Contribution au débat préparatoire du Congrès extraordinaire du PCF

Pierre Laurent et Octobre 1917… un enjeu essentiel du congrès du PCF…

Le discours de Pierre Laurent le 4 novembre 2017 pour le 100e anniversaire de la révolution d’Octobre a été peu discuté par les communistes. Pour la première fois depuis la mutation, il situe de nouveau le point de vue communiste du PCF de 2017 dans l’histoire communiste marquée par les « Dix jours qui ébranlèrent le monde », celle de 1917. Le "nouveau communisme" proposé par la mutation et ses suites, était construit d’abord sur la mise en cause de 1920, conduisant à de multiples reprises à des propositions de changement de nom du parti. En célébrant la « promesse de la révolution d’octobre », en situant notre projet aujourd’hui dans le fil de l’histoire des révolutions dont la révolution russe, Pierre Laurent cherche à refonder le projet communiste sur son origine. C’est un enjeu considérable pour le congrès prochain du parti communiste.

Oui, nous sommes le parti né en 1920, né de l’énorme impact de cette révolution des soviets qui ouvraient la voie à des sociétés dirigées par les travailleurs.

Pierre Laurent veut concilier cet ancrage révolutionnaire d’octobre avec les conséquences de la mutation engagée il y a bientôt 20 ans après des décennies de stratégie d’union de la gauche en échec. Il considère que les leçons de l’histoire ont été tirées il y a longtemps, mais en faisant abstraction des luttes de classes d’aujourd’hui, de la violence du capitalisme mondialisé, et des expériences réelles de la guerre que le capitalisme impose à toute expérience d’une autre société, il y a un siècle comme aujourd’hui. Pierre Laurent ne peut ainsi aller au bout de sa démarche d’ancrage dans la promesse d’octobre. Il faut absolument prolonger ce débat en grand.

La promesse d’octobre

Pierre Laurent introduit son discours en célébrant la « promesse d’octobre » qui conduit à « à réfléchir à l’actualité de l’idée de révolution aujourd’hui ».

« En plein conflit mondial, il y a cent ans, le 20e siècle s’est ouvert par une immense promesse : la Révolution d’Octobre. Une révolution qui revendique « le pain, la paix, la dignité ». »

Il place Octobre dans le temps long de l’histoire des révolutions, du mouvement ouvrier et du marxisme, des canuts à la commune de Paris et à la naissance du 1er mai à Fourmies. Il considère avec justesse que la révolution « n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein », mais une accélération qui « plonge ses racines dans le développement du mouvement ouvrier et de la pensée de Marx, tout au long du 19e siècle et dans celle de Lénine au début du 20e ».

« Les journées d’octobre 1917 en Russie, ou celles de juillet 1789 en France, cristallisent des processus profonds, au cours desquelles se renforce et s’exprime la conscience populaire et politique de la nécessité de bouleverser les rapports sociaux. »

Il souligne la force d’octobre, qui « ébranle jusqu’au tréfonds les logiques impérialistes d’asservissement des peuples et, par là même, les fondements du colonialisme comme instrument de domination des plus grandes puissances » et qui « doit, dès sa naissance, faire face à une lutte des classes internationale féroce. Tout est fait pour écraser ce spectre rouge qui hante l’Europe ».

Mais pour lui, la promesse d’octobre s’est enlisée pour devenir un paradoxe…

« Bien sûr, aujourd’hui nous connaissons la suite, la logique de guerre imposée par les forces impérialistes coalisées, les tentatives de réforme de la Nouvelle Politique Economique (NEP) pour sortir de la crise et de la famine, la mort de Lénine, les promesses non abouties et puis, malgré l’essor économique, le processus émancipateur qui s’enlise dans un système contre-révolutionnaire, répressif, dictatorial et inhumain : le stalinisme. C’est le paradoxe du grand souffle de 1917. »

En quelques mots, il réduit ce qu’a été l’URSS à un système contre-révolutionnaire inhumain… et lui donne un nom bien connu : le stalinisme. Comment affirmer « bien sûr, nous connaissons la suite » ? Car que connaissons-nous vraiment de l’URSS en-dehors du discours des contre-révolutionnaires, ceux qui ont imposé la guerre à la jeune révolution, qui ont tout fait pour en saper le développement, ceux qui en France criait "plutôt Hitler que le Front Populaire" et ailleurs "plutôt Hitler que l’URSS"… ceux qui ont mené la guerre froide, imposant au pays qui avait le plus contribué à la victoire contre le nazisme une course aux armements suicidaire… Ce discours du "stalinisme" est celui du célèbre livre des 100 millions de morts du communisme, et ceux qui le tiennent ne font pas la différence entre octobre et le stalinisme !

Face à cette bataille de diabolisation du socialisme, nous avons été en difficulté entre des décennies de solidarité sans faille avec l’URSS et les contradictions, les hésitations dans la recherche de voies nationales au socialisme, face aux difficultés même du socialisme soviétique, de la démocratie socialiste, des contradictions entre socialismes avec le conflit sino-soviétique. Nous avons été constamment, acteurs, parties et parfois un peu rapidement juges, ce qui nous a alors privé du recul nécessaire, recul que nous avons aujourd’hui, car nous avons vécu et nous vivons des expériences diverses d’édification du socialisme.

Le stalinisme ?

Nous avons un urgent besoin de proposer notre propre analyse de ce qui s’est construit sous Staline, que nous ne pouvons résumer à un système inhumain :

  • Que dire de Gagarine et des réussites technologiques de l’URSS ?
  • Que dire du développement de l’espérance de vie de tous les soviétiques jusqu’en 1963, (voir cette petite comparaison du socialisme et du capitalisme ?
  • Que dire des expériences soviétiques sur la biodiversité qu’on redécouvre aujourd’hui avec les jardins Vavilov ?
  • Que dire de l’apport des conquêtes soviétiques aux conquêtes sociales dans le capitalisme occidental ?
  • Que dire de l’apport de l’URSS aux luttes de décolonisation, malgré les débats nécessaires sur ses contradictions ?
  • Que dire des conquêtes pour l’égalité des femmes, qui n’ont été remise en cause que par la restauration capitaliste !?
  • Que dire de la construction d’une citoyenneté multi-nationale qui a fait vivre une incroyable diversité de peuples, de cultures, de nationalités, de religions et avait une telle force que 70% des soviétiques ont voté en 1990 pour le maintien de l’URSS… référendum violé par leurs dirigeants comme celui de 2005 en France !
  • Qui a lu le livre "Sovietica" de Irina Malenko qui nous parle de son pays comme d’un lieu de sécurité et de liberté, et qui témoigne des mensonges qu’elle découvrait en venant étudier à l’ouest ?
  • Qui a lu l’étude de la polonaise Dorota Dakowska, qui révèle ce qu’était l’intervention occidentale au sein du socialisme pendant la guerre froide ?
  • Qui a vu l’incroyable pièce de théâtre « Je n’ai pas honte de mon passé communiste » de deux acteurs yougoslaves qui parlent du socialisme comme une incroyable liberté ?

Depuis des décennies, le capitalisme mondialisé a construit un discours totalitaire sur les expériences socialistes, dont la plus importante, la soviétique, mais aussi sur la yougoslave, la cubaine, la chinoise. Cette diabolisation du socialisme est faite pour nous interdire de penser aussi bien le socialisme, que ses déformations, et sa destruction… Il est urgent de sortir de ce discours du « stalinisme inhumain ».

