Pourquoi le socialisme s’est effondré ?

Nous publions ce texte de Gilles Mercier sur un débat nécessaire pour répondre à une question essentielle. Pourquoi le socialisme soviétique s’est-il « effondré ».. La manière de poser la question compte. On pourrait se demander « Pourquoi a-t-il été battu ? » ou « Pourquoi a-t-il échoué ? ». Mais cela fait partie justement du débat.

Gilles a donc raison de poser la question, et notamment d’aborder la question de la place du capitalisme dans le socialisme. Mais il apporte une réponse qui semble ignorer les très nombreux travaux d’historiens, de communistes, dont tout ce qui est publié sur le blog de Danielle Bleitrach. Quelques exemples, trois causes, les valeurs de l’occident, 1991, la chute de l’URSS, Zyuganov

Les communistes doivent avoir une approche marxiste, donc scientifique de cette question, en argumentant un avis par des faits, des sources. Sinon, le débat ne fait que confronter des a priori. L’étude comparée des données économiques et sociales de l’URSS des USA et de la Chine montre que l’affaiblissement de l’URSS commence longtemps après Staline, et qu’au contraire, la période stalinienne est plutôt une période de progrès, y compris d’espérance de vie…

En tout cas, ce débat est crucial pour l’avenir du parti communiste.

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Cette question fondamentale ne peut être esquivée ! L’effondrement du socialisme a constitué un drame pour le mouvement révolutionnaire, il ne s’en est jamais vraiment remis ! Le PCF est né à la suite de la création de l’URSS. En évitant de procéder à une analyse des raisons de son effondrement, il a remis implicitement en cause les raisons de sa création et par la même du bien-fondé de son existence. Se refusant à analyser le passé, il s’est vautré dans l’opportunisme en ne cessant d’accompagner les mouvements réformistes contestataires jusqu’à perdre toute identité.

Le capitalisme qui règne en maitre sur la planète est-il la fin de l’Histoire ? Si oui vers quoi allons nous ? La disparition du socialisme a été présentée comme le début d’une nouvelle ère marquée par la fin des conflits. C’est tout le contraire auquel nous assistons. Les tensions internationales s’accroissent, les conflits armés se multiplient. La violence sociale n’a plus de limite. Le salariat est dépouillé de tout ce qui limite son exploitation, de tout ce qu’il a pu conquérir par ses luttes au cours du 20e siècle quitte à ne plus lui permettre de reproduire sa force de travail. Or comment sortir de ce sentiment d’impuissance, s’il n’y pas de perspective ! Mais comment faire du socialisme une perspective si l’on n’analyse pas les causes de son effondrement ? Face à cette contradiction certains proposent le dépassement du capitalisme, ce qui est en fait synonyme de son aménagement !

Il est absolument nécessaire pour le mouvement révolutionnaire de comprendre les raisons de l’échec d’une société dont la recherche du profit sans limite n’était plus la raison d’être.

L’effondrement de l’Union soviétique c’est l’effondrement d’un système économique et social. Aucun système économique ne s’effondre à la suite de la trahison de tel ou tel dirigeant où parce qu’il n’est pas démocratique. Le capitalisme n’est pas démocratique, il est très bien en place.

L’Homme est rentré dans l’Histoire quand il y a environ 12 000 ans il est sorti de l’économie de subsistance de chasseur-cueilleur en domestiquant les plantes et les animaux dégageant ainsi des surplus de plus en plus importants dépassant de loin ses besoins quotidiens. La production de surplus qui est à la base de la division de société en classes est vitale car elle permet non seulement la subsistance des êtres humains en palliant aux pénuries dues aux variations climatiques mais aussi la diversification de la production par la création de richesses supplémentaires aux besoins immédiats. Une société n’existe car elle produit plus de richesses qu’elle n’en consomme. Son effondrement résulte d’une incapacité à produire suffisamment de richesses pour répondre à des besoins de développement. Pourquoi, l’URSS n’était plus en capacité de produire ces richesses ?

