38e congrès PCF

Pour un bilan communiste des socialismes du XXe siècle

Trois amendements pour dire non à Olivier Dartigolles

Voici trois amendements qui améliorent le manifeste sur une question essentielle pour la construction d’une orientation majoritaire des communistes, celle de l’URSS et de sa fin, et de ce qu’elle nous dit de notre projet de « parti communiste du XXIe siècle ».

Le « Manifeste » aborde le sujet en fin de chapitre 1 (proposant « un bilan critique ») comme un élément explicatif de ce qui apparait aujourd’hui comme des erreurs du PCF, puis en fin d’introduction du chapitre 3 (le « communisme de notre temps »), comme enjeu de renouvellement d’idées, enfin dans le premier point du chapitre 4 (internationale) évoquant de profonds changements du monde et la nécessité d’un bilan communiste de ce qu’a représenté l’URSS pour comprendre le monde tel qu’il est.

Les débats encours du congrès confirment l’importance de ces paragraphes, objet de discussions riches et de propositions d’amendements venant le plus souvent conforter le « Manifeste » mais parfois tentant au contraire de le réfuter en confirmant une rupture définitive avec l’histoire du communisme au XXe siècle.

En ce sens, les trois amendements présentés ici peuvent être l’occasion d’une réflexion ouverte et large des communistes pour une réorientation qui nous sorte de cette « autophobie » de notre histoire [1] et retisse le lien avec ce que peut être un « communisme du XXIe siècle ».

On ne peut mieux résumer ce que les communistes cherchent à réorienter qu’à partir du point de vue de Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF qui résume le débat en une phrase : « En quelques mots : nous avons longtemps adopté, avec tous les partis communistes, la conception léniniste de la révolution ; elle n’est plus la nôtre ; nous en avons une autre. » ce qui le conduit à vouloir réécrire le manifeste pour rejeter cette réorientation esquissée… « Or, je crois lire dans plusieurs formulations de la base commune des retours en arrière. Ainsi, il est inexact d’indiquer que « les directions successives du PCF » n’ont pas procédé à « une analyse approfondie » après la disparition de l’URSS (page 7, lignes 7, 8) et qu’en somme, il conviendrait de s’y mettre. Cette analyse a été effectuée. Et elle n’a pas été faite après la chute de l’URSS, mais dès les années 70 lorsque nous nous sommes émancipés du marxisme-léninisme et du « modèle » soviétique après l’abandon de la dictature du prolétariat. »

Le PCF a effectivement fortement évolué depuis les années 70 dans le contexte de la stratégie du programme commun, même si à l’époque, personne ne disait que nous avions « rompu » avec l’histoire léniniste des partis communistes. Nous disions que nous cherchions une "voie démocratique au socialisme à la Française« , et c’est la mutation qui est allée au bout de »l’émancipation du marxisme-léninisme« en rejetant l’idée même d’une société »socialiste« , comme de toute idée de »révolution« , mettant l’accent central sur le rôle électoral du parti dans le cadre de la démocratie supposée permettre une »autre politique".

Or en 1976, le XXIIe congrès rejetant la dictature du prolétariat se déroulait dans le cadre de la confrontation des blocs et personne ou presque n’imaginait la fin de l’URSS. Le débat international entre communistes portait sur l’importance de "voies nationales au socialisme« , s’émancipant donc d’un »modèle" soviétique. Le congrès se déroulait dans le cadre stratégique de l’union de la gauche dont les communistes connaissaient les risques d’un renoncement du parti socialiste, mais qu’ils pensaient pouvoir maitriser par l’intervention populaire…

Aujourd’hui, nous savons que malgré sa force, le PCF n’a pas pu résisté aux "renoncements« socialistes, que l’union de la gauche n’a pas »changé la vie« , que l’URSS a explosé et avec elle un rapport des forces mondial en faveur des peuples qui ont payé très cher la »fin de l’histoire« avec l’hyperdomination guerrière US… L’émancipation du »modèle" soviétique n’est plus un débat théorique mais un constat pratique déjà ancien…