Il suffit d’ailleurs de discuter avec les militants communistes, avec les forces de gauche en Russie, comme avec les communistes cubains ou chinois, pour réaliser que ce discours est totalement occidental ! La délégation de communistes français qui s’est rendue à Moscou pour le 100e anniversaire de la révolution d’Octobre peut en témoigner, et invite à découvrir en urgence le livre de Danielle Bleitrach et Marianne Dunlop "Staline, héros national ou tyran sanguinaire".

Nous savons que le "stalinisme" a conduit à un échec, ne serait-ce que parce que les dirigeants qu’il a mis au pouvoir après Staline, sont trop souvent devenus des gestionnaires corrompus d’un capitalisme revanchard et destructeur ! Cet échec a sans doute des dimensions économiques et sociales, mais il a évidemment des raisons politiques majeures, et il a produit au final la négation de la démocratie avec le non respect du référendum de 1991 !

Mais nous ne pouvons rien comprendre sans travailler une analyse marxiste réelle fondée non sur les discours médiatiques dominants, mais sur les faits. Cela suppose la coopération avec ceux qui ont vécu, construit, défendu le socialisme, ceux qui le 7 novembre 1991 manifestaient sur la place Rouge contre le capitalisme, découvrant que leurs dirigeants, et leur parti, les avaient trahis !

La leçon d’octobre ?

Sans ce travail sur l’histoire du socialisme, Pierre Laurent ne peut que produire une analyse ancienne, citant Georges Marchais qui évoquait en 1973 dans le défi démocratique, « la démocratie comme but et comme moyen de la révolution », et il considère, bien vite, que la leçon a été tirée…

« Pour nous, communistes français, la leçon a été longue et douloureuse à tirer. Mais elle est tirée définitivement. Il n’y a pas de processus révolutionnaire abouti sans un développement ininterrompu de la démocratie, dans tous les domaines. Aussi âpre soit le chemin, la démocratie, l’action et la maîtrise consciente du processus politique par le peuple n’est pas négociable. C’est la condition de la réussite. »

Or, Georges Marchais cherchait à juste raison une voie française au socialisme. A l’époque, il pouvait mettre de côté le coup d’état au Chili comme une « anomalie » historique dans le grand mouvement de progrès démocratique lié à l’alliance entre pays socialistes, non alignés, et luttes sociales des pays capitalistes, progrès historique qui allait connaitre son apogée avec la grande défaite des USA au Vietnam en 1975. Mais près de 50 ans après, nous savons que la contre-offensive du capitalisme mondialisé était en route et nous constatons que la violence de la bourgeoisie contre toute expérience démocratique, loin d’être un cas particulier chilien, est au contraire une loi générale. Une voie démocratique au socialisme ne peut donc être seulement électorale.

Pour les communistes, il n’y a pas de démocratie véritable dans le capitalisme, et à l’inverse, le communisme est nécessairement une démocratie réelle, concrète, qui va jusqu’au dépérissement de l’état comme instrument de domination d’une classe sociale. Mais si la démocratie est le but, peut-elle résumer le chemin ? Et de quelle démocratie parle-t-on ? De la démocratie électorale ? Maduro au Venezuela tente de reconstruire une démocratie populaire. Il doit le faire en défendant les acquis de la révolution bolivarienne contre des milices fascisantes instrumentalisées par une bourgeoisie ayant le soutien total des USA. Maduro et le peuple bolivarien ont un besoin crucial d’armée et de police ! Pour retrouver la démocratie, il doit rompre avec les formes existantes de la démocratie vénézuélienne et réinventer sa constitution !

La démocratie dans un monde sans classes sociales marque la sortie de la "préhistoire de l’humanité", mais dans une société de luttes de classe, la démocratie sans rapports de forces, sans mobilisation militante capable d’imposer des reculs à la bourgeoisie par la rue, par le blocage de la production, des profits, jusqu’à, contrairement à ce que dit Pierre Laurent, « prendre le palais d’hiver » au moment où c’est nécessaire, c’est un renoncement à la révolution et un renoncement à la démocratie ! C’est un vieux sujet déjà pointé par celui qui allait porter la révolution Française jusqu’au bout, Robespierre, celui qui avait proposé l’abolition de la peine de mort mais qui, pour défendre la révolution contre les affairistes, disait « la terreur sans laquelle la vertu est impuissante, la vertu sans laquelle la terreur est funeste ».

On ne peut rien comprendre à l’échec démocratique du stalinisme sans le situer dans les conditions concrètes de la guerre dont la qualification de "froide" masque sans doute aujourd’hui son ampleur et sa force… On ne peut plus parler de révolution si on réduit la bataille démocratique à la bataille électorale. C’est une des grandes leçons d’octobre « tout le pouvoir aux soviets », et tant pis pour une assemblée constituante incapable de répondre aux exigences populaires !

Il faut donc approfondir les conditions de « l’action et la maîtrise consciente du processus politique par le peuple » dont Pierre Laurent dit qu’elle « n’est pas négociable ». Mais c’est bien cette maitrise consciente qui nous fait défaut depuis des décennies, et que toutes les stratégies du PCF n’ont pas réussi à construire. Nous avons un urgent besoin de tirer cette leçon là, celle de l’échec de l’union de la gauche, de l’échec du Front de Gauche, et plus globalement, de la réussite des opérations successives de reconstitution de sa domination par la bourgeoisie Française, de Mitterrand assumant le tournant de 1983, jusqu’à Macron en marche…

Alors aujourd’hui ?

En venant à notre projet actuel, Pierre Laurent le construit en opposition à un capitalisme mondialisé qui « n’est plus capable de porter les promesses d’épanouissement et d’émancipation humaine ». « Nous vivons une telle période, où se cherchent les voies de nouvelles révolutions des rapports sociaux… Le capitalisme mondialisé est à la fois hyper puissant et dominateur, mais désormais miné par des contradictions dont l’ampleur le rend incapable d’assurer l’avenir et même à terme la survie de l’Humanité. »

Il en conclut que « l’heure est venue d’œuvrer concrètement au dépassement de ce système ». Le capitalisme serait-il à bout de souffle ? Dans quel état était-il en 1917 miné par la guerre ? L’heure était-elle déjà venue ? Est-ce que chaque crise périodique du capitalisme sonne l’heure des révolutions ? Mais alors, qu’est-ce qui produit son incroyable capacité de se reconstruire ?

De fait, le capitalisme bouscule toujours l’ordre des choses sans autre souci que le profit permettant sa reproduction et sa domination. Pierre Laurent note qu’il ne répond à aucun des « grands enjeux du dépassement de ce système, le réchauffement climatique (…), le terrorisme (…), les trafics (…), la privatisation des richesses du travail (…) » et en déduit que « nous vivons bien le temps des révolutions ».

« Les savoirs explosent, la productivité du travail est exponentielle et la révolution numérique bouleverse la donne. L’ordre ancien craque car il paraît fou de n’utiliser ces immenses potentiels qu’au service d’une minorité mondiale de plus en plus restreinte mais de plus en plus indécemment riche et puissante. »

Cette affirmation d’un capitalisme dépassé, « fou », est pourtant le contraire de la citation de Marx que Pierre Laurent propose très justement… « Le capital […] est en fait, dans son mouvement pratique, aussi peu déterminé par la perspective d’un pourrissement futur de l’humanité […] que par l’éventuelle chute de la Terre sur le soleil. Dans toute escroquerie financière, chaque actionnaire sait que la tempête arrivera un jour, mais chacun espère qu’elle tombera sur la tête de son voisin après que lui-même aura recueilli la pluie d’or et l’aura mise en sécurité. Après moi, le déluge : telle est la devise de tout capitaliste. »

Autrement dit, le capitalisme est un système qui ne cherche JAMAIS à répondre aux enjeux humains, ni au 21e siècle, ni au 19e ! Il ne connait qu’une loi, la sienne, celle du profit et de l’accumulation, peu importe les conséquences humaines ou écologiques.

