Sur la situation de la forêt et des incendies au portugal Communiqué de presse du Parti Communiste du Portugal du 28 juillet 2022 suite à une semaine d’incendies ravageurs.

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Une période de sécheresse prolongée, avec une partie importante du pays en situation de sécheresse sévère ou extrême, associée à une période concentrée de températures élevées…voilà les motifs avancés par le gouvernement pour justifier dans l’urgence des incendies de la semaine passée (la superficie brûlée a atteint le double de celle de 2020 au milieu de l’été). Cependant, le débat sur la défense de la forêt portugaise et sur la prévention et la lutte contre les incendies a des décennies, avec des moments plus denses après les grands incendies de 2003, 2005, 2017 et 2018. Chacun de ces moments s’est toujours soldé par une collection remarquable de rapports, de législations, de directives, d’arrêtés, de redéfinition des moyens, et de publicités… beaucoup de publicités.

Cinq ans se sont écoulés depuis les tragiques épisodes de juin et octobre 2017, qui ont fait plus d’une centaine de morts, dans des centaines de milliers d’hectares brûlés, dans une destruction jusque-là inconnue en matière de forêt, d’agriculture, d’élevage, d’habitat, d’infrastructures publiques et d’entreprises. Le gouvernement avait annoncé la plus grande réforme forestière depuis l’époque de D. Dinis. Cinq ans plus tard, la vie là-bas prouve qu’il reste encore beaucoup à faire sur le terrain.

Il reste à répondre aux causes structurelles qui y ont été identifiées et confirmées - abandon du Monde Rural, dégradation des services publics (éducation, santé, poste, transport, Sécurité Sociale), destruction de la petite et moyenne agriculture, remplacement de la production agricole par des zones de monoculture de brousse ou de forêt – qui entraînent la désertification et le dépeuplement.

Encore faut-il assurer les moyens adéquats et la coordination nécessaire pour les forces de protection civile et, en particulier, pour les pompiers, qui vivent actuellement une situation angoissante, notamment en raison de l’augmentation du coût du carburant. Bon nombre des mesures immédiates décidées à la suite des drames de 2017 doivent encore être mises en œuvre - compléter le cadastre forestier qui, même dans une version simplifiée, continue de déraper, créer des équipes de sapeurs forestiers pour atteindre l’objectif des 500 et reconstituer le corps des gardes forestiers, comme il a été approuvé à plusieurs reprises dans l’AR (assemblé de la république). Le Réseau de Gestion du Combustible Primaire reste à achever, pour lequel un appel d’offres de 50 millions d’euros est encore prévu, et il y a encore un énorme retard pour parvenir à la réduction de la biomasse dans les zones critiques par le feu maîtrisé, loin des objectifs et des rythmes que le gouvernement lui-même s’était fixés dans une résolution du Conseil des ministres.

Encore faut-il veiller à ce que le prix du bois soit valorisé, condition essentielle pour investir résolument dans la gestion de la Forêt, garantir sa gestion active, favoriser la libre association des petits propriétaires fonciers, notamment à travers les ZIF - Zones d’Intervention Forestière, un instrument qui n’a presque connu aucun développement - et d’une impulsion appropriée aux groupements de terres communes et aux projets portés par des terres communes.

Il reste à renforcer les structures publiques, à savoir l’ICNF (Institut pour la Conservation de la Nature et des Forêts), et la coordination entre elles. Il faut encore rompre avec les intérêts des groupements économiques en matière forestière et d’aménagement du territoire, qui se sont superposés aux intérêts collectifs en matière de protection civile, de défense de la production nationale et de développement régional.

Au cours de ces années, le gouvernement a orienté ses priorités vers trois objectifs.

D’abord, donner l’idée qu’il agissait, comme le PCP l’a dit en 2017, chaque fois que le feu est revenu. C’est pourquoi il a publié une jungle de législation, dans laquelle presque personne ne se comprend et qui était accompagnée d’annonces de millions et de millions qui n’ont presque jamais atteint le sol. On peut dire que le gouvernement annonce et la forêt brûle.

Deuxièmement, il a cherché à s’assurer que chaque mesure était, dès le départ, vue sous l’angle de son poids dans le déficit et non de ses impacts sur la politique forestière. C’est la seule façon de comprendre, la réticence à assurer les moyens de réaliser le cadastre forestier et de transférer ses responsabilités aux municipalités, la résistance à embaucher les professionnels manquants, ou encore l’absence de réponse aux zones brûlées en 2017 et de la part due à la pinède de Leiria.

Troisièmement, le gouvernement a cherché les boucs émissaires, qu’ils soient criminels (ce qui existe aussi), à alimenter les pulsions populistes, ou de désigner les petits et moyens propriétaires terriens comme coupables, d’insister sur la responsabilité individuelle, ce qui avait l’appui du président de la République, allant jusqu’à promulguer des interdictions aveugles des travaux agricoles et d’élevage.

Le PCP, au vu des développements connus, insiste sur les propositions qu’il a successivement présentées et qui ont été soit échouées, soit ignorées. Des propositions qui, si elles sont mises en œuvre, n’auront pas le pouvoir de mettre fin aux incendies, mais éviteront la brutalité que nous avons connue ces dernières années et de meilleures conditions pour les combattre :

  1. Intervention de l’Etat dans la régulation du marché du bois. Il est essentiel que le marché soit transparent et que des prix de production équitables soient garantis. Pour cela, il est nécessaire de faire connaître les prix dans les différentes régions, un aspect que l’ICNF a pu assurer et qui, bien que le PCP ait avancé avec la proposition, ne s’est pas concrétisé.
  2. La défense de la petite et moyenne agriculture, du pastoralisme et de l’élevage, avec leur dynamisme pour assurer l’enracinement des populations dans le monde rural et la création de zones tampons, notamment autour des grappes de population.
  3. La garantie de priorité et de concentration du soutien au ZIF et aux Baldios, de manière rapide et dédiée.
  4. La valorisation des sapeurs-pompiers nationaux, notamment avec la constitution d’un Commandement National et d’un financement adéquat, ainsi que l’approbation d’une Loi de Programmation des Installations et des Equipements, et les travaux d’entretien et de requalification de la caserne, l’acquisition et l’entretien des équipements.

Au vu de l’ampleur évidente des dégâts et des impacts sur le territoire des incendies qui ont fait rage au Portugal ces dernières semaines, et étant donné que les jours à venir pourraient encore nécessiter de nouvelles mesures, le PCP a déjà interrogé la Commission européenne quant à la moyens pouvant être mis à disposition pour soutenir notre pays et des mesures structurelles pour prévenir ces situations, et a présenté un projet de résolution à l’Assemblée de la République qui recommande au gouvernement d’appliquer des critères d’aide aux victimes similaires à ceux prévus dans la Loi sur les victimes d’incendie de 2017 Loi de soutien, approuvée sur la base d’une proposition initiale du PCP, ainsi que d’une proposition visant à garantir des procédures immédiates en matière de stabilisation d’urgence.

Exprimant, une fois de plus, sa solidarité avec les victimes et sa reconnaissance à tous ceux qui participent à la lutte, le PCP souligne que seule une autre politique, patriotique et de gauche, dans laquelle la défense du Monde Rural et la production nationale sont au centre des choix de l’Etat et de la gestion forestière sont une priorité. Une politique qui lutte contre la désertification et le dépeuplement, qui assure l’emploi et le développement de vastes régions jusqu’alors oubliées, pourra créer les conditions pour affronter chaque été de manière plus sereine.

Voir en ligne : traduction solidarité internationale PCF

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