En rester comme le propose Dartigolles à cette pensée initiée en 1976 est-il aujourd’hui pertinent pour un monde totalement transformé comme le montre justement le chapitre sur la crise et le chapitre international du « Manifeste » ? L’enjeu démocratique est-il d’abord une question posée au « socialisme réel », ou au contraire au « capitalisme réel », avec une force décuplée depuis l’arrivée de Trump puis Bolsanaro ? Et pourquoi le PCF n’a-t-il pu résister aux renoncements socialistes ? Pourquoi l’intervention populaire, qui a pourtant montré sa force en 1995 ou en 2005 n’a pu trouvé le chemin du « changement de société », pourquoi au contraire le PCF a progressivement disparu de l’imaginaire politique ?

Les communistes savent d’expérience que cela a à voir avec l’histoire du socialisme réel, et qu’il est un peu court de dire que nous « payons » seulement le prix de l’échec de l’URSS ! Derrière l’URSS ce sont les questions de la possibilité d’un changement de société, d’un système non capitaliste, d’un internationalisme contre la mondialisation capitaliste qui sont mises en cause. Nous savons tous qu’elles le sont non pas à partir de l’histoire réelle du socialisme du XXe siècle mais à partir de sa diabolisation idéologique construite dans une bataille acharnée à laquelle nous n’avons pas résisté et qui conduit par exemple une partie de nos adolescents à croire que Staline était l’allié de Hitler, à méconnaitre le tournant crucial de Stalingrad en célébrant le débarquement, à croire que les peuples soviétiques étaient affamés et prisonniers alors même que le retour violent du capitalisme après 1990 détruisait les incroyables acquis sociaux et culturels de ces peuples !

Le plus grave dans ces analyses des années 70 était ce qui conduisait Fiterman après Gorbatchev a déclarer en 1990 que "la force de la politique avait supplée la politique de la force". Cela prêterait à sourire quand on regarde le monde d’aujourd’hui, sa violence extrême, la brutalité de la mondialisation capitaliste, son choix permanent de la guerre, sa mise en cause de la démocratie partout, jusqu’au choix du fascisme d’Ukraine au Brésil…

Le refus viscéral de Dartigolles de réévaluer en communiste ce qu’a été le socialisme soviétique le rend totalement aveugle à ce qui reste aujourd’hui des socialismes du XXe siècle, de l’originalité de Cuba dans un engagement populaire pour la défense de leur petit pays face à l’hyperpuissance voisine, à l’originalité de la Chine tirant les leçons de l’échec soviétique en inventant un « socialisme de marché » assurant le développement accéléré d’un quart de l’humanité. Il est aveugle aux luttes des partis communistes dans toute la planète, à commencer par le parti russe qui mène une lutte difficile mais déterminée contre Poutine et qui obtient de réels succès. En rompant avec notre histoire communiste, il rompt aussi avec la presque totalité des partis communistes !

Mais surtout, il se rend incapable de construire une réponse actuelle à la crise française dans le capitalisme mondialisé. Il reste prisonnier du XXIXe congrès, celui de la mutation, qui entérinait cette rupture avec notre histoire au nom d’un « communisme nouveau » qui s’est révélé être soluble dans « la gauche » socialiste à tel point que son plus efficace représentant électoral est désormais Jean-Luc Mélenchon.

Au contraire, un immense chantier est devant nous pour réévaluer l’histoire des socialismes du XXe siècle, ceux qui continuent de se développer comme ceux qui ont été défaits, le soviétique bien sûr, mais aussi le yougoslave, et aussi cet « eurocommunisme » qui voulait inventer une alternative au modèle soviétique mais qui a conduit les partis à la dissolution en Italie, à un profond affaiblissement en France, et à un émiettement en Espagne jusqu’à ce congrès récent du PCE qui décidait de rajeunir sa direction en retrouvant son choix marxiste-léniniste, ce choix même contre lequel Dartigolles comme Pierre Laurent s’arcboutent, effrayés d’un tel virage à gauche du PCF ! S’ils avaient participé au centième anniversaire de la révolution d’octobre à Moscou, ils auraient constaté leur isolement du mouvement du monde et des milliers de communistes de toute la planète qui cherchent les voies d’un communisme du XXIe siècle sans jamais rompre avec leur histoire.