L’expérience récente, notamment après la crise de 2008, plus violente économiquement que celle de 1929, montre que ce système a toujours la capacité de se réinventer, d’ouvrir de nouveaux marchés permettant de relancer le cycle de l’accumulation, de détruire aussi toujours plus de capital, la guerre n’en étant qu’un des moyens.

Le monde n’est pas au bord de l’abime, au contraire, comme le montre un test très utile sur la représentation du monde tel qu’il est au 21e siècle avec le questionnaire du site gapminder.com, site d’un géographe fort utile pour connaitre et comprendre le monde et son histoire. Résumons ce qu’il nous révèle et dont en général, nous n’avons pas conscience :

« La proportion de personnes vivant en très grand pauvreté a été divisée par deux depuis 20 ans, 80% des enfants de moins de 1 an sont vaccinés, le nombre de morts de catastrophes naturelles a été divisé par deux, la majorité des humains vivent dans des pays aux revenus moyens, les femmes de 30 ans ont eu 9 ans de scolarité en moyenne, presque autant que les 10 des hommes de 30 ans, 60% des filles des pays pauvres sont scolarisées, 80% des humains ont accès à l’électricité, l’espérance de vie moyenne d’un humain est aujourd’hui de 70 ans… ».

Ces données décrivent un monde qui s’est fortement amélioré socialement depuis 20 ans. Elles sont énormément dues à la Chine et donc au socialisme, mais pas seulement. Et pourtant, il est vrai que les pauvres des pays riches, comme les victimes des guerres de l’OTAN, comme la majorité des habitants de l’ex-URSS, ont connu eux une dégradation de leurs conditions de vie, depuis que la destruction de l’URSS a libéré le capitalisme mondialisé.

Non seulement le capitalisme n’est pas à bout de souffle, mais ce que perçoivent les militants en France dans les luttes sociales, dans les actions de solidarité, dans les efforts pour renforcer une organisation communiste, ce sont au contraire les difficultés de la période, les divisions qui affaiblissent le monde du travail, le succès des idées du capitalisme mondialisé du chacun pour soi, de la réussite individuelle, d’une charité qu’il faut limiter car « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». La révolution russe, comme toutes les révolutions, a été d’abord un immense soulèvement populaire, des soldats contre la guerre, des paysans pour la terre, des ouvriers pour leur dignité. Si la colère et des luttes existent bien en France, sont-elles à ce niveau d’ensemble de mise en mouvement de millions de gens dans toute la France ? Un niveau qui permettrait de dire que nous connaissons "l’heure des révolutions" ? Les communistes devraient être honnêtes avec eux-mêmes et surtout avec le peuple. Nous en sommes loin.

La révolution ou les révolutions ?

Pierre Laurent n’évoque d’ailleurs pas le rapport des forces au plan social, mais reconnait la bataille idéologique conduite par la bourgeoisie.

« La révolution, les révolutions deviennent dès lors l’objet d’une bataille d’idées intense et renouvelée. Macron et les siens en ont conscience. Les révolutions, leur sens, se gagnent dans les têtes, dans la conscience politique de tout un chacun. »

Pourtant, il reste un mot absent de son discours alors même qu’il est au cœur de la bataille idéologique sur ce qui au fonds différencie une société capitaliste d’une autre forme de société…

« Qui décide ce que l’entreprise doit produire, où elle doit produire, de quelle façon, par quelles méthodes, en utilisant quelles matières premières, quelles énergies ? De nouvelles formes de démocratie et d’appropriation sociale, participatives, coopératives, délibératives, doivent étendre considérablement le champ actuel des pouvoirs populaires. »

Mais comment poser la question de la démocratie dans la vie économique sans poser la question de la propriété des grands moyens de production et d’échange… ? Comment ne pas voir que ce qui freine l’appropriation sociale même dans l’économie sociale et solidaire, c’est bien justement d’être dans une société ou l’intérêt privé domine parce que l’économie est principalement privée, et de plus en plus avec les privatisations accumulées par les gouvernements de gauche et de droite, parfois même avec des ministres communistes !

Pourquoi alors ne pas dire clairement qu’au cœur de notre projet de société, il y a les nationalisations qui exproprient les grands intérêts privés du cœur de l’économie et qui créent les conditions nouvelles d’une réelle appropriation sociale ? Ce mot absent du discours de Pierre Laurent est pourtant dans toutes les têtes quand une restructuration violente détruit un site industriel en France, quand le grand monopoly du capitalisme mondialisé brade de grands groupes construits autour des grands services publics de transport ou d’énergie… Ce mot nationalisation caractérise historiquement le socialisme comme phase de transition. Il ne dit pas tout, mais sans lui, comment parler de révolution, comment parler d’une autre société, si la grande bourgeoisie a conservé tous ses pouvoirs économiques ?

Cela rejoint la question démocratique. Une démocratie véritable est-elle possible si les détenteurs de capitaux restent dominants dans l’économie ?

Cela rejoint aussi la question de la nature de la révolution. Pierre Laurent joue beaucoup sur le terme, parlant d’évolution, de révolutions au pluriel, mêlant ainsi la révolution au sens de la promesse d’octobre avec les révolutions dont les médias nous parlent, numérique, écologique, humaine…

« La révolution aujourd’hui est multiforme et elle ne se résume pas à la seule conquête du pouvoir d’État, aussi important soit cet enjeu, à la condition de repenser ainsi très profondément la formation de l’État.

En construisant des services publics, en créant la Sécurité sociale, les colonies de vacances, le tourisme social, la politique du logement social…, les communistes ont œuvré à la révolution contre les pouvoirs du capital. »

Il est d’ailleurs étonnant de ne pas inclure dans cette liste les nationalisations de l’énergie, des usines Renault, du rail… ? Pourquoi les oublier ?

Le manque d’analyse des obstacles sur lesquels ont buté les communistes soviétiques conduit à ne pas étudier les obstacles sur lesquels nous buttons dans un pays capitaliste mondialisé dominant, et conduit à exclure la question clé du pouvoir, et notamment du pouvoir sur l’économie, le système bancaire, la monnaie.

Pierre Laurent n’analyse ainsi jamais l’affrontement nécessaire pour savoir qui dirige la société, appelle aux initiatives à tous les niveaux, mais sans aider à comprendre comment arracher réellement des pouvoirs à une bourgeoisie qui les défendra becs et ongles.

« Nous voulons, en multipliant les initiatives de solidarités concrètes, les espaces citoyens de délibérations, les fabriques solidaires, libérer toutes les énergies démocratiques, leur donner sens et possibilité de s’associer.

Faire révolution aujourd’hui, c’est donc pousser en avant tous les potentiels émancipateurs dans la société, dans le travail, dans l’affirmation des individus, dans le recul des processus de confiscation des richesses, dans la démocratie. »

Ce serait un « processus de long terme qui se développera probablement de manière inégale et diverse à l’échelle de la planète, mais avec des dimensions internationalistes et mondiales de plus en plus fortes. »

Oui, comme il le faisait remarquer en introduction, une révolution s’inscrit toujours dans un processus de long terme, mais en est à ce moment d’accélération où le pouvoir dominant bascule, d’une classe sociale à une autre, de la féodalité à la bourgeoisie, de la bourgeoisie à la classe des travailleurs. Et ce moment d’accélération doit nécessairement faire face à la violence de cette bourgeoisie, du capitalisme mondialisé dominé par l’OTAN, ses services secrets, ses géants du numérique qui nous connaissent jusqu’à nos vie privées…

On ne peut penser la révolution dans les conditions de la France sans prendre à bras le corps toutes ces questions concrètes, en tirant les leçons de l’échec de décennies d’électoralisme à gauche, en reconstruisant le lien entre luttes sociales partout et projet de changement de société.