Le socialisme a connu une phase importante d’essor puis de diminution de sa croissance suivie d’une stagnation et d’un effondrement. Le socialisme s’est effondré car l’URSS n’est pas passé par une phase de transition capitaliste contrairement à la Chine, Staline ayant liquidé la NEP. Le capitalisme est une phase obligée du développement économique de l’Humanité, on ne peut en faire l’économie, la Chine en est l’exemple. Il permet un développement considérable des forces productives grâce au développement de la propriété privée des moyens de production qui est la base de l’initiative individuelle. Le socialisme s’est développé dans une Russie économiquement très arriérée, essentiellement agricole dans lequel la propriété privée était marginale. En Russie, les nobles n’avaient pas de titre de propriété sur la terre, leur propriété était une propriété d’usage. Quel intérêt peut-on avoir à développer, à améliorer une terre que l’on ne possède pas ? L’absence de propriété privée fait barrage à l’initiative individuelle, elle engendre la routine, le conformisme, la soumission.

Dans ce pays, l’Etat peu structuré était au service, non pas d’une classe, mais de la famille dirigeante qui dirigeait le pays d’une main de fer. L’éviction de la famille dirigeante assurait la direction de l’Etat. La révolution de février mit au pouvoir la bourgeoisie. Mais cette dernière n’avait aucune expérience de l’exercice du pouvoir. L’erreur de Kerenski fut de vouloir continuer la guerre dans un pays qui n’avait pas les moyens de la conduire et d’assurer en même temps la satisfaction des revendications sociales. N’ayant pas l’assise sociale suffisante, il laissa le champ libre aux bolchéviques qui seuls était porteurs des revendications sociales. L’Union soviétique n’a de soviets que le nom. Les soviets qui représentaient la diversité du mouvement révolutionnaire n’étaient pas tous acquis aux bolchéviques, furent progressivement marginalisés. La guerre civile fut accompagnée d’une centralisation du pouvoir. La mort de Lénine fut suivie de luttes internes au sein du parti bolchévique qui amenèrent Staline à la direction du Parti. Le Parti militant devint un Parti Etat se confondant avec ce dernier. Ce changement de nature eut une importance considérable. L’adhésion devient un moyen obligé de faire carrière avec comme corollaire, la soumission, l’allégeance, le conformisme. L’ensemble de la société devint soumise au Parti dans tous les domaines de la vie. La période de Staline marqua durablement l’Union Soviétique. Les droits de l’Homme furent bafoués, l’URSS devint une gigantesque prison, où la moindre critique la moindre attitude non conforme envoyait quiconque à la Loubianka. Le sort réservé aux maréchaux Toukhatchevski et Bliuker en dit long sur le sort de tous les autres qui n’étaient pas arrivés aussi haut dans l’appareil d’Etat. La grande Terreur avait envoyé entre mai 1937 et septembre 1938 avait éliminé 40 000 officiers soit 90 % des cadres de l’armée sous prétexte d’un complot trotskyste.

J’ai affirmé plus haut que c’est l’absence d’un développement capitaliste au sein de l’économie socialiste qui a été la raison profonde de l’effondrement du système. Le système socialiste est caractérisé par l’absence du marché qui serait une des caractéristiques du système capitaliste, incompatible avec une économie socialiste. Or, le marché n’est que la comparaison des marchandises produites (matérielles et immatérielles) suivant leur coup de production et leur valeur d’usage. C’est deux points sont déterminants. La valeur d’usage fait référence à l’utilité sociale qui est sanctionnée par le marché. Prendre en compte la valeur d’usage c’est prendre en compte les besoins, c’est une approche qualitative. La publicité en système capitaliste n’est que la manifestation de la concurrence des entreprises pour vendre ce qu’elles produisent. Les couts de production, ce qui est dépensé pour produire sont composés de deux éléments : les couts fixes qui cristallisent le travail passé accumulé dans les outils de production (les matières premières et les produits intermédiaires) et les couts variables constitués par les salaires directs et socialisés, prix de la force de travail. La diminution du coût du travail permet de dégager des ressources supplémentaires afin de diversifier la production. En système capitaliste, cette diminution s’opère par l’introduction de nouvelles machines plus efficaces et par la diminution du cout de la force de travail (pression sur les salaires, intensification de la production…). En URSS, la diminution des couts de production n’a jamais fait partie des priorités. L’approche a été essentiellement quantitative à travers les plans quinquennaux. L’industrialisation démesurée de Staline a reproduit la logique capitaliste de l’hypertrophie du capital constant avec comme conséquence, la diminution du taux de valeur ajoutée, c’est à dire la richesse réelle créée. Toute société engendre par son développement des contradictions, des résistances. La façon avec laquelle sont abordées ces contradictions dépend de l’état de développement de la société. Or, la société nouvelle que prétendait être le socialisme n’était pas pour autant débarrassée des schémas de pensée de la société tsariste qui avait imprégnée la Russie pendant des siècles. C’est par l’autoritarisme, la coercition, la violence d’Etat que les contradictions ont été réglées et les oppositions vaincues. Ce sont les membres du Parti qui ont été les premières victimes.

