38e congrès du PCF, proposition de base commune

Pour un manifeste du parti communiste du 21e siècle

Nous publions le préambule de la base commune en cours de rédaction. Ce préambule rassemble de très nombreux communistes, connus et inconnus, et il a ouvert un large travail de coécriture en plusieurs chapitres traitant du bilan, de la crise, de la situation du monde, du communisme, du rassemblement et du parti. Ce travail en cours sera prochainement publié avec un site dédié "pour un manifeste communiste".

Tout indique que cette base commune peut faire l’évènement en offrant la possibilité à de très nombreux communistes de construire un congrès vraiment extraordinaire qui rompe avec une longue période d’affaiblissement, de division et de doute.

Il est possible de participer aux échanges en écrivant à contact chez lepcf.fr


Préambule de la base commune « Pour un manifeste du parti communiste du 21e siècle »

Notre 38e Congrès est vital.

Au mois de juin 2017, les communistes décidaient à l’issue de la séquence électorale des présidentielles et des législatives de convoquer un congrès extraordinaire. Notre affaiblissement électoral et notre perte de visibilité nationale étaient et sont toujours au cœur des préoccupations des communistes qui veulent reconquérir l’influence de notre parti et reconstruire une organisation révolutionnaire de notre temps.

C’est au parti communiste, français et internationaliste, d’assumer cette ambition face à la force du capital qui se pare des atours de la modernité, face à la profondeur de sa crise systémique, mais aussi face à l’attraction des idées réformistes de conciliation, comme celles nationalistes et xénophobes de bouc-émissaire.

C’est d’autant plus nécessaire que Macron et son gouvernement mettent à profit la confusion politique et l’absence d’alternative progressiste crédible, pour conduire à marche forcée la destruction du modèle social français. Ils cherchent à faire de la France, à côté de l’Allemagne, le second pilier d’une Europe au service du capital, des marchés financiers et de l’ordre mondial dont ils ont besoin.

Macron prétend que ses options sont les seules à même d’arracher la France et l’Europe à la crise très profonde d’un système capitaliste qu’il entend sauver. En réalité cette politique va accentuer les vulnérabilités propres de la France et les fractures sociales dans un monde en crise alors que se prépare une nouvelle phase d’aggravation des difficultés mondiales. Elle s’annonce beaucoup plus grave que celle de 2007-2008 dont les forces du capital n’ont voulu retenir aucune leçon.

Après une période d’observation, des luttes importantes se développent. Elles concernent les bases même du modèle social français, dont elles cherchent un nouveau développement : services et entreprises publiques, refus des inégalités, du déclassement et des discriminations, égalité des territoires, protection sociale et son mode de financement à partir des richesse produites, l’emploi, sa sécurité et sa promotion, l’augmentation des salaires, toutes les batailles sur l’éducation et la formation, droits et pouvoirs des salariés sur les lieux de travail.

Il n’y a jamais eu autant besoin de révolution, d’idées et de luttes révolutionnaires ; d’un parti et d’un projet communistes pour permettre au mouvement populaire de s’élargir et de se renforcer jusqu’à contraindre le gouvernement à des reculs, imposer de nouvelles conquêtes, ouvrir une issue politique. Leur absence dans le champ politique laisse la voie libre à toutes les récupérations nationalistes, populistes, xénophobes ou racistes.

Quel défi pour le Parti communiste français !

Mais après son effacement en 2017 et son résultat désastreux aux législatives, son pronostic vital est engagé.

Tout cela constitue un électrochoc. C’est pour cela que les adhérents ont voulu un Congrès extraordinaire pour une réorientation stratégique, une mobilisation nouvelle dans l’action et le développement d’une ambition communiste.

Un bilan stratégique et organisationnel est nécessaire pour permettre un débat sans tabou et des décisions audacieuses.

Nous considérons que la proposition de base commune votée le 3 juin (par 49 voix sur 91 votants et 168 membres du CN) ne répond pas aux exigences du débat, pas plus qu’elle ne permet d’analyser précisément la situation du monde et celle de notre parti. Se refusant à formuler clairement les termes du débat, elle ne permet ni la discussion sur la réorientation et les changements que les communistes sont si nombreux à penser nécessaires, ni la prise d’initiative par celles et ceux qui aspirent à changer l’ordre existant.

Ce n’est pas d’un collage d’options et de synthèses habiles dont notre Parti a besoin pour construire une unité réelle et agissante des communistes.

Nous proposons une base commune qui permette de répondre à cette question essentielle :

Faut-il continuer dans l’effacement, dans une pratique du coup par coup, dans une stratégie illisible, et dans le manque d’ambition et d’incarnation ? Ou construisons-nous collectivement la voie d’un renouvellement politique profond de notre organisation, à même de renforcer notre influence et notre place au sein d’un rassemblement efficace pour notre peuple ?