On ne peut penser à la révolution dans les conditions de la France aujourd’hui sans souligner le caractère spécifique du niveau national. Pierre Laurent dit que dans « ce monde interdépendant qui est le nôtre, cette bataille des pouvoirs se mène à toutes les échelles, locale, nationale, européenne, mondiale ! ». Certes, mais le 20e siècle a appris aux communistes qu’il est une échelle spécifique aux révolutions, le cadre national dans lequel s’organise, encore aujourd’hui, la domination de la bourgeoisie, niveau où sa domination doit être mise en cause. Car chacun comprend bien qu’au niveau local, on ne peut que résister, et qu’au niveau européen ou mondial, que peser pour les coopérations et la solidarité. Mais ce n’est pas pour rien que Macron aggrave les attaques contre les droits des travailleurs, des locataires, des collectivités, en défaisant des lois nationales et non pas des directives européennes ! L’objectif de la révolution doit être de disputer à la bourgeoisie le pouvoir d’état, pour permettre de lui disputer son pouvoir économique, local comme mondial…

Il faut alors proposer une autre conclusion au discours de Pierre Laurent qui écrit :

« En 2017, face aux défis gigantesques qui s’additionnent, il est temps qu’une implication populaire durable, et non seulement insurrectionnelle, pousse et prolonge dans tous les domaines, par la conquête citoyenne permanente, les processus révolutionnaires qui cheminent et se cherchent.

Cette implication, c’est ce que nous nommons « Le communisme de nouvelle génération »… »

Voila ce que nous pourrions proposer :

En 2017, face aux défis gigantesques qui s’additionnent, il est temps qu’une mobilisation populaire organisée durablement, pas seulement électorale, mais citoyenne, sociale, économique, politique, pousse et prolonge dans tous les domaines les processus révolutionnaires qui cheminent et se cherchent dans les contradictions du capitalisme, jusqu’à conquérir le pouvoir d’état.

Ce mouvement doit construire la capacité du peuple à s’organiser pour diriger, de l’atelier et du quartier jusqu’au sommet de l’état, et imposer ses propres intérêts, contre les intérêts des bourgeoisies, du capitalisme mondialisé, contre tous les corporatismes et bureaucraties et leurs intérêts privés venant mettre en cause l’intérêt général.

Ce mouvement que nous appelons communisme, doit faire grandir l’exigence d’une autre société, d’une société socialiste aux couleurs de la France, internationaliste, démocratique, imposant un autre monde dans la coopération et le développement commun.

Pierre Laurent appelle à « La ré-invention du Parti communiste, pour en faire une force capable d’affronter ces défis, (…) condition de sa fidélité à son idéal révolutionnaire ».

Pour être cet évènement, ouvrir en grand ce chantier historique, le prochain congrès réinventer les repères de notre idéal révolutionnaire : enracinement dans les entreprises au cœur des contradictions entre travail et capital, choix de classe affirmé pour construire le rassemblement populaire, nécessité d’un parti organisation de terrain, tourné vers l’action et l’éducation populaire, réaffirmation de notre ancrage internationaliste, contre les institutions du capitalisme mondialisé, y compris européenne, contre l’OTAN, affirmant le projet d’une France souveraine ouverte au monde multi-polaire et s’appuyant sur les succès des socialismes existants pour faire reculer les forces militaristes, et imposer la paix.

Vos témoignages

  • Qu’ont cherché les bipèdes au court des siècles en faisant évoluer les sociétés humaines ? sécuriser leurs existences ! Que cherchent les prolétaires en voulant dépasser le capitalisme ? sécuriser leurs existences ! Comment ont évolué les sociétés humaines ? Toujours vers plus de socialisation, de satisfaction des besoins ! Le socialisme sera donc plus social et plus démocratique que le capitalisme. Mais il y a un hic, les premières révolutions socialistes ont éclatées dans des sociétés moins avancées que le capitalisme le plus développé. La satisfaction des besoins, du fait de la faiblesse des forces productives, ne pouvait facilement mieux satisfaire les prolos de ses pays que beaucoup de prolos des pays capitalistes avancés. Deux solutions ont été testées, le « capitalisme d’état » de Lénine et le « socialisme dans un seul pays » de Staline. L’une, la NEP, table sur l’addiction des capitalistes aux profits pour négocier avec eux un vaste plan de transfert de technologie, l’autre a tablé sur un développement séparé et autarcique, elle a échoué. En 1980 on est, en Chine, revenu à la case départ. La victoire sera-t-elle au rendez-vous ? Je répondrais lorsque la croissance, qui baisse normalement, sera nulle et qu’il faudra cesser d’entretenir les capitalistes, devenus inefficaces, pour mieux garantir l’existence des prolos. Sortir du « capitalisme d’état » pour entrer dans le socialisme, c’est alors que l’on verra ce que le PCC a dans le ventre ! La « démocratie avancée » n’a rien a voir avec la NEP, c’était une tentative de subvertir le capitalisme par des injections finement dosées de socialisme dans un pays capitaliste développé, en expansion, mais surveillé, comme le lait sur le feux, par tout le capitalisme occidental. Ce plan ne peut fonctionner que lorsque le socialisme arrivera en situation dominante dans l’économie mondiale. Quand à Cuba, c’est une île, dirigée, jusqu’à maintenant, par une équipe hors catégorie, situation unique à mon sens où la mobilisation politique est capable, depuis 56 ans, de compenser la pénurie causée par l’embargo US.

  • C’est juste une précision, car je pense que nous ne nous sommes pas compris. Pour moi, le socialisme c’est l’URSS. Reste qu’aujourd’hui, où l’URSS n’existe plus, il reste plus de socialisme à Cuba qu’en Chine. J’espère que c’est plus clair.

    Enfin je trouve que ta théorie de la NEP ressemble furieusement à la thèse de la démocartie avancée qui fleurissait dans les années 60/70 au PCF. Une thèse de l’arrivée au socialisme par étapes. Je ne partage pas cette idée.

  • Pour moi, le socialisme ne présente d’intérêt que s’il s’emploie à améliorer des conditions de vie et de travail du prolétariat (ceux qui doivent travailler pour vivre). Je constate que pour toi le socialisme, c’est maintenant plutôt Cuba (25% d’entreprises privées et plus, dont des étrangères, dès que l’embargo US tombera) que l’URSS du « socialisme dans un seul pays » (0% d’entreprises privées).

    La « soi-disant » NEP, c’est la NEP pour « plusieurs générations » (Lénine) et pour « un demi-siècle » (Deng Xiao Ping ex ouvrier de chez Renault Billancourt). C’est aussi de grandes entreprises publiques qui collaborent, sous contrat, avec des entreprises capitalistes, parfois étrangères, sous le contrôle de l’état prolétarien. Et c’est, aussi, le développement maximum des forces productives qui conditionne la satisfaction optimum des besoins des prolos.

