Revue Unir les communistes nr 7-8
Une croissance nouvelle à partir du plein emploi et du pouvoir d’achat, Compte-rendu des rencontres communistes de Vénissieux du 30 avril 2016

, par  Yves Cormillot , popularité : 48%

Intervention de Yves Cormillot, économiste, expert pour les CE de la chimie.

Cette initiative est très intéressante sur la politique industrielle, mais on est à moitié dans le gué, il nous manque quelque chose, et je rejoins ce qui a été dit, on n’a pas de perspective de la part de la direction nationale du PCF et ça pèse.

On est une dizaine d’expert, tous d’obédience communiste, à avoir fait une analyse pendant 4 mois sur l’idée que sans croissance nouvelle à partir du plein emploi et de l’augmentation du pouvoir d’achat, on peut raconter tout ce qu’on veut sur une politique industrielle, mais on n’avancera pas.

Je veux essayer de résumer cette étude qui fait une approche financière, pas sur les démarches politiques, gouvernementales.

Créer dans le privé 3 millions d’emplois et augmenter tous les salaires bruts de 200 €/mois, ça représenterait 205 G€ de dépenses dans l’année, mais cela rapporterait aux organismes sociaux (Sécu,UNEDIC) et aux impôts environ 92 G€ de recettes avec lesquelles on pourrait financer 500.000 emplois dans la fonction publique, augmenter les salaires des fonctionnaires de 200 € aussi, comme les pensions de tous les retraités du public comme du privé, ça couterait 68 G€ sur les 92 G€, il resterait donc 24 G€, mais il faudrait rajouter les cotisations des retraités, des fonctionnaires, les impôts, soit 18 G€...
On pourrait donc avec 200 G€ créer le plein emploi, augmenter les salaires et retraites, et avoir au bout encore des résultats financiers positifs qui pourraient nous servir pour éponger la dette. On nous dit que trouver 2 G€ pour payer la dette, c’est compliqué, mais avec ces éléments, on pourrait dégager 50 G€ annuellement et supprimer la dette publique.

Mais ça pose une autre question. Pour le financer, où prend-on les sous ? On a fait une étude sur 11 ans dans les grands sociétés comme dans les petites. On dit souvent que les petites sociétés ont des difficultés, mon œil, chiffres de l’INSEE à l’appui, ils ont accumlé 535 G€ par an de profits bruts... Quand on parle de trouver 200 G€, il n’y a pas de difficultés...

Et si on avait le plein emploi, on ferait aussi des économies de dépenses, deux chiffres seulement, les dépenses pour le chômage et pour une grande part, le RSA... Si les gens étaient en emploi, on aurait pas besoin de payer le chômage et le RSA. Avec le plein emploi, on pourrait au bas mot économiser 100 G€ de dépenses, uniquement liées au chômage ou la pauvreté. On peut facilement dans ce pays, financièrement parlant, avoir le plein emploi et augmenter les salaires.

Toute la question, c’est qu’il n’y a pas là dessus, de la part de la direction du PCF, de réflexion. Je ne dis pas que tous les chiffres soient justes, mais ça mérite un débat.

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