Quelques remarques sur le Centralisme Démocratique et le Parti Communiste Français

Le site Cocowikipedia ( https://cocowikipedia.org/index.php?title=CocoWikipedia:Accueil ) que je coordonne, dit à ce sujet : ( https://cocowikipedia.org/index.php?title=Centralisme_d%C3%A9mocratique )

« Le centralisme démocratique est le nom donné aux principes d’organisation interne utilisés par les partis politiques communistes, et le terme est parfois utilisé comme synonyme de toute politique léniniste à l’intérieur d’un parti politique. L’aspect démocratique de cette méthode d’organisation décrit la liberté des membres du parti politique de discuter et débattre des questions de politique et d’orientation, mais une fois la décision du Parti prise par un vote majoritaire, tous les membres sont censés défendre cette décision. Ce dernier aspect représente le centralisme. »

Comme Lénine l’a décrit, le centralisme démocratique se compose de "la liberté de discussion, l’unité d’action" [1]. Les statuts des organisations communistes ont généralement défini les principes clés suivants du centralisme démocratique : « Élection de tous les organes du parti du bas vers le haut et renouvellement systématique de leur composition, si nécessaire. Responsabilité des structures du Parti vis-à-vis des structures inférieures et des structures supérieures. Discipline stricte et consciente dans le Parti : la minorité doit suivre les décisions de la majorité, jusqu’à ce que la politique soit modifiée. Les décisions des structures supérieures sont obligatoires pour les structures inférieures. Coopération de tous les organes du Parti, de façon collective, à tout moment et, corrélativement, responsabilité personnelle des membres du parti pour les missions qui leur sont données et pour les affectations qu’ils créent eux-mêmes. »

Le texte « Que faire ? » de 1902 est communément considéré comme le texte fondateur du centralisme démocratique. A cette époque, le centralisme démocratique était généralement considéré comme un ensemble de principes pour l’organisation d’un parti ouvrier révolutionnaire. Le modèle de Lénine pour un tel parti était le Parti social démocrate allemand.

La doctrine du centralisme démocratique a été l’une des sources de la scission entre les Bolcheviks et les Mencheviks. Les Mencheviks ont soutenu une discipline moins stricte du Parti dans le Parti social-démocrate russe en 1903, de même que Léon Trotsky dans « Nos tâches politiques » [2] bien que Trotski ait rejoint les Bolcheviks en 1917. Après la consolidation réussie du pouvoir par le Parti communiste après la révolution russe de 1917 et la guerre civile russe, la direction bolchevique, avec Lénine, a institué une interdiction des factions au sein du Parti communiste russe par la résolution n°12 du 10e Congrès du Parti en 1921. Cette résolution a été adoptée dans la matinée du 16 Mars 1921 (Protokoly 1933 ed. 585-7, 1963 ed. 571-3). Les partisans de Trotsky prétendent parfois que cette interdiction était destinée à être temporaire. Mais il n’y a rien dans la discussion lors du 10e Congrès du Parti suggérant que cette interdiction était destinée à être temporaire (Protokoly 1933 ed. 523-548). Le groupe du centralisme démocratique était un groupe au sein du Parti communiste russe qui préconisaient différentes conceptions de la démocratie pluraliste.

Sous Brejnev, le centralisme démocratique a été décrit, dans la Constitution soviétique de 1977.

Le centralisme démocratique en Union soviétique

Du temps de l’Union Soviétique, dans les années 1980, le centralisme démocratique [3] était perçu de la façon suivante : « Principe de direction de la société socialiste, d’organisation et d’activité du parti communiste et de l’Etat soviétique. En U.R.S.S. et dans les autres pays socialistes, le centralisme démocratique est à la base de la direction du parti, de l’Etat et de l’économie nationale. Il s’exprime dans l’unité de deux principes d’organisation corrélatifs : la démocratie et le centralisme. La démocratie suppose l’élection des organes dirigeants, leur responsabilité devant les masses et l’obligation de rendre compte à celles-ci de leur activité. Le centralisme, c’est l’application d’une politique unique, la subordination des organismes inférieurs aux organismes supérieurs, de la minorité à la majorité. Le centralisme démocratique allie à la direction unique les initiatives et l’activité créatrice à la base, la responsabilité de chaque organisme de l’Etat et de chaque fonctionnaire pour les tâches dont ils sont chargés. »

Le principe du centralisme démocratique centralisme permet d’orienter le développement social vers les objectifs fixés, d’harmoniser les intérêts locaux et ceux de l’Etat. Le perfectionnement de la structure d’organisation et des méthodes de direction entraîne une consolidation des deux composants du centralisme démocratique : le centralisme se développe, faisant ainsi obstacle aux étroitesses locales et au compartimentage administratif, tandis que les principes démocratiques connaissent un développement qui stimule au maximum les initiatives à la base.

Le centralisme démocratique depuis la chute de l’Union soviétique :

La plupart des grands partis communistes conservent le principe du centralisme démocratique (Parti communiste chinois, Parti communiste russe, parti communiste du Viet Nam, Parti communiste de Cuba, Parti communiste grec, etc)

Le Parti communiste français a abandonné le principe du Centralisme démocratique à son 28e Congrès en 1993 [4]

Voici l’argumentation qui a été utilisée :

Abandon du centralisme démocratique :

« Les fondateurs du Parti communiste ont choisi pour principe de fonctionnement le centralisme démocratique. Ce principe a permis de se dégager de la pratique profondément antidémocratique des « tendances » à laquelle il ne peut être question de revenir avec ses enjeux de pouvoir et ses compromis entre leaders qui cristallisent les positions et conduisent à ce que les adhérents n’ont pas de prise réelle sur les choix de leur propre parti et à ce que les électeurs n’ont aucune assurance que les engagements qu’ils prennent seront tenus. Mais il correspond à une conception du combat révolutionnaire qui fut celle du Parti communiste, qui n’est plus la sienne, et qui doit aujourd’hui être pleinement dépassée : celle qui attribuait à ce parti un rôle de direction de la transformation sociale et mesurait sa capacité de jouer ce rôle à son unité de pensée et d’action autour de la ligne politique décidée centralement. Cette conception conduisait à confondre unité et uniformité et donc à considérer comme des adversaires potentiels, à combattre, à mettre à I’écart des communistes sincères qui n’étaient pas d’accord avec cette ligne et le disaient. Le Parti communiste, ses militants le regrettent et ne veulent plus que de tels faits puissant se reproduire.