    Quand à la dictature du prolétariat, « immense majorité », c’est l’antithèse de la dictature de la bourgeoisie, « infime minorité » (le « comité qui gère les affaires communes de la bourgeoisie toute entière »- le Manifeste). C’est la priorité des intérêts prolétariens et pas le travail forcé du goulag, ni la terreur, serait-elle « rouge ». Mais personne n’est obligé de partager mon point de vue…

  • Le problème, c’est que tes arguments se tiennent, mais ne vont pas à l’encontre des miens. Le socialisme, ce n’est ni un pays où il y a 30 fois moins de dépenses militaires, ni un pays où les prolétaires voyagent (je ne suis d’ailleurs pas aussi sûr que toi que ce soient les prolos qui voyagent) ni un pays où l’évolution des revenus des prolétaire est intéressante ; tout cela, à l’image de ta soi-disant NEP, c’’est comme Deng le petit-bourgeois le souhaitait, du capitalisme aménagé. Le socialisme, c’est la socialisation des moyens de production, quand ce sont les prolétaires et seulement elles et eux qui les possèdent. Bref, même en étant d’accord avec tes arguments, la Chine n’est pas socialiste. Quand à la survie du socialisme dans un seul pays ; je pense qu’il reste mille fois plus de traces, de réalités du socialisme à Cuba qu’en Chine : les CDR sont des soviets, avec toutes les concessions, obligés non par idéologie, mais par la proximité des USA. « Vous ne savez pas ce qu’est la dictature du prolétariat : regardez la Commune de Paris : c’est la dictature du prolétariat » Friedrich Engels dans sa dernière préface à « La guerre civile en France ». La Chine impérialiste d’aujourd’hui est à la Commune de 1871 ce que la carpe est au lapin.

  • 1. La Chine arrive sur le toit du monde capitaliste, apparemment, tu en es ravi. Oui, la Chine risque fort de devenir le premier impérialisme du monde, si la guerre nucléaire lui en laisse la possibilité. 2. Il est fort possible d’être aujourd’hui objectivement avec la Chine parce qu’elle n’est que le deuxième impérialisme et combat le premier, les USA. Mais, fondamentalement, en quoi le prolétariat mondial et les révolutionnaires seraient-ils concerné-e-s par cette bataille au sommet ? Les prolétaires sont autant exploité-e-s en Chine qu’aux USA. Laissons la bourgeoisie internationale laver son linge sale en famille ! 3. Ce qui est embêtant pour ta démonstration irrationnelle c’est que Staline et tous les camarades qui étaient avec lui ont prouvé que le développement économique et social étaient possibles sans concession au marché, sans la NEP, donc. C’est objectif, il suffit de regarder les chiffres des années 30/40/50. La révolution dans un seul pays, ça a fonctionné… 4. Je ne sais pas si tu es marxiste-léniniste, mais cela me semble compliqué si tu l’es, de justifier la fin de l’URSS sans la lutte des classes, et spécialement idéologique internationale. Elle n’existe pas contre la Chine, parce que c’est un pays capitaliste. Y a-t-il des « Radio Free Europe » ou « La voix de l’Amérique » aux frontières de la Chine ? Poser la question, c’est y répondre. 5. Il n’y aura pas de révolution ni de socialisme sans dictature du prolétariat (et pas de la bureaucratie bourgeoise comme en Chine) ni sans les soviets. Deng, comme Chou, n’était qu’un petit-bourgeois nationaliste ; qu’il l’ait emporté ne lui donne pas raison. L’aménagement, la peinture en rose du capitalisme, prouve partout, y compris en Chine, qu’elle/il ne servent qu’à faire survivre l’exploitation de l’Homme par l’Homme. Personnellement, je suis contre, et toi ? 6. Et comme l’écrivait Verlaine, un poète communard qui serait probablement abasourdi de te lire : « Et tout le reste est littérature. »

    • 1- La Chine, aujourd’hui, c’est 1,5 milliard de prolos (en gros) soit 30 fois moins de dépenses militaires par tête que les USA. Si c’est un « impérialisme » c’est donc un impérialisme à bas coût….

      2-Comme tous les prolos du monde, les chinois produisent de la plus-value. Reste à savoir si en Chine, cette plus-value est employée dans l’intérêt du prolétariat ou non. Les mesures internationales de l’évolution des revenus, et du niveau de vie, des prolos chinois donnent, toutes, des chiffres largement positifs…( voir lien de mon post du 5 janvier)

      3- Le « socialisme dans un seul pays » n’existe plus nulle part, la NEP chinoise, annoncée pour 50 ans en 1980 par Deng Xiao Ping, court toujours !

      4- Les chinois actuels, y compris des prolos travailleurs, voyagent infiniment plus que les soviétiques d’avant 91,. On ne peut donc pas les abuser avec des gadgets genre « radio Free Europe »….. Je ne connais rien du marxisme-léninisme mais un peu du marxisme et un peu du léninisme que je fréquente tous les jours depuis plus de 20 ans.

      5- La dictature du prolétariat est l’anti-thèse de la dictature de la bourgeoisie qui domine notre pays où aucune lois ne peut être adoptée si elle ne favorise pas ses intérêts. La dictature du prolétariat n’est pas plus, ni moins, policière que celle de la bourgeoisie, mais elle implique que que le gouvernement priorise en permanence les intérêts du prolétariat, sans que, pour autant, le feux soit éternellement bloqué au rouge devant les intérêts de certain bourgeois. C’est ce que l’on peut constater en Chine actuellement, comme le préconisait Lénine au temps de la NEP !

      6- Verlaine avait un mérite, celui d’avoir été communard, mais il n’a connu ni Marx, ni Engels, ni Lénine, ni Staline, ni Mao etc..

  • Staline qui depuis des années dirigeait la fraction bolchévique,la finançait grâce à des actions violentes contre les banquiers(hold up).Dès 1902,il faisait preuve d’une abnégation et d’un courage inouï.Staline était le compagnon fidèle sur lequel Lénine,exilé,s’appuyait. Trotsky,n’est devenu bolchévik qu’en 1917,après une vie de patachon. Alors pourquoi mentir et surévaluer son rôle ? Trotsky,dirigea avec son autoritarisme constitutif de petit bourgeois,les militaires de l’armée rouge.Il n’y a pas grand mérite à être un chef de militants aussi admirables que les bolchéviks. C’est même plus confortable de rester bien au chaud dans les états majors bien protégés plutôt que sur les champs de bataille,non ?.

    • @frank

      Les mérites respectifs de ses deux individus importent peu. Ce qui comptent c’est le résultat de leurs choix et de la politique qu’ils ont conduite. Force est de constater qu’en 2018, il ne reste rien d’autre que des souvenirs (excepté l’interdiction du droit de grève), de la politique inaugurée par Staline en 1927, date de la concentration dans ses mains de tous les pouvoirs en URSS. Le dépassement du capitalisme va donc devoir prendre d’autres détours……

      • Et les choix de Trotsky, quels sont-ils ? Aider Toukhatchevsky à renverser le seul socialisme vivant avec la Mongolie, en se faisant au passage infiltrer par Hitler ? Refuser les concessions du traité de Brest-Litovsk que Lénine lui a imposées ? Ordonner le massacre de Cronstadt en 1921 ? Organiser des réseaux liés aux nazis dans toute l’Europe ?

