Le numérique des jours heureux Contribution au programme des jours heureux d’un informaticien...

, par  pam , popularité : 100%

Le numérique fait rêver par ses promesses et inquiète par ses risques. Il est devenu une dimension incontournable du développement des connaissances, des techniques, de l’industrie, mais aussi des médias, de la culture, et chacun s’interroge sur sa place dans l’éducation et la citoyenneté. Mais il est aussi le symbole d’une société déshumanisée du contrôle et de la surveillance privatisée contre les libertés.

Les jours heureux demandent un numérique partout au service des besoins, maitrisé collectivement par ses acteurs comme ses usagers, un numérique souverain et citoyen. C’est le défi du numérique des jours heureux.

Reconstruire une France des jours heureux, c’est reconstruire une industrie créatrice d’emplois qualifiés et dignes, pour répondre aux énormes besoins de développement du logement, de l’éducation, des services publics, d’une culture débarrassée du cancer publicitaire, d’une alimentation saine pour tous...

Mais on ne reconstruira pas demain l’industrie d’hier, comme hier. Pour sortir de la concurrence "libre et non faussée", il faudra inventer une industrie des coopérations en France, en Europe comme dans le monde. Si une énergie décarbonée accessible est indispensable, le numérique y jouera un rôle essentiel.

Car le numérique dans les processus de production comme dans les rapports sociaux permet d’inventer un autre développement productif. Il devient l’outil essentiel pour organiser la maitrise par les travailleurs des ressources matérielles et humaines et inventer une productivité basée sur non sur l’intensité et la précarité du travail, mais sur l’efficacité dans la mobilisation des moyens techniques.

C’est tout l’enjeu de l’industrie dite 4.0, des objets connectés, de la fabrication additive, de la révolution des matériaux. L’industrie des jours heureux sera une industrie nouvelle, économe de matière et d’énergie, fondée sur des savoir-faire et des métiers dont le développement prendra le pas sur les enjeux financiers de rentabilité.

Oui, il y aura des objets connectés partout, et c’est tout l’enjeu de la 5 puis la 6G, pour laquelle la coopération avec la Chine sera essentielle compte tenu du retard des USA.

C’est pourquoi il faut refuser la marchandisation des données au profit d’acteurs externes à la production se trouvant de nouvelles rentes pour préempter la richesse créée par le travail.

C’est pourquoi il faut mettre en cause la domination des GAFAM sur les données et les réseaux.

C’est pourquoi il faut un immense effort de l’école à la formation continue pour permettre une réelle maîtrise sociale du numérique.

C’est pourquoi il faut réinventer les outils de la démocratie, de l’information, du pluralisme, en construisant un numérique protégeant les droits individuels et collectifs, la liberté de création, le droit d’accès et la protection de tous, le droit à la déconnexion. Il faut pour cela éliminer tout financement publicitaire des réseaux et des médias, et assurer la maitrise publique des infrastructures à toutes les échelles, du local au mondial pour mener une lutte déterminée contre les incivilités, les délits et les crimes du monde numérique, à commencer par le vol des données, l’effraction des services et espaces numériques, la cyber-criminalité.

Nous proposons
 une grande initiative pour l’enseignement "le calcul pour tous". Retrouver un enseignement des mathématiques populaire et de pointe, basé sur l’expérimentation, la découverte du raisonnement et du calcul. Il faut apprendre à lire et à compter pour apprendre à calculer, raisonner et discuter. Cela supposera l’équipement de toutes les classes à partir du CP, un plan de formation exceptionnel des enseignants
 l’accès au numérique pour tous partout, avec la nationalisation des opérateurs de telecom, un accès forfaitisé à bas prix, l’unification des réseaux filaires et mobiles pour éliminer les gabegies de la concurrence.
 un plan de reconstruction d’une industrie du matériel s’appuyant sur l’excellence scientifique et technique française dans l’électronique militaire.
 un plan industrie 4.0 au service de la réindustrialisation, autant pour retrouver des productions perdues que pour innover dans la réponse aux besoins d’un développement décarboné (acier, aluminium, béton, chimie...) avec un plan de formation massif, le doublement de l’investissement qui y est consacré dans la recherche et l’enseignement supérieur
 un réseau national de développement en source ouvert, avec 10 000 emplois de développeurs fonctionnaires pour animer des centres numériques locaux. Ce réseau serait ouvert aux coopérations avec l’ensemble des éditeurs de logiciels acceptant de sortir de la domination google ou microsoft pour permettre notamment à la puissance publique de rejeter progressivement les logiciels propriétaires de ses marchés.
 une plateforme de réseau social à la française, permettant de sortir de la domination des GAFAM et refusant tout marchandisation de nos vies, permettant à chaque citoyen de sortir de facebook et consors, tout en inventant de nouvelles pratiques maîtrisées de relations numériques.

Oui, les jours heureux supposent un rôle déterminant de l’état pour refuser la marchandisation numérique, pour remettre en cause une "transition digitale" qui n’est qu’une des armes de restructuration du capital au service des rentes financières et inventer une nouvelle société du numérique respectueuse des droits au service d’un nouveau type de développement.

Les jours heureux inventeront un numérique heureux, maîtrisé par ses acteurs et ses usagers, souverain et transparent.

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