La période de déstalinisation a ouvert un vent de liberté sur la société soviétique, mais de liberté limitée car le Parti a continué d’être un Parti Etat contrôlant la société. Le limogeage de Khrouchtchev a révélé les profondes divergences au sein du PCUS concernant l’organisation de l’Etat, l’économie et les relations du Parti avec la société.

La période Brejnev a été celle d’une chape de plomb sur la société soviétique, elle a marqué le début de l’essoufflement. Le Parti décidait de tout dans tous les domaines notamment dans la culture qui devait conforter « les idéaux du socialisme ». C’est le Parti qui décidait de la publication de tel ou tel ouvrage, de la sortie ou non d’un film, de ce qu’un peintre avait le droit d’exposer.

Toute critique était assimilée à une attaque contre le système. Les soviétiques étaient soumis au Parti, la société étouffait.

A partir des années 1960, le salariat a connu une transformation profonde. La part du travail intellectuel, de conception d’organisation a pris prendre une place de plus en plus grande au détriment des fonctions d’exécution. La proportion de techniciens et d’ingénieurs s’est accrue au détriment des ouvriers professionnels. En outre la production non matérielle expression de la complexification de la production de l’évolution de la société et de l’accroissement des échanges internationaux n’a cessé de prendre de l’importance. Dans les sociétés capitalistes, ces évolutions ont été prises en compte et détournées pour permettre aux entreprises d’accroitre leur profit.

L’organisation des entreprises a été profondément modifiée. Ces nouvelles catégories de salariés ne pouvaient plus être utilisées comme de simples exécutants appliquant les directives de la Direction. En URSS, ces catégories de salariés n’ont pas trouvé la place qui aurait dû leur être confiée dans le processus de production. N’étant pas considérées comme faisant partie de la classe ouvrière, elles devaient rester sous la tutelle du Parti. Leur potentiel créatif fut sous employé. Alors que science et la technologie jouait un rôle de plus en plus stratégique dans l’affrontement entre groupes capitalistes dans l’appropriation des marchés et dans les rapports de puissance entre Etats, l’URSS fut de plus en plus à la traine dans cette course. La part de l’URSS dans le commerce international qui reflet de la qualité des productions nationales n’a jamais dépassé les 5% et était essentiellement destiné aux autres pays socialistes. Alors que la production capitaliste allie le quantitatif et le qualitatif, le socialisme ne s’est jamais préoccupé des besoins du fait de l’absence du marché. La conception des plans était uniquement quantitative. Il y avait des marchandises dans les vitrines mais elles n’attiraient pas les consommateurs soviétiques qui lorgnaient vers les produits occidentaux. La production soviétique était obsolescente. C’est le marché qui permet de tirer les productions vers le haut. Mais quand il n’y pas de marché, il y a le marché noir, lieu de trafics et d’enrichissements frauduleux à ceux qui s’approvisionnent en marchandises peu ou « pas disponibles ». La valeur ajoutée créée par la production nationale fut de plus en plus faible. L’URSS ne fut plus en mesure d’assurer sa défense, le développement de sa production et les dépenses sociales qui en système socialiste sont particulièrement importantes. En outre, l’URSS fut victime d’une gestion hyper centralisée de son économie incompatible avec l’immensité du pays, gestion hyper centralisée doublée d’une technocratie stérilisante. Le décalage entre l’évolution de la société soviétique et le politburo qui dirigeait tout, fut manifeste après la mort de Brejnev. Le politburo choisit en son sein un homme de 70 ans (Andropov) qui décéda 15 mois plus tard puis son successeur de 74 ans malade (Tchernenko) qui décéda moins d’un an après. Quelle image l’URSS offrait elle au monde ? Gorbatchev prit alors la direction du pays. Mais il était trop tard.