Ce chantier doit nous aider à comprendre l’histoire du socialisme soviétique jusqu’à sa défaite, les causes internes et les causes externes, comprendre comment, malgré les guerres, l’URSS a connu une croissance économique de 1930 à 1960 supérieure à celle des trente glorieuses en France, comment l’espérance de vie a progressé plus vite que partout ailleurs jusqu’à rattraper le niveau occidental en 1970 avant de stagner ensuite, comprendre pourquoi l’agriculture soviétique s’est développée avec succès jusqu’en 1960 sur un modèle « bioagricole » avant de se mettre à copier l’agrochimie occidentale ensuite, comprendre pourquoi l’objectif d’un grand réseau de communications entre universités et centre scientifiques soviétiques défini par un plan quinquennal à la fin des années 60 n’a pas été réalisé, il aurait été en avance sur le réseau équivalent US, ancêtre d’internet…

Non, Olivier, nous ne savons pas tout des causes de ce qui est bien une défaite, payée chèrement d’abord par les ouvriers, les femmes, les retraités soviétiques. Nous n’avons appris que récemment les centaines de morts dans la défense du parlement face aux chars d’Eltsine. Nous n’avons pas su que le 7 novembre 1991, pour l’anniversaire de la révolution d’octobre, des manifestations spontanées contre le capitalisme se déroulaient partout en URSS, sans aucune organisation pour les fédérer, le PCUS s’étant dissous et ses dirigeants étant pour l’essentiel en train de se partager les richesses « socialistes »…

Oui, il est urgent d’ouvrir en grand ce débat et d’en profiter pour améliorer le texte afin d’ouvrir en grand cet immense chantier d’une analyse communiste du socialisme réel, des conditions de son développement initial, de son caractère historique et national, des défaites qu’il a subit, et des victoires qu’il continue à construire…

Les trois amendements qui suivent sont de bons supports pour conforter le « Manifeste » vers un texte de congrès largement majoritaire.

Proposition d’amendement du chapitre « Un bilan critique »

Amendement discuté dans les Bouches-du-Rhône, page 6 avant la ligne 4, déplacer le paragraphe de la page 7 lignes 4 à 13 enrichi comme ci-dessous :

Les erreurs ont un lien avec le doute qui s’est installé sur le communisme après la disparition de l’URSS, semblant consacrer un triomphe définitif du capitalisme. Les enseignements de cette (tentative de) révolution, qui a ébranlé le monde mais finalement a été défaite, continuent de susciter des débats importants dans le mouvement communiste. Ce qui est certain, c’est que la disparition de l’URSS nous plaçait, dans les années 90, au défi d’une analyse approfondie et du choix d’une novation communiste.

Au titre des aspects positifs du bilan, il faut souligner le fait essentiel que notre parti bien que très affaibli, déstructuré, existe toujours et ne s’est pas divisé en de multiples groupuscules comme cela a pu se passer dans d’autres grands partis européens, dits eurocommunistes comme le parti communiste italien ou espagnol. Ce qui se passe en Belgique et au Portugal prouve qu’il n’y a pas de fatalité dans la disparition des partis communistes en Europe. Le PCF non seulement existe toujours, mais les communistes français ont toujours refusé qu’il change de nom, et malgré les importants revers, il conserve des élus appréciés de la population.

Mais ces efforts de l’ensemble des communistes n’ont pas été accompagnés d’une véritable novation communiste, une visée stratégique qui dépasse chaque élection difficile pour nous, en particulier les présidentielles.

Au lieu de cela, les directions successives du PCF ont été gagnées par le renoncement, jusqu’à des choix qui ont déstabilisé et déstructuré notre parti, comme l’abandon de la bataille à l’entreprise, la remise en cause de l’organisation en cellule, et qui ont brouillé le repérage de classe du parti dans la société.