Certes, l’application concrète de ce principe a beaucoup varié selon les époques. II fut un temps où la direction du Parti exerça sur celui ci un pouvoir outrepassant celui que le centralisme démocratique lui conférait. Inversement, son renouvellement a amené dans les faits le Parti communiste à s’éloigner de plus en plus de ce principe, notamment à partir du 25e Congrès en 1985, lorsque fut décidé de distinguer les positions prises dans la tenue et la conclusion des débats politiques et les critères d’élection des dirigeants.

La volonté politique qui marqua le 27e Congrès en 1990 de « travailler ensemble » à tous les niveaux du Parti entre communistes tels qu’ils sont, donc de sensibilités et d’opinions différentes, à constitué un tournant irréversible. Cette volonté à impliqué que le respect d’autrui, la totale liberté de ton, l’écoute mutuelle président aux rapports entre les adhérents, et que ceux-ci deviennent de mieux en mieux les maîtres de leur parti.

A son 28e Congrès, le Parti communiste décide de tirer toutes les implications de ces évolutions. Il appelle tous ceux qui ont été membres du Parti communiste français ou qui se considèrent communistes de cœur à prendre ou à reprendre leur place au sein du PCF pour contribuer à son activité et à son renouvellement. Parce qu’il considère que c’est dans la démocratie, c’est-à-dire l’intervention consciente du peuple, de chaque individu, que réside la solution aux problèmes posés, il adopte des règles de vie entièrement conçues pour libérer les capacités d’initiative et de créativité des communistes, pour dépasser la coupure omniprésente dans notre société entre ceux qui décident et ceux qui exécutent, dirigeants et dirigés. » [5]

Notes et références :

(http://publ.lib.ru/ARCHIVES/K/KPSS/_KPSS.html#010) Transcript of 10th Party Congress, 1933 edition (in Russian) • Transcript of 10th Party Congress, 1963 edition (in Russian). (http://vkpb2kpss.ru/book_view. jsp ?idn=002410&page=571&format=djvu) • On Democratic-Centralism & The Regime (http://www.marxists.org/archive/trotsky/1937/xx/democent. htm) Leon Trotsky. • Notes on democratic centralism (http://www.marxists.org/archive/cliff/works/1968/06/democent.htm) Tony Cliff, June 1968. • Bolshevism, Fraudulent Practice Of Democratic Centralism (http://www.weisbord.org/Fraudulent.htm) Albert Weisbord, 1976. • On Democratic Centralism (http://www.plp.org/pl-magazine/selections/democent.html) PL Magazine, 1982. • Democratic Centralism (http://www.etext.org/Politics/MIM/wim/democent.html) MIM Notes 51, April 1991 • On democratic centralism (http://www.sa.org.au/index.php?option=com_content&task=view&id=74& Itemid=124) Mick Armstrong, 2000. • Democratic Centralism (http://www.marxists.org/glossary/terms/d/e.htm) Glossary of Terms on http:// www.marxists.org

Cet abandon du Centralisme démocratique par le PCF a généré diverses réactions. Le lien suivant permet de consulter certaines d’entre elles dont nous ne partageons pas forcément les conclusions

https://lepcf.fr/spip.php?page=recherche&recherche=centralisme+d%C3%A9mocratique

Paradoxalement, cet abandon du centralisme démocratique par le PCF, qui tout en gardant l’étiquette communiste, était devenu dans les faits un parti social démocrate réformiste, a permis le développement, à l’intérieur du PCF réformiste, d’un courant de pensée révolutionnaire, conscient de l’importance primordiale du socialisme aux caractéristiques de la Chine dans la mondialisation. Le lien suivant permet de consulter plusieurs articles sur le sujet :

https://lepcf.fr/spip.php?page=recherche&recherche=Chine

C’est l’influence grandissante de ce courant de pensée révolutionnaire à l’intérieur d’un PCF réformiste qui a permis, après divers compromis avec d’autres courants de pensée du PCF, l’élection de Fabien Roussel en remplacement de Pierre Laurent. https://lepcf.fr/spip.php?page=recherche&recherche=FVRPCF

https://lepcf.fr/spip.php?page=recherche&recherche=Roussel

La première visite officielle de juillet 2019 en Chine de Fabien Roussel montre un infléchissement positif de l’attitude du PCF envers la Chine socialiste.

https://www.facebook.com/Particommuniste/posts/2275738525873429?comment_id=2280738902040058

http://french.cri.cn/interview/list/714/20190730/323522.html?fbclid=IwAR0S96d_VrxSWZhX_iD6Cs_KtMNDV5pr4Buhyy_8fsnv9JNucpNrdDLR9ew

Le Centralisme démocratique est un outil à évaluer selon le contexte

Les travaux du grand psychiatre communiste et ami de la Chine socialiste, Hervé Hubert, montre que le centralisme démocratique est un outil qui ne fonctionne que dans le cadre d’un transfert social positif.

https://cocowikipedia.org/index.php?title=Transfert_social

Le transfert social [6] est un outil psychanalytique conçu par Hervé Hubert (Hervé Hubert, Psychiatre des Hôpitaux, Psychanalyste,Chef de service, Docteur en Psychanalyse, Docteur en Psychologie ) à partir du texte de Freud « Psychologie des foules et analyse du moi » [7], remanié par les apports de Lacan et Marx.

Il repose sur le fait qu’un individu tout seul cela n’existe pas, paraphrasant ainsi le pédiatre et psychanalyste Winnicott à propos des bébés « Un bébé tout seul cela n’existe pas ». Il s’appuie également sur la VIe Thèse sur Feuerbach qui indique que l’essence de l’homme est dans les rapports sociaux « (…) Mais l’essence de l’homme n’est pas une abstraction inhérente à l’individu isolé. Dans sa réalité, elle est l’ensemble des rapports sociaux. » [8]. Un individu est un être social pris dans un mouvement transférentiel avec les autres individus dans le cadre des rapports sociaux de production.

Le terme psychanalytique de transfert a pour base un mécanisme de déplacement. La personne en psychanalyse déplace sur le psychanalyste des sentiments authentiques (amour, haine, ignorance) et produit un savoir inconscient par son dire sur le divan, associant librement des mots, des images, des sensations de corps. Le produit du transfert est une circulation de mots, d’images, de sensations de corps et cela circule dans l’affect qui vectorialise le processus. Cela met en évidence le nouage inconscient qui organise le mouvement social d’une personne, nouage entre mot-image-sensation de corps. Freud note dans son travail à plusieurs reprises qu’il y a un transfert commun qui fonctionne dans la société entre les individus. Lacan confirmera ce point de vue. Ce qui est à noter est le texte qu’il écrit en 1921, déjà cité, « Psychologie des foules et analyse du moi » et qui considère en partie l’individu comme social. Ce texte de Freud est sans doute le plus proche de l’œuvre de Marx. Il analyse en effet dans cet ouvrage les rapports existant dans le groupe social, entre les individus entre eux, ce que Hervé Hubert appelle transfert horizontal, ainsi que les rapports entre le groupe et un meneur, ce que Hervé Hubert appelle transfert vertical. Freud étendra ce mécanisme envers le meneur aux rapports entre le groupe social et donnera les exemples de l’Eglise ou de l’Armée.