Gorbatchev était dans le vide. Si certains à la Direction du Parti était conscients de la nécessité de changements profonds dans l’organisation de la société, ce n’était pas le cas de la majorité. Le Parti avait accompagné la politique de chape de plomb de Brejnev, il était intégré à l’Etat, il était l’Etat, il ne pouvait que suivre son effondrement. Le carriérisme qui était la raison de l’adhésion et non l’engagement militant fit que ceux qui avaient des postes de responsabilité s’adaptèrent très bien au changement de situation en devenant des chantres des privatisations. L’effondrement de l’Etat central fournit l’occasion aux dirigeants des républiques de s’affranchir de Moscou et de devenir maitres en leur royaume.

On peut ne pas partager mon point de vue, mais il a au moins le mérite d’exister, ce d’autant qu’il est ouvert à la discussion. Comprendre les raisons de l’effondrement est indispensable pour crédibiliser le socialisme comme solution à la crise du système capitaliste dans un pays développé comme la France.

Vos témoignages

  • Pourquoi le socialisme s’est effondré ? 26 décembre 2021 08:09, par CN46400

    @edlb Le plus brillants « décroissants » sont partie de ceux, "infime minorité« , qui ne manquent de rien… »Après 200 ans de ce régime dévastateur, le bilan est enfin fait. Le capitalisme est un suicide civilisationnel. On peut difficilement prendre le capitalisme comme modèle à suivre ou même de comparaison avec une alternative.« Les système sociaux, jusqu’au capitalisme, ont été le résultat de l’évolution empirique de la société humaine. Le capitalisme s’est imposé parce qu’il satisfaisait mieux les besoins humains que les systèmes précédents, notamment le féodalisme. Le système qui lui succédera sera le résultat de la volonté réfléchie des humains à la recherche des meilleurs conditions de vie pour »l’immense majorité". Le bonheur n’est le résultat, ni du gaspillage, ni de la pénurie….

  • Pourquoi le socialisme s’est effondré ? 25 décembre 2021 18:08, par edlb

    Merci de corriger mes erreurs ou inexactitudes de béotien incluant mes inévitables fautes d’orthographes.

    ***L’effondrement de l’Union soviétique c’est l’effondrement d’un système économique et social. Aucun système économique ne s’effondre à la suite de la trahison de tel ou tel dirigeant où parce qu’il n’est pas démocratique. Le capitalisme n’est pas démocratique, il est très bien en place.*** Il est en place grâce aux guerres externes qui cassent les initiatives d’émancipation alternative et par l’ingénierie sociale en interne. Deux préoccupations majeurs du Système, éviter les alternatives exemplaires et maintenir une domination de classe.

    ***L’Homme est rentré dans l’Histoire quand il y a environ 12 000 ans…*** une tournure grandiloquente ridicule qui prend un possible pour un déterminant. Disons plus simplement que l’homme a créé une civilisation en aménageant la Nature au-delà de ses seuls besoins de survie. Il serait intéressant de qualifier ces sur-besoins, confort, projection dans le futur, puissance-pouvoir, …

    ***La production de surplus qui est à la base de la division de [la] société en classes est vitale car elle permet non seulement la subsistance des êtres humains en palliant aux pénuries dues aux variations climatiques *** Ceci est une reconstruction. On ne sait pas cela. Tout juste peut-on dire que le nomadisme saisonnier a pu s’accompagner d’un nomadisme climatique et ce, exclusivement en dehors des zones intertropicales. Par contre on peut dire que le stockage, la conservation des aliments a certainement été un facteur d’émancipation, mais bien avant la fin du nomadisme (l’agriculture). On peut aussi dire que l’agriculture a permis parfois de pallier à des pénuries et tout autant fabriquer des pénuries. Ne prendre que les avantages est captieux. L’agriculture est vue ici comme une révolution, c’est une très lente évolution emportant avec elle des avantages et des inconvénients, des besoins et ses lourdes contraintes.

