Ukraine : lettre de l’ARAC au président de la République

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Monsieur le Président de la République,

L’ARAC (Association Républicaine des Anciens combattants), comme nombre de partisans de la Paix, condamne l’intervention russe en Ukraine. Elle est contraire aux lois internationales, au respect de la Charte des Nations Unies, au repsect de la souveraineté des nations [1].

Forts de nos engagements depuis 1917, de notre existence (toujours dans l’honneur de la République), nous devons prendre le temps de la réflexion sur cette situation grave et surtout comprendre pourquoi les Etats-Unis ont tout fait, depuis 30 ans pour la créer… en ex-Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, en Libye.

Nous en cherchons les causes et voulons, avec courage, les dénoncer.

Le « retour tragique de la guerre », aviez-vous souligné le 19 janvier, au Parlement Européen où vous aviez présenté votre programme de Président du Conseil de l’Union Européenne pour six mois.

« L’acte de guerre » commis par la Russie contre l’Ukraine, auquel il va falloir répondre « avec sang-froid, détermination et unité » aviez-vous précisé devant les Français, à la télévision.

Votre message adressé au Parlement le lendemain, qualifie de « tournant géopolitique » et historique majeur du XXIème siècle, ces évènements.

De tous temps, l’économie américaine s’est appuyée sur une politique de guerre, d’agressions, pour se développer, pour accroitre son influence et sa mainmise politique dans le monde.

L’élargissement de l’OTAN est une arme au service des Etats-Unis pour isoler la Russie et maintenir les pays d’Europe sous sa tutelle. L’OTAN qui possède une cinquantaine de bases en Europe, aurait dû être dissoute avec la disparition du Pacte de Varsovie. Nous pensons qu’il y a un devoir impérieux de la quitter.

La nécessité primordiale est aujourd’hui d’obtenir une médiation avec un cessez le feu sous l’égide de l’OSCE et de l’ONU – en toute indépendance de l’OTAN et des Etats-Unis afin de créer un vrai débat, un vrai échange, les débuts d’une vraie négociation vers une sécurité collective dont l’Ukraine et la Russie ont tant besoin.

C’est là où la France doit tenir sa place et jouer son rôle tout en reconstruisant une nécessaire souveraineté nationale. Comment peut-on accepter sans débat parlementaire, que, sous couvert de la facilité européenne pour la Paix, de hautes personnalités de la Commission Européenne (non élus) aient pu, prétextant l’urgence du moment, annoncer spectaculairement la livraison d’armes par les capitales vers l’Ukraine, via la frontière polonaise ?

Comment peut-on accepter, la mise à disposition d’une enveloppe de 500 millions d’euros débloquée à l’occasion d’achat d’armes. Toujours sans débat démocratique.

Comment peut-on accepter, au même moment, que la France déploie son porte-avions et ses avions "Rafale", ses chasseurs alpins et des blindés en Roumanie et en Estonie, en plus des forces françaises déjà présentes à l’Est, sans débat démocratique.

Les observateurs attentifs notent qu’un « échange rapide » du Parlement européen conclu par l’adoption d’une simple résolution à une très large majorité, peu de parlements nationaux se sont encore souciés du sujet de cette livraison d’armes (à l’exception de l’Italie). Rien à l’Assemblée Nationale.

Une telle démarche pose, avec force, la question du respect de la souveraineté des peuples, qui risque d’être entrainée dans des évènements sans que les pays ne puissent en décider réellement. Voilà pourquoi l’ARAC est tellement attachée à la Charte des Nations Unies et au respect de la souveraineté des nations.

N’y a-t-il pas risque d’enclencher un engrenage par une cobelligérance de fait ?

La France ne doit pas prendre part à ce conflit sous quelles formes que ce soient…

Ceci étant réaffirmé, l’ARAC vous demande, impérieusement, de renouer les fils de la diplomatie, en appui du dialogue que vous avez personnellement maintenu initialement, plutôt que de brandir la menace de la pire de nos armes.

L’ARAC entend œuvrer conformément à ses principes, à une meilleure connaissance mutuelle, à la recherche d’une nouvelle entente dans une volonté de paix et de coopération commune, entre la France, l’Ukraine et la Russie.

Elle est disponible pour toutes initiatives allant dans ce sens.
Toutes les sanctions économiques auront des répercussions dramatiques pour l’ensemble des peuples de l’Europe. Il est indispensable d’engager une politique de désarmement universel avec la signature par la France du traité de TIAN de juillet 2017.

La paix est un combat quotidien difficile demandant détermination et lucidité.

L’ARAC ùène ce combat depuis sa création en 1917. « L’intelligence défend la Paix, l’intelligence a horreur de la guerre », Paul Vaillant-Couturier, fondateur et président de l’ARAC.

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, notre respectueuse considération.

Raphaël Vahé, président de l’ARAC
Patrick Staat, secrétaire général de l’ARAC

ARAC, Association Républicaine des Anciens Combattants, des combattants pour l’amitié, la solidarité, la mémoire, l’antifascisme et la paix
2 place du méridien, 94807 Villejuif cedex

[1Déclaration du SN de l’ARAC, le 24/02/2022

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