Les échecs successifs sont dans toutes les mémoires …

Proposition d’amendement du chapitre 3. Le communisme de notre temps, idéal éthique, visée historique, chemin de lutte

Amendement discuté dans le Rhône, page 10 - lignes 40 à 45 : le paragraphe est réécrit ainsi : les parties en gras sont nouvelles

Un effort de renouvellement et de réflexion est en effet devant nous, de même qu’une bataille d’idées est à mener. Car l’idéal communiste, longtemps identifié au grand espoir soulevé dans le monde par la révolution soviétique et l’édification de l’URSS à partir d’une Russie arriérée, dans des conditions de guerre civile puis de guerre mondiale, a été défiguré par la diabolisation du socialisme réel imposé par l’idéologie dominante du capitalisme mondialisé tentant d’imposer dans le domaine des idées la fin de l’histoire, s’appuyant malheureusement sur de terribles dérives et trahisons du système soviétique et par sa défaite dans une crise profonde.

Proposition d’amendement du chapitre 4. Un nouvel internationalisme pour relever le défi de la mondialisation capitaliste

Amendement discuté dans le Rhône, page 14 : lignes 37 à 43

Après la chute du mur de Berlin et de l’URSS, avoir cru qu’il suffisait d’affirmer l’histoire propre du communisme français pour se dégager des conséquences de cet échec était une erreur : un bilan communiste de ce qu’a représenté l’expérience soviétique et sa défaite est indispensable pour sortir de la diabolisation construite contre nous par les porte-voix du capital et poursuivre avec ténacité le développement de notre projet original autogestionnaire vers un communisme de notre temps.

[1Le terme autophobie a été utilisé par le regretté théoricien marxiste italien Domenico Losurdo.

Vos témoignages

  • pam 7 novembre 2018 10:44

    oui, tu as raison, gardons notre sang-froid… et évitons les étiquettes préconçues…

    tu me reproches d’être ’« hautain, agressif, méprisant »… je cherche ce qui peut te faire réagir, et je ne trouve pas, par contre, ta critique de Laurent Brun peut être perçue comme assez méprisante… Peut-être que tu ne le connais pas, mais je peux te dire que c’est un militant de terrain, avec une longue expérience de la JC, puis du travail syndical de base chez les cheminots et que ce sont ses qualités d’organisateur qui l’ont mis à ses responsabilités actuelles… de quel droit affirmer qu’il serait déconnecté des réalités ? tu peux être en désaccord avec lui, mais argumente ! faut-il reconstruire un lien avec les communistes isolés et émiettés dans les entreprises ? que penser de la décision de Robert Hue de dissoudre la coordination des sections de grandes entreprises ? Ne faut-il pas recréer des liens, évidemment dans les réalités actuelles, mais est-ce que le lieu premier de la contradiction capital-travail est un lieu politique essentiel… ?

    Tu ne réponds d’ailleurs à aucun argument de mon texte, tu te contentes de le qualifier du pire, avant d’exprimer tes idées… qui consistent à dire comme Dartigolles, ne réouvrons pas les discussions qui ont eu lieu depuis les années 70 … Pourtant le constat c’est que la mutation métamorphose a conduit à la question de l’existence du parti…

    Tu nous dis « je connais, j’y étais », mais contestes-tu les chiffres du géographe du site gapminder, utilisé pour l’article cité dans ce texte ? et les conclusions de l’article montrant une réalité soviétique très loin de « l’échec dramatique » que nous sert le discours dominant… ?

    tu dis « inutile de refaire l’histoire »… mais l’histoire s’écrit toujours au présent, et par les vainqueurs… l’histoire de la fin de la deuxième guerre mondiale disait jusque dans les années 80 que le tournant de la guerre était Stalingrad, depuis c’est le débarquement US et nos collégiens ont appris que Staline était l’allié de Hitler… alors faut-il en rester là ? Macron célèbre le 11/11 sans rien dire évidemment des révoltes populaires qui ont conduit à la révolution russe, à la révolte écrasée en Allemagne, et aux contestations populaires de la guerre partout qui sont un des facteurs essentiels de l’armistice… L’histoire est vraiment derrière nous ?