        Franchement, je préfère les choix de Staline…

        • La question des personnalités ne m’intéresse pas, pour le moment. Ce qui compte c’est la pertinence des choix politiques et les faits objectifs : 1- La NEP de Lénine a été défendue par tous jusqu’à sa mort (1924) ! 2- Staline s’en est alors éloigné, puis l’a supprimée quand il a disposé (1927) des pouvoirs nécessaires et a proposé le « socialisme dans un seul pays ». 3- Trotsky a condamné le « socialisme dans un seul pays » sans pour autant, comme les autres, prendre la défense de la NEP 4- En 1980 Deng Xiao Ping a repris, sans le dire, la NEP 5-En 1991 « le socialisme dans un seul pays » a disparu, dévalisé par ses propres dirigeants… 6-2018-La Chine arrive sur le toit du Monde….

  • meilleurs vœux de santé de joies et bonheur à tous les communistes Français …du PCF

    rappelons à CN46400 que le PCF s’est créé après 1917 que se sont des ouvriers des intellectuels des femmes qui au travers des impasses des socialistes réformateurs français dirigés déjà par une oligarchie bourgeoise ont quitté l’ex parti socialiste français pour mettre en place un nouveau parti socialiste français en 1920 2ans après cette guerre qui sacrifia plus de 2 millions de femmes d’hommes d’enfants de femmes qui en laissa plus de 1 millions estropiés veuves veufs ou orphelin En quoi LELINE STALINE ou un quelconque tartempion ne serait ce communiste russe auraient il influencé ces choix ? le citoyen Français après d’être sujet du ROI ,depuis 1792 a, et façonné ce que l’on peut appeler le Peuple de France si modèle il y a c’est celui là ,et pas d’autres Une République des Communes des Départements des associations (loi 1901) la laïcité (loi 1905) des syndicats de salariés Chartre d’Amiens ) et plus près de nous un non gagnant au référendum de 2005 bafoué en oui par les mêmes réformateurs socialistes bourgeois français écologistes féministes libertaires affirmés En quoi STALINE est il concerné par ces affaires en quoi a til influencé les prises de positions du PCF de ses dirigeants ? en quoi a til scellé notre sort ? l’URSS serait une aventure ratée ah bon ! alors le Programme Commun lui c’est un projet réussi Maastricht ET LA MISE EN PLACE DE LEURO une grande avancée économie et sociale pour l’ouvrier la veuve et l’orphelin ! alors le Front de Gauche a permis c’est sur le rassemblement de la Gauche française c’est évident OUI NON ?? et le blougi boulga France Insoumise et son guide suprême notre seule alternative ?? les grandes métropoles qui se mettent en place les Grandes régions couronnent les succès de nos démarches actions et programmes politiques de nos élus de nos dirigeants OUI NON ?? la date de 1991 ne coïncide elle pas avec MASSTRICH ?? est ce un hasard CN46400 rappelons que LUTTE OUVRIERE défendit l’abstention pour Maastricht et que CHON BENDIT et un certain MEMLENCHON faisaient campagne pour le OUI le PCF et tous les communistes français pour le NON !! donc moi je n’ai aucun scrupule le PCF avait et a toujours des raisons d’exister et de perdurer dans son entité entière et autonome

    • @ouvrierpcf

      Au congrès de Tours, une majorité s’est dégagée pour adhèrer à la 3° Internationale qui venait de se créer suit à la Révolution russe. Lenine et Trotsky ont évidemment interféré dans le choix des congréssistes, ne serait-ce qu’en imposant la signature des 21 conditions.

      Cette adhésion supposait la solidarité automatique avec tous les prolétariats du monde contre toute les bourgeoisies. Mais après l’accès à tous les pouvoirs en URSS de Staline, et de sa théorie du « socialisme dans un seul pays » sur laquelle la 3° internationale a dû s’aligner, les donnée du pb ont évoluées. L’objectif étant alors d’assurer la réussite du socialisme en URSS en espérant que cette réussite aimanterait partout la réussite des partis communistes.

      Mais les choses ont évolué autrement, le paradis n’est pas apparu et l’autarcie, et l’isolement de l’URSS ont débouché sur la guerre contre une partie du capitalisme (Hitler), puis contre la totalité des capitalistes lors de la « guerre froide ». Ce qui a conduit l’URSS à beaucoup trop investir dans le militaire par rapport au reste de l’économie. La solidarité automatique avec l’URSS nous a aussi conduit à nous opposer à l’UE, parce que l’URSS la considérait comme étant contraire à ses intérêts….

      Pour ce qui est de l’euro ou de l’UE, il s’agit de créations des capitalistes de la zone qui cherchent à adapter les superstructures politiques à la puissance atteinte par les forces productives qu’ils contrôlent. Sauf à prêcher un rabougrissement de ses forces, Renault, PSA, etc… je ne vois pas comment nous pourrions être plus crédibles en réclamant le retour à l’état -nation. Faut-il rappeler que le communisme, ce n’est pas le mur de Berlin, c’est aussi l’abolition progressive des frontières…

  • je n’ai pas l’impression que tu réponses à mes remarques qui ne visent pas à dire que tu as tort, mais seulement qu’il faut sans doute éviter des jugements globalisant sur le bon modèle de construction du socialisme et tenir compte ds situations historiques et nationales…

    Autrement dit, l’URSS a surement fait des erreurs, Staline entre autres, mais malgré cela, le socialisme soviétique a bien existé, il a des réussites, et c’est quand même plutôt après Staline que c’est devenu compliqué…

    Et la chine n’est évidemment pas parfaite, mais n’est pas un monstre impérialiste, sa réussite économique est aussi sociale, et son socialisme de marché a des succès évidents en faveur des travailleurs…

    Pourquoi veut tout à tout prix décrier l’un pour encenser l’autre ?

    D’autant que si on pouvait discuter d’un socialisme à la française, il ne serait évidemment ni soviétique,ni chinois… Le positionnement dans le marché mondial devrait trouver ses propres règles, avec une part nécessaire d’échanges, mais aussi une part de réinvestissement sur un développement endogène… Et le débat soviétisme/chine est utile s’il aide à comprendre cette dialectique plan/marché de manière créatrice dans chaque situation concrète

    pam

    • Je ne sais pas si la remarque de Pam me concerne, mais j’y réponds quand même.

      Il est, pour moi, évident qu’il n’y a pas de modèle, prêt à porter, pour installer une société socialiste. La France, où l’accumulation primitive du capital est largement, et depuis longtemps, réalisée, qui est fortement intégrée dans un ensemble de nations (UE), n’est évidemment pas dans une situation comparable à l’URSS de 1920 ou la Chine de1980. L’équation sera, évidemment, particulière, mais devra obéir à un dénominateur commun à toutes les situations, à savoir, priorité systématique aux intérêts, matériels et moraux, du prolétariat (immense majorité qui doit travailler pour vivre).

      Ceci dit, l’aventure ratée de l’URSS, nous concerne aussi, à partir du moment, où le PCF, comme les autres partis communistes, l’a considéré, pendant des décennies, comme modèle avec une solidarité de tous les instants, qui a lié notre sort à l’existence de l’URSS. Et comme tous, nous devons, nécessité de la bataille politique actuelle et à venir, dégager les vraies raisons de l’échec de 91, c’est l’unique objet de mes interventions.

      Et c’est vrai que si les raisons souvent avancées, déficit de démocratie (P Laurent..), complot interne, pression impérialiste,..etc, peuvent se justifier, aucune ne me parait suffisante. Un marxiste ne peut, décemment, évacuer la question économique. Même de simples touristes notaient de graves défauts ; Marchais sortant d’une usine : « Chez Voisin, en travaillant ainsi, on était tous foutus dehors… » Et cela ne serait pour rien dans le plongeon de 91 ?