    ***Une société n’existe car elle produit plus de richesses qu’elle n’en consomme.*** NON ! Les chasseurs cueilleurs actuels forment société … Une société évolue rapidement que lorsqu’elle produit du surplus. Le mot produit au sens étendu, le capitalisme pille beaucoup, dévaste beaucoup. Il serait difficile de distinguer la production des dévastations ou pillages. À l’opposé, c’est in-pensable dans une société primitive où la Nature respectée pourvoit largement aux besoins et la société s’en défend assez pour se maintenir. D’un coté déséquilibre nécessaire : la progression du chiffre d’affaire étant le moteur du pouvoir (c’est le plus riche qui décide), de l’autre l’équilibre parfait entre besoins et prélèvements par respect de son environnement producteur vital. D’un coté on tue la mère (Nature qui engendre tout), de l’autre on la respecte. Après 200 ans de ce régime dévastateur, le bilan est enfin fait. Le capitalisme est un suicide civilisationnel. On peut difficilement prendre le capitalisme comme modèle à suivre ou même de comparaison avec une alternative.

    Disons qu’une civilisation se bâtit (évolue) sur sa capacité à maintenir du surplus. Qui se transforme en progrès technique, sociaux que du loisir de penser, de faire autre-chose que survivre permet. La société peut et/ou choisit de détourner une partie de l’effort à autre-chose que sa seule survie ou maintient de l’existant en une fuite en avant de profit. Les chasseurs cueilleurs actuels n’ont pas tous des velléités à la richesse capitaliste. Les esquimaux se sont suicidés dans l’alcool, comme une part des indiens. Les peuples amazoniens tentent en vain de se protéger des dégâts, prédations et violences capitalistes. suite en document joint

    • Pourquoi le socialisme s’est effondré ? 27 décembre 2021 09:09, par CN46400

      @ Edlb Votre long, et fastidieux raisonnement, repose sur un élément spécieux : Tous les prolétaires se vaudraient, ils seraient facilement interchangeables. C’est faux, quelqu’un en connaît un rayon sur cette situation : Lénine « L’ouvrier russe travaille mal (…), nous avons assez de pouvoirs, mais pas assez de savoirs qu’il faut obtenir en négociant avec les capitalistes allemands et US qui maîtrisent les techniques les plus modernes…etc ». Toute la NEP décline ces raisonnements et c’est la solution de ses pbs que témoigne l’énorme bon en avant, en savoirs et compétences, réussi, avant même le demi siècle annoncé par Deng, par l’énorme prolétariat chinois, suite aux réformes de 1979…. Pour ceux qui ne sont pas convaincus, comparez, en 2021, la Chine avec l’Inde !

  • Pourquoi le socialisme s’est effondré ? 21 décembre 2021 13:02, par juan

    impossible de répondre à l’article concernant Cuba , je suis obligé de le faire à la suite de cet article , ma question que pense Emmanuelle Bonnet de Cuba ?

  • Pourquoi le socialisme s’est effondré ? 20 décembre 2021 16:04, par Pedro

    Toute cette discussion arrive aux mêmes conclusions que celles tirées par Trotsky en 1936 dans son « La Révolution Trahie » sauf ses considérations politiques.

    Mais elles découlent de l’analyse objectif de la société soviétique.

    Le trotskisme a dévoyée la critique de Trotsky, cela pousse les communistes à scotomiser sa critique bien qu’ils y arrivent petit à petit.

    Cette négation à la limte de l’hystérie, les écrits de Trotski est une chose, les trotskistes toute une autre, conduit aussi certains vers la droite, vers un compromis entre le capitalisme et le communisme, l’alliance de la carpe et du lapin.