    Non, l’appropriation en marxiste de l’histoire soviétique est un enjeu politique totalement actuel, un seul exemple… dans le débat « écologique » sur l’agriculture, on parle de techniques, de polluants, de pratiques agricoles, mais plus rarement de système économique, à part la dénonciation des grandes multinationales… Est-il utile ou non de montrer que le type d’agriculture est un choix de société, et que les socialismes ont construit d’autres agricultures ? bien sûr Cuba, mais on peut dire « contraint et forcé » par le blocus… Mais qui sait que l’agriculture soviétique s’est développé jusqu’en 1960 en « bioagriculture », reposant sur la biodiversité des sols, expérimentant même l’agroforestation que des écolos semblent découvrir aujourd’hui ? Est-il utile de savoir que c’est Kroutchev qui a réorienté l’agriculture soviétique sur la copie du modèle occidental d’agrochimie ?

    Si les communistes en restent au discours dominant sur le socialisme réel, passé et actuel, ils se tirent une balle dans le pied car au fonds, personne ne fera le parti du changement de société s’il pense que toutes les expériences de ce type se résument à un « échec dramatique »…

    J’espère que le congrès ouvrira en grand ce chantier, qui suppose des liens fraternels avec les communistes de toute la planète, dont les russes qui mènent une bataille courageuse et difficile contre Poutine, avec cette contradiction qu’il existe une grande nostalgie soviétique en russie, mais que les russes considèrent que ce sont les communistes qui ont détruit l’URSS…

    Se garder de « de jugements intempestifs, partisans ou partiels » sur les autres partis communistes ? mais ou as-tu vu le début d’un jugement dans mon texte, je ne fais que montrer que les PC échangent et discutent, qu’ils font des choix qu’il faut connaitre, regarder ce qu’on a en commun, et les contradictions… Nous sommes internationalistes, vouloir inventer un « communisme français » déconnecté du monde, c’est un vieux défaut… est-ce que tu dis franchement ce que tu penses ?….pourquoi est-ce gênant de dire ce que le PC Chinois dit, qu’il construit un "socialisme de marché (et non pas un communisme de marché) ? tu nous reproches de dire que le PC espagnol a réaffirmé son choix marxiste-léniniste ? Mais pourquoi ne pas le dire ? pourquoi ne pas en parler avec eux ? La direction du PCF nous a coupé des autres partis communistes. Cela fait partie de ce qu’il faut réorienter, pour retrouver notre internationalisme !

  • DARTIGUES Jean 6 novembre 2018 11:02

    Tendance ou pas tendance ? Ce qui devait arriver arriva… C’était couru d’avance et nous fûmes quelques uns-es a l’avoir annoncé : la réponse à Dartigolles est un modèle du genre. Le rédacteur des trois amendements, dits de « réponse », est tout à fait clair : ou vous acceptez le résultat du vote des communistes en faveur du « Manifeste » et vous n’avez pas à en remettre en cause les fondements, ou vous êtes de « mauvais perdants » qui bafouent la démocratie. Plusieurs remarques de ma part, modestement, en tant que « vieux » communiste : 1) Si tel est l’état d’esprit des promoteurs du Manifeste, nous entrons réellement dans l’ère d’un communisme de « Tendances », l’une écrasant l’autre, au nom d’une majorité, même faible, l’arithmétique remplaçant la démocratie participative et le bon vieux « Centralisme » dit démocratique, écrasant les minorités. La synthèse, même en mode social-démocrate, devient alors impossible, chacun restant sur ses positions. Le Congrès devient alors inutile, tout amendement, qui devrait être voté par les congressistes, après débats dans les Fédés et lors du Congrès, deviendrait suspect et serait rejeté au nom de ce principe. 2) le ton agressif, hautain, méprisant, les invectives du rédacteur de cette tribune, et d’autres, ne sont pas dignes d’un débat « fraternel », entre camarades, mais celui d’ennemis, d’adversaires politiques. Il me semble urgent, si nous voulons garder un P.C.F en état de marche, d’éviter quelques pièges :
     1) Gardons notre sang froid et débattons sur le fond. Ni invectives, ni attaques personnelles, construisons le Parti dont nous avons besoin, non pour « nous », ou nos égos, mais pour notre peuple.
     2) Inutile de refaire l’histoire, elle est faite, elle est derrière nous et seul le temps permet d’en analyser tous les méandres cachés et non encore révélés. Mandatons des historiens pour « éclairer » nos générations sur les « enjeux d’époques » et les positionnements respectifs, sans jugement a priori et subjectif, qui ne seraient pas replacés dans les contextes politiques complexes et les connaissances réelles des situations économiques « vraies », par exemple, de l’URSS et de la RDA, qui n’étaient pas, ce qu’ils disaient, je sais de quoi je parle pour y être allé souvent, en ces temps là et l’avoir mesuré de mes yeux…
     3) Gardons nous également, de jugements intempestifs, partisans ou partiels sur les autres Partis communistes et leurs orientations ( Chine, un « communisme de Marché » ? j’ignore ce que cela signifie…Italie/ Portugal/ Espagne, chacun ses choix, sans immixtion, ni suffisance, pour juger.

