurs), complétait sa phrase comme un bon réformiste avec une pointe d’humanisme « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais on peut prendre notre part ». Or Gerin dit au contraire que le fonds, c’est non pas la charité pour (une part) des pauvres qui sont contraintes à l’immigration, mais bien de nouveaux rapports nord-sud…

          Au fait. Ce que demande le Programme Populaire Partagé : […] Tu es en désaccord avec tout cela, André ? Ou en contradiction avec toi-même, car ne va pas me dire que selon toi tout est bon à jeter là-dedans, sinon tu ne réclamerais pas non plus l’abolition de la Ve République.

          L’assemblé constituante est la seule des mesures radicales que contient le programme partagé. Sur le plan économique, il est pour l’essentiel moins précis, moins engageant, et moins anticapitaliste que les 110 propositions de mitterrand en 1981… La question du programme communiste reste entièrement posée

          Je trouve intéressant le fait que Gerin comme Sarkozy , comme Le Pen, s’en prennent à l’immigration. Non pas que je les mets dans le même paquet. Je sais que Gerin n’est pas raciste, je sais qu’il veut les contrer. Mais en prenant pour coeur de cible l’immigration, il commet une erreur honteuse. Allez dire aux immigrés, aux enfants d’immigrés qui ont travaillé pour le redressement du pays, qui se sont battus à nos côtés contre l’occupant nazi, que l’immigré, que l’étranger (car ces deux mots finissent par s’assimiler), ne sont pas une chance pour la France ! Allez dire cela à ceux qui travaillent, qui s’investissent en association, qui paient des impôts à notre pays mais qui n’ont toujours pas le droit de vote !

          Encore une fois, tu fais, et forcément volontairement, la confusion immigration immigrés. Plein d’immigrés sont une chance extraordinaire pour la France. Nous allons passer à Vénissieux prochainement le film « le réseau de la mosquée de Paris » sur la résistance. La base militante communiste à Vénissieux est majoritairement immigrée, avec une forte histoire espagnole et italienne, puis du maghreb… Comment pourrarit-on ne pas voir la richesse que cela représente. Mais comme je le disais dans un autre commentaire, la culture afro-américaine est évidemment une richesse, mais est-ce que ca justifie la traite des noirs ? Je me demande vraiment si tu peux faire cette confusion honnêtement.

          C’est exactement par ce genre de propos que Gerin risque de dérouter ses électeurs, de les agresser, et donc de perdre sa circonscription. Ce en quoi je disais qu’il ne devra s’en prendre qu’à lui-même (et au charcutage électoral). Je ne sais pas si tu connais un peu Vénissieux, mais ne t’inquiète pas pour la capacité des communistes à mener la bataille d’idées sur le terrain. Par contre, ce qui est sûr, c’est que si le FdG, ce qui semble se dessiner, décide contre la très grande majorité des communistes de la 14e circonscription, d’imposer un candidat FG contre Gerin, le résultat en sera malheureusement de donner encore plus de chances au PS de virer enfin le seul député communiste du Rhône…

          Pour conclure, je trouve désolant que cette question de l’immigration vienne en fait étayer la déclaration d’André Gerin selon laquelle il ne votera pas Melenchon. Certes il assume son choix et c’est son affaire, bien qu’il rêve en croyant qu’il va rallier à sa cause les 40 % de communistes qui n’ont pas voté Melenchon ou Chassaigne. En revanche, dire qu’il veut rendre service à son pays en combattant ce trotsko-socialo que le P.C.F. a démocratiquement choisi comme représentant, et qui est lié par un accord legislatif et par un programme, en tirant ensuite à boulets « rouges » sur l’immigration, c’est innaceptable.

          Nous avons bien compris que derrière ces manipulations des déclarations d’André, le vrai enjeu pour les dirigeants du PCF, c’est de voir si, sur la base du résultat de la consultation, ils peuvent casser quelques points d’appuis de l’opposition. La fédération du Rhône est en pointe car pour la première fois, elle a été battue sur le vote, et pire, le vote Chassaigne a créé la surprise dans la majorité des sections, même celles qui n’étaient pas connues comme proche du réseau « Faire vivre et renforcer le PCF ». S’ils ne font rien, ils ne pourront faire ce qu’ils veulent avec le PG…

          Cette démarche vise à prendre l’immigration en otage, à l’instrumentaliser. Votre amertume vient que vous n’ayez pas pu casser le FDG. Combattre le FDG plus que la droite sera précisément ce qui amènera Marine Le Pen au premier tour.

          Comment peux-tu croire que le FDG va peser sur le vote FN, Regarde les résultats des régionales. Le parti s’est même réjoui que son score devenait homogène nationalement… et sociologiquement… en gros, le PCF FDG progresse dans les couches moyennes et intellectuelles et continuent à plomber les résultats du PCF dans le monde ouvrier et les quartiers…

          Il ne me reste qu’à espérer que le FDG pourra aussi militer pour les présidentielles à Venissieux, qui n’est pas votre chasse gardée. Je précise pour la présidentielle, car je ne saurais accepter qu’on vous dispute votre circonscription.

          Mais ce sont ceux qui attaquent Gerin qui l’attaquent aussi (surtout ? ) sur la circonscription ! Soit tu es naïf, soit ton commentaire est vraiment de la manipulation.

Revenir en haut