La réflexion du jour : Sacré bon dieu, c’est la première fois que je vois pareil bordel…

Notez bien que cette réflexion est totalement individuelle, elle a été faite sans concertation avec les camarades de mon texte, on peut l’attribuer à ma spontanéité naturelle…

Et à ma terrible franchise, dont Marchais disait en son temps : Danielle dit tout et il ne lui reste rien derrière la tête… Il est probable que vous aurez bientôt une expression collective plus élaborée… Mais je réagis à chaud en voyant le noyau dirigeant du PCF lancer des textes les uns contre les autres… (note de Danielle Bleitrach)

La situation s’éclaircit, si on peut dire… C’est la première fois depuis que je suis au PCF, c’est-à-dire presque depuis ma naissance que j’assiste à pareille situation : une partie de la direction entrée en lutte ouverte contre l’autre. A savoir ceux qui sont rassemblés autour de Pierre Laurent et sa tentative d’imposer une nouvelle union de la gauche, en fait une subordination totale au PS, qui est ouvertement remis en cause par l’aile la plus droitière de la direction, celle qui se réclame du Front de Gauche et n’a jamais fait mystère de sa volonté d’en finir avec le PCF… Ce courant que l’on croyait apaisé par les garanties que leur avait donné les autres membres de la direction dans la base commune présente à son tour son texte alternatif.

C’est l’appareil du parti, celui qui tient les Congrès et la plupart des fédérations, crée des goulots d’étranglement, interdit de fait toute expression, provoque des leurres gauchistes, fait les Congrès, qui s’est divisé. C’est dire à quel degré d’autodestruction est parvenu le PCF. Ce qui reste du centralisme démocratique devenu terrain d’affrontement entre dirigeants, qui va dans ses conditions prétendre au légitimisme ? Nous sommes au niveau du Congrès, confrontés à la manière dont se sont passées les élections régionales et la situation préparée pour les présidentielles et les législatives. Pour ce que j’en vois, face à cela, la base militante est exaspérée, écœurée, de nombreuses sections ne veulent plus entendre parler de tout ce micmac et pratiquent une sorte d’autonomie basée sur l’unité et la fraternité, d’autres sont moribondes vu le flot des départs. Et autour du PCF gravitent isolés ou organisés des communistes qui contemplent le désastre avec plus ou moins de scepticisme.

Bref, il reste trois textes ayant des chances de remplir les conditions draconiennes pour être validés, à savoir 300 signatures d’adhérents à jour de leur cotisation, dans 24 fédérations sans excéder 30 dans chaque fédérations.

Le texte dit commun qui l’est de moins en moins, celui de Pierre Laurent par définition, n’a pas à trouver de signataires et de validation, qui est obstiné sur ces primaires pour trouver le bon socialiste, la stratégie des Cohn Bendit et Cambadelis. Le second qui est de l’autre aile de l’équipe dirigeante actuelle joue ouvertement la fin du PCF dans le Front de gauche, une vision à la fois la plus droitière, mais qui a sa forme de gauchisme, le tout pour en finir avec le PCF, c’est le texte de Patrice Cohen Seat qui souhaite que l’on se fonde dans le Front de gauche d’une manière définitive et qui lorgne un Syriza ou Podemos. Ce courant n’aura aucune peine à remplir les conditions requises, il bénéficiera des fédés qui se rangent derrière MG.Buffet et Marie-Pierre Vieu, déjà spécialiste d’avoir coulé en son temps les organisations de jeunesse. Et il peut à sa manière, renforcer la direction comme seule alternative pour les militants qui sont conscients du danger. J’imagine même que certains camarades qui détestent cette idée de Front de gauche et en voient tous les aspects nocifs se contenteront de multiplier les amendements, pour tenter le plus difficile : transformer cette "chose" en texte communiste… Mais ce faisant, ils ne résoudront pas le fait qu’ils choisiront de renforcer une direction qui nous mène dans le mur… Avec ces deux textes, c’est soit les primaires et la soumission au PS, soit la fin du PCF ; dans les deux cas, nous reproduisons au Congrès ce qui nous a mené à la débâcle des régionales et nous renouvelons l’opération aux présidentielles et aux législatives jusqu’à ce que mort s’en suive.