Transfert social et Transfert commun

Hervé Hubert substitue le terme de transfert social à celui de transfert commun pour éclairer les rapports décrits par Freud. Ce dernier parle en effet dans ce texte d’angoisse sociale, de pulsion sociale, mais reste enfermé dans le concept psychanalytique d’identification. Hervé Hubert invente ce terme de transfert social dans le même mouvement où, suivant Lacan, il introduit Marx dans le champ concret de la psychanalyse, celui de la pratique de transfert dans la société. Hervé Hubert fait mention de ce concept pour la première fois dans l’article « Déchéance de nationalité et plus-de-jouir » in Lemonde.fr paru le 25/08/2010. Cet outil du transfert social est simple, composé dans sa géométrie d’une verticale et d’une horizontale. La verticale fait fonctionner le groupe social qui se situe sur l’horizontale en reliant tous les membres du groupe en un point unique (meneur, Eglise, Armée) Ce point unique recouvre un trou fondamental. Si on enlève ce qui fait tenir la verticale, les éléments sur l’horizontale se délient, l’ensemble du groupe social se défait transitoirement en particules séparées par des trous. Il se produit un dé-nouage, un dénouement. Ce transfert a toutes les caractéristiques du transfert psychanalytique, seuls la situation et le maniement de l’outil sont différents de ce qui ressort de l’expérience psychanalytique. Le transfert social fait fonctionner des valeurs sociales dans les groupes et devient de fait déplacement de valeur de jouissance, convoquant le rapport à la vérité, au savoir et ses différents modes de négation dans le collectif (le déni étant le mode le plus fréquent de négation de savoir). L’apport de Marx est décisif pour donner toute sa mesure à l’analyse du déplacement de jouissance, du transfert social de jouissance sociale.

Transfert social 1

La jouissance est ici à entendre sous la forme juridique du droit : le droit à jouir d’un bien social par exemple, avoir possession d’un bien social (la santé par exemple) Marx est le premier psychanalyste de l’Histoire : il analyse les rapports sociaux de production et montre la duperie qui l’organise dans les rapports de classe et d’exploitation. Il met en évidence dans le Capital les ressorts de la duperie, la mystification et le fétichisme liés à la mise en rapport des marchandises avec le profit. Il y a une place homologique entre cette duperie sociale et la duperie du fantasme produite dans la cure psychanalytique, où il conviendra de saisir la construction du transfert, qui se produit entre le psychanalyste et le psychanalysant, dans son point d’arrivée à ce qui a dupé la personne jusqu’alors dans sa vie dans son rapport à son désir et sa jouissance propres. Dans le transfert de la cure, l’analyste prend la place de déchet à mettre à la poubelle, résultat du vidage de ce qui pousse un humain à jouir dans son rapport aux autres et à lui-même. Quelque chose est tombé dans le transfert et cela renverse et oriente l’éthique.

Bascule transférentielle

Quelque chose est tombé, quelque chose s’est dénoué. Cette logique de bascule transférentielle et de dénouement peut nous éclairer de façon décisive dans l’issue révolutionnaire transformatrice du transfert social lorsqu’un changement d’ordre de jouissance sociale se produit sous la pression de la tromperie, de l’humiliation et de l’angoisse sociale en rapport avec la privation sociale et la déchéance sociale qui l’accompagne. C’est là où se produit l’articulation avec la Révolution. Dans le transfert social, la tromperie (rapport à la vérité) et l’humiliation sociales (castration) vont être des moteurs essentiels dans ce qui pousse au niveau social vers un changement lorsqu’une privation sociale devient un fait social majeur (crise). Ce changement n’est pas nécessairement une révolution socialiste mais peut-être l’arrivée du fascisme ou du nazisme. Ainsi l’angoisse sociale peut ébranler ce qui fonctionne comme garantie entre les deux axes transférentiels, et Hitler a su transférer son plus de jouir barbare pour sortir d’une position de déchéance, de privation et faire circuler la valeur de la race [9].

Cela relève du mécanisme transférentiel qui met en fonction la supposition et l’attribution dans ce qui fait signification quant à un drame social. Face à un drame social, une privation sociale, différentes suppositions individuelles et collectives vont venir faire tentative de signification. Il y aura des oscillations entre des extrêmes et puis pour faire cesser ces oscillations et suppositions une attribution sera effectuée au niveau de l’intention de tromper et détruire une puissance. Ainsi Hitler après différentes phases contradictoires de la pensée va basculer du côté de l’antisémitisme et de l’anticommunisme. Il estime que dans le contexte de déchéance sociale de 1924 en Allemagne, après l’humiliation subie par le peuple allemand à l’issue de la première guerre mondiale, une séparation avec cet état de privation insupportable est nécessaire. Il se dit dupé par la social-démocratie qui trahit les idéaux politiques qui lui sont attribués ; il se sent également dupé par les Juifs qui tromperaient sur leur civilité allemande, restant dans leur jouissance à part « juive ».

C’est donc à partir des moments de bascule dans un rapport à la déchéance d’une fonction sociale pour un individu ou pour un groupe que la psychanalyse liée au transfert social pourra éclairer une logique inconsciente. Il s’agit ainsi de contribuer à l’enjeu énoncé par Marx d’analyser la Raison et son irrationalité. Cette irrationalité est en correspondance avec les termes d’inconscient, de passions qui s’articulent à ceux de pulsion et de puissance. La question du meurtre est ainsi centrale. Des actes historiques peuvent ainsi être analysés dans leur dimension de transfert social, complémentaire d’autres analyses. La décapitation du Roi Louis XVI qui instaure la République en France, « tranche » le lien entre le pouvoir concret du pouvoir sur un peuple et le transcendantal divin : le pouvoir de Droit Divin. Les effets sociaux concernant la Terreur ou la naissance de l’Etre Suprême ou la Déesse Raison sont des effets de dé-nouage de la place sociale et de la fonction sociale de Dieu. Lorsqu’il y a faillite du pouvoir social en cas de crise dans une société libérale comme en 1929, l’angoisse sociale est importante. La fonction d’une valeur, l’argent, est en faillite et marque l’impuissance de l’individu. Elle marque aussi la jouissance abusive de certains propriétaires du Grand Capital. La mise en circulation par le nazisme des valeurs

Transfert social 2

"Sang" et "race" viennent mettre en place un nouveau nouage, permettant face au dénouement (dé-nouage) tragique prévisible, d’anticiper et d’avoir l’illusion d’une puissance. La tromperie et l’humiliation portées par la Social-Démocratie poussent à ces solutions barbares. Selon Hervé Hubert l’homologie avec la situation de 2015 en France, en Europe et aux Etats-Unis d’Amérique est frappante. Le pouvoir social ne se résume pas à la vulgarité du concept de pouvoir d’achat, il est aussi un "pouvoir faire" pour l’individu dans le socius, pouvoir faire selon ses besoins, ses désirs, ses vœux de création.