  • Il y a bien sûr de grandes différences entre le scénario soviétique de Staline et le scénario chinois, mais il y a aussi des différences historiques majeures…

    d’un coté, Staline n’a pas décidé de construire le socialisme dans un seul pays ! C’était une donnée historique factuelle et il a du s’y adapter. Sa réponse montre cependant la capacité du plan et d’une mobilisation politique à assurer un développement industriel relativement autonome… Pouvait-il prolonger au contraire la NEP ? On peut en discuter, mais je me garderai bien de dire qu’il aurait pu faire autrement sachant que l’industrialisation accélérée était aussi la condition de la capacité à résister au nazisme quelques années plus tard…Sans ce développement industriel et notamment son implantation dans l’Oural, que se serait-il passé ? La part militaire est évidemment lié à cette histoire, marqué par la guerre, mais aussi par les suites, la guerre froide et la contrainte imposée par l’agressivité US

    de l’autre, coté chinois, le choix de Deng de l’insertion dans le marché capitaliste mondial se fait aussi en profitant de l’opportunité de la stratégie US dans le conflit sinosoviétique… Le Vénézuela ne cherche pas à se couper du marché mondial, mais les USA font tout pour l’empecher de trouver du développement dans les échanges…autrement dit, la Chine a peut-être aussi profiter de la division des socialismes…

    Et aujourd’hui, elle doit faire de gros efforts de dépenses militaires pour assurer sa défense, car elle sait bien que son insertion dans le marché ne la protège pas de l’agressivité US… Sans doute que l’accumulation permise par les dernières décennies la met dans une situation plus favorable à une période plus contrainte et donc permet un développement désormais plus endogène, mais l’insistance de Xi sur la mondialisation montre qu’il pense au contraire qu’il a toujours besoin de cette insertion dans le marché mondial, malgré la taille de la Chine…

    Ce qui reste, c’est qu’on ne peut pas tricher avec le réel… ni avec les besoins d’accumulation, ni avec les besoins de défense du socialisme, ni avec la nécessité de répondre aux besoins humains, sans lesquels le socialisme n’a pas de sens.

    Et reste que les socialismes sont des constructions historiques et… nationales !

    • Evidemment, l’URSS de 1927 n’égale pas la Chine de 1980

      Mais la vérité oblige à constater que celui qui a décrété que la NEP était une politique de circonstance passagère, qui a imposé cette vision pendant des décennies, en contradiction totale avec ce qu’a pu écrire Lénine sur le sujet avant entre 20 et 23 et qu’on peut vérifier dans les OC (T32,33,35,36,42,45) sont Staline et ceux qui lui ont succédé. C’est bien Staline qui a inventé la formule : « socialisme dans un seul pays » aussitôt abandonnée suite à un article de Trotsky (« le socialisme dans un seul pays sera policier à cause de la pénurie ») Si Staline a eu cette idée, c’est à cause des inégalités visibles (Nepmen) découlant de la NEP, qui choquaient le communisme sommaire des jeunes vainqueurs de la guerre civile. Et que personne, dans les hauts dirigeants, Trotsky y compris, n’a osé contredire. Mieux Staline les a intégrés dans le parti sans la moindre formation. C’est eux, avec leur communisme de pacotille, qui se sont tapé, les plan quiquennaux, la collectivisation, les purges, la guerre, la déstalinisation, la stagnation jusqu’à la cata de 91.

      Lénine tablait, pour la NEP sur les capitalistes allemands (blessés par le traité de Versailles) et US où se trouvait pas mal de russes. Personne ne peut affirmer que la réussite était assurée, mais en cas de succès, l’accès de Hitler au pouvoir en Allemagne pouvait être compromis comme Trump est paralysé devan Xi Jin Ping en 2018. La bourgeoisie n’est pas commandée par l’idéologie, mais par le profit, rien que par le profit. L’URSS de l’époque pouvait-elle laisser entrevoir des profits suffisants, je n’en sais rien, en tout cas Lénine ne lésinait pas lorsqu’il proposait à un consortsium US l’exploitation pour 60 ans du Kamtchaka pour 5% par an. « Que rapporte le Kamtchaka à la République ? Rien, que rapportera-t-il ? Un peu, mais des milliers de moujics iront là bas se frotter avec les techniques modernes »

      Mais Staline a fait un autre calcul. Il a tablé sur l’isolement, l’autarcie et préparé le grand affrontement qu’il a gagné au prix de 25 millions de victimes, mais, en 45, l’accumulation du capital en Occident était d’une toute autre dimension que dans le « camp socialiste ». La « guerre froide », et ses gaspillages, a alors suffit pour plomber l’avancée de l’URSS…

      Ceci dit, les capitalistes ne sont pas là pour favoriser le développement du socialisme, mais il sont affligés d’une faiblesse mortelle : leur addiction inextinguible aux profits. Et je pense que Lénine, et Deng aussi, en avait une meilleure conscience que Staline…

      • PS : Faire court c’est parfois faire trop court. Ainsi, lorsque je parle de « profits suffisants », j’aurais dû ajouter : « pour diviser, politiquement, les bourgeoisies allemandes et US sur leur rapports à l’URSS »

      • Eh bien, au moins là, nous sommes fixés sur qui défend le « socialisme » à la chinoise à coups de citations de Lénine qui devraient tous, comme le disait Marx, nous convaincre : « Voilà la vérité, mettez-vous à genoux ». Choix entre Staline et Trotsky et Deng ; bien sûr, mais, moi, je choisis Staline… La NEP n’était, ne pouvait être qu’une parenthèse. Quand la parenthèse s’éternise, ce n’est plus le socialisme. D’ailleurs l’impérialisme chinois actuel ne nous paraît supportable que parce qu’il est deuxième derrière (et contre) l’impérialisme dominant. Trotsky était un menchevik et je n’ose pas dire qui était Deng. Est-ce que Trotsky avait aussi raison quand ses porte parole parlaient de « fraterniser avec le soldat allemand » en 1940 ? Quand ses sbires voulaient renverser le pouvoir soviétique avec l’accord de l’Allemagne naziz en 1937/38 ? (lire Annie Lacroix-Riz et d’autres à ce sujet). Tout cela est logique ; les trotskistes ont toujours, depuis les années 20 participé de l’aile droite du mouvement ouvrier, comme Deng ; en pire pour lui, je ne sais même pas si on peut le considérer comme partie du mouvement ouvrier. Deux choses étonnantes pour finir : L’URSS, même sous Brejnev et Gv, avait décidé d’un prix élevé du café auquel elle l’achetait en Afrique et a ainsi permis à des tas de petits producteurs de vivre ; cela s’est effondré après la fin de l’URSS ; la Chine « socialiste » n’a pas rétabli cela. De bonnes âmes me diront certainement qu’elle ne peut pas (Dieu, peu-être ?) mais qu’elle construit des routes et des hôpitaux en Afrique. C’est vrai (ce qu’elle construit). Mais la France coloniale l’a fait aussi et, étrangement, comme la Chine actuelle, n’a pas décidé d’un prix élevé du café. S’il y a une critique à faire de Staline, elle n’a rien à voir avec ces discours droitiers. C’est d’avoir décidé la constitution de 36 et liquidé les soviets au prétexte que « la lutte des classes est terminée en URSS ». Voilà la faute de Staline !!! D’ailleurs, il a changé d’avis et indiqué, à partir de 46/47 (influence probable de Jdanov) que la lutte des classes continuait en URSS ; il a eu raison, elle a emporté le socialisme, la lutte des classes intrnationale. La question qui se pose est simple : sommes-nous de simples scientistes économistes ou des marxistes léninistes ? Comment analyser ce qui s’est passé et se passe en Chine sans vision historique sans analyse de la lutte des classes internationale ? La survie même de la Chine suffirait à prouver qu’elle n’est pas socialiste. Mais dire cela verserait dans l’idéalisme. En revanche, il y a une question, jamais posée par CNmachin, quelle classe est dominante en Chine aujourd’hui ? La classe ouvrière ? Il va falloir autre chose que des citations de Lénine prises hors contexte pour m’en convaincre. D’ailleurs, je ne me souviens pas que Lénine ait écrit quelque part que les 50 (à peu près) députés du présidium de l’ANP devaient être les hommes les plus riches du pays… Et on revient à la constitution de 36. Lénine avait promu la NEP, mais il y avait les soviets. Et, il y a les soviets en Chine ? Socialisation des moyens de production ou Etatisation de certains ? Je vous invite à relire ce qu’Engels (et Lénine après lui dans « L’Etat et la Révolution ») disait de l’Etat. Pour moi, l’Etat chinois n’est pas prolétarien, mais bourgeois…