Je dois dire que ces stratégies dispersées risquent de nous conduire au désastre… Je ne regrette vraiment pas le fait d’être revenue au PCF, de tenter d’y mener un combat pour qu’il existe dans l’avenir un parti communiste, je crois que je n’aurais plus osé me regarder en face si je ne l’avais pas fait. Mais quelle tristesse… pour le PCF mais aussi pour mon pays… dont les luttes qui montent ont un besoin urgent de perspective politique… Tous ensemble le 31 mars, mais avouez que nous serions en meilleure posture s’il y avait un PCF colonne vertébrale d’une véritable gauche…

Enfin il y a notre texte alternatif qui veut « unir les communistes » et qui veut non seulement l’unité, mais la visibilité de ce parti dans les luttes comme dans les élections. Nous sommes en mesure d’atteindre les conditions si les deux autres courants ne tentent pas de multiplier les leurres gauchistes, mais cela devient un combat encore plus difficile.

Mon hypothèse est qu’à force de se social-démocratiser, de perdre ses liens avec la classe ouvrière et les exploités, ce parti est en train d’être rongé par les mêmes maux qui affligent le PS… La gauche toute entière sans un PCF digne de ce nom est véritablement comme toute la vie politique française devenu une foire d’empoigne, la solution n’est pas de prétendre isoler une partie contre une autre pour atteindre la forme idéale, mais bien de repartir des problèmes que vivent les classes exploités, la jeunesse pour reconstituer l’outil dont nous avons besoin pour imposer justice et paix…

L’Union est un combat disait-t-on jadis… Bigre cela se vérifie dans des lieux où je n’aurais jamais dû croire devoir le mener.

Danielle

Vos témoignages

  • cher camarade Tunel, je ne mets pas en doute ta bonne foi… Mais malheureusement entre ce que l’on croit faire et ce qu’on fait réellement il y a une grande distance… voici le texte que je viens d’inscrire sur mon blog, si tu as patience de lire ce que j’écris sur le sujet tu verras que je propose de ne pas cliver, parce que nombreux sont ceux qui croient effectivement agir pour un communisme qu’ils estiment moderne,n renouvelé et qui - les faits sont têtus- ont conduit au désastre des régionales 1% pour le parti, perte de visibilité totale, sans parler des élus…

    Mais je crois qu’il faut continuer le débat, unir et agir, il faut éviter le principal risque l’implosion du parti…

  • Communiste depuis 78.j ai 65 ans.j ai milité sncf à Bordeaux tres forte section á l époque. J ai ma vision mais je lis tous les débats au sein de notre parti Lorsque les partisans du FdG sont baptisés aile droitière,voir gauchiste c est caricatural et je ne peux l accepter.je l ai vécu ainsi en 2012.Le PCF n a jamais effacé son identité au sein du FdG.J aurai souhaité son elargissement, son autonomie,sa rupture totale avec la socialo dépendance.Mais place du Colonel Fabien d autres en ont décidé autrement afin de sauver des situations de rentes ici ou lá.Ils sont responsables de la mort clinique du FdG.4 millions de voix, 11,11 sur la base d un socle commun l’Humain d’Abord élaboré en commun, oui parce que les communistes ne sont pas les seils à posseder idées et analyses de classes, tout cela serait une stratégie droitière ? Une voie vers l effacement du PCF ? Ce n est pas ce que nous voulons mes amis (e) et mpi en signant le texte alternatif.Il me semble que certains (e) regrettent le parti guide, nous,nous souhaitons un parti qui impulse avec toutes les victimes du système capitaliste, pour un rapport de force débouchant vers une prise de conscience qui soit de nature à une transformation écosocialiste au sens noble du terme.