La célèbre question « Que faire ? » posée par Lénine qui revient régulièrement dans notre actualité a aussi cette portée. Il est important de saisir le transfert historique grâce à l’outil proposé et son corrélat de nouage.

Nouage transidentitaire

Selon Hervé Hubert, un autre exemple est la situation transidentitaire. Le transfert social permet de saisir la logique qui fait obstacle puis passage vers un nouage mot-image-corps, à savoir pour les MTF, passage du nouage hommeimage masculine – trait corporel viril au nouage femme-image féminine- trait corporel féminin. C’est lorsque la valeur dite virile ne fonctionne plus que le passage transférentiel peut se produire vers un autre nouage où la valeur dite féminine fonctionne. La personne MTF fabrique un nouveau nouage avec l’abolition du nouage ancien et ainsi un nouvel ordre de jouissance se met en place, l’ordre fonctionnant comme un nouage si nous suivons Lacan. Pour les FTM le nouage est inversé. Cette conceptualisation permet de donner des bases d’appui transférentiels dans les passages transidentitaires et offre des outils d’analyse à ce qui marque de façon claire la psychiatrisation de différences parmi les humains

Nouage de civilisation

La question du nouage et de l’ordre peut se transposer au niveau collectif et politique L’acte révolutionnaire de Lénine en 1917 sera de mettre en place un autre rapport à la jouissance sociale dans le cadre de la lutte des classes. Selon Hervé Hubert, il y aura avant qu’un autoritarisme ne se mette en place après la mort de Lénine, des effets d’un nouveau nouage avec la création de l’Union Soviétique, qui a dans sa constitution, sa consistance et sa formulation même, l’idée de nouage. Il y aura ainsi des transferts sociaux émancipateurs souvent méconnus avec une révolution sexuelle, la mise en place de centres psychanalytiques gratuits, la perspective d’inventer un rapport transférentiel de peuple vers la création artistique (Pour ce dernier point l’influence de Gorki et de Loucharnasky sera importante).

Selon Hervé Hubert, saisir avec le concept de transfert social, l’échec de cette émancipation puis son effondrement en 1991 paraissent d’une grande importance dans la proposition nécessaire d’abolir le capitalisme. Multiples pertinences du concept de transfert social Pour Hervé Hubert, les pertinences du concept de transfert social sont donc multiples et les perspectives de son utilisation opérationnelle peuvent toucher différents champs : la pratique psychanalytique bien sûr mais aussi, l’Histoire et le Matérialisme Historique, la Philosophie et le Matérialisme Dialectique, l’Esthétique, la Sociologie, l’Economie, l’Ethique, l’Epistémologie.

Liens et documents externes : • http://www.legrandsoir.info/bonnes-fetes-de-faim-damnee.htmlhttp://www.legrandsoir.info/penser-le-defaut-de-civilisation-capitaliste-aujourd-hui-avec-georges-politzer.htmlhttp://www.legrandsoir.info/hugo-chavez-un-transfert-historique.html Sources et contributeurs de l’article « Transfert social » : https://cocowikipedia.org/index.php?oldid=12213 Contributeurs : Hervacacia, Hervé Hubert-Klein, Zenshine

Selon moi, dans la perspective d’Hervé Hubert, le culte de la personnalité est une dérive du transfert social qui affaiblit l’aspect rationnel du centralisme démocratique, alors que le transfert social positif est nécessaire à la viabilité du centralisme démocratique.

Débat Alain Badiou/Georges Gastaud du PRCF - Combat de coqs ou version marxienne moderne d’un débat scolastique ?

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/georges-gastaud-repond-a-alain-badiou-renaissance-communiste/

Ce long échange lourd de pédanterie s’apparente à la fois à un combat de coq et à une version marxienne moderne d’un débat scolastique. Il se conclut par une méconnaissance commune du socialisme aux caractéristiques de la Chine :

– Quel regard portez-vous sur la Chine d’aujourd’hui ?

Alain Badiou – Grâce à l’héritage de l’époque maoïste : un système éducatif efficace

Georges Gastaud : mais largement devenu… payant, hélas, à la suite des réformes de Deng, sans parler des universités !

Alain Badiou – suite – un secteur scientifique performant, l’habitude de la discipline au travail (que n’avaient pas, longtemps avant le socialisme, les constructeurs de la Grande Muraille ?), un socle industriel solide, une main d’œuvre d’origine paysanne en quantité illimitée, un Etat-Parti bien installé (qu’est devenu dans cette analyse le « feu sur le quartier général » maoïste ?), autoritaire et respecté, la Chine a pu se lancer dans le développement capitaliste avec des chances importantes de succès. La maxime “dialectique” de Deng Xiaoping [secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC) de 1956 à 1967, violemment attaqué par les gardes rouges pendant la Révolution culturelle, ndlr] : « La première étape du socialisme, c’est le capitalisme », comme son dicton favori selon lequel la seule vérité, c’est le développement, ont donné le "la" de brillantes années de réussite et d’accumulation primitive. La Chine est devenue un pays capitaliste qui mixte et organise un capitalisme de milliardaires et un capitalisme d’État, une puissance concurrentielle et féroce, qui se bat jusqu’en Afrique, tout comme le font Français, Anglais, et Américains, pour le pillage et les débouchés, mais avec un style un peu nouveau, un impérialisme plus avisé.

Georges Gastaud – Sans partager toutes ces formulations quelque peu péremptoires, qui font l’impasse sur le fait que, pour le moins, la contre-révolution n’est pas achevée en Chine, pas plus qu’elle n’était achevée sous Brejnev et qu’il a fallu pour cela la contre-révolution eltsinienne, on peut apprécier l’effort d’A. Badiou pour montrer la réalité chinoise actuelle dans sa complexité.