    • 4) Concentrons nos efforts sur l’avenir et nos choix, à nous, pour agir, ici et maintenant, sans chercher des modèles ailleurs. Il nous faut définir quelques « points durs », lors du Congrès et à mettre en débat dans les congrès de Fédés, pour décisions lors du Congrès national, à condition que nous acceptions cette démarche démocratique et non un diktat de sommet, comme si le Congrès était déjà fait. Quels sont ces points durs : Quelle « Révolution » voulons nous, pour notre peuple, ici et maintenant ? Et quel Communisme du XXIe siècle pour y parvenir ? Nous n’en avons pas la même vision, il faut trancher… Je m’en tiendrai là, pour ce propos, mais je partage l’avis de mon camarade Jussiaume, qui dit à Brun : des cellules d’entreprises, certes, oui, on voudrait bien…Mais avec qui ? Il faut bien mal connaitre la réalité de notre terrain, pour proposer une telle irréalité et méconnaitre l’état de nos forces…Idem pour les écoles du Parti, dont je déplore pourtant l’absence si cuisante, tant je constate, pardonnez-moi de le dire aussi crument, l’indigence des connaissances de la dialectique marxiste, héritée d’Hegel, qui conduit des Dirigeants à raisonner de manière cartésienne et manichéenne, par exemple, en opposant réforme et révolution, alors que ces deux concepts sont une même « Unité dialectique » qui doit se « dépasser ».
  • CN46400 5 novembre 2018 15:00

    @ je suis septique quand à la possibilité de faire approuver un bilan qui ferait autorité pour tous les partisans du communisme. Et encore moins sur la mise en « procès » de tous les grands noms qui ont joué un rôle dans cette aventure qui, faut-il le rappeler, ne fait que commencer. Par contre il peut être utile de s’appesantir sur quelques moments particuliers qui ont pu avoir de grandes conséquences. Par exemple la période 23-27 en URSS où mûrit l’idée du « socialisme dans un seul pays » suivant la NEP entièrement inventée par Lénine. Par exemple, pour la France, la démarche de Thorez en 33-37, puis celle de 44-47 et enfin celle de 1976, de la fin, en France, de la « dictature du prolétariat » dans laquelle trois intervenants, Marchais, Juquin et Fiterman, en croyant rouler Mitterand, et le PS d’Epinay dans la farine, ont finalement abouti à faire endosser, dans la foulée du rapport Kroutchev de 56, au concept de Marx-Engels, la responsabilité des crimes staliniens. Tout en plongeant le PCF dans une crise identitaire, jamais surmontée. Bien sûr, il faudrait rectifier ces erreurs, mais est-ce à un congrès de faire finalement un travail qu’on demanderait à des historiens de confirmer, ou, plutôt de les inciter, eux, et de les aider matériellement à fouiller dans ces directions…

    Quand à l’évaluation, positive ou négative des périodes révolutionnaires, il suffit de comparer l’après avec l’avant, pour juger. La France de 1800 est-elle comparable avec celle de 1788 ? la Russie de de 1924 avec celle de 1916 ? la Chine de 1949 avec celle de 1927 ?….etc

