Plan de relance de l’UE ou des profits capitalistes ?

, par  Pascal Brula , popularité : 66%

Suite à la pandémie, un plan de relance économique de 750 milliards d’euros a été décidé par les États membres de l’UE. Sur ce total, il était prévu que la partie "subventions" devait se monter à 500 Mds ; or au sommet de Bruxelles du 19 juillet dernier, suite à la pression de cinq pays, elle a été réduite à 390 Mds d’euros, la partie "prêts" passant de 250 à 360 Mds. Ce sont des sommes évidemment considérables et cet accord a pu voir le jour après des concessions aux pays dits "frugaux", à savoir l’Autriche, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas, la Suède, le terme "frugalité" étant employé par Macron et l’idéologie dominante européiste pour désigner des pays dont le gouvernement… a osé défendre les intérêts du pays qu’il représentait. Par exemple l’Autriche a pu obtenir un rabais financier de 138% sur ce qu’elle devrait rembourser...

Mais qu’en est-il de la France ? « Historique », « le moment le plus important depuis la création de l’euro »… Les médias dominants nous vantent le fait que Macron peut se targuer de ramener 40 Mds d’euros de "subventions" à la France ; pour information, l’Italie ou l’Espagne vont recevoir entre 120 et 150 Mds d’euros, et l’Allemagne un peu plus de 30 Mds alors que l’économie allemande a été beaucoup moins impactée que celle de la France par l’épidémie de Covid-19. Et c’est grâce à cela que Macron nous fait le coup de dire que nous vivons un moment historique et que la construction européenne avance ?

Or ces pseudos "subventions" ne sortent pas d’un chapeau. Ce sont des emprunts déguisés, indirects, qui vont être payés par les pays membres ; on nous dit que ces dettes seront exceptionnellement mutualisées, mais c’est entièrement faux, car mutualiser les dettes signifierait que si un pays est défaillant, ce soient les autres qui paient à sa place, ce qui n’est pas le cas. De ce fait, il est impossible de trouver dans les médias français ou sur Internet la répartition prévisionnelle des remboursements par pays, et pour cause, c’est la commission européenne qui a contracté ces emprunts sur les marchés financiers, et donc, il est le plus vraisemblable que les pays rembourseront en fonction de leur participation au budget européen géré par la Commission. Pour ces pseudos "subventions", cela correspondrait à au moins 78 Mds d’euros pour la France, puisqu’elle paye 20% du budget européen, sans compter les rabais accordés aux "frugaux" ! 78 moins 40… c’est un sacré cadeau empoisonné ! Il convient de souligner que pour aider au remboursement de cet emprunt, l’UE va se doter de nouvelles sources de revenus, avec notamment une taxe sur le plastique non recyclé début 2021, c’est-à-dire payée par le consommateur et donc les salariés.

Le "Canard enchainé" est actuellement le seul média à avoir levé cette supercherie. Selon le Figaro, lors du sommet européen de Bruxelles le 19 juillet dernier, Macron aurait même avoué que c’était l’Allemagne et la France qui allaient payer le plan de relance… qui, du coup, n’en est pas vraiment un, mais plutôt un plan qui va continuer d’enfoncer les travailleurs français en les faisant crouler sous la "malédiction" du poids de la dette et du coronavirus. Il faut savoir que ces "subventions" sont assorties de contreparties, à savoir « des réformes structurelles » ; et on sait ce que cela signifie : continuation de la casse des services publics, de la protection sociale, baisse des salaires, des retraites, etc. De plus, l’existence de ce plan a des conséquences directes sur le budget de l’UE, puisqu’au sortir de la pandémie, on notera que son budget santé est supprimé, le budget de la recherche diminué de 60% (échanges étudiants notamment) et le budget de la PAC fortement diminué. On peut donc appeler ce plan, "plan de relance des profits capitalistes"… Mais qu’allait donc faire Martinez qui a signé au nom de la CGT un texte de soutien à ce pseudo "plan de relance" en le peignant aux couleurs de "l’Europe sociale" aux côtés de la CFDT, de l’UNSA et de la CFTC ? Car on se rend compte qu’il n’y a pas de solutions pour les peuples et les travailleurs dans le cadre de l’U.E. qui est et sera toujours entièrement dévolue au capital.

Pascal Brula

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