Suite Alain Badiou – Quel est l’avenir de tout cela ? Probablement, comme en 14, la guerre. Tout le monde, du reste, la prépare. Nous ne pouvons que nous replier sur la maxime de Lénine : « Ou bien la révolution (je dirais plutôt ici « la politique communiste ») empêchera la guerre, ou bien la guerre provoquera la révolution ». Espérons que ce sera la première hypothèse, mais le temps presse…

Georges Gastaud – Et si déjà, concrètement, on combattait la guerre mondiale impérialiste qui approche à grand pas et qu’on remette en pratique, contre Macron, contre l’UE atlantique, contre le fascisant et irresponsable Trump, le slogan de Liebknecht, « l’ennemi principal est dans ton propre pays »… En ajoutant à ce slogan, pour se distinguer du social-impérialisme européen et de ses fariboles sur « l’Europe sociale, pacifique et démocratique » : « et sur ton propre continent », ne serait-ce que pour ne pas implicitement préférer la gentille – mais incurablement impérialiste – Europe germano-centrée, servilement suivie par le pouvoir macronien, aux méchants Etats-Unis trumpistes ? La révolution, on la prépare en combattant la contre-révolution ici et maintenant, et l’une de ses formations étatico-continentale majeure qui est l’UE supranationale. Certes la révolution peut empêcher la guerre impérialiste qui accourt. Mais inversement pour hâter la révolution au lieu de l’attendre eschatologiquement, rien de tel que de combattre la guerre impérialiste et ses infrastructures étatiques et transétatiques, au centre desquelles se trouve ce « partenaire stratégique de l’OTAN » que se veut très officiellement l’UE. Et si nous réclamions tous ensemble, non pas l’inepte "révolution européenne", qui oublie que les « Etats-Unis d’Europe » ne sauraient être sous le capitalisme, selon la démonstration classique de Lénine, « que réactionnaires ou utopiques », mais le Frexit progressiste, antifasciste et internationaliste en tant qu’il peut ouvrir, à l’initiative du prolétariat, une dynamique nationale, voire continentale de rupture avec le capitalisme ? D’autant que, même si une large partie de l’extrême gauche feint de l’ignorer, le parti lepéniste a largement tombé le masque "eurosceptique" en se ralliant quasiment à l’euro et à l’UE entre les deux tours de la présidentielle…

Gastaud et Badiou, alliés objectifs de l’impérialisme occidental :

En s’attaquant au socialisme aux caractéristiques de la Chine, soit au chef de file de la lutte contre l’impérialisme occidental, nos deux compères, Gastaud et Badiou se situent, objectivement, en dépit de leurs déclarations « franchement communistes », du côté de l’impérialisme occidental. Car comme le disait bien Elsa Triolet, une barricade n’a que deux versants !

Or pour en revenir au centralisme démocratique, l’objet de nos remarques, le PRCF est un fervent partisan du centralisme démocratique, pour renforcer ses analyses… qui confortent objectivement l’impérialisme occidental !!! https://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/pour-le-centralisme-democratique-par-georges-gastaud-video/

Cela montre bien qu’on ne peut pas évaluer le centralisme démocratique en dehors de son contexte d’application.

Rebâtir un contexte dans le PCF et dans le journal L’Humanité y rendant souhaitable le rétablissement du centralisme démocratique !

Nous soutenons les efforts du réseau FVRPCF (http://lepcf.fr/) visant à rétablir dans le PCF et dans le journal L’Humanité une vision objective et factuelle des faits, en particulier en ce qui concerne le socialisme aux caractéristiques de la Chine. Des indices laissent espérer que nous sommes dans la bonne direction. Mais rien n’est encore gagné et les tenants de la mutation engendrée par Buffet et Hue sont encore puissants dans le PCF. L’article suivant de l’Humanité sur Hong Kong le montre bien : https://www.humanite.fr/hong-kong-face-une-revolte-qui...

Par contre, le soutien précautionneux, mi figue mi raisin, de Dominique Bari aux routes de la soie est encourageant ; « L’ambition de créer une communauté de destin pour l’humanité est-elle utopique ou saura-t-elle, si les forces du progrès y participent activement, donner toute sa mesure pour inventer la suite de l’histoire et non plus d’en décréter la fin ? C’est le grand enjeu des routes de la soie ». Si Dominique Bari dit cela en France (et pas seulement à Beijing) sur le magazine officiel du PCF (Cause Commune : http://66.pcf.fr/112363), il y a vraiment de l’espoir !

[3Onikov et N. Chichline, Petit dictionnaire politique, Editions du Progrès, Moscou, 1980, 1982 pour la traduction française, p.50.

[4Article : Le centralisme démocratique doit aujourd’hui être abandonné car c’est la condition nécessaire pour développer la capacité d’ouverture des communistes sur le fond, vers les cellules (Humanité, 21-06-1993)

[5Extraits du document « Le Manifeste » au 28e congrès de 1994 : http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-24975910.html

[6« Déchéance de nationalité et plus-de-jouir in Lemonde.fr paru le 25/08/2010

[7Freud S, Massenpsychologie und Ich-Analyse, 1921

[8Marx K., Engels F., L’Idéologie allemande, 1re partie « Feuerbach », Editions sociales, Paris, 1966

[9Hubert H., Déchéance de nationalité et plus-de-jouir, Le Monde.fr 25 août 2010

Vos témoignages

  • pam 18 août 2019 12:07

    Hervé a posé utilement la question du centralisme démocratique que toute réorientation du PCF devra aborder… D’autant que l’expérience depuis son abandon montre à quel point cela n’a pas aidé ni la démocratie, ni la solidarité et la cohérence des communistes, ni même leur fraternité militante… Et que les péripéties adémocratiques de la France Insoumise sont là pour montrer à quel point le « mouvement » plus ou moins gazeux ne peut être une alternative au centralisme démocratique pour les combats du monde du travail .

    Il est utile de faire le lien avec la « dictature du peuple » théorisée par les chinois, mais il ne faut pas que cela empêche le débat au fonds sur la question de l’organisation pour les communistes.

    D’autant que Hervé passe le trait de mon point de vue inutilement dans son désaccord pourtant justifié avec le débat Gastaud-Badiou. Evoquer un « long échange lourd de pédanterie » pour conclure que Gastaud est un allié objectif de l’impérialisme est évidemment insultant, ce qui n’est jamais bon dans un débat militant, mais surtout évidemment faux.

    Hervé aurait pu en rester à son jugement d’une « méconnaissance commune du socialisme aux caractéristiques de la Chine : » de Gastaud, et justement montrer en quoi la « dictature du prolétariat » en Chine montre bien que le pouvoir est bien détenu par les communistes pour décider en faveur de ceux qui travaillent, même si le capitalisme continue à jouer son rôle.

    Cela aide d’ailleurs à mieux comprendre ce qu’est le socialisme, période de transition qui n’est pas la négation du capitalisme, mais de la .. dictature de la bourgeoisie.