Pour le débat le plus conséquent des communistes et des choix clairs, cette proposition de base commune entend apporter des éléments de réponse précis aux questions centrales suivantes :

  • Nos difficultés actuelles résultent-elles d’une mauvaise mise en œuvre des choix faits depuis une vingtaine d’années, ou bien ces choix mêmes sont-ils à remettre en question ?
  • Quel bilan faisons-nous aux plans stratégique, organisationnel et électoral ? Quel bilan de l’activité de la direction nationale ?
  • Quelle place du marxisme vivant pour armer le combat et pour la confrontation d’idées à tous les niveaux ?
  • Une réorientation stratégique est-elle nécessaire ou suffit-il de chercher à mieux tenir le même cap sous l’appellation « nouveau front social et politique » ?
  • Faut-il se résigner, aux élections européennes, à un nouvel effacement du parti et de ses idées au nom du rassemblement derrière une possible tête de liste issue d’une autre formation politique ? Ne s’agit-il pas plutôt de construire une liste de large rassemblement initiée et conduite par le PCF ?
  • Comment définir l’objectif du communisme, les voies et moyens de l’atteindre ? Quelle dialectique nécessaire entre nos propositions, les luttes immédiates, les étapes indispensables et la visée communiste qui se construit dans ce mouvement tout en l’éclairant ?
  • Un changement profond de la direction nationale est-il nécessaire ? Quel engagement des dirigeants pour un effort de réorientation des idées, de la pratique et de l’action ?

Nous ne nous résignons pas à l’idée que le congrès extraordinaire puisse sombrer dans les habitudes, les redites et le refus des remises en cause.

Nous voulons sortir le PCF de la spirale de l’effacement et de l’affaiblissement.

Nous partageons cette conviction qu’il ne peut y avoir de transformation révolutionnaire sans un parti communiste fort et influent, visant cette ambition. 

Nous partageons la nécessité d’un renouvellement de notre organisation et d’une relance ambitieuse de notre travail politique, étroitement liés à la mise en dynamique nationale de nos militants.

Ce sont ces enjeux prioritaires qui nous réunissent et nous rassemblent.

C’est pourquoi, dans la diversité et la complémentarité de nos analyses et réflexions, nous proposons ce texte comme Base commune pour la discussion du 38e congrès des communistes.

Nous la mettons dès aujourd’hui à la disposition de tous les communistes pour permettre le développement d’actions transformatrices ambitieuses de notre Parti au lieu de la paralysie liée à la recherche de faux équilibres.

Nous souhaitons que le plus grand nombre de militants s’en saisisse, dans une recherche de convergence et d’unité indispensables à la réussite d’un Congrès extraordinaire, redonnant demain à notre Parti sa pleine capacité d’action à travers une perspective politique et stratégique claire.

Vos témoignages

  • E. Berlherm 9 avril 2024 10:08

    Le capitalisme n’est qu’un parasite du communisme. Même les pays qui se disent fondamentalement libéraux font de la mise en commun pour tout ce qui est essentiel à l’existence. Le dollar lui-même est commun à tous les États-Uniens, et ils sont même parvenus à l’imposer au monde, preuve de leur attachement à la mise en commun du travail que représente l’argent. Le capitalisme est un dévoiement de la notion d’impôt qui devrait être réservé à l’État, mais que des individus sans scrupules utilisent à leur propre fin. Les ouvriers sont imposés par leurs patrons. Nous sommes censés vivre dans une association (la Constitution cite 30 fois le mot société ou social), mais nous ne sommes associés en rien ; nous vivons tous en concurrence.

    Je vous mets en lien un texte sur "Le sens de l’argent" ayant comme sous-titre "Désir des gens désir d’argent". Résumé : Nos parents nous désirent, la société nous désire. Nous existons parce que nous avons été désirés puisqu’au moins la société nous désire même si nos parents nous ont conçus par accident. Nous sommes fabriqués aléatoirement. La société désire nos talents. Mais nous ne sommes pour rien dans nos talents, comme de nos défauts, qui ont été fabriqués sans notre accord, puisque nous avons été mis devant le fait accompli de l’existence. Nous ne nous sommes pas fabriqués nous-mêmes, et si cela était possible nous serions tous des dieux ou au moins des superhumains. L’argent représente le désir que les autres ont de notre travail. Plus notre travail est désiré plus nous avons de chance de pouvoir accumuler de l’argent et donc de vivre aisément et dans le bienêtre. Mais puisque ce sont les autres qui nous ont fabriqués, pourquoi ne nous ont-ils pas fabriqués parfaits ? Réponse : parce qu’ils ne savent pas faire. Ils ne savent même pas éduquer parfaitement. Donc après nous avoir désirés, ils désirent notre travail, nos talents, et ils nous paient en fonction de ce que nous sommes capables de réaliser pour eux. Pourquoi devons-nous subir la double peine d’avoir été mal fabriqués et de devoir mal vivre à cause de nos manques de talents dont les autres, parents et société complices, sont responsables ? Nos handicaps ne devraient-ils pas être compensés puisque nous sommes humains, quasiment débranchés de notre animalité ? Ce n’est pas parce que ces autres, nos fabricants et leurs associés, sont dans le même cas que cela change le problème. L’argent représente le travail des personnes, et il est évalué en fonction du désir que les autres ont de ce travail. Cela parait juste à priori, mais il y a quelques problèmes sur la façon dont est mesuré ce désir et donc sur la valeur de l’argent, mais aussi sur la nature « objet » de l’argent.

    J’ai également écrit des "Droits de la personne" pour remplacer les droits de l’homme (et quelques autres textes). Mon texte est beaucoup plus court et surtout beaucoup plus simple et clair. Voir sur YouTube @Linnocencedexister

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