Victoire historique de la gauche au Chili. l’analyse de Laurent Brun

, par  Laurent Brun , popularité : 93%

Après les énormes mouvements sociaux, le référendum qui a aboli la constitution de Pinochet (qui assurait la victoire de l’extrême droite), c’est une suite logique mais extrêmement symbolique. Bravo à Gabriel Boric, ancien leader étudiant des moivements de 2011.


 Au Pérou, allié fidèle des USA, la gauche radicale gagne en juin 2021 mais les autorités hésitent à confisquer les élections par la force. Finalement après 1 mois et demi, la victoire est entérinée.

 En juin 2021, « AMLO », qui avait fait basculer le pays à gauche en 2018 (une autre victoire historique !) gagne les élections législatives au Mexique et reste donc au pouvoir.

 Au venezuela, les élections régionales de 2021 donnent une victoire écrasante aux chavistes qui remportent 20 des 23 postes de gouverneur. Cette foi ci, l’opposition n’a pas boycotté l’élection (a part l’extrême droite de Guaido, soutenu par les États Unis et la France). C’est le signe qu’elle a compris l’impasse de sa tentative de prise de pouvoir par la force et qu’elle accepte le processus de réconciliation proposé par Nicolas Maduro.

 En Novembre 2021, Daniel Ortega remporte les élections présidentielles au Nicaragua.

 En novembre 2021, Xiomara Castro remporte les élections au Honduras. La gauche revient au pouvoir après le coup d’Etat qui avait évincé Manuel Zelaya en 2009.
En Argentine, les peronistes sont au pouvoir même s’ils ont perdu les élections législatives de novembre 2021. Ils passent de 41 sénateurs (sur un total de 72) à 35.

 Au Brésil Lula est donné gagnant dès le premier tour à la présidentielle de 2022. Bolsonora menace d’un coup d’Etat pour se maintenir coûte que coûte au pouvoir.
En Équateur, la droite reste au pouvoir uniquement grâce au soutien des Écologistes, alors que le candidat Correiste était arrivé largement en tête au premier tour.

 Le Guatemala reste également à droite en 2019.

 La Colombie, restée à droite en 2018, devrait voter au printemps 2022. Gustavo Petro, un ancien guérillero, est favori mais rien n’est encore gagné. Ce sera néanmoins la première élection ou la majorité du corps électoral aura reçu une éducation publique plutôt que par les écoles catholiques.

Après un basculement à droite un peu partout dans les années 2010, la gauche est de retour en Amérique du Sud et centrale, encore plus largement que lors de la première vague.

L’organisation des États d’Amerique (OEA), sous la coupe de Washington, perd du terrain au profit de la CELAC (Communauté d’États d’Amérique latine et des Caraïbes). Une réunion de cette dernière a eu lieu en septembre 2021 au Mexique. Les États présents y ont évoqué le départ en masse de l’OEA. Seuls le Brésil, qui avait boycotté la réunion de la CELAC, et la Colombie opposent encore un véto farouche à ce basculement. Mais cela pourrait changer en 2022.

Or la CELAC est non seulement indépendante des États Unis, mais elle a lancé un dialogue avec la Chine en 2014. La fin de l’OEA pourrait donc signifier un renforcement des coopérations entre la Chine et l’Amérique du Sud. Une perspective intolérable pour les États Unis.

On comprend pourquoi les États Unis veulent abattre Cuba par tous les moyens.
Électoralement, leurs soutiens sont battus les uns après les autres. Ils ne leur reste donc que la force.

Ils ont tenté le coup de force en Bolivie en 2020 mais ça n’a pas marché. Ils perdent petit a petit toute leur influence en Amérique du Sud. Dans un dernier sursaut ils étranglent donc violemment l’économie et la population cubaine pour renverser coûte que coûte le gouvernement révolutionnaire.

Voilà pourquoi Biden ne respecte pas ses promesses de campagne d’assouplir le blocus. Il ne s’agit pas de morale ou de retournement de veste, il s’agit juste de géopolitique. L’impérialisme ne peut pas se permettre de desserrer l’étau du blocus sur Cuba. Il faut que Cuba tombe, pour préserver les intérêts des États Unis. D’où l’évocation délirante de Biden d’une intervention militaire « humanitaire » américaine à Cuba pour défendre la démocratie (sic) et protéger les opposants.

Plus que jamais, nous devons soutenir Cuba !

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