        • Mon cher camarade, le monde n’est pas celui dont je rêve. Avant de parvenir au stade du socialiste (anti-chambre du communisme…), il faut réaliser l’accumulation primitive du capital. Jusqu’à aujourd’hui personne (sauf l’URSS dans le domaine militaire) n’a pu réaliser cette accumulation hors du capitalisme (Méditez sur le chapitre 1 du Manifeste..). Si tu a une autre solution n’hésite pas à la proposer.

          Pour ce qui est de la prise, ou non, en compte des intérêts du prolétariat chinois je renvoie un lien plein d’infos :https://www.legrandsoir.info/quatre...

          Pour ce qui est de Lénine et de la NEP, j’ai donné quelques références plus haut, on peut les retrouver en compulsant les six tomes des OC listés. Je ne crois pas au travail forcé pour accéder au socialisme, donc à la production de masse de produits manufacturés, ni à la terreur (780 000 exécutions en 37-38 en URSS)…

    • Beaucoup de questions concrètes sont soulevées dans ce texte. C’est sûrement la voie à prendre.

      L’expérience soviétique était la première en son genre, celle chinoise aussi parce que les conditions initiales étaient différentes. Et l’URSS a été en butte à un isolement et un encerclement inégalé. D’accord avec toi pour dire qu’elle n’avait pas le choix. La Chine aussi construit le socialisme « dans un seul pays » puisqu’elle s’impose la non ingérence dans les autres pays.

      Par contre pas d’accord avec « la Chine a peut-être aussi profiter de la division des socialismes… ». La Chine n’a pas profité du retrait des ingénieurs soviétiques décrété par Khrouchtchev, ni de la concentration d’un million de soldats sur les rives de l’Oussouri. Il appartient sûrement aux communistes russes et chinois de faire le bilan des relations sino-soviétiques dans cette période. La Chine s’est développée avec une ligne pragmatique, partant des faits c’est-à-dire du constat de son retard, et en utilisant la cupidité impérialiste, mais en imposant ses conditions. Une différence avec le Venezuela est que la Chine ne vendait pas des matières premières mais son travail. Une autre est peut-être que l’hégémonisme US et les pays occidentaux ont surestimé leur « victoire » sur le communisme.

      Dans tous les cas notre scénario est encore différent tout en ayant le même objectif. La petite propriété agricole disparaît et les surfaces se concentrent, les professions indépendantes sont salarisées. Les monopoles capitalistes liquident de plus en plus vite les reliquats des économies précédentes. Nous devrions réétudier le Capital avec attention pour bien saisir notre situation.

      Amitiés Xuan

      • @Xuan Attention aux analogies historiques, les dates ne peuvent être ignorées. L’URSS a 30 ans d’antériorité sur la RPC, et a d’abord testé le « capitalisme d’état », avec la NEP de Lénine, avant de plonger dans le « socialisme dans un seul pays » de Staline. La RPC a fait un chemin inverse. Mao et le PCC arrivent au pouvoir alors que le stalinisme est à son apogée (1949). S’en suit, jusqu’en 1980 un engagement dans une série d’impasses économiques (grand bon en avant, cent fleurs, révolution culturelle) dérivée du soviétisme victorieux du moment, avant, trente année plus tard, (Deng Xiao Ping) de revenir, sous une forme adaptée à la Chine et à l’époque, à une variante de la NEP de Lénine.

        Mais il me parait osé de comparer la politique extérieure de la Chine actuelle avec celle du « socialisme dans un seul pays », notion qui a survécu, jusqu’en 91, à l’abandon de la formule de désignation avancée par Staline en personne (1927). Au passage, il me plais de noter que Lénine, avant de disparaître, notait l’importance du potentiel de force de travail dont pourrait disposer la révolution en Chine (et aux Indes)…..

  • Très juste et important pour nos analyses !

  • « Que dire de Gagarine et des réussites technologiques de l’URSS ? »

    Elles étaient bien réelles, sauf que lorsqu’on regarde attentivement on remarque qu’un domaine écrase les autres : le domaine militaire et paramilitaire (Gagarine..) Pourquoi le reste était, souvent, à la traîne ? Insuffisance de l’accumulation primitive ! Pour fabriquer des autos moderne on a fait appel à FIAT (Lada), mais pour les vendre en Occident, il fallait les vérifier de AàZ dans l’usine des Ett Poch de Molsheim (Alsace)…. Par contre on ne constate aucune malfaçon dans les Peugeot ou Citroën fabriquée actuellement en Chine, pourquoi ? Tout simplement parce qu’en Chine il a été décidé (Deng Xiao Ping) d’acquérir non seulement un (des) modèles de voiture, mais aussi le savoir faire et les compétences qui vont avec. C’est aussi cela « l’accumulation primitive du capital », que cherchait Lénine avec la NEP, pour « plusieurs générations » disait-il. Et que Staline a troquée, en 27, contre le « socialisme dans un seul pays » avec l’autarcie et l’isolement qui allait avec. Tant qu’on ne cherchera les raisons de l’échec de 91 que dans les dérives, plus ou moins mafieuses, des arrivistes post-staliniens, on ne cessera de faire du sur-place, c’est à dire de reculer. Marx et Engels ont abondamment montré que les révolution se fondent toujours sur des pb économiques, pourquoi en irait-il différemment pour les contre-révolution ?

    Pour infos, je livre un des rare ordre, rendu public, de Staline concernant l’industrialisation : " A Moscou et aux Cdes Kaganoviich et Molotov, Le manque de main d’oeuvre, les possibles départs en masse vers les travaux des champs, peuvent mettre en péril le travail de construction de Magnitogorsk. Il faut donc disperser les condamnés dans les villages et les différents secteurs de l’énorme chantier et ainsi cela ne sautera pas aux yeux. Cela permettra de soulager, ne serait-ce qu’en partie Magnitogorksk. Je demande à ce que l’on autorise l’utilisation de 15 ou 20 000 condamnés sur ce chantier. Ordjonikidzé est d’accord. (Sotchi 14 juillet 1932, Staline)". L’accumulation avec « le socialisme dans un seul pays » inverse de la NEP, c’est aussi cela, et si on peut envisager une industrie lourdes avec ses méthodes, il est impossible de bâtir ainsi une industrie manufacturière conséquente !

  • Ce texte est la clef du succès du Congrès « extraordinaire » du PCF de 2018 ! Pourvu que cette bonne clé parvienne à déverrouiller la porte !

Dans la même rubrique…

Mots-clés

Articles liés

Revenir en haut