    La critique maoiste du cours capitaliste de l’URSS et des PCs révisionnistes a été défaite par le cours droitier de Deng Tsiao Ping. On peut être perdants tout en ayant raison.

    Les communistes, totalement débousolés mais cherchant la voie vers le communisme, ne peuvent pas se fourvoyer quand même en prenant le chemin de la droite chinoise.

    Autrement l’Evergrande confusion et le manque d’une alternative communiste (pas réformiste, d’appui à la social démocratie ou de compromis avec la capitalisme) continuera à peser sur les travailleurs.

    • Pourquoi le socialisme s’est effondré ? 20 décembre 2021 18:01, par CN46400

      @ Pédro « Mêmes conclusions que Trotski en 36 » Ah bon, c’est quand que Trotski a soutenu la NEP après la mort de Lénine ? « Mao défait par le cours droitier de Deng » Que doit faire Xi pour sortir du "cours droitier" ? moins de routes, de LGV, de logements, d’industrie ? plus de pauvreté, de risettes à Biden ? remettre Mao à la mode ?

  • Pourquoi le socialisme s’est effondré ? 19 décembre 2021 16:05, par Gilles Mercier

    PAM « Mais il apporte une réponse qui semble ignorer les très nombreux travaux d’historiens, de communistes, dont tout ce qui est publié sur le blog de Danielle Bleitrach. Quelques exemples, trois causes, les valeurs de l’occident, 1991, la chute de l’URSS, Zyuganov… » L’article « Trois causes » est caricatural, il réduit l’effondrement de l’URSS à la trahison de Gorbatchev qui se serait vendu à l’occident ! L’article « 1991 » rend responsable les successeurs de Staline de la disparition de l’URSS, il va même jusqu’à remettre en cause le régime répressif qui ne serait qu’une invention de l’occident. Celui sur « les valeurs de l’occident » comme celui intitulé « Zyuganov » ne fournissent aucune explication.

    PAM « L’étude comparée des données économiques et sociales de l’URSS des USA et de la Chine montre que l’affaiblissement de l’URSS commence longtemps après Staline, et qu’au contraire,… »

    Je pense avoir été clair. L’URSS a connu une phase de développement très importante, elle partait de tellement bas, développement qui a ralenti à la fin des années 1960 pour stagner au début des années 1980 puis fut suivi par l’effondrement du début des années 1990.

    PAM « et qu’au contraire, la période stalinienne est plutôt une période de progrès, y compris d’espérance de vie… » Ah oui, mais à quel prix !