    Je veux réaffirmer la fraternité et la solidarité que nous assurons à Georges Gastaud, malgré des désaccords devenus majeurs depuis 2017. Les communistes divisés par une histoire difficile ont tout intérêt à se parler avec bienveillance… pour pouvoir surmonter leur désaccord…

    pam

    • Si la forme de ma remarque a pu blesser, c’est « à l’insu de mon plein gré ». Je le regrette et présente mes excuses au camarades Gastaud et du PRCF dont les efforts sont intéressants. Sur le fond, je maintiens mon point de vue. Selon moi, indépendamment de leurs intentions et de leur argumentaire, nier la valeur et l’importance du socialisme aux caractéristiques de la Chine revient à se mettre objectivement du côté impérialiste principalement occidental de la barricade. Je suis convaincu qu’un échange franc et respectueux finira par aplanir les différends. L’analyse de la situation à Hong Kong devrait nous aider en ce sens. Bien fraternellement.

      • @ pam "Cela aide d’ailleurs à mieux comprendre ce qu’est le socialisme, période de transition qui n’est pas la négation du capitalisme, mais de la .. dictature de la bourgeoisie. Quand le PCF parviendra à adopter ce point de vue, une bonne partie du chemin idéologique sera derrière nous. Seront, du même coup, redéfini :
         La dictature du prolétariat
         le prolétariat lui-même en même temps que la bourgeoisie
         Et le socialisme comme période d’extinction du capitalisme
         Tout en remettant sur le tapis l’étude des causes principales de la chute de l’URSS ; démocratie ou bien économie ? Quand à Gastaud, que j’ai connu dans une autre vie, s’il n’est évidemment pas un valet de l’impérialisme, pas plus que Badiou, je le voie plutôt positiver l’action de Brejnev en URSS que celle de Deng Xiao Ping en Chine…

  • Xuan 9 août 2019 14:41

    Je reviens sur un autre aspect soulevé par le camarade Hervé Fuyet :

    « Un individu est un être social pris dans un mouvement transférentiel avec les autres individus dans le cadre des rapports sociaux de production. »

    Sous un autre angle la question du centralisme démocratique est liée à la conception occidentale des Droits de l’Homme où les droits de l’individu priment le droit des peuples, particulièrement dans sa conception française. Cette façon de voir les choses relève non d’un principe universel mais de l’essence de la Révolution bourgeoise, car elle assoit le droit de propriété privée des moyens de production face à la propriété collective. Les rentiers français ont connu un déclin irréversible depuis la guerre de 14, et la prolétarisation a développé dans la petite-bourgeoisie une sainte horreur du déclassement, faisant semble-t-il écho à Rimbaud :

    « … Moi ! moi qui me suis dit mage ou ange, dispensé de toute morale, je suis rendu au sol, avec un devoir à chercher, et la réalité rugueuse à étreindre ! Paysan ! … » [Adieu- Une saison en Enfer]

    Mai 68 avait (il y a eu d’autres aspects heureusement positifs) ouvert la porte à un déchaînement individualiste, qui s’est parfois traduit par des courants anarchistes, liquidateurs, scissionnistes. Dans « A contre-courant », Jacques Jurquet écrit :

    « … de nouvelles organisations se réclamant comme nous du marxisme-léninisme et de la pensée-maozedong étaient apparues, fondées la plupart du temps par des intellectuels parisiens. La révolution culturelle prolétarienne en Chine avait vraiment ouvert très largement les écluses des débordements d’une quantité de petits Lénine et de petits Mao. Il s’agissait en réalité d’un courant libertaire, dans lequel pouvaient s’exprimer et exploser l’individualisme et l’égocentrisme de nombreux jeunes gens issus de familles conservatrices et anticommunistes, antisoviétiques essentiellement. Cette situation ne laissait pas de m’inquiéter. Comment parvenir à édifier un véritable parti communiste en dépassant toutes ces fantaisies néfastes et sans nul rapport avec l’idéologie de classe du prolétariat ? »

    Et cet anti-autoritarisme déboucha souvent sur l’anticommunisme pour certains intellectuels « en col Mao » défroqués. Le parcours de Stéphane Courtois, auteur du ‘Livre noir du communisme’, est éloquent : au lendemain de mai 68 il rédigeait dans la revue « Vive le Communisme ! », alias « Vive la révolution ! » puis peu après "ce que nous voulons TOUT" !

    Ce déchaînement individualiste trouva un exutoire après la victoire de la social-démocratie. Or cette victoire a consacré non pas des droits individuels pour tous, mais exclusivement ceux des « winners », des requins capitalistes, des tueurs de la finance et des Bernard Tapie.

    La revendication de l’expression libre et du droit exclusif de l’individu, qui s’oppose frontalement à l’organisation centralisée et démocratique en l’assimilant à une dictature, aboutit alors à son contraire c’est-à-dire à l’oppression de l’immense majorité par quelques uns.

    Egalement le rejet du caractère prolétarien du Parti Communiste et de la notion de dictature du prolétariat n’aboutit nullement à une gouvernance partagée « de gauche » mais à la domination bobo et social-démocrate, de fil en aiguille à la soumission à la bourgeoisie ou à la liquidation du parti communiste.

    • « La revendication de l’expression libre et du droit exclusif de l’individu, qui s’oppose frontalement à l’organisation centralisée et démocratique en l’assimilant à une dictature, aboutit alors à son contraire c’est-à-dire à l’oppression de l’immense majorité par quelques uns. »

      Le centralisme démocratique concerne le fonctionnement du Parti Communiste, mais pas celui de l’état qu’il est censé gouverner. L’« expression libre » est une expression, pas une action ; elle doit être libre tant qu’elle ne débouche pas sur une action illégale passible de la force de la loi. La confusion entre parti et état est un danger permanent, notamment en cas de parti unique…..

  • Xuan 9 août 2019 14:27

    Bonjour,

    La Chine a aussi souffert des visées impérialistes, au nombre desquelles la tentative de contre-révolution féodale au Tibet soutenue par la CIA en 1959, visant à empêcher la réforme agraire. De même la contre-révolution en Hongrie suscita des troubles en Chine, c’est à ces événements que répondait « de la juste solution des contradictions au sein du peuple » (un apport théorique important sur la dictature du prolétariat).

    Sur les « diplômes » de Mao il me semble que la guerre de résistance tant à l’envahisseur japonais qu’au Kuomintang, depuis le massacre de Shanghai en 1927, celui de Nankin en 1937, jusqu’à la victoire en 1949 en valent d’autres.