    • Le Front de gauche peut être vu de différents points de vue. Mais de quelque côté qu’on le regarde, il ramène toujours à la question de l’existence du PCF qui constitue une gène pour la plupart de ses participants. Il y a même des fédérations qui ont arrêté toute réunion PCF pour ne plus exister que comme Front de gauche, interrompant toute activité communiste pour ne pas que cela gène. Vu sans le PCF, ou avec un PCF s’éteignant petit à petit, on aboutit à une sorte de Podemos, c’est-à-dire une conception mouvementiste de la lutte, sans organisation, mais… avec des chefs qui seront forcément autoproclamés ! et qui finiront par des gouvernements de collaboration de classe (de mon point de vue)… Déjà, cela pose de gros problèmes de démocratie. Cette conception mouvementiste est à l’opposé d’un combat sérieux et efficace contre le capitalisme qui lui est parfaitement organisé. De plus, les autres forces signataires du FDG sont de parfaits anticommunistes, c’est-à-dire qu’ils luttent en continu contre le PCF. Exemple à Grenoble où le PS étant battu, le président de la métropole pouvait être un FDG (le candidat était un ancien maire communiste de l’agglo) ; et bien le PG a fait élire le candidat… PS !

      Pour ce qui est du score du FDG, tu te trompes. Le score que tu évoques est celui de Mélenchon auquel les médias ont prêté un micro complaisant, surtout lors de la bataille interne au PCF lorsqu’il s’est agi de choisir entre Mélenchon et Chassaigne. A cette époque, le Capital avait choisi Mélenchon contre Chassaigne qui n’était passé que sur la chaine parlementaire ! Acrimed (le site qui étudie les rapports de la politique et des médias) avait publié une étude montrant cela. Aux législatives qui ont suivi, on ne peut pas dire que le FDG ait fait des miracles, bien au contraire, ni aux élections suivantes. Le score de Mélenchon n’a pas rejailli sur les candidats du FDG et donc du PCF. Nous payons cher le fait de ne pas avoir eu de candidat : c’est l’existence du PCF qui est en jeu.

      En réalité, il y a surtout une question de contenu. Tu dis que « les communistes ne sont pas seuls à posséder idées et analyses de classe ». Mais tout d’abord, il faut bien savoir de quoi l’on parle. Si derrière « les communistes », tu penses les adhérents du PCF, je ne partage pas ton point de vue. Car le PCF est traversé par l’idéologie dominante, et ce d’autant plus, depuis qu’il n’a plus d’analyse de classe. Déjà, la direction de ce parti, depuis au moins Robert Hue, est une direction réformiste et n’impulse plus du tout l’activité d’un parti qui pourrait se dire communiste. Le salut ne pourra venir que de la base. Quant au programme « L’Humain d’abord », c’est un programme réformiste ! Sur ce site, nous l’avions comparé aux 110 propositions de Mitterrand (http://lepcf.fr/Programme-partage-du-FG-l-heritier) : il apparaissait moins « révolutionnaire » que lui, mais plus sociétal… Comment peut-on avoir un espoir quelconque dans ce programme qui ne touche pas à la propriété capitaliste ni à sa créature, l’Union européenne et l’euro.

      Donc oui, il faut rassembler très largement toutes les victimes du système capitaliste, oui il faut créer un rapport de force qui amène à une véritable transformation de la société capitaliste, mais cela ne pourra pas se faire sans la reconstruction d’un véritable parti communiste, parfaitement organisé pour la lutte, qui constitue un repère pour l’ensemble des travailleurs. On ne pourra pas reproduire indéfiniment la démarche du programme commun qui est à l’origine de notre dégringolade.

  • Le futur parti communiste ne naîtra pas en effet de ces querelles de sommet, mais de la fusion entre le marxisme-léninisme et les ouvriers les plus conscients. C’est-à-dire en portant le débat ( à partir de la base commune par exemple) dans la classe ouvrière.

    Il existe bien un risque de fractionnisme ou de tendance comme chez les socialos. Mais le PS applique en dernier ressort un centralisme et les frondeurs sont mis au pas. Le groupe dirigeant qui l’emportera ne laissera pas s’instaurer un joyeux désordre et il est probable qu’il cherchera à écarter les gêneurs.

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