    Si la nécessité d’industrialiser le pays ne prête pas à débat, l’ampleur de cette industrialisation n’a pas fait l’unanimité au sein du Parti. Kirov, et Ordjonikidze notamment étaient partisans d’une politique plus équilibré et réaliste. L’objectif de Staline de dépasser les USA était totalement irréaliste. Aucun des objectifs des plans quinquennaux malgré les révisions à la baisse ne fut d’ailleurs atteint, conséquence notamment d’une désorganisation consécutive aux épurations successives des cadres. L’heure était au gigantisme à la construction de chantiers démesurés tel Magnitogorsk qui se révéla être un gouffre financier. Cet industrialisation forcée créa une nouvelle classe ouvrière constituée des paysans qui fuyaient la répression qui frappait le monde rural. 25% de la main d’œuvre de Magnitogorsk fut amenée de force. La collectivisation forcée des terres fut imposée par une répression particulièrement féroce face à la résistance de la paysannerie. C’était l’époque du Stakhanovisme, d’une conception uniquement quantitative de la production que faisait fit de la qualité et des conditions de travail. La journée de travail était de 10 à 11 heures pendant 6 ou même 7 jours consécutifs. Des journées de travail sans salaires étaient parfois exigées pour atteindre les objectifs du plan. Afin que les usines tournent en continue la journée de repos était décalée ce qui rendait difficile la vie de famille. Les salaires étaient maintenus bas complétés par des primes au rendement pour inciter les salariés à accroitre leur productivité. Confrontés à de telles conditions de travail beaucoup d’ouvriers quittaient leur entreprise. A la suite de quoi les amendes pour absentéisme furent introduites, le livret ouvrier fut imposé pour attacher le salarié à son entreprise. A l’issue des trois plans quinquennaux, l’URSS était devenue une puissance industrielle. La production de charbon et d’acier et de fer ont été multipliée par 5, celle d’électricité par 10, de machines-outils par 30 etc. Dans un article paru dans la Pravda de mars 1923 a l’occasion XIIe congrès du Parti Communiste de Russie, Lénine écrivait à propos de la rénovation de l’Etat « … il faut que tout ce qu’il y a de vraiment meilleur dans notre régime social soit mis en œuvre avec le maximum de prudence, de réflexion et de compétence… ». C’est tout le contraire de la politique de Staline. Face aux difficultés, à l’immensité de la tâche de la construction du socialisme dans un pays arriéré, il était tentant « d’aller plus vite que la musique » de forcer l’Histoire. L’industrialisation à marche forcée s’est déroulée en recourant au mécanisme de l’exploitation capitaliste du salariat : bas salaire, primes, mise en concurrence des salariés en glorifiant ceux qui atteignaient et dépassaient leurs objectifs, répression à l’égard de tous ceux qui protestaient assimilés à des ennemis du socialisme. La collectivisation et l’industrialisation à marche forcée ne pouvaient que susciter des résistances et des oppositions dans l’appareil d’Etat et dans l’ensemble de la société. Face à ces résistances à ces oppositions, Staline renforça la contrainte c’est la raison des purges et de la Grande Terreur. Le bilan humain de cette période est terrible.

    • Pourquoi le socialisme s’est effondré ? 20 décembre 2021 09:44, par CN46400

      @ Gilles Mercier Tout à fait d’accord avec toi. Mais, même si cet article est bienvenu, il a, au bas mot, 20 ans de retard, mais ce n’est pas de ta faute. Il faut d’abord postuler que les révolutions, et les contre-révolutions, démarrent toujours sur des pbs économiques. 1789 c’est d’abord la crise des subsistances consécutive au mauvaises récoltes de 1788 et 87. La prise de la Bastille c’est après…. et la chute de l’URSS répond aussi à cette loi, l’espérance de vie avait cessé de progresser en 1970, indice infaillible de la crise, que Gorbatchev a cru possible de dépasser rapidement par la prohibition de la vodka…. Pourtant la solution était au Kremlin, il suffisait de revisiter Lénine, la NEP " pour plusieurs générations (Lénine) « , et surtout »le capitalisme d’état" décrit dans le tome 27 des OCs en réponse à Kaustky (mars 1918), lequel préconisait l’abandon de la révolution à cause de la faiblesse des forces productives dans la Russie de 1917. Qu’est-ce que le capitalisme d’état ? Lénine part de Marx, qui explique que, dans la société bourgeoise, le capitalisme commande l’état, et il inverse la situation. Dans la société prolétarienne, c’est l’état qui doit commander le capital. Et c’est à partir de cette donnée qu’il définit la NEP, le marché, les concessions étrangères etc… Mais Lénine disposait d’une telle autorité politique que même ceux qui n’ont rien compris n’ont pas osé le contredire. Mais il va mourir. C’est alors que Staline sort son "socialisme dans un seul pays" en décembre 25, avant de le rengainer après une critique sévère de Trotski dans les Izvestia, lequel néglige aussi de promouvoir la NEP sur laquelle Staline prolonge le trait, avec l’appui des jeunes communistes (Kroutchev, Brejnev etc…) qui sont obnubilés par les inégalités générées par la NEP. C’est de là qu’il convient de démarrer l’histoire de l’URSS qui se terminera en 1991, deux ans après la visite de Gorbatchev à Deng pendant les évènements de Tien An Men. Sauf que Deng connaît bien mieux Lénine, et le capitalisme d’état, que Gorbatchev…