    Leadership ? Si c’est au sens du leadership d’une ligne politique sans doute, les intentions personnelles ne nous apportent pas grand-chose, les questions posées et leurs réponses ont davantage d’utilité pratique.

    Enfin la collectivisation de la Chine n’a jamais été totale, et dans le texte cité plus haut on lit :

    « Dans les entreprises industrielles et commerciales mixtes, à capital privé et d’Etat, les capitalistes touchent encore un intérêt fixe, il y a donc toujours exploitation ; du point de vue de la propriété, ces entreprises n’ont pas encore un caractère entièrement socialiste ».

    Et inversement, malgré la réforme de Deng Siao ping, la propriété publique y est toujours dominante.

    Je ne voudrais pas m’écarter du débat sur le centralisme démocratique appelé par le texte d’Hervé Fuyet, et pour le bilan que tire le PCC de toute cette période, j’invite ceux qui s’y intéressent à lire - « Regard rétrospectif sur l’histoire des vingt-huit années qui suivirent la fondation de la République populaire », Publié le 6 juillet 1981, faisant le bilan critique et autocritique de Mao Tsétoung et du PCC.

    • Le texte que tu indique date de février 57, période des « cents fleurs » où le PCC tente une opération « ouverture » type Kroutchev mais très vite (1959), on passe au « grand bond en avant » qui sera un échec cuisant. En fait Mao, et les siens, butent sur le pb du désert industriel qu’est alors la Chine. Et qu’en fait, il n’envisagent que des solutions parentes du « socialisme dans un seul pays » de Staline tout en refusant le statut de petit frère de la grande URSS. Il faudra attendre 79, 30 années de tatonements après octobre 49, pour qu’une politique efficace soit enclenchée au plan économique. Au plan agricole par exemple, Deng n’a pas privatisé la terre, mais le travail, et les récoltes. L’entreprise privée est encouragée, mais à condition de rester dans les clous. La réussite la plus évidente a été l’ouverture, contrôlée, aux entreprises étrangères avec les résultats que l’on connaît, qui est à la base de la puissance productive, compétence aussi bien que productivité, atteinte par la force de travail globale de la Chine. Et c’est sur ce sujet, « concessions » pour Lénine, « joint-ventures » pour Deng, que la parenté de Deng avec la NEP est la plus flagrante.

  • CN46400 9 août 2019 10:37

    @ Xuan Bien sûr la formule « tigre de papier » pouvait être interprétée de plusieurs manières, mais en 56, la plupart des communistes voyaient les bombes US tomber plutôt sur Moscou que sur Pékin. L’URSS était toujours le « phare » du communisme alors qu’un pays de 800 millions d’habitants venait de franchir le rubicon de la révolution socialiste et que son chef, Mao, avait pas mal de diplômes à faire valoir. En sous main, il y avait un pb de « leader chip », et c’est sur ce terrain que les partis nationaux, dont le PCF, durent se positionner. Sur le plan économique le PCC, comme le PCUS après 27, avait collectivisé la totalité des activités. après le « grand Bond en avant » Deng est placardisé, son fils se défénestre pour échapper aux gardes rouges de la « révolution culturelle ». Il revient aux affaire après la mort de Mao, et les tribulation de la « bande des 4 ». En 1979, il trouve une majorité pour approuver un retour au capitalisme sur le plan économique tout en maintenant tous les pouvoirs politiques entre les main du PCC. Politique qu’il annonce pour un demi-siècle, sans aucune référence, même pas à la NEP de Lénine, pourtant chargée de similitudes nombreuses et évidentes quand on parcourt les OC de Lénine (T27,32,33,36,42,45) Quand à la « dictature du prolétariat », il suffit de lire « la critique du programma de Gotha » de Marx pour comprendre qu’il s’agit bien de la prééminence politique des intérêts du prolétariat (ceux qui doivent travailler pour vivre) et que cela n’a rien à voir avec la répression policière mise en avant dans le rapport K…..Les intérêts de la bourgeoisie cessant d’être prioritaires, ce qui ne veut, évidemment, pas dire que les bourgeois doivent être « goulagisés »

  • Xuan 9 août 2019 00:31

    C’est exact,

    > je n’ai pas voulu reprendre non plus tout cet historique sortant un peu du débat sur le centralisme démocratique, dont la polémique sur le « tigre de papier ». Cette expression ressort d’un entretien en 1956 dont on trouve un extrait ici : http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire?iddictionnaire=1445

    Il est utile de relire ce texte caricaturé et dont on n’a conservé que l’expression la plus imagée. En fait cette déclaration de Mao n’est nullement une fanfaronnade :

    "…L’Histoire tout entière, l’histoire plusieurs fois millénaire de la société de classes de l’humanité, a confirmé cette vérité : le puissant cède la place au faible. Cela s’applique aussi au continent américain. La paix ne pourra s’établir qu’avec l’élimination de l’impérialisme ; et le jour viendra où ce tigre en papier sera détruit. Cependant, il ne disparaîtra pas de lui-même, il faut que le vent et la pluie s’abattent sur lui. Quand nous disons que l’impérialisme américain est un tigre en papier, nous en parlons sur le plan stratégique. Nous devons le mépriser du point de vue de l’ensemble, mais en tenir pleinement compte dans chaque situation concrète. Il a des griffes et des dents…."

    La lettre en 25 points rappelait les principes des deux conférences de Moscou de 1957 et 1960, et elle portait les critiques suivantes :

    « a). Effacer le contenu de classe des contradictions entre le camp socialiste et le camp impérialiste, ne pas considérer ces contradictions comme étant celles entre les pays sous dictature du prolétariat et les pays sous dictature du capital monopoliste. b). Admettre uniquement les contradictions entre le camp socialiste et le camp impérialiste et négliger ou sous-estimer les contradictions entre le prolétariat et la bourgeoisie dans le monde capitaliste, entre les nations opprimées et l’impérialisme, entre les pays impérialistes et entre les groupes monopolistes, ainsi que les luttes auxquelles ces contradictions donnent lieu. c). Prétendre qu’au sein du monde capitaliste, les contradictions entre le prolétariat et la bourgeoisie d’un pays donné peuvent être résolues sans révolution prolétarienne dans ce pays, ou que les contradictions entre les nations opprimées et l’impérialisme peuvent être résolues sans révolution des nations opprimées. d). Nier que le développement des contradictions inhérentes au monde capitaliste contemporain mène inévitablement à une situation nouvelle où les pays impérialistes engageront une lutte acharnée entre eux ; prétendre qu’il peut y avoir conciliation ou même élimination des contradictions entre les pays impérialistes par la conclusion d’"accords internationaux entre grands monopoles". e). Prétendre que les contradictions entre les deux systèmes mondiaux, le socialisme et le capitalisme, disparaîtront automatiquement au cours de la "compétition économique", que, par là, les autres contradictions fondamentales dans le monde disparaîtront automatiquement et que naîtra un "monde sans guerres", un monde nouveau de "coopération générale". ».

