38ème congrès PCF
Un vote historique

, par  Alain De Poilly , popularité : 92%

Le texte de la direction sortante, faussement qualifié de base commune, n’a recueilli que 37,81 % des suffrages des votants. Ce vote est historique à plus d’un titre.

D’abord c’est une condamnation de la politique d’effacement du parti communiste conduite depuis le congrès de Martigues. Ensuite c’est la fin d’un tabou, effectivement jusqu’à présent, ne pas voter pour la base dite commune présentée par la direction, c’était diviser le parti, l’affaiblir, voire être contre le parti, la direction s’identifiant au parti, le seul texte légitime était de ce fait celui de la direction.

Cette conception a couté cher à notre parti. En effet, en entretenant l’idée d’une ligne officielle seule légitime, cela a conduit à l’immobilisme idéologique et politique.

En votant majoritairement pour l’élaboration d’un "Manifeste du parti communiste du 21ème siècle", les communistes ont voté non pour une tendance contre une autre, mais au contraire pour sortir leur parti de cet immobilisme mortifère. Il n’y a donc pas de vainqueurs et pas de perdants ou plutôt, il y a un gagnant, le parti communiste.

En effet, cela va permettre à tous les communistes, quelque soit le texte pour lequel ils ont voté, de se saisir ensemble, fraternellement, de cet espace de débats plus large, pour aborder les questions de fond (bilan, stratégie, orientation nouvelle, forme d’union, changement de direction) et ainsi participer à la rédaction d’un texte clair, qui redonnera du sens au mot communisme, et permettra au parti communiste de s’inscrire dans le 21ème siècle, donc pas de repli identitaire, mais au contraire ouverture sur le monde du réel.

Ce vote historique, représente peut être la fin d’une époque ? De ces textes fleuves illisibles, qui de congrès en congrès alignent les mêmes évidences sur lesquels il n’y a pas de débats de fond possible (ce qui revient à donner un chèque en blanc politique à l’exécutif du parti). En stérilisant ainsi les débats de fond, on a empêché de faire des choix idéologiques et politiques importants. Faute de choix clairs notre parti a perdu son identité, son rôle de parti révolutionnaire, son utilité.

Bien sûr, ce vote historique ne suffira pas à lui seul à remettre en cause des années de léthargie idéologique, de consensus politique mou, de soumission, conduisant à l’effacement du parti communiste.

Cette politique d’effacement du parti communiste a été rendue possible que parce qu’au congrès de Martigues, sous la direction de Robert Hue, nous avons voté des statuts qui ont coupé la direction de sa base en supprimant le rôle des cellules et en concentrant tous les pouvoirs au niveau de l’exécutif national.

Par ailleurs, ces statuts ne permettent pas de désigner les délégués au congrès et au CN en fonction du choix politique des adhérents, mais uniquement à partir de listes bloquées établies par le bureau de la commission des candidatures, dont les membres sont désignés par les directions sortantes (chapitre III).

Ainsi, les choix politiques exprimés majoritairement par les adhérents lors de ce vote historique peuvent devenir minoritaires au 38ème congrès compte tenu de ce mode de désignation des délégués au congrès.

Aussi, les communistes doivent vérifier en toute fraternité que dans toutes les instances, sections, départements, congrès, que leur volonté de changement ne soit pas remise en cause par la désignation massive de délégués au congrès, qui ne soient pas représentatifs de cette volonté de changement historique. Le respect du vote des adhérents peut seul nous préserver d’une organisation fonctionnant en tendances, il en va de l’unité du parti et donc de son avenir.

Alain de Poilly, ancien membre du conseil national

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