      • Pourquoi le socialisme s’est effondré ? 20 décembre 2021 12:45, par CN46400

        @ Gilles Mercier A propos d’une « surindustrialisation », l’exemple de Magnitogorsk, siège d’une anomalie magnétique témoignant d’une forte présence de minerai de fer. Avec la NEP, on aurait confié ce chantier à quelques capitalistes allemands ou US qui aurait introduit, par contrat, des machines ad oc, des cadres compétents avec des bénéfices plus ou moins réinvestis, comme on l’a constaté dans la Chine de Deng. Une classe ouvrière compétente aurait été formée qui, à la fin du contrat aurait récupéré le bébé. Hors la NEP, des commerciaux peu compétents ont parcouru le monde pour acheter aux capitalistes des machines dépassées ou au rebut. Les capitalistes ne favorisent jamais la concurrence. Ces machines, souvent payées en or, ont été installées à Magnitogorsk par des techniciens pas ou peu compétents et les ouvriers, en travaillant sur des outils obsolètes, ne pouvaient pas devenir des aigles. Méditons sur ce télégramme de Staline(14 juillet 1932) : "Le manque de maind’oeuvre, les possibles départs en masse vers les travaux des champs, peuvent mettre en péril le travail de construction de Magnitogorsk. Il faut disperser les condamnés dans les villages et les différents secteurs du chantier et cela ne sautera pas aux yeux. Je demande à ce que l’on autorise l’utilisation de 15-20 000 condamnés sur le chantier de Magnitogorsk, Ordjonikidzé est d’accord" On comprend ainsi pourquoi il y avait tant de monde dans le goulag- main d’oeuvre gratuite, mais quelle compétence ? Un jour, Lénine est apostrophé par un ouvrier qui critique la décision, dans le cadre de la NEP, de proposer à un consortium de capitalistes US, l’exploitation complète, pour 60 ans, du Kamptchaka (une fois la France) pour 5% sur les bénéfices. Il répond : Que rapporte le Kamptchaka à la république ? rien ; que rapportera-t-il ? un peu ; et surtout des milliers de prolétaires iront là bas se frotter avec les meilleurs techniques…… La NEP, c’était cela, travailler avec l’étranger pour capter les savoirs et les compétences du capitalisme le plus moderne. Plus franchement que Deng, Lénine le disait crûment : « Ils nous vendront la corde pour les pendre »

        • Pourquoi le socialisme s’est effondré ? 22 décembre 2021 09:50, par CN46400

          @ Gilles Mercier Quand on aborde le pb de l’industrialisation, on se demande toujours où l’on peut trouver de la main d’oeuvre. En général, comme au 19° en GB, on table sur l’exode rural. Mais cet exode peut se manipuler de différentes façons, mais toutes reposent, de diverses manière sur la force. Vol administratif de terre, destruction de masures (GB, Irlande …), ruine des exploitation agricoles, nourriture facilitée, logement plus ou moins gratuit en contre partie de l’embauche (France, Allemagne…). Les staliniens, après avoir refermé le Capital de Marx, savaient cela. Pour multiplier les bras, ils choisirent de collectiviser la terre que, 10 ans avant, la révolution d’Octobre avait distribué aux pauvres des campagnes. Les koulaks, souvent les plus compétent des paysans, avec beaucoup de pauvres, furent déportés dans les combinats industriels où, comme on ne pouvait pas payer de salaires, le travail était forcé. Peut-on aimer le travail bien fait dans ces conditions ? En Chine, Mao, en 49, a nationalisé la terre, et créé les « Commune Populaires » ou le travail était collectif et aussi mal payé qu’en URSS. En 79, Deng n’a pas privatisé la terre, il a privatisé le travail. Plus de Communes Populaires, des entreprises privées pour travailler la terre répartie administrativement entre ceux qui s’engagent à la travailler, et beaucoup de bras libérés pour les capitalistes étrangers, ou semi étrangers qui doivent payer des salaires suffisants pour attirer les ex-paysans des commune populaires. Les résultats sont là, cette démarche était la bonne, Cuba s’est empressé de la copier…. En Russie actuelle, y compris chez beaucoup de communistes, on croit beaucoup que la chute de l’URSS est le résultat d’un vaste complot, mais on néglige souvent de savoir d’où venaient, économiquement, les comploteurs…

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