  • Drweski 5 novembre 2018 13:25

    Si nous utilisons la méthodologie scientifique socialiste (marxiste), nous devons alors analyser sans complexes les bases matérielles, et donc les bases de classe de chaque processus. Il en va donc de même avec le capitalisme qu’avec le processus historique que fut et continue d’être le socialisme réel. Il y a eu et il y a une lutte de classe qui se déroule aussi au sein du socialisme et des mouvements ayant le socialisme comme objectif dans la perspective du communisme. Donc au lieu d’analyser le socialisme réel en commençant par une analyse « morale » pour ne pas dire sentimentale, concentrée sur les souffrances des uns ou des autres, il faut commencer par une analyse sur quel groupe, quelle tendance, quelle politique représentait quel intérêt de classe au sein du processus de construction du socialisme de 1917 à aujourd’hui et à demain. Les purges, les contre-purges, les répressions, les Iéjov ou le procès et exécutions des Iéjov (ou des Trotsky, Yagoda, Boukharine, Kamenev, Liou Shao Chi, Lin Biao, Qiang Jing, Soljenitsyne, Sakharov, Slansky, Rakosi, Tito, Hoxha, Honecker, Jaruzelski, Deng Xiaoping, etc, etc. et autres clivages apparus au sein du processus réel du socialisme) doivent être analysées sur la base de la lutte entre les lignes politiques qui avaient toutes, objectivement ou subjectivement, une base de classe qu’il reste à étudier. Bien sûr que des comportements personnels existent mais ils se placent par définition tous dans le cadre de processus sociaux dépassant largement l’ego d’une personnalité ou d’une autre, fusse-t-elle aussi douée qu’un Lénine, un Trotsky, un Staline ou un Mao. De la même façon qu’on ne peut analyser la révolution française, la terreur jacobine comme la terreur blanche, Mirabeau, Danton, Robespierre, les thermidoriens, Fouché, Bonaparte, Talleyrand, etc …en amalgamant le tout, sans chercher qui représentait quels intérêts à quelle étape du processus révolutionnaire et contre-révolutionnaire. Donc commençons par analyser les bases de classe avant de se lamenter sur les « erreurs », les « fautes », les …« péchés » des uns ou des autres comme ont tendance à le faire tant de révisionnistes qui rêvent d’un socialisme qui serait d’emblée gentil et moral par l’opération du saint-esprit. Le socialisme réel a-t-il contribué au progrès social, intellectuel, scientifique, politique, économique, artistique de l’humanité ou pas ? Voilà la question à poser au départ …Personnellement, je pense que le « bilan » reste « globalement positif » d’un point de vue historique, comme celui de la Révolution française et de toutes les révolutions sociales d’ailleurs. Il faut simplement poser la question des causes des phénomènes socialement réactionnaires qui se sont emparés à partir d’un certain moment du pouvoir ou d’une partie du pouvoir au sein des partis communiste, y compris au PCF.

  • SNOWDEN 5 novembre 2018 08:13

    Tartignol comme beaucoup d’autres à Fabien et à l’Hima, comme à la CGT doivent leur carrière à Hue qui a appelé à voter Macron dès le premier tour comme Braouezec. Le recul idéologique du PCF explique la montée du FN, et de Mélenchon comme l’élection de Macron, et donc le recul et l’affaiblissement du PCF comme de la CGT et la perte de lecteurs de l’Humanité.. On tire la pelote et tout vient.

    • Pour un bilan communiste des socialismes du XXe siècle 6 novembre 2018 09:53, par Lanta Ménahem paule

      A l’auteur masqué Snowden… Le texte analysé d’ O. Dartigolles mérite d’être critiqué… ce qui a été fait en amont de notre conférence de section… mais la déformation de son nom ne contribue pas à une critique digne de notre engagement de communistes qui travaillent à maintenir une méthodologie marxiste d’analyse des réalités sociales. L’honnêteté d’Olivier Dartigolles permit à notre FD de mettre fin à la main mise d’un responsable pillier du système Labarrère recyclé à la FI, après voir offert ses services à Rousset au niveau régional…. Désolée mais ce membre du CN de jadis le fut avant Martigues et Robert Hue , et dès mon retour en PA ( 1984) j’avais été surprise de la valeur marchande de sa voiture de fonction… Critique soucieuse d’éviter des dérives qui nuisent aux nécessaires luttes. Paule

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