    La coexistence pacifique n’était pas remise en cause par la Chine, qui en défendit les cinq principes en 1954 à Bandung. Mais il s’agit là de la coexistence pacifique entre états et non de sa généralisation à toute la ligne politique du mouvement communiste international.

    > Effectivement, le rapport K ne fut pas diffusé, mais la direction du PCF se rangea du côté de Khrouchtchev dans la polémique sino-soviétique.

    > La dictature du prolétariat n’est pas une politique systématiquement favorable au prolétariat c’est une dictature de classe contre les anciens exploiteurs. Elle ne s’applique pas en toute logique aux classes populaires, aux alliés de la classe ouvrière. Et il y a certainement un débat à mener sur la façon de traiter les contradictions avec les réactionnaires avérés et celles qui se manifestent au sein du peuple dans une société socialiste. Le renoncement à la dictature du prolétariat aboutit non seulement à l’abandon du centralisme démocratique, mais au caractère de classe du parti communiste, à l’émergence de conceptions qui relèvent du révolutionnarisme petit-bourgeois ou du libéralisme, et que décrit très justement Julian Mischi.

    > Je ne sais pas si on peut parler de NEP à propos de la Chine, il y a une analogie, mais la propriété capitaliste avait été conservée en Chine à cause du caractère anti féodal et anti colonial de sa révolution, parce que le colonialisme avait entravé le développement d’un capitalisme national. Ce dernier pouvait encore participer au développement des forces productives et seul le socialisme pouvait le lui permettre. Paradoxe apparent mais compréhensible si on tient compte de l’aspect dominant de l’économie d’Etat et collective.

  • Xuan 7 août 2019 22:54

    L’abandon officiel du centralisme-démocratique a succédé en fait à son abandon pratique.

    Au début des années 60 éclata la controverse sino-soviétique sur l’appréciation du rôle de Staline, puis sur la conduite de la révolution dans les pays impérialistes et ceux colonisés. A cette époque, et alors que le PCF avait soutenu mordicus la figure de Staline, les dirigeants du PCF prirent parti pour le rapport « secret » de Khrouchtchev qui vouait Staline aux gémonies. La position beaucoup plus mesurée des communistes chinois fut censurée ainsi que leurs critiques envers Khrouchtchev (voir le texte « les deux épées » cité par Danielle Bleitrach ). De même la « lettre en 25 points » ne fut pas portée à la connaissance des communistes français, tandis que la seule position de Khrouchtchev était défendue, notamment sur la possibilité d’une voie pacifique au socialisme. Ceci aboutit à l’exclusion des communistes dits « pro-chinois ». Par la suite la restauration du capitalisme en URSS et ses conséquences dans les relations au sein du Comecon attisèrent les contradictions au sein du PCF, jusqu’à ce que sa direction abandonne le soutien aveugle à l’URSS. Mais ce changement de cap se fit dans des conditions catastrophiques, aboutissant à renoncer au principe d’un centralisme démocratique, qui n’était plus que l’ombre de lui-même.

    Or la fin déclarée du centralisme-démocratique n’est pas la démocratie pour autant. Et il suffit d’observer les partis bourgeois comme le PS pour s’en convaincre. Aujourd’hui la question du centralisme démocratique est un sujet d’actualité brûlant pour plusieurs raisons.

    Une partie de la petite-bourgeoisie radicale a rejoint le pôle des Insoumis, défini comme une organisation « gazeuse », c’est-à-dire excluant toute forme de centralisme. La réalité des faits montre que l’absence déclarée de centralisme ne favorise pas davantage la démocratie.

    Les gilets jaunes se sont donné pour principe de refuser toute forme de direction. On ne peut assurer que c’est pour cette raison que le mouvement n’a pas réussi à renverser le gouvernement, par contre sous la forme électorale le résultat a été un grand éparpillement. Parce que les conditions de son essor n’ont pas disparu, ce mouvement de masse poursuit sur son erre mais il n’a pas d’issue.

    Il apparaît qu’en se plaçant au service des partis « de gauche » au lieu de chercher à diriger les masses, le PCF s’est auto-effacé du paysage politique, comme il a effacé le mot socialisme de sa mémoire.

    Or les capitalistes sont au pouvoir depuis 200 ans. Ils possèdent l’instrument de l’Etat, police, armée, justice, législation et médias, ainsi qu’une avant-garde politique, et même plusieurs de rechange. Comment renverser un tel ennemi en comptant sur la seule spontanéité du peuple révolté ? Il faut une direction unique.

    Quelle pourrait être la direction d’un mouvement comme les gilets jaunes, qui constitue un front uni anti monopoliste ? Nous avons vu que les revendications chauvines ont été écartée au profit des revendications salariales. De même la volonté de certains petits patrons d’échapper au poids des cotisations sociales est devenue « que les gros paient pour les petits ». Les revendications dites « sociétales » ne sont pas prioritaires par rapport à la pauvreté, à l’exclusion, à la précarité. Elles n’ont pas pris le dessus. Les revendications écologiques ont aussi un caractère de classe. Naturellement seule la classe ouvrière peut diriger un front uni contre les monopoles et non le petit patronat ou la petite-bourgeoisie. Aussi un parti communiste, qui s’appuie réellement sur la classe ouvrière, son idéologie et sur les principes marxistes-léninistes, ne devrait avoir aucun complexe à vouloir diriger la révolution pour le socialisme.

    Sans le centralisme il ne peut pas exister de démocratie, et sans démocratie, pas de centralisme non plus.

    • Le camarade Xuan néglige quelques faits : 1-La rupture sino-soviétique portait surtout sur la « coexistence pacifique » avec les USA que Mao considérait comme « un tigre de papier ». 2- Le rapport K, because Thorez, n’a pas été diffusé dans le PCF, pas plus que les thèses maoistes. 3- Par contre, dans le cadre du programme commun de gouvernement, le pb de « la dictature du prolétariat » a été traité en 1976 (22°congrès) ce qui a ouvert la voie à la suppression du « centralisme démocratique », puisque le parti n’était plus tenu de pratiquer une politique systématiquement favorable au prolétariat. 4- Le PCF n’a, encore, pas relié la politique actuelle de la Chine à la NEP de Lénine, abandonnée en 1927 par Staline pour « le socialisme dans un seul pays », qui a, sur le principe (autarcie), survécu jusqu’en 1991. Mais Deng Xiao Ping ne l’a